‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 437 sur 847 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

î. Après cela David consulta le Seigneur, et lui dit : Irai-je dans quelqu'une des villes de Juda ? Le Seigneur lui dit : Allez. David lui demanda : Où irai-je?

Le Seigneur lui répondit : À Hébron.

2. David y alla donc avec ses deux femmes, Achinoam de Jezraël, et Abigaïl, veuve de Nabal, de Carmel.

3. David y mena aussi les gens qui étaient avec lui ; chacun vint avec sa famille, et ils demeurèrent dans les villes d'Hébron.

4. Alors les hommes de la tribu de Juda vinrent à Hébron, et y oignirent David, afin qu'il régnât sur la maison de Juda. En même temps, on rapporta à David que les habitants de Jabès- Galaad avaient enseveli Saiil.

5. Et il leur envoya des messagers, et ii leur fit dire : Soyez bénis du Seigneur,

1. Igitur post hsec consuluit Davi(^ Dominum, dicens : Num ascendam in unam de civrtatibus Juda? Et ait Dominus ad eum : Ascende. Dixitque David : Quo ascendam? Et respondit ei : In Hébron.

2. Ascendit ergo David et duse uxores ejus, Achinoam Jezraelites, et Abigail , uxor Nabal Carmeli.

3. Sed et viros qui erant cum eo duxit David singulos cum domo sua ; et maneerunt in oppidis Hébron.

4. Veneruntque viri Juda, et unxerunt ibi David ut regnaret super domum Juda Et nuntiatum est David quod viri Jabes- Galaad sepelissent Saul.

5. Misit ergo David nuntios ad viros Jabes - Galaad , dixitque ad eos : Bene-

Balslssantes, pour décrire la force et la tendresse de l'affection qu'il éprouvait pour son « frère » Jonathas : elle surpassait l'amour conjugal (»«per amorem mulierum) et l'amour luatemel {aicut mater...). Mais le texte n'a pas cette se- .ande comparaison, qui provient, crolt-ou (Vercellone), d'une glose insérée à tort dans le texte. 27. Conclusion. — Quomodo...? C'est le soupir amer qui a été poussé déjà deux fois, vers. 19 et '25. — Arma bellica désigne métaphoriquement 6a(U et Jonathas.

î '11. — David règne à Hébron, reconnu par la seule tribu de Juda ; Isboseth , soutenu par Abner, gouvei-ne le reste de ta nation. II, 1-32.

1« David reçoit l'onction royale à Hébron. n, 1-4».

Chap. II. — 1-3. Le Seigneur ordonne à David d'aller s'installer à Hébron. — Consuluit Dominum : par l'intermédiaire du grand prêtre Abiathar, d'après les procédés ordinaires. Cf. I Reg. X, 22, etc. — Nu7n ascendam...? David comprenait que les promesses de Dieu relatives à .sa royauté étaient sur le point de s'accomplir, et in'il était opportun de aultter Sicéleg pour

Comment. — IL

se rapprocher du centre du pays. — In Hébron. Cette place forte, à laquelle se rattachaient d'importants souvenirs de l'histoire primitive des Hébreux (Gen. XIII, 18, etc.), et où David possédait des amis dévoués ( I Reg. xxx , 31) , convenait très bien pour son installation temporaire en tant que roi de Juda. Atl. géogr., pi. vu. Sur Achinoam et Abigail, voyez I Reg. xxv, 39-44. — Sed et viros... Les braves compagnons d'armes qui formaient la petite armée de David. Cf. I Reg. xxn, 2, etc. — In oppidis Hébron: les bourgs et villages qui dépendaient de la ville principale.

4». L'onction. — Viri Juda : ils se réunirent en assemblée solennelle pour procéder à l'élection d'un roi. — Unxerunt. L'onction de Bethléem ( I Reg. XYi, 3 ) était probablement demeurée secrète , et sa valeur existait surtout devant Dieu ; celle-ci fut publique, et inaugura la royauté de David devant les hommes.

•2« David témoigne sa reconnaissance aii.x habitants de Jabès-Galaad pour leur belle conduite envers SaUl. II, 4^-7.

4» -7. Sepelissent Saul. Voyez I Reg. xxxr, U-13, et le commentaire. — Mtsit ergo.... Vm

II Beo. II, 6-11.

d'.cti vos Domino, qui fecistis misericordiam h.-mc cum domino vestro Saul, et Bepelifitis eum !

6. Et nu ne retribuet vobis quidem Dominus misericordiam et veritatem ; Bed et ego reddam gratiam eo quod fecistis verbum istud.

7. Confonentur manus vestrse, et sstote filii fortitudinis; licet enim mortuus sit dominus vester Saul, tamen me unxit domus Juda in regem sibi.

