CHAPITRE n
1. On trouve dans les écrits d« prophète Jéréniie, qu'il ordonna à ceux qui éniigraîent de prendre lefeu, conmje il a été dit, et comme il le commanda aux émigrés.
2. Et il leur donna la loi, pour les empêcher d'oublier les préceptes du Seigneur, et de tomber dans l'égarement d'et^prit en voyant les idoles d'or et d'argent, et leurs ornements;
3. et, disant encore d'autres choses semblables, il les exhortait à ne pas éloigner leur cœur de la loi.
4. Il était aussi marqué dans le même écrit comment le prophète ordonna, d'après une réponse qu'il avait reçue de Dieu, qu'on emportât avec lui le tabernacle et l'arche, jusqu'à ce qu'il fût arrivé à la montagne sur laquelle Moïse était monté et avait vu l'héritage de Dieu.
1. Invenitur autem in descriptionibus Jeremiœ prophetœ, quod jnssit eos ignem accipere qui transmigrabant, ut significatum est, et ut mandavit transmigrât! s.
2. Et dédit illis legem ne obliviscerentur praecepta Domini, et ut non exerrarent mentibus videntes simulacra aurea etargentea, et ornamenta eorura ;
3. et alla hujusmodi dicens, hortabatur ne legem amoverent a corde suo.
4. Erat autem in ipsa scriptura, quomodo tabernaculum et arcam jiishit propheta, divino responso ad se facto, comitari secum, usquequo exiit in montera in quo Moyses ascendit, et vidit Dei hereditatem.
teurs de la lettre attestent forniellement que ce qu'ils racontent était écrit en propres termes dans un document qu'ils avaient sous les yeux. Voyez les vers. 1 , 4 , 9 et 13. l.e commentaire donnera la réponse h d'autres objections.
Chap: II. — 1-3. Ordres de Jéréniie au sujet du feu sacré et de la fidélité ù la loi divine. — In dexrriptiovibu!'. Grec: sv Taî: àTToypa-fiaî;. Expression qui désigne des documents publics, offlciels. Au lieu de invenitur... Jeremix, le grec emploie une autre construction. LiUéralenent : Jéréniie le prophète est trouvé dans les documents, qu'il ordonna... C. -àd. : On trouve dans les documents anciens, que Jérémie ordonna... Le te.xte n'attribue donc pas à Jérémie les écrits en question, qui n'étaient nullement Inspirés ou canoniques. — Igncm : le feu sacré dont il vient d'être longuement parlé. Les auteurs de la lotlrc se proposent de conflrmcr par la conduite de Jérémie leur récit relatif au recouvrement miraculeux de ce feu. — Qjii iransmigrahant : les Juifs dépoités par les Chaldéens. — Ut significatum est. Voyez i, 19. — Dédit... legem ne... (vers. 2). Ces mots semblent dire que Jérémie donna à ces malheureux, avant leur départ, un exemplaire du Pentateuque, pour les empêcher d'oublier la loi sainte. — Videntes. . . I.a lettre de Jérémie rattachée au livre de Barucli a précisément pour objet de mettre les Juifs exilés en garde contre l'idolâtrie des Chaldéens. Cf. Bar. vi, 1 et ss. Mais elle ne raconte pas le fait qui suit ; ce n'est donc point sur elle que porte l'allusion. — Ornamenta torum. Les Idoles babyloniennes étaient cou-
vertes de vêtements et d'ornements somptueux. Cf. Bar. VI, 6, 12, ?2. 57. Jérémie craignait que l'éclat du culte païen no produisît une Impression fâcheuse sur les déportés. — llortahatur. Imiiaifait qui marque la sainte ardeur avec laquelle Jérémie réitérait son exhortation.
4-5. Comment Jérémie avait caché le tabernacle, l'arche et l'autel des parfums après la ruine de Jérusalem. — Erat... in scriptura. Ce dernier mot représente le document qui a été mentionné plus haut. Cf. vers. 1«. La phrase revient à dire : Il y avait dans cet écrit. L'imparfait se rapporte au moment où les auteurs de la lettre consultaient l'écrit en question. De même aux vers. 9" et 13». — Taber)iacnlum : l'ancien tabernacle dressé par Moïse. Après la construction du temple de Salomon, on l'avait conservé à Jérusalem comme une précieuse relique. Cf. III Reg. VIII, 4; II Par. V, t>.— Arcam. L'arche d'aUiance , transportée dans le temple à la même époque. Cf. III Reg. vin, 3-6. — Divino responso... : en vertu d'une révélation spéciale. Le substantif grec -/pr,u.aTic-(i.ôç désigne, en effet, un divin oracle. — ComUari seeum. Évidemment Jérémie n'ordonna pas au tabernacle et à l'arche de se mettre ù sa suite d'une manière miraculeuse. Le verbe o-jva/o>,o\jOcîv n'e.xige nullement cette interprétation ridicule, que lui donnen t coruins rationalistes; d'ailleurs, la suite de la narration suppose clairement que Jérémie avait avec lui des compagnons, et ce sont eux qui avaient porté les divers objets à la suite du prophète. Quant aux objections qu'on a essayé de tirer do l'histoire de ces temps (.lérémle était