‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 436 sur 847 · Introduction historique · texte numérisé non relu

Introduction historique

— Planxit planctum. Hébr. : j/'go- '%èn qînah ( LXX, Ôpri'/oç) ; l'expression technique pour désigner les chants de deuil ou élégies.

Cf. m, 33-34; III Par. xxxv, 25, etc. — Docerent Arcum. Non pas : & tirer de l'arc ; mais simplement : l'Arc. Tel fut le titre par lequel David désigna ce douloureux poème, où il vante l'habOeté de Jonathas en tant qu'archer (vers. 22). Le poète voulut donc que ses vers fussent dans toutes les mémoires, pour conserver très vivant le souvenir de Saiil et de Jonathas. — In libro Justorum. Plutôt : le livre du Juste {hayyâ&ar ; LXX : BiêXtov toO eùOoû;). Sur cet écrit perdu, voyez la note de Jos. X, 13, le seul autre endroit où il soit mentionné. — Et ait... Les exégètes sont unanimes pour vanter la délicatesse, la perfection de cette élégie, sous le double rapport du fond et de la forme. « Elle est composée avec beaucoup d'art » ; c'est « la plus pathétique des odes funèbres ».

— Voici la division généralement adoptée : un prélude, vers. 18'>-19, composé de deux vers à deux membres; le corps du poème, vers. 20-26, contenant cinq strophes, dont quatre (la j>i'emière

et la seconde, la quatrième et la cinquième) ont chacune deux vers à deux membres, tandis que la troisième, placée au milieu du chant, a deux vers de trois membres ; une conclusion, vers. 27, composée d'un seul distique. La symétrie est très frappante.

180-19. Prélude : le thème de l'élégie. — Considéra, Israël. Le peuple entier est Invité à contempler la grandeur de sa perte. Mais le vers. 18'' manque totalement dans l'hébr. ; il a passé dei I.XX dnas Is Vulg. par l'intermédiaire de i'Itala

Femmes et enfants qui voat en chantant à la rencontre d'un roi victorleui. ( Bas-relief assyrien. )

( Vercellone). — Inclyti... L'hébr. emploie l'abstrait : la beauté , ou la gloire, d'Israël. Saiil et Jonathas étaient vraiment l'honneur de leur nation. — Quomodo ceciderunt...? Cette ligne servira de refrain, vers. 25, 27.

20 Première strophe : ne pas laisser éclater trop haut la douleur, de crainte de rendre plus vive la Joie des Philistins. — Nolite annuntiare. Les Philistins connaissaient déjà l'étendue de leur triomphe ; mais c'est là une magnifique figure poétique. — Geth et àscalon sont citées pour représenter tout le pays des vainqueurs, car elles étalent deux de ses villes principales et centrales. — Neque annuntietis. Le verbe hébr. n'est pas le même qu'au précédent hémistiche; ici, bûiar, publier une bonne nouvelle (les l î JK

II Req. T, 21-25.

anuuntietis in compitis Asculonis, ue forte laetentur filise Philisthiim, ne exultent filiae incircurocisorum.

21. Montes Gelboe, nec ros nec pluvia veniant super vos, neque sint agri primitiarum, quia ibi abjectus est clypeus fortium, clypeus Saul, quasi non esset UDCtus oleo.

22. A sanguine înterf ectorum , ab adipe fortium sagitta Jonathae nunquam rediit retrorsum; et gladius Saul non est reversus inanis.

23. Saul et Jonathas amabiles et decori in vita sua, in morte quoque non Bunt divisi; aquilis velociores, leonibus fortiores.

24. Filiœ Israël, super Saul flete, qui vestiebat vos coccino in deliciis, qui prsebebat ornamenta aurea cultui vestro.

25. Quomodo ceciderunt fortes in praelio? Jonathas in excelsis tuis oocisus est?

ne le publiez pas dans les places publiques d'Ascalon, de peur que les fillea des Philistins ne s'en réjouissent, que les filles des incirconcis n'en tressaillent d'allégresse.

21. Montagnes de Gelboé, que la rosée et la pluie ne tombent jamais sur vous. Qu'il n'y ait point sur vous de champs à prémices ; parce que c'est là qu'a été jeté le bouclier des héros, et le bouclier de Saiil, comme s'il n'eût point été sacré de l'huile suinte.

22. Devant le sang des morts, devant la graisse des vaillants, jamais la flèche de Jonathas n'est retournée en arrière, et l'épée de Saiil n'a jamais été tirée en vain.

23. Saiil et Jonathas, aimables et gracieux pendant leur vie, n'ont pas été séparés dans leur mort même. Ils étaient plus agiles que les aigles, et plus forta que les lions.

24. Filles d'Israël, pleurez sur Saiil, qui vous revêtait d'écarlate avec délices, et qui vous donnait des ornements d'or pour vous parer.

25. Comment les forts sont-ils tombée dans le combat ? Comment Jonathas a^t-il été tué sur vos montagnes ?

ont très bien traduit : (xt) e-jaYYe).î<7/-,a9î). — FUUb Phllisthiira. Nous avons vu à plusieurs reprises (Ex. xv, 20-21 ; Jud. xi, S4 ; I Reg. xnn, 6) les femmes célébrer par des chants et des danses les victoires de leur peuple. — Filite tncirciimcisorum : expression de dédain et de tristesse tout ensemble.

21. Seconde strophe : les monts de Qtilboé, théâtre de la catastrophe, sont maudits. — Nec ros... La nature est poétiquement Invitée à partager la douleur d'Israël, et à se venger, en les rendant arides, des lieux témoins d'événements si désastreux. — Agri primitiarum. Être dans l'Incapacité de produire les prémices consacrées au Seigneur (Lev. ii, 14) était le comble de la malédiction. — m abjectus : ce participe latin traduit bien la double idée que paraît contenir l'expression hébraïque : être jeté, être souillé (de sang, de poussière). — Quasi (particule •Joutée par la Vulg.) non... vnetus. Ce trait peut se rapporter, grammaticalement, soit au bouclier, soit à la personne même de' Saiil : dans la première hypothèse, il serait fait allusion à l'antique coutume de graisser les boucliers pour les rendre plus luisants, ou pour y mieux faire glisser les flèches (cf. Is. xxi, 5, dans l'hébr.); dans la seconde hypothèse, qui est peut-être la meilleure, le poète met en relief l'afli-ont fait tu roi.

22-23. Troisième strophe : éloge commun de 8.1U1 et de Jonathas. — Sagitta... : l'arme favorltfi de Jonathas (I Kcg. xviu, 4 ; xx, 20). Gla-

dius... : probablement aussi l'arme que Saûl favalt le mieux manier. — A sanguine..., adipe. Belles et fortes Images : les armes sont censées boire le sang, dévorer les chairs. C!f. Deut. xxxn, 42; Is. XXXIV, 6, etc. — Amabiles et decori. Mieux, d'après l'hébr. : aimés et aimables. C.-àKi., d'après le contexte, chéris l'un de l'autre et aimables l'un pour l'autre. Leur désunion n'avait existé qu'à la surface et qu'en passant ; Ils s'étaient aimés tendrement toute leur vie : leur mort consacra cette union. — Le poète revient aux qualités guerrières de ses héros : aquHia... (cf. Jer. IV, 13 ; Hab. i, 8) ; leonibus... (cf. xvii, 10 ; Jud. XIV, 18).

24-25». Quatrième strophe : éloge spécial de Satil. — Filiœ Israël. Elles avaient autrefois chanté les victoires de SaUl ; leurs chants lugubres sur sa mort contrastent avec la joie ue» filles aes Philistins, vers. 20. Mais le motif pour lequel on les excite ù. pleurer Introduit délicatement un nouvel éloge du roi si valeureux. — Qui vestiebat... : il leur procurait des vêtement* précieux, provenant des dépouilles des vaincna. Cf. Jud. V, 30.

25'>-26. Éloge spécial de Jonathas. Cest la partie la plus touchante de l'élégie. — Jonatha» in excelsis... (cf. vers. 18''-19). Dans l'hébr., avec une apostrophe pathétique : (G) Jonaihas, tué sur tes hauts lieux ! Le pronom se rapporte an héros lui-même, qui avait péri sur les fortes positions naguère défendues par son bras. — AmaOilis... David emploie deux comparations

II Reo. I, 26 — II, 5.

26. Je suis dans la douleur à cause de toi , Jonathas mon frère, si beau, digne d'être aimé d'un amour plus grand que celui qu'on a pour les femmes. Je t'aimais comme une mère aime son fils unique.

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