‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 277 sur 847 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1. Booz alla donc à la porte de la ville, et s'y assit; et voyant passer ce parent dont il a été parlé auparavant, il

1. Ascendit ergo Booz ad portam, et sedit ibi. Cumque vidisset propinquum prœterire de quo prius sermo habitus

quid dixeris... Booz se déclare prêt à remplir tous les devoirs d'un gô'el; 11 avertit néanmoins Euth qu'elle a un plus proche parent, qui devra être d'abord consulté. — Si te voluerit... Dans l'hébreu : S'il te rachète , bien , qu'il te rachète (ig'ol); mais, s'il ne veut pas te racheter, je te rachèterai moimême.

14-18. Euth revient le matin auprès de Noémi. — Antequam hominés... : donc avant l'aurore. — Cave ne quis... Comme Noémi, vers. 3*, Booz veille à la bonne Égyptienne revêtue d'un griDrl réputation de m.inteau.

Rnth. — Expande pàlUum : l'ample vf" toment que les femmes orien-

tales, quand elles sortent, portent par -dessus tous les autres (Atlas archéol., pi. n, flg. 14; pi. m, flg. 6. — Sex modios. Probablement six sé'ah (le tiers de V'éfah, ou 12 litr. 99); c'était le double de ce que Euth avait glané dans sa première Journée, n, 17. — Posuit auper eam : sur sa tête, à la manière de l'Orient (Atlas archéol., pi. n, flg. 12). — QiUB portans ingressa... L'hébreu n'a qu'un verbe, au masculin : Et il entra dans la ville. Booz revint donc aussi h Bethléem. — Quid egisti? Dans le texte : Qui es-tu? La Vulgate traduit la pensée. — Expecta... Noémi est tranquille, car elle comprend que les choses sont en bonne vole.

4» L'affaire du mariage est légalement traitée à la porte de la ville. IV, 1-12.

Chap. IV. — 1-6. Le plus proche parent de Euth refuse de l'épouser. Scène dramatique. — Ascendit: sans retard Booz exécute sa promesse. Ad portam : le lieu habituel des réunions, où se traitaient les affaires entre concitoyens. Of. Deut. XTI , 18 ; Jud. xrx , 5 , etc. — Propinquus : le gô'el, comme plus haut. — Vocans eum nomine. Dans l'hébreu : p'iôni 'almôni; locution qui équivaut à notre a un tel ». C'est encore Booz qui parle : Assieds -toi ici, un tel. Le narrateur a voulu dissimuler le nom par cette tournure : ou bien il ne le connaissait plus. — Deeem

208 RUTH, lY, 2-7.

est, dixit ad eum : Déclina paulisper, et sede hic, vocans eum nomine suo. Qui divertit, et sedit.

2. Tollens autem Booz decem viros de eenioribus civitatis, dixit ad eos : Sedete hic.

3. Quibus sedentibus, locutus est ad propinquum : Partem agri fratris nostri Elimelech vendet Noemi, quse reversa est de regione Moabitide;

4. quod audire te volui , et tibi dicere coram cunctis sedentibus et majoribus natu de populo mec. Si vis possidere jure propinquitatis , eme, et posside; sin auteiD displicet tibi. hoc ipsum indica mihi, ut sciam quid facere debeam ; nullus enim est propinquus, excepto te, qui prior est, et me, qui secundus sum. At ille respondit : Ego agrum emam.

5. Cui dixit Booz ; Quando emeris agrum de manu mulieris, Ruth quoque Moabitidem, quae uxor defuncti fuit, debes accipere, ut suscites nomen propinqui tui in hereditate sua.

6. Qui respondit : Cedo juii propinquitatis ; néque enim posteritatem familiae meœ delere debeo. Tu meo utere privilégie , quo me libenter carere profiteor.

7. Hic autem erat mos antiquitus in Israël, inter propinquos, ut si quando alter alteri suo juri cedebat, ut esset firma concessio, solvebat homo calceamentum suum , et dabat proximo suo ; hoc erat testimonium cessionis in Israël.

lui dit en l'appelant par son nom: Venez un peu ici, et asseyez - vous. Ce parent vint donc et il s'assit.

