‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 777 sur 832 · Quibus congressis, contigit paucos ruere Judœorum · texte numérisé non relu

Quibus congressis, contigit paucos ruere Judœorum

35. Dositheusvero quidam de Bacenoris eques, vir fortis, Gorgiam tenebat ; et cum vellet illura capere vivum, equea quidam de Thracibus irruil in eum , humerumque ejus amputavit, atque ita Gorgias efïugit in Maresa.

36. At illis, qui cum Esdrin erant, diutius pugnantibus et fatigatis, invocavit Judas Dominum adjutorera et ducem belli fieri ;

37. incipiens voce patria, et cum hymnis clamorem extollens, fugam Gorgiaî militibus incussit.

38. Judas autem, collecto exercitu, venit in civitatem OdoUam, et cura septima dies superveniret, secuiidum consuetudinem purificati, in eodeni loco sabbatum egerunt.

39. Et sequenti die venit cum suis Judas, ut corpora prostratorum tolleret, et cum parentibus poneret iu sepulcris pateruis.

autre nom (en hébreu, yôm ftamissln») parce qu'elle se célébrait le cinquantième jour qui suivait la Pâque. Comp. le vers. SI"", et Lev. xxiii, 15-18. — Oorgiam, prmpositum... Plus haut déjà (cf . X, 14-15 et le commentaire), nous avons vu Gorgias allié aux Iduméens contre les Juifs.

— Cum... tribus viillibus... Armée bien faible, mais dont la présence de Judas décuplait les forces.

34-37. D'abord mis en échec, les Juifs remportent une grande victoire, avec l'aide de Dieu.

— Paucos ruere. Uu certain nombre de soldats juifs furent tués au début du combat ; ce qui dut produire sur les autres une loipression fâcheuse. — Dositheus... quidam (vers. 35). Non pas l'offlcler de ce nom qui a été mentionné plus haut (comp. les vers. 19 et ss.), mais un simple cavalier de la petite armée juive, placé sous les ordres de Bacénor.— Gorgiam tenehat. Le grec ajoute : Et, ayant saisi sa chiarayde, 11 l'emmenait de force. La chlarayde était un manteau militaire. Cf. Matth. xxvii, 26 (AU. arch., pi. II, fig. 7). — De Thracibus. « Les Thraces étalent renommés en tant que troupes légèrement armées, eô servaient soit h pied, soit à cheval. Ils étalent sans cesse enrôlés comme mercenaires par les successeurs d'Alexandre, et on les trouve combattant dans presque toutes les années rassemblées par ces princes. » — Hurterumque... D'un coup de sabre, ie Thrace

coupa l'épaule et le bras du cavalier juif, et Gorgias fut ainsi délivré. — ilaresa (en grec, MaptTiï). Ville de la tribu de Juda, située dans la plaine maritime. Cf. I Mach.v, 66 (.Atl., géogr., pi. x). — Efdrin (vers. 36) était évidemment un officier juif. Ses troupes, fatiguées, commençaient à faiblir, lorsque Judas eut recours, selon sa coutume, au Dieu des armées. — Voce patria (vers. 37). Dans l'idiome araméen, qu'on parlait alors en Judée. — Clamorem... Il fit retentir le cri de guerre des Juifs, et ceux-ci, ranimés et enthousiasmés, furent complètement victorieux.

8° On ensevelit les Juifs tués dans le combat; Incident rattaché à ce fait. XII, 38-46.

38-42. Douloureuse découverte qui fut faite au moment des funérailles. — Collecto... Judas rallia ses troupes, qui s'étaient dispersées en poursuivant l'ennemi. — OdoUam. Anltijuc clti chananéenne, déjà clséedans la Genèse, xxxviir, 1, 12. Elle fut attribuée à la tribu de Juda après la conquête de la Terre promise (cf. Jos. XV, 35). II y a litige au sujet de son emplacement. — Purificati : au moyen d'une ablution. Les soldats juifs s'étaient souillés, au point de vue légal, par leur contact avec les païens, et surtout avec les morts. Cf. Num. xxxi, 19. — A la suite des mots sequenti die (vers. 39), le grec ajoute : Conmie la nécessité le demandait. C.-à-J. qu'il tût été impossible, sans de grave*

II Mach. XII, 40-43.

40. Tnvenerunt autem sub tunicis interfc-ctorum , de donariis idolorum quae apud Jaraniam fuerunt, a quibus lex prohibet Jiidœos ; omnibus eigo manifest'.im factum est ob hanc causam eos corruisse.

41. Oranes itaque benedixerunt justum judicitim Domini, qui occulta fecerat manifesta ;

42. atque ita ad preces conversi, rogaverunt ut id qnod factum erat delictum oblivioni traderetur. At vero fortissimus Judas hortabatur populum conservare se sine peccato , sub oculis videntes quae facta sunt pro peccatis eorum qui prostrati sunt.

43. Et facta collatione, duodecim millia drachmas argenti raisit Jerosolymara, offerri pro peccatis mortuorum

40. Or ils trouvèrent sous les tuniques de ceux qui avaient été tués des choses consacrées aux idoles qui étaient à Jarania, et que la loi interdit aux Juifs; il parut donc évident .'i tous que c'est pour ce motif qu'ils étaient tombés.

41. Aussi bénirent- ils tous le juste jugement du Seigneur, qui avait rendu manifestes ces choses secrètes;

42. et, se mettant en prières, ils demandèrent que la faute qui avait été commise fût livrée à l'oubli. Mais le très vaillant Judas exhortait le peuple à se conserver sans péché, en voyant devant leurs yeux ce qui était arrivé à cause des péchés de ceux qui avaient été tués.

43. El, après avoir fait une collecte, il envoya douze mille drachmes d'argent à Jérusalem, afin qu'un sacrifice

Inconvénients, de relarder davantage la sépollure de ceux des Juifs qui avaient péri l'avantreille, durant la bataille. — In sepulcrU paie'-nis. Évidemment, tous ne purent pas être tTanspoités dans leurs tombeaux de famille, qui étaient pour la plupart trop éloignés du champ de bataille ; un grand nombre durent être enterrés sur place. — Sub tunicis (vers. 40). Le grec -/iTfôv montre que le narrateur a yovàn

Amulette en lerre èinaiUée, avec rœil nirstiiiue protecteur. (Monuments phéniciens.)

parler de la tunique Intérieure, qui correspondait à la chemise moderne. — De donariis... Grec : des objets consacrés aux idoles. Il s'agit probable-mont, comme le suppose la Vulgate, de petits ex - vote en ôr ou en argent, tels qu'il en existait dans tous les temples païens. Ces objets avaient été pris à Jamnta durant l'attaque mentionnée ci-dessus (et. vers. 8-9). — A qullms lex... Il était, en effet, absolument contraire à i'esprlt de la loi juive de se conformer aux rites et aux superstitions du paganisme. Cf. Ex. xx, 4, 23 ; xxrii, 24; xxxiv, 13, etc. Or c'était une ldé<> superstitieuse qui avait porté quelques soldats Juifs à s'emparer de ces ex-voto, et à les porter sur eux en guise d'amulettes préservate'^T^. On voit par \h que toute racine d'Idolâtrie n'avait pas disparu du sein du judaïsme, et que plusieurs de ceux qui défendaient la rcliflon de leurs pères au péril de leur vie étaient •Boore Imprégnés de l'esprit païen. — Omnibus

ergo... Pans la mort de ces Juifs si Imparfait*, on reonnut un juste châtiment de Dieu. — Qui... jioerat... (vers. 41). Le grec emploie 1« temp.-* présent, ce qui rend la pensée plus générale : ( Du Seigneur), qui rend manifestes les choses cachées. — Rogaverwit ut... (vers. 42). Grec : ils demandaient que le crime commis fût enilèrement effacé; o.-à-d. , que Dieu ne frappât pas davantage son peuple à ce sujet. — At... Judas... Le général, non moins pieux que vaillant, mit cette circonstance à profit pour exhorter ses soldats à mener une vie exempte de tout \>éohé.

43-46. Judas fait offrir on sacrlfloe propitiatoire. — Collatione : uue quête faite dans les rangs de l'armée. —Duodecim milHa... La Vulgate est seule à citer ce gros chiffre (10440 fr., si la drachme équivalait à 0 fr. 87.) La plupart

Di'.ichme attique.

des manuscrits grecs ont 2000 (1740 fr. ); quelques-uns. 3000 (2 610 fr.). — Misit... Avec cette somme, on devait acheter des victimes et les offrir en satrlflce, pour expier la faute de ceux qui s'étaient oubliés â ce point. — Pro peccatis mortuorum. Le grec dit simplement: Pour le péché. — Bene... de resurrectionr... Oe dogme important est assez fréquemment et très clairement signalé dans notre livre. Cf. vt, 23; vn, 0 et 83., etc. — Religlose. D'après le grec : d'une manière convenable. — Nisi enlm... (vers. 44 X L'écrlvalo sacré continue d'expliquer et dt ]ut-

II Macii. XII, 44 — XIII, 2.

fût offert pour les péchés des morts, ayant de bonnes et de religieuses pensées touchant la résurrection

44. (car s'il n'avait pas espéré que ceux qui avaient été tués ressusciteraient, il eût regardé comme une chose vaineet superflue de prier pour les morts);

45. et il considérait qu'une grande miséricorde était réservée à ceux qui étaient morts avec piété.

46. C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts , afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés.

sacrificium, bene et religiose de resurrectione cogitans

44. (nisi enim eos, qui ceciderant, resunecturos speraret, superfluum videretur et vanum orare pro mortuis);

45. et quia considerabat quod hi, qui cum pietate dormitionem acceperant , optimam haberent repositam gratiam.

46. Sancta ergo et salubris est cogitatio pro defunctis exorare, ut a peccatia solvantur.

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