‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 778 sur 832 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

1. La cent quarante-neu%aème année, Judas apprit qu'Antioclius Eupator marchait avec une armée nombreuse contre la Judée,

2. accompagné de Lysias, régent et premier ministre du royaume, et qu'il avait avec lui cent dix mille fantassins et cinq mille cavaliers, vingt- deux éléphants et trois cents chars armés de faux.

1. Anno centesimo quadragesimo nono, cognovit Judas Antiochum Eupatorem venire cum multitudine adversus Judaeam,

2. et cnm eo Lysiam, procuratorem et prsepositum negotiorum, secum habentem peditum centum decem millia, et equitum quinque millia, et elephantos viginti duos, currus cum falcibus trecentos.

tifler la conduite de Judas en ce qui regarde ce sacrifice offert ponr les morts. — Superfluum... et vanum... Comparez le raisonnement analogue de saint Paul, I Cor. xv, 29 et ss. — Orare pro viortuis. Aux sacrifices propitiatoires on joignait naturellement des prières, qui demandaient en termes explicita le pardon des péchés pour lesquels ils étaient offerts. — Cum pietate (.dormitionem est tin bel euphémisme pour désigner la mort ; cf. Matth. ix , 24 ; Joan. xi , 11 ; I Thess. IV, 12, etc.). Une sainte mort donne éTidemment un droit spécial à la possession de la bienheureuse éternité. Cf. vn, 9, 11, 14, 23. Cest parce qu'ils étaient persuadés de cette vérité que les Juifs déployaient un si grand courage dans les combats livrés pour la défense de leur religion. — Saneta ergo... (vers. 46). Conclusion du narrateur. De tout temps l'Église a vu à bon droit dans ce passage la preuve de l'existence du purgatoire et de l'utilité des prières pour les trépassés. Ces deux dogmes connexes ne pouvaient pas être plus clairement affirmés.

§ IV.— Antiochus Eupator, vaincu à plusieurs reprises par les Juifs, conclut la paix avec evx. XIII, 1-26.

La campagne Ici racontée est Identique à celle de I Macb. vi, 23 et ss. Notre auteur, moins complet sur divers points, a cependant qoelquea détails nouveaux.

1« Eupator et Lysias envahissent la Judée. XIII, 1-2.

Chap. XIII. — 1-2. Date de l'invasion, et dénombrement des forces syriennes. — Anno 149' L'an ISO de l'ère des Séleucides. d'après I Mach. VI, 20 (oct. 163 à oct. 162 avant J.-C). Sur cette divergence plus apparente que réelle, voyez rintrod., p. 636, 9«, et le commentaire de XI, 33. — Eupatorem venire.,. L'historien continue, d'une façon toute naturelle, d'attribuer au jeune roi les actes dont Lysias, régent du royaume, était en réalité le promoteur principaL Voyez X, 11 et la note. — Procuratorem et... Coin p. XI, 1 et les notes; I Mach. vi, 17. — Secuni habentem... (vers. 2). D'après le texte primitif : Ayant chacun une force grecque de fantassins. Non que l'armée fût divisée en deux corps, dont l'un aurait été commandé par Eupator, et l'autre par Lysias. Le commandement était unique ; mais cette formule a de nouveau pour but de mettre en relief l'aUuorité Ju roi. — Centum decem... Le premier livre, l. c, cite cent mille fantassins au lieu de cent dix mille, vingt mille cavaliers au Heu de cinq mille (dans ' le grec, cinq mille trois cents), trente-deux éléphants au Heu de vingt-deux. Ces différences sont dues probablement à la négligence des copistes. Voyez l'Introd., p. 63 J.— Currus cum falcibus... Détail propre à notre auteur. On rendait les chan de guerre plua terribles, en les garnissant

II Mach. XIII, 3-8.

3. Coramiscuit autem se illis et ^lenelaus ; et cum multa fallacia deprecabatur Antiochum, non pro patriae salute, sed Eperans se constitui in principatum.

4. Sed Rex regum suscitavit animos Antiochi in peccatorem ; et suggérante Lysia hune esse causam omnium raalorum, jussit, ut eis est consuetudo, appreheosum in eodem loco neeari.

5. Erat autem in eodem loco turris quinquaginta cubitorum, aggestum undique habens cineris ; haec prospectum habebat in prœceps.

6. Inde in cinerem dejici jussit sacrilegum, omnibus eum propellentibus ad interitura.

7. Et tali lege prasvaricatorem legis contigit mori, nec terrœ dari Menelaum;

8. et quidem satis juste : nam quia multa erga aram Dei delicta commisit,

3. Ménélaûs se joignit aussi à eux; et avec une grande dissimulation il faisait des prières à Antiochus, non pour le salut de sa patrie, mais dans l'espoir d'obtenir la souveraine autorité.

4. Mais le Roi des rois suscita le cœur d' Antiochus contre ce pécheur, et Lysias lui ayant insinué que c'était lui qui était la cause de tous les maux, il ordonna, ainsi que c'est la coutume chez eux, qu'on l'arrêtât et qu'on le fît mourir dans le même lieu.

5. Or il y avait en cet endroit une tour de cinquante coudées, qui était entourée de toutes parts d'un monceau de cendres, et du haut de laquelle on voyait un précipice.

6. Il ordonna que ce sacrilège fût précipité de là dans la cendre, tous le poussant à la mort.

7. C'est ainsi que mourut ce prévaricateur de la loi, et que Ménélaiis ne fut pas mis en terre;

8. et cela en toute justice : car comme \ il avait commis beaucoup de crimes

de faux, qui faisaient de grands ravages aans les rangs enneiuiB.

2° Supplice de l'apostat MénélaûB. XIIT, 3 8.

3-4. L'occasion. — Commiacuit se... Ce traître, Infâme jusqu'à la fin, osa se joindre ouvertement à l'armée qui envahissait sa patrie pour la saccager et la ruiner. Le récit de cet épisode est une particularité çrécieuse de notre livre. — Cum... fallacia. Cette expression est commentée par l'auteur lui-même : non pro..., sed... Ménélaiis se donnait l'air de parler au nom des intérêts généraux du royaume, mais il ne songeait qu'à son Intérêt personnel. — Deprecabatur. L'imparfait de la durée, de l'intensité. Dans le grec : Il exhortait (T:apexaX£t). Il excitait le roi à entreprendre cette expédition. — Se... in. principatum. Ménélaiis avait été naturellement destitué par Judas, lorsque les Juifs fidèles eurent ri'couvré Jusqu'à un certain point leur indépendance (cf. x, 1 et 68.). Il est vraisemblable qu'il n'avait pas cessé d'habiter à Antioche depuis que le roi Éplphane l'y avait mandé pour se disculper. Cf. iv, 27 et bs. — H'x regum (vers. 4). Titre souvent adopté par les rots orientaux. Cf. IV Reg. xvni, 18 ; Kz. XXV, 7, etc. C'est peut-être la première fols qu'il est appliqué au vrai Dieu. Nous le retrouverons dans le Nouveau Testament. Cf. I Tim. vi, 8; Luc. XVII, 14, etc. — Suggerenle Z/yoia. Ménélaiis avait dû exciter en quelque manlcre le mécontentement du tout-puissant ministre, qui fit servir le rot à sa vengeance. — IJune esse causam... C'était vrai , quoique Jason, prédécesseur de Ménéiafis, eût été le premier coupable. Voyez IV, 23-26, 32-34, 36-60; v, 18, 23. - Ul Hs est... neeari. Dans le grec : (Il ordonna) que, l'ayant

amené à Bérée, on le mît à mort selon la coutume de ce lieu. Cette ville de Bérée était située sur l'emplacement actuel d'Alep, à mi-chemin entre Aniioche de Syrie et HiérapoUs. Voyes Pline, Eist. nat., v, 19 (Atl. géogr., pi. vm).

6-8. Mort Ignominieuse de Ménélaûs. — Erat autem... Détails (vers. 5-6) sur la peine capitale, telle qu'on l'infligeait alors à Bérée. Elle consistait, d'une manière générale, à asphyxier le condamné sous un monceau de cendres. Comp. Valère Maxime, ix, 2, 7. — 2Vms... aggestum... i Grec : Une tour.... pleine de cendres. — Quin- I quaginta ciibitorum. C.-à-d., 26" 260 , en supposant que la coudée équivalait à O^SSô. — HtBC prospectnm... Variante dans le grec : Et elle (la tour) avait un instrument qui tournait, et qui de tous côtés était suspendu sur la cendre. Il s'agit d'une sorte de roue, sur laquelle on pinçait le condamné; mise en mouvement, elle le l.inçait dans la masse de cendres placée BU bas de la tour, — Inde... ad interitum (vers. 6). Autre variante du grec : 81 quelqu'un était coupable de sacrilège, ou avait commis quelques autres crimes, tous le poussaient là pour le faire mourir. A coup sûr, MénélaUs ne fut pas condamné par les Syriens à cause de ses sacrilèges; mais l'auteur veut m ro, dans ses réflexions morales si Judicieuses des vers. 7 et 8, que ce fut en vertu d'un talion tout provldeu' tiel que ce grand prêtre indigne, qui avait profané le temple et l'autel du vrai Dieu, subit la l>eine par laquelle les habitants de Bérée punissaient ce genre spécial de forfait. — Omnibus... propellentibus : d'une manière tumultueuse, après que la sentence de mort avait été prononcée par lc« juges. — Nec terne dari (v«ra.7X

II Mach. XIII, 9-14.

envers l'autel de Dieu, dont le feu et la cendre étaient saints, il fut lui-même condamné à mourir dans la cendre.

9. Cependant le roi s'avançait transporté de fureur, pour se montrer pire que son père à l'égard des Juifs.

10. Judas, l'a^'aut appris, commanda au peuple d'invoquer jour et nuit le Seigneur, afin qu'il les assistât alors, comme il avait toujours fait,

11. car ils craignaient d'être privés de leur loi, de leur patrie et du saint temple ; et afin qu'il ne permît pas que le peuple, qui commençait seulement à respirer un peu, fût assujetti de nouveau aux nations blasphématrices.

12. Tous firent donc cela ensemble, et implorèrent la miséricorde du Seigneur par leurs larmes et par leurs jeûnes, se tenant prosternés durant trois jours; alors Judas les exhorta à se tenir prêts.

13. Et lui, il résolut avec les anciens de marcher contre le roi, avant qu'il eût fait entrer son armée dans la Judée et qu'il se fût rendu maître de la ville, et d'abandonner au jugement du Seigneur l'issue de l'entreprise.

14. Remettant donc toutes choses au pouvoir de Dieu, créateur du monde, et ayant exhorté les siens à combattre vaillamment et jusqu'à la mort, pour les

cujus ignis et cinis erat sanctue, ipse iu cineris morte damnatus est.

9. Sed rex mente eflfrenatus veniebat, nequiorem se pâtre suo Judaeis ostensurus.

10. Quibus Judas cognitis, prsecepit populo ut die ac nocte Domiuum invocarent, quo, sicut semper, et nunc adjuvaret eos,

11. quippe qui lege, et patria, sanctoque templo privari vererentur ; ac populura, qui nuper paululum resmrasset, ne sineret blasphemis rursus uationibua subdi.

12. Omnibus itaque simul id facientibus, et petentibus a Domino misericordiam, cum fletu et jejuniis, per triduum continuum prostratis, hortatus est eos Judas ut se prœpararent.

13. Ipse vero cum senioribus cogitavit, prius quam rex admoveret exercitum ad Judpeam. et obtineret civitatem, exire, et Domini judicio committere exitum rei.

14. Dans itaque potestatem omnium Deo, mundi creatori, et exhortatua suos ut f ortiter dimicarent , et usque ad mortem pro legibus, templo, civitate, patria,

Circonstance particulièrement honteuse. Cf. v, 10; I Mach. vu, 17, etc.

3» Les Juifs 86 préparent à opposer aux Syriens une résistance énergique. XIII, 9-14.

9. Colère et terribles projets d'Bupator. — Mente effrenatua. Le grec dit plus fortement encore : Devenu barbare dans ses sentiments. — Nequiorem se pâtre... Plutôt, d'après le grec : Pour montrer aux Juifs les pires des choses qui avalent eu lieu sous son père. En effet, il eût été difficile au jeune monarque d'être plus méchant qu'Épiphane envers le peuple de Dieu; du moins il pouvait faire revivre les mesures les plus cruelles de son père.

10-12. Les Juifs se mettent à invoquer nuit et jour le Seigneur. — Judas... praecepit... Toujours l'homme de foi, en même temps que l'homme d'action. — Quo sicut semper. Ces mots résument des siècles nombreux de grâces et de bienfaits, toute l'histoire de l'alliance théocratlque jusqu'alors. — Quippe qui... privari \ vers. 11). Les Juifs pouvaient , en effet , tout redouter des mauvaises dlspositloi* du roi et de son ministre. Cf. vers. 9. — Qui nuper... resptranset. Belle métaphore et touchant détail. Depuis ses premières victoires, qui lui avaient rendu le temple et une certaine liberté (cf. vni, 1 et ss.), le parti orthodoxe avait eu à peine la

temps de respirer en paix. Cf. x, 10 et ss. ; xi, 1 etss. ;xn, letss. — Omnibus itaque...(.yers.12). Tous entrèrent dans les sentiments de leur chef et se mirent en prières. — Prostratis, Cf. x, 4 ; I Mach. IV, 60, etc. — Ut se prœpararent. Grec : (Il leur ordonna) de venir auprès de lui ; c.-à-d., d'accourir sous son drapeau.

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