‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 721 sur 832 · II M\CH. II · texte numérisé non relu

II M\CH. II

5. Et veniens ibi Jeremias, invenit locuni speluncœ, et tabernaculiim, et arcain, et altare incensi intulit illuc; et ostium obstruxit.

6. Et accesserunt quidam siraul, qui eequebantur, ut notarent sibi locuir et non potuerunt invenire.

7. Ut autem cognovit Jeremias, iMi pans illos dixit: Quod ignotus erit locus , donec congreget Deus congregationeni pupuli, et propitius fiât;

8. et tune Dominus ostendet hœc, et appaiebit majestas Domini, etnubeserit, eicut et Mo3'si manifestabatur , et bicut cura Salomon petiit ut locus sanctificaretur magno Deo , manifestabat hœc.

5. Étant arrivé là, Jérémie trouva une caverne, et il y porta le talieniacle, l'arche et l'autel de l'encensement ; puis il obstrua l'entrée.

6. Or quelques-uns de ceux qui l'avaient suivi s'approchèrent ensemble, pour temarquer ce lieu, et ils ne purent le trouver.

7. Lorsque Jérémie l'apprit, les blâmant, il dit que ce lieu demeurerait inconnu, jusqu'à ce que Dieu eût rassemblé son peuple dispersé et qu'il lui eût fait miséricorde;

8. et qu'alors le Seigneur montrerait ces choses, et que la majesté du Seigneur apparaîtrait, et qu'il y aurait une nuée, comme elle avait apparu à Moïse, et comme elle fut manifestée lorsque Salomon demanda que le temple fût sanctifié pour le erand Dieu.

alors prisonnier, nous dit -on, et le tenij^le avait été iiicendid), elles ne sont point sérieuses pour quiconque lit attentivement et sans parti pris les prophéties de l'homme de Dieu. Jéromie fut délivré de prison et traité avec .leauconp de resjiect par les Chiildéens, qui lui luissèreut une grande liberté (cf. Jer. xxxix, 11 et ss.); en outre, un mois s'écoula entre la prise de Jérusalem et la destruction du temple (cf. Jer. XXXIX, 2, et LU, 12-13). Naturellement, « cette affaire se fit dans le dernier secret, et sans que personns en fût informé, sinon un petit nombre de prêtres. » Calraet, h. l. — Mo)Hem in quo... TiC mont Nébo, du sommet duquel Dieu avait fait contempler ù Moïse une partie de la terre sainte. Cf. Deut. xxxiv, 1-4 (AU. géogr., pi. vu). C'est la Palestine qui reçoit Ici le nom de Dei hercditatem (cf. Gen. xii, 7; xiii, 15, etc. ). — Locum speluncse (vers. 5). Grec : oixov àvTpciôr,. A la lettre : une maison en forme do caverne. La Vulgate donne bien le sens. — Altare incensi : l'autel d'or, placé dans le sanctuaire, et sur lequel on brûlait chaque jour les parfums sacrés. Le narrateur complète, en le mentionnant Ici, l'énumération faite au vers. 4*. Ck;t autel est sans doute aussi celui qui datait du temps de Moïse. Cf. Ex. xxx, 1-10 (Atlas archéol., pi. civ, flg. 2). — Ostium ohstnixit : probablement avec des rochers, de manière à rendre la caverne Invisible.

6-8. Jérémie prédit & ceux qui l'avalent accompagné sur le Nébo que ces objets sacrés devaient demeurer cachés pendant un certain temps. — Quidam... gui... C.-à-d., quelques-uns des prêtres que Jérémie avait emmenés avec lui. — Ut notarent : par dos signes extérieurs, comme l'Indique l'expression employée dans lo grec. Ces signes devaient servir & reconnaître plus tard l'emplacement exact de la grotte, lorsqu'on viendrait reprendre le trésor caché. — yon potuerunt... Le réolt paraît supposer un fait .surnaturel. — 171 autem... (vers. 7). Jérémie re-

procha à ses compagnons leur curiosité et leur montra qu'elle était inutile, puisqu'il entrait dans le plan divin que le Heu de la cachette demeurât pendant longtemps inconnu. — Donec congreget... Cette expression désigne, comme d'ordinaire, la fin de la captivi^é de Babylone; mais elle est générale par elle-m'ime, et les commentateurs ont cherché à la préciser, pour savoir au juste à quelle époque Dieu devait manifester & son peuple l'endroit où avait été placé le précieux . dépôt. Trois opinions se sont formées sur ce point, l» Les Interprètes Juifs et les ancleng commentateurs chrétiens pensent que la prophétie contenue dans les vers. 7 et 8 ne devait s'accomplir qu'aux jours du Messie. 2° C!orneUus à Lap. et d'autres placent sa réalisation ceulement à la fin du monde. 3° D'autres cxégètes supposent que le tabernacle, l'arche et l'autel furent retrouvés et remis en place aussitôt après lexil, de même que le feu sacré fut alore rendu aux Juifs. Cîctte dcnilère opinion n'est guère Boutenable. En effet, les rabbins afflrniont positivement que l'arche était absente du second temple, et l'historien Josèphe ne la mentionne point parmi les déi>ouilles sacrées dont s'emparèrent les Romains après la prise de Jérus;ilem par Titus. La prophétie est mystérieuse, et l'on manque de données suffisantes pour expliquer lo temps et le mode de son accomplissement. — Et tune (adverbe fortement accentué, vers. 8); au temps marqué par la Providence. — Apparent majestas... : la préécnco divine, manifestée par une nuée lumineuse (et nubes...). — Sicut et Moysl... : d'abord au moment de sa consécration (cf. Es. XL, 34 et s.), puis d'u.ne manière habituelle (cf. Num. IX, 16 et s.; xiv, lu). — Slcut cnm... Salomon avait joui du mC-me privilège, lorsqu'il dédia solennellement le temple. Cf. III Reg. viTi, 10 et s.; II Par. vi, 41, et vn, 1 et 8. — PeUit. Cette prière célèbre se lit II Par. Vf, 4 et 88. — Les mots magno Deo sont omli dans le grec, qui, & leur place, emploie l'adverbe

II Mach. II, 9-13.

9. Car il faisait éclater sa sagesse d'une manière magnifique, et, comme un homme rempli de sagesse, il oftVit le sacrifice de la dédicace et de la con- Bommation du temple.

10. De même que Moïse pria le Seigneur, et que le feu descendit du ciel et consuma l'holocauste ; de même Salomon pria aussi, et le feu descendit du ciel et consuma l'holocauste.

11. Et Moïse dit : Parce que la victime qui était offerte pour le péché n'a pas été mangée, elle a été con- Bumée.

12. Et semblablement Salomon célébra pendant huit jours la dédicace.

13. Ces mêmes choses se trouvaient aussi dans les écrits et dans les mémoires de Néhémie, et la manière dont il forma une bibliothèque et rassembla

9. Magnifiée etenim sapientiara tractabat; et utsapientiam habens, obtulit sacrificiiim dedicationis et consummationis templi.

10. Sicut et Moyses orabat ad Dominum, et descendit ignis de cœlo, et consumpsit holocaustum ; sic et Salomon oravit, et descendit ignis de c<elo, et consumpsit holocaustum.

1 1 . Et dixit Moyses : Eo quod non sit comcstum quod erat pro peccato, consumptum est.

12. Similiter et Salomon octo diebus celebravit dedicationem.

13. Inferebantur autem in descriptionibus et commentariis Neheraite haec eadem, et ut construens bibliothecam cougiegavit de regiouibus libres, et pro-

\i.eyâloii, transporté par la Vulgate au début du vers. 9 (magyiiflce). — Minifestahat haec. Dans le grec, cette proposition commence une nouvelle phrase et un nouveau verset. Elle se rapporte à la « scriptura » des vers. 1 et 4, et continue d'en exposer le contenu.

9-12. Autres faits relatifs au feu satré et racontés dans le document. — Etenim... tractahat. Cette phrase aussi est omise dans le texte primitif. D'après la Vulgate, elle concerne la sagesse de Salomon. Sur cette sagesse extraordinaire, efEet d'un don spécial de Jéhovah, voyez III Reg. III, 4 et ss., 12; iv, 29 et ss.; Bccll. xlvii, 14 et ss. Ce grand roi était, pour les Hébreux, « l'idéal de la sagesse humaine. » — OUvXit saerijleium... Voyez PI Reg. viii, 5, 62-63 ; II Pav. v, 6 ; vu, 4 et ss. — ^icut et Moyses... (vers. 10). Sur les deux prières et les deux miracles auxquels la lettre fait ici allusion, voyez Lev. ix, 23 et s., et II Par. vu, 1. — Dixit Moyses... (vers. 11). Cette fois, l'allusion porte sur Lev. X, 16 et ss., c. -à-d. sur une grave négligence d'Éléazar et d'Ithamar, flls d'Aaron, concernant les chairs des sacrifices, qu'ils avaient omis de consommer; mais la parole même de Moïse n'est pas citée dans le Pentateuque. — Quod... pro peccato : le sacrifice pour le péché. Locution technique, qui désigne, dans le rituel mosaïque, toute une catégorie d'ofli-andes sacrées. Cf. Lev. V, 1 et ss. — Salomon octo... (vers. 12). Voyez II Par. VII, 8-9.

6« Autres documents anciens attestant ces mêmes faits. II, 13-15.

13. Zèle de Néhémie pour la préservaslon dea Livres saints. — Ivferehantur. Grec : âÇ-rjyoOvTo, on racontait. Sur l'emploi de l'imparfait, voyez la note du vers. 4». — In descHptionlbus. Comme an vers. 1». Ici, le grec porte àva-j-paçat:, au Heu de àTrovpasaTç; mais le sens •et le même. — Commentariis. Dans le grec : 47to[j.vr,[jiaTiiT[iotç. Ce mot explique le précédent, et ensemble Ils font allusion à des oompo-

sitlons de Néhémie, distinctes du livre canonique qui porte son nom et perdues depuis longtemps.

— Hœc eadem : les faits que racontent les vers. 1-12. — Construeiis. Grec : xataoaX),ôji£vo;, fondant. — Bibliothecam. Bibliothèque toute sacrée, comme l'indique l'énumération qui suit. — De regionilms (faute de copiste, pour « regibus ») lihros... Grec : les livres des rois et ceux des prophètes. — Et David. Dans le grec : xai xà ToO Aaueio. C.-à-d., les Uvres de David.

— Et epistolas... et de... Grec : Et les lettres des rois qnl concernaient les dons (les présents faits au temple). — Ce passage est très important pour l'histoire du canon des saintes Écritures. Par Uvres des rois, il faut certainement entendre les quatre écrits qui portent ce nom dans les Septante et la Vulgate (d'après la Bible hébraïque, les deux livres de Samuel et les deux des Rois); probablement aussi, Josué, les Juges et Ruth, les Paraliporaènes. Les livres des prophètes comprenaient an moins les œuvres d'Isaïe, de Jérémie, d'iizéchiel et des petits prophètes (en exceptant tout au plus Malachie). Le nom de « livres de David » représente d'abord les Psaumes, et peut-être même tous les hagiographes, comme dans saint Luc, xxiv, 44. Quant aux lettres des rois, ce sont sans doute les édlts promulgués par Cyfus, Darius et Artaxerxès au sujet des dons à faire au temple de Jérusalem, « et il est naturel de supposer que les livres d'Esdras et de Néhémie sont ainsi désignés, attendu que les édits en question sont cités à travers ces livres. » Cf. Esdr. i, 7-11; vi, 8-9; vu, 15, 19-22; Neh. n , 8, etc. « C'est là ce qu'on a appelé le second canon des Juifs. » La première collection de« Livres saints est généralement attribuée à Esdras, « Le troisième canon se forma peu ix peu et comprit tous les autres livres de l'Ancien Testament hébreu, ceux qui forment la troisième partie de la Bible hébraïque, connus sous le nom vague d' * écrits », fc'fûMm en hébreu, hagiographes en grec. La première oeentleD de ce troisième canon,

Comment. — VI.

do^

II Mach. II, 14- 1Ô.

phetarum, et David, et epistolas regum, et de douariis.

14. Similiter autem et Judas ea quœ deciderant per bellum, quod nobis acciderat, congregavit omnia, et sunt apud

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