Sa fille lui répondit : Mon père, si
ineiB in obviam mihi, ofleram iUud holocaustoma ; sed ait : Quicumque exierit offeram eum ; ubi procul dubio nihil aliud quam hominem cofrttavit. » S. Aug. Cuœst. in UT/r. Judic., xlix. De plus, Jephte, en demandant à Dien une si grande faveur, songeait évidemment à l'obtenir par unsacriflceinsignie, et point par l'immolatioD
Chœur ùe femmes battant du tambonrin.
( Ancieone Egypte. )
d'nn taureau ou d'une brebis (voyez la note du vers. 39J. — In holocaustum : sacrifice dans lequel la victime était consumée tout entière. Cf. Lev. r, 1-17, et le commentaire.
60 Défaite des Ammonites. XI, 32-33.
32-33. Qv-OS tradidit Dominus. Dans toutes ces victoires des Juges, Jéhovah nous apparaît toujours comme le véritable vainqueur. — Ab Aroer. L" Aroër de la tribu de Gad (comme au rers. 26), sur le Kahr Ammâm. au nord -est de Rabbath - Ammon (AU. géogr., pi. vu et xii; cf. Job. xui, 25). L'Aroër de Ruben était plus au sud,
sur l'Amon (cf. Num. xxxii, 4 ; Jos. xii, 2, etc.)
— Usque... in Mennith. Peut-être avonB-nous ici le nom d'un district; le détail qui stilt (tnginti civitates) favorise cette opinion. D'après rO"Oînos(ico« d'Eusèbe et de saint Jérôme, Mennith serait plutôt une ville située à qnatre milles romains au nord d'Hesbon. — Abel, quœ... vineis. Dans l'hébreu, toute l'expression {^Ahel k'râmim) est un nom propre, qui signifie : le pré des vignes. Localité qne saint Jérôme place à sept milles de Rabbath- Ammon. — Humiliatique... La victoire de Jephié fut donc décisive, comme celle d'Otholiel , de Barac et de Gédéon.
T> Jephte exécute son vœu. XI, 34-40.
34-36. La flUe de Jephte vient la première au - devant du vainqueur (le récit entier est dramatique). — Occurrit ei... : Joyeuse et fi ère, elle a préparé, de concert avec ses amies, une iàte pour accueillir son père, et eUe s'élance la première hors de la maison pour lui souhaiter la bienvenue. Terrible Ironie des faits. — Unigenita : mot tragique dans cette circonstance ; le commentaire non enim habebat... n'est pas moins douloureux. — Cum tympanis et choris. C.-à-d. avec un choeur de jeunes filles qui chantaient en s'accompagnant du tambourin. Cf. Ex. xv, 20 ; I Reg. xviu, 6-7, etc. — Qv^ visa. On comprend la violente émotion de Jephte. Elle se manifesta aussitôt au dehors par le symbole ordinaire du deuil (scidit vestimenta; cf. (îen. xxxvii, 34: Jos. vn, 6, etc.), et par une parole de très vIto angoisse: Eeu! nu>... Au lieu de decepisti..., derfpta, l'hébreu porte : Tu m'as profondément affligé, et tu t'es mise parmi ceux qui m'afiSigent.
— Apei-ui... os meiim. Expression solennelle pour désigner un vœu; cr. fs. utv, 14. — Aliud...
vous .avez fait vœu au Seigneur, faites de moi tout ce que vous avez promis, Dieu vous ayant accordé vengeance et victoire sur vos ennemis.
37. Et elle ajouta : Accordez-moi seulement cette requête : laissez -moi aller sur les montagnes pendant deux mois, afin que je pleure ma virginité avec mes compagnes.
38. Jephté lui répondit : Allez ; et il Ja laissa libre pendant ces deux mois.
Elle alla donc avec ses compagnes et ses amies, et elle pleurait sa virginité sur les montagnes.
39. Les deux mois écoulés, elle revint auprès de son père, et il accomplit ce qu'il avait voué à l'égard de sa fille ; or elle n'avait pas connu d'homme. De là vint la coutume, qui s'est toujours depuis observée en Israël,
40. que toutes les jeunes filles d'Israël b' assemblent une fois l'année, pour pleurer la fille de Jephté de Galaad pendant quatre jours.
JUD. XI, 37-40. Ifi.')
aperuisti os tuum ad Dominum, fac mihi quodcumque poUicitus es, concessa tibi ultione atque Victoria de hostibus tuis.
37. Dixitque ad patrem : Hoc solum mihi prsesta quod deprecor : dimitte me ut duobus mensibus circumeam montes, et plangam virginitatem meam cum sodaÛbus meis.
38. Gui ille respondit : Vade. Et dimisit eam duobus mensibus. Gumque abiisset cum sociis ac sodalibus suis, flebat virginitatem suam in montibus.
39. Expletisque duobus mensibus, reversa est ad patrem suum, et fecit ei sicut voverat: quae ignorabat virum. Exinde mos increbruit in Israël, et consuetudo servata est,
40. ut post anni circulum conveniant in unum filise Israël, et plangant filiam Jephté Galaaditse diebus quatuor.
non potero. On voit , par maint exemple biblique, la terreur qu'inspirait aux Hébreux le non-accomplissement d'un vœu même Imprudent. Cf. I Reg. xrv, 44 ; Bcel. v, 4-5 , etc. — Cui illa. Elle a compris ; mais elle se soumet à son triste sort sans la moindre plainte, faisant preuve d'un courage viril et d'une admirable générosité : fac mihi quodcumque... Trait délicat : elle rappelle à son père , pour lui rendre plus facile l'exécution de sa promesse,.la grandeur du bienfait divin {concessa tibi..,).
37-38. Le sursis. — Hoc solum... Paveur bien humble qu'elle implore avant de mourir : duobus mensibus... La solitude des montagnes convenait mieux pour son deuil. — Plangam, virginitatem... Bonne traduction de l'hébr. b'{nlim; c.-à-d. sa mort sans enfants (vers. 39»). Selon d'autres, mais moins bien : sa Jeunesse, sa mort à un âge où Ton ne songe qu'à vivre.
39-40. L'accomplissement intégral du vœu. — Feàt... sicut voverat. C.-à-d., d'après le contexte ( vers. 31 ) , que Jephté immola sa fllle et l'offrit en holocauste. Rien de plus clair que cette interprétation, qui a été adoptée sans la moindre hésitation par l'antiquité juive (Josèphe, le Talmud) et chrétienne (Origène, saint Épiphane, Tertullien, saint Éphrem, saint Grégoire de Na- Bianze, saint Jean Chrysostome , Théodoret, saint Jéi-ôme, saint Ambroise, saint Augustin; plus tard, saint Thomas d'Aquin, etc.). Cf. Vigoureux, la Bible et les découv., t. III, pp. 335 et ss. ; Man. bibl, nn. 466-458. Si l'écrivain sacré n'emploie pas la même expression qu'au vers. 31, c'est par une sorte d'euphémisme, comme s'U eût voulu « jeter un voile sur cette scène sanglante ». Au XI» siècle seulement, quelques rabbins d'abord, puis quelques commentateurs catholiques , mus plutôt par le sentiment que pai' la raison, émirent^
l'hypothèse que Jephté n'avait pas réellement Immolé sa fille, mais qu'il l'avait seulement consacrée à Dieu par une virginité perpétuelle. Cette opinion, après avoir été à la mode pendant un certain temps, est aujourd'hui, et à bon droit, presque complètement abandonnée, comme contraire soit au texte, soit aux coutumes de l'époque, car le vneu de virginité était alors inconnu chez les Hébreux. Assurément un pareil sacriflce nous fait frémir, surtout de la part d'un Juge d'Israël. On peut néanmohis l'expliquer, et même l'excuser dans une certaine mesure , par un zèle mal éclairé , par l'ignorance de la loi durant cette ère troublée, par un désir ardent d'obtenir la victoire, par la bonne fol : « satis enim liquet, Ipsum nunquam taie votum concepturum, nisi Deo gratum exlstlmasset, cum illud referret ad impetrandam a Deo...vlctorlam; rursum, nusquam fuisse votum illud impleturum , nlsl exlstlmasset se veto ad Id tenerl » (Bonfrère, h. l.). La conduite de Jephté en cette circonstance n'est que trop (Taccord avec son âpre caractère (cf. xi 3, 7; XII, 4-6). Inutile de dire que les mot « factus est... super Jephté spiritus Domlni » (vers. 29) et l'éloge de saint Paul (Hebr. xi, 32' ne s'appliquent pas à tous les actes de Jephté mais uniquement à ceux par lesquels il délivra Israël de l'oppression des Ammonites. — Qua ignorabat... Trait pathétique, pour conclure. N'étant pas mariée, la fllle de Jephté n'avait pas goûté les joies de la maternité, si chères aux femmes Israélites. Cf. I Reg. i et ii ; Luc. i , 26. — Exinde mns.... Coutume touchante, qui montre l'impression profonde que cette mort avait produite. — Ut plangant. De même les LXX, le chaldéen, le syriaque; l'hébreu signifie plutôt ' célébrer.
oVD. XII. 1-6.