2. Et Booz, ayant pris dix hommes des anciens de la ville, leur dit : Asseyezvous ici.

3. Après qu'ils furent assis, il dit ^ son parent : Noémi , qui est revenue du ; pays de Moab, doit vendre une partie du m champ d'Elimélech notre parent. al

4. .J'ai désiré vous l'apprendre, et voua le dire devant tous ceux qui sont assis en ce lieu et devant les anciens de mon peuple. Si vous voulez l'acquérir par le droit que vous avez de plus proche parent, achetez -le et possédez -le. Mais, si cela vous déplaît, déclarez -le -moi, afin que je sache ce que j'ai à faire. Car il n'y a point d'autre parent que vous, qui êtes le premier, et moi, qui suis le second. Il lui répondit : J'achèterai le champ.

5. Booz ajouta : Quand vous aurez acheté le champ de Noémi, il faudra aussi que vous épousiez Ruth la Moabite, qui a été la femme du défunt; afin que vous fassiez revivre le nom de votre parent dans son héritage.

6. Il lui répondit : Je vous cède mon droit de parenté; car je ne dois pas éteindre "moi-même la postérité de ma famille. Usez vous-même de mon privilège, dont je déclare que je me prive volontiers.

7. Or c'était une ancienne coutume en Israël entre parents que, s'il arrivait que l'un cédât son droit à l'autre, afin que la cession fût valide, celui qui se démettait de son droit ôtait son soulier et le donnait à son parent : c'était là le témoignage de la cession en Israël.

viros : les témoins de la cause à Juger (vers. 4). Ce nombre est encore requis chez les Juifs modernes pour constituer une assemblée légale. — Partem agri... : la portion de champ ; par conséquent tout son champ, et pas seulement une partie. Le parfait hébreu « a vendu v peut signifier « a mis en vente » ; ce qui reviendrait à vendet de la Vulgate. — Fratris, dans le sens large. — Coram cunctis sedentibus... Un grand nombre d'habitants s'étaient approchés, attirés par la curiosité. Cf. vers. .11-12. — Si vis... jure propinquitatis... D'après la loi, Lev. xxv, 25, le gô'el avait en tout temps le droit d'acheter la propriété foncière aliénée par ses proches. — Agriim emam. L'autre consent à user de son privilège , car 11 y trouvait probablement son avantage ; luaig 11 oubliait une condition préalable, qxx Booz loi r.-tppelle aussitôt : Buth

quoque... Dans le cas actuel, les deux choses allaient ensemble, et même la seconde primait la première, en vertu de la loi du lévirat. — Cedo... Dans l'hébreu : .Te ne puis racheter pour moi , de crainte que je ne fasse tort à mon propre héritage. En effet, l'acquéreur du champ, s'il épousait Ruth et en avait des enfants, était obligé d'abandonner à ceux - ci une propriété dont H n'aurait recneilli aucun avantage personnel. Il est vraisemblable , comme le pensait Josèphe , que ce premier gô'el était déjà marié et père de famille.

7-12. Booz s'engage publiquement à épouser Ruth et à racheipr le champ. — Hic mos... : solvebat. Acte symbolique, qui revenait à dire que l'on renoii(;;ilt au droit de fouler en maître la propriété en question. Cf. Deut. xxv, 9, et le commentaire. — Teste» vos... Déclaration olU"

RuTH, IV, 8-lG.

8. Booz dit donc à son parent : Otez votre soulier. Et il l'enleva aussitôt de son pied.

9. Booz dit alors devant les anciens et devant tout le peuple : Vous êtes témoins aujourd'hui que j'acquiers tout ce qui a appartenu à Elimélech, à, Chélion et à Mahalon, l'ayant acheté de Noémi,

10. et que je prends pour femme Ruth la Moabite, femme de Mahalon, afin que je fasse levivre le nom du défunt dans son héritage; et que son nom ne s'éteigne pas dans sa famille parmi ses frères et parmi son peuple. Vous êtes, dis-je, témoins de ce fait.

11. Tout le peuple qui était à la porte et les anciens répondirent : Nous en sommes témoins. Que le Seigneur rende cette femme qui entre dans votre maison, comme Rachel et Lia, qui ont établi la maison d'Israël, afin qu'elle soit un exemple de vertu dans Ephrata, et que son nom soit célèbre dans Bethléem;

12. que votre maison devienne comme la maison de Phares, que Thamar enfanta à Juda, par la postérité que le Seigneur vous donnera de cette jeune femme.

13. Booz prit donc Ruth et l'épousa; et après qu'elle fut mariée, le Seigneur lui fit la grâce de concevoir et d'enfanter un fils.

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