8. Abner autem, filius Ner, princeps exercitus Saul, tulit Isboseth, filium Saul, et circumduxit eum per castra,

9. regemque constituit super Galaad, et super Gessuri, et super Jezraei, et super Ephraim , et super Benjamin , et super Israël universum.

10. Quadraginta annorum erat Isboseth, filius Saul, cum regnare cœpisset super Inrael, et duobus annis régna vit. Sola autem domus Juda sequebatur David.

11. Et fuit numerus dierum quos commoratus est David imperans in Hebron super domum Juda, septem annorum et sex mensiûm.

I vous qui avez usé de cette humanité envers Saiil votre seigneur, et qui l'avez enseveli.

6. Le Seigneur vous le rendra bientôt, selon sa miséricorde et sa vérité ; et moi aussi je vous récompenserai de cette action que vous avez faite.

7. Ne vous laissez point abattre, et soyez des hommes de cœur; car, bien que Saiil votre roi soit mort, néanmoins la maison de Juda m'a sacré pour être son roi.

8. Cependant Abner, fils de Ner, général de l'armée de Saul, prit Isboseth, lils de Saiil, et l'ayant fait mener dans tout le camp,

9. l'établit roi sur Gaalad, sur Gessuri, sur Jezraël, sur Ephraim, sur Benjamin et sur tout Israël.

10. Isboseth, fils de Saiil, avait quarante ans lorsqu'il commença à régner sur Israël, et il régna deux ans. La maison de Juda suivait seule David.

11. Et David demeura à Hébron sept ans et demi, n'étant roi que de la tribu de Juda.

Bulte d'un sentiment très sincère de gratitude. En même temps, cette conduite ne manquait pas d'habileté ; car elle était de nature à gagner les Jabésires à la cause de David. Celui-ci leur Insinue d'ailleurs clairement qu'ils trouveront leur avantage à le reconnaître pour roi (ego reddam..., vers. 6; me unxit... Juda, vers. 7). — Filii fortitudinia. Hébr. : des hommes vaillants.

3» La plupart des Israélites se rangent sons le sceptre d' Isboseth, fils de SatU. II, 8-11.

8-9. Abner oppose Isboseth à David. — 46ner, filius Ner : cousin germain de SafU et chef de son armée. Cf. I Beg. xiv, 80. Il essaye naturellement de conserver la royauté dans sa famille. — Isboseth n'a pas encore été nommé parmi les fils de Satil. Cf. I Reg. xrv, 49. n était le quatrième par rang d'âge. Svu- le trône, 11 ne fut qu'un simple Instrument entre les mains d'Abner, qui le brisa après s'en être quelque temps servi (m, 6 et ss.). — Circumdtixit... per castra. Dans l'hébr. : 11 le conduisit à Mahanaïm. Localité célèbre dans l'histoif-e de Jacob, et située à l'est du Jourdain, sur les limites des tribus de Gadet de Manassé (Atl. géogr., pi. vii). Le traducteur de la Vulg. a cru que c'était Ici un nom commun ; car inahanaïm signifie « les deux camps » (note de Gen. xxxn, 2, 10). Abner fit donc passer le Jourdain à son protégé aussitôt après la déroute de Gelboé, pour le mettre en sûreté. Cf. I Reg. xxxi, 7. — Liste des districts qui reconnurent la royauté d'Isbosuth, vei^ 9. Ctalaad représente saas doute tout le

territoire transjordanien des Hébreu-ic. An lieu de Gessuri, l'hébr. porte 'ASuri, mot qui serait, d'après quelques Interprètes, une corruption pour 'ASérl, la tribu d'Aser (cf. Jos. i, 32, dans le texte original) ; mais la leçon de la Vulg., confirmée par le syriaque, est plus généralement regardée comme authentique ; et alors il s'agit du petit peuple qui habitait parmi les Israélites au sud de l'Hermon. Cf. xv, 8 ; Jos. xni, 13 et l'explication (AU. géogr., yl. vn). — Jczrael ; la ville et la vaste plaine à laquelle elle donnait son nom. Cf. I Reg. xxrx, 1 et la note. — Ephraim, Benjamin : deux puissantes tribus, au nord de Juda. — En somme, Israël vniversum, à part Juda, et probablement Siméon ; presque tout la territoire qui forma plus tard le royaume d'Israël après le schisme.

10-11. Durée du roj-aume d'Isboseth, et de l'Installation de David à Hébron. — Quadraginta annorum. Cet âge semble un peu élevé pour le dernier des fils de SalU ; au contraire, le chiffre qui suit, duobus annis regnavit, semble trop faible si on le compare k la durée dn i règne de David à Hébron (vers. Il : septem annorum...). L'explication la plus simple et la plu* naturelle consiste à faire coïncider les deux années du règne d'Isboseth avec la fin du séjour de David à Hébron. Les cinq ans et demi qui | restent auraient été employés par Abner k créer le royaume du nord ; dans cette même ^ hypothèse, Isboseth n'aurait eu que trente-quatre ] aus et demi È la mort de Saiil.

Il Rf.q. m, 12-20.

12. Alore Abner, fils de Ner, sortit de Bon camp, et vint à Gabaon avec les gens d'Ibboseth, fils de Saiil.

13. Joab, fils de Sarvia, marcha contre lui avec les troupes de David, et ils se rencontrèrent près de la piscine de Gabaon. Les armées, s'étant approchées, s'arrêtèrent l'une devant l'autre : l'une était d'un côté de la piscine, et l'autre de l'autre.

14. Alors Abner dit à Joab : Que quelques jeunes gens s'avancent, et qu'ils s'exercent devant nous. Joab répondit :

Qu'ils s'avancent.

15. Aussitôt douze hommes de Benjamin du côté d'Isboseth, fils de Saiil, ee levèrent , et se présentèrent ; il en vint aussi douze du côté de David.

16. Et chacun d'eux ayant pris par la tête celui qui se présenta devant lui , ils se passèrent tous l'épée au travers du corps, et tombèrent morts tous ensemble ; et ce lieu s'appela le Champ des vaillants à Gabaon.

17. Il se donna aussitôt un rude combat ; et Abner fut défait avec ceux d'Israël par les troupes de David.

18. Or les trois fils de Sarvia, Joab, Abisaï et Asaël étaient là. Asaël était extrêmement agile à la course, comme les chevreuils qui sont dans les bois.

19. Il s'attacha donc à poursuivre Abner, sans se détourner ni à droite ni à gauche, et sans le quitter jamais.

20. Abner, regardant derrière lui, lui dit : Êtes -vous Asaël ? Il lui répondit : Je le suis.

12. Egressusque est Abner. filius Ner, et pueri Isboseth, lilii Saul, de castris, in Gabaon.

13. Porro Joab, filius Sarvise, et pueri David egressi sunt, et occurrerunt eis juxta piscinam Gabaon. Et cum in unum convenissent, e regione sederunf, hi ex una parte piscinse, et illi ex altéra.

14. Dixitque Abner ad Joab : Surgant pueri, et ludant coram nobis. Et respo'idit Joab : Surgant.

15. SuiTexerunt ergo, et transierunt numéro duodecim de Benjamin, ex parte Isboseth, filii Saul, et duodecim de pueris David.

16. Apprehensoque unusquisque capiie comparis sui, defixit gladiura in latus contrarii , et ceciderunt sinml ; vocatumque est nomen loci ilUus Agerrobustorum in Gabaon.

17. Et ortum est bellum durum satis in die illa ; fugatusque est Abner et viri Israël a pueris David.

18. Erant autem ibi très filii Sarviae, Joab, et Abisai, et Asael; porro Asael cursor velocissimus fuit, quasi unus de capreis quse morantur in silvis.

19. Persequebatur autem Asael Abner, et non declinavit ad dexteram neque ad sinistram omittens persequi Abner.

20. Respexit itaque Abner post tergum suum, et ait : Tune es Asael? Qui respondit : Ego sum.

4° Combat entre les partisans de David et ceux d'Isboseth. Il, 12-16.

12-14. Le déli d'Abner, accepté par Joab. — Egressus. La locution accoutumée pour marquer les expéditions guerrières. Cf. xxi, 17; I Reg. xvni, 30 ; I Par. xx, 1, etc. Abner dirige maintenant ses efforts directs contre David et Juda, les seuls ennemis d'Isboseth. — De caatria. Hébr.: de Mahanaïm (note du vers. 8). — Gabaon, l'El-Djib moderne, sur une colline au nord-ouest de Jérusalem. Voyez le commentaire de Jos. ix, 3, et VAtl. géogr., pi. xvi. — Joab était l'aîné des trois fils de Sarvia (hébr. H'ruyah), sœur de David. Cf. vers. 18 ; I Reg. xxvi, 6. Chef des troupes de David, il est naturellement envoyé à la rencontre des troupes d'Abner, le général de l'armée rivale. — Juxta piscinam, U existe encore une belle fontaine auprès d'El-DJib; elle possède deux réservoirs : l'un souterrain, près de la source même ; l'autie en plein air, long de 120 pieds, large de 100. Cf. Jer. xli, 12. — SecLerunt : Us campèrent. — Ludant. Euphémisme

pour signifier « combattre ». Désireux de verser le moins possible de sang Israélite, Abner propose de s'en remettre aux chances d'un combat singulier.

15-16. La lutte. — Dxwdecim : douze cham- 1 lions de chaque côté. Ceux qui représentaient l'année d'Isboseth furent tous choisis dