‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 732 sur 832 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1. Mais Simon, délateur, comme il a été dit, du trésor et de la patrie, parlait mal d'Onias, comme si c'ei\t été lui qui avait poussé Héliodore à faire ces choses, ^t comme s'il avait été la cause de ces maux ;

2. et il osait accuser d'être un traître envers le royaume le protecteur de la ville, le défenseur de sa nation et le zélateur de la loi de Dieu.

3. Mais comme cette inimitié allait si loin, qu'il se commettait même des meurtres par quelques amis de Simon ,

4. Onias, considérant le danger de ces querelles, et l'emportement d'Apollonius, qui, en tant que gouverneur de la Cœlésyrie et de la Phénicie, excitait la malice de Simon, alla trouver le roi,

5. non pour accuser ses concitoyens, mais se proposant en lui-même l'intérêt commun de tout le peuple.

6. Car il voyait que, sans l'intervention royale , il était impossible de paci-

1. Simon autem, prœdictus pecuiiîarum et patrise delator, maie loquebatur de Onia, tanquam ipse Heliodorum instigasset ad hœc, et ipse fuisset incentor malorum ;

2. provisoremque civitatis, ac defensorem gentis suae, et amulatorem legis Dei, audebat insidiatorem regni dicere.

3. Sed cum inimicitise in tantum procédèrent, ut etiam per quosdam Simonis necessarios homicidia lièrent,

4. considerans Onias periculum contentionis, et Apollonium insanire, utpote ducem Cœlesyriae et Phœnicis, ad augendam malitiam Simonis, ad regem secontulit,

5. non ut civium accusator, sed communem utilitatem apud seraetipsum universse multitudinis considerans.

6. Videbat enim sine regali providentia impossibile esse pacem robus dari ,

{ III. — Conduite eriminelle de plusieurs grands prêtres. IV, 1 — V, 10.

1» Onias, faussement accusé auprès du roi, se rend à Ar.tioche pour se défendre. IV, 1-6.

Chap. IV. — 1-2. Bruit calomnieux répandu par Simon au sujet du grand prêtre. — Simon... prwdictus. Voyez in, 4 et ss. — Pecuniarum et putriw... « En livrant le secret des richesses contenues' dans le trésor du temple, il avait trahi les intérêts de son pays. » — Maie... de Orna. Son premier plan de vengeance ayant échoué, 11 espérait être plus heureux en ayant recours à la calomnie. — Tanquam ipse... C.-à-d., comme si Onias avait habilement organisé cette duperie. Voyez m, 32, et la note. — L'écrivain sacré proteste contre cette infâme accusation, en traçant, par quelques mots éloquents, le vrai portrait du grand prêtre (vei-s. 2). Il lui décerne trois louanges en gradation ascendante : provisorem.... defensorem..., semulatorem...

3-6. Ces calomnies et d'autres graves motifs décident Onias ù aller trouver le roi. — InimicHix... La haine de Simon pour Onias. Elle fut l'étincelle qui alluma le violent incendie par lequel Israël faillit être consumé. — Per quosdam... homicidia. Simon avait ses partisans à Jérusalem, dans le parti helléniste que mentionne I Mach. I, 12-16. Ils allèrent jusqu'à massacrer quelques membres du parti orthodoxe, dont Onias était le chef naturel. Au lieu du pluriel K per quosdam », le grec emploie le singulier :

Par l'un des amis de Simon. — Considerans.,, periculum... (vers. 4). Cette discorde constituait en réalité un immense péril pour le judaïsme, vu surtout les circonstances d'alors. — Apollonium. Le même dont 11 a été question ui, 6. — Insanire. Expression très forte. Il était, lui aussi, comme fou de rage de ce que la tentative dirigée contre le temple n'avait pas réussi. — Utpote ducem. . . Ses fonctions lui donnaient une influence réelle et le rendaient très dangereux, d'autant plus qu'il travaillait directement à exciter la haine de Simon {ad augendam...). — Ad regem... Dans une entrevue personnelle avec le roi, Onias espérait pouvoir se disculper aisément et rétablir la vérité des faits. — Non ut <Avium... (vers. 5). Trait délicat. L'historien, jaloux de l'honneur d'Onias, insiste sur le véritable caractère et le véritable but de la démarche du grand prêtre. S'il allait à la cour, ce n'était pas pour accuser une catégorie, même coupable, de ses concitoyens et pour les citer devant un tribunal païen ; c'était pour défendre la nation entière, dont la paix était menacée par quelques perturbateurs égoïstes : sed ut communem...'Dvins le grec : Ayant en vne l'intérêt de toute la multitude, en général et en particulier. — Sine regali... (vers. 6). C.-à-d.. si le roi n'y mettait ordre. Le résultat du voyage d'Onias n'est p:i8 indiqué. Séleucus IV mourut peu après, comme il va être dit (cf. vers. 7), et n'eut sans doute pas le temps d'intervenir. Du reste, sa conduite antérieure (cf. m, 7 et as.) a suffisamment dé-

nec Simonem posse ceesare a stultitia sua.

7. Sed post Seleuci vitse excessura, cum suscepisset regnum Antiochus, qui Nobilis appellabatur, ambiebat Jason, frater Oniœ, summum sicerdotiura ;

8. adito rege, proraittens ei argenti talenta treoenta sexaginta, et ex redditibu8 aliis talenta octoginta ;

9. super hsec promittebat et alia centum quinquaginta, si potestati ejus con-

II Mach. IV, 7-9.

fîer les choses, et que Simon ne se désisterait pas de sa folie.

7. Mais, après la mort de Séleucus, lorsque Antiochup, surnommé l'Illustre, fut monté sur le trône , Jason , frère d'Onias, tâchait d'usurper le souverain sacerdoce :

8. étant venu trouver le roi, il lui promit trois cent soixante talents d'argent et quatre-vingts talents tirés d'autres revenus ;

9. il lui en promettait de plus cent cinquante autres, si ou lui donnait le pou-

montré que ses sympathies étalent plutôt pour Simon que pour les Juifs RdHçs.— SluUitia sua. On nomme ainsi, à la manière juive, la perversité morale de Simon.

2° Jason achète le souverain pontlQcat et fait faire de grands progrès à l'hellénisme en Judée. IV, 7-17.

7-9. Son entente sluioniaque avec le roi de Syrie. — Post Seleiu:i... excessum. A la lettre dans le grec : Séleucus ayant changé de vie. Expression qui e.\|irime la croj'ance à une autre

(vers. 8). Démarche absolument antlthéocralique ; car de quel droit le roi païen de Syrie pou .ait -il Instituer un grand prêtre Juif, surtout lorsque le titulaire légitime vivait encore ? Mais 11 avait la force en mains, ce que l'ambitieux Jason n'Ignorait pas. — Argenti talenta... 3 0G0 000 fr., s'il s'agit du tiilent hébreu. Voyez la note de ni, 1 1*". — Ex recllitibus... Dans le grec, au siugulier : D'un autre revenu. Les 80 talents surajoutés (680 000 f r.) devaient donc être tirés d'une autre source que la somme marquée pré-

Inti'rleur d'un gymnase grec. (Ii'aïui's Gnhl et Koner, la Vie anligué.)

vie. Nous Fiivons par Applen, Syr. , 46, que Séleucus Philnpator mourut en 176 avant J.-C, assassiné pur un de ses courtisans, nommé Héliodore, lequel ne diffère vraisemblablement pas du ministre dont il a été longuement qucstli<n au cbap. m. — Antiochng... Nobitig. Antiochus IV Ëpllihane, frère de Séleucus. Voyez la note de II. îl. — Jason. Son vrai nom était Josué. Voyez Josèphe, Ant., xn, 6, 1. En conformité avec ses principes hellénistes, Il le remplaça [i.ir le nom grec qui s'en rapprochait le plus. — Ambiebat. I<c grec signifie : s'efforcer d'obtenir une chose par des moyens mauvais. Jason différait du tout au tout de son saint frère Onlas. — Adito rege

céileiiiment. — Super haee ( vers. 9 ). D.ins le grec : Kn outre, il promit de s'engager par écrit pour 150 autres talents (1075 000 fr.). D'après le vers. 23, ces sommes ne furent payées que trois ans plus tard. — Pote.itati ejxia : à son autorité individuelle, sans qu'il eût besoin de consulter personne sur le point en question. — Gymnasium. V^oyez I Mach. i, 15«, et la note. — Ephebiam est une simple transcription du mot grec î^ïi^îa, « ailolcscence », qui ne signifie rien iol, à moins qu'on ne lui donne le sens de âpYjêeîo'', iTlleu d'excrci^'cs pour les Jeunes gens»; et c'est ainsi que le tr-iduNont les mclllours interprètes. Le gymnase servait plutôt pour k-s

II Mach. IV, 10-12.

Toir de Be faire un g3'mnase et une éphébie, et d'inscrire les habitants de Jérusalem comme citoyens d'Antioche.

10. Lorsque le roi y eut consenti, et qu'il eut obtenu le premier rang, il commença aussitôt à faire passer ses concitoyens aux coutumes des Gentils.

11. Et ayant aboli ce que, pour un motif de clémence, les rois avaient accordé au.K Juifs par l'entremise de Jean , père d'Eupolémus , qui avait été envoyé en ambassade chez les Romains, pour traiter d'amitié et d'alliance, et renversant les droits légitimes des citoyens, il établit des institutions impies.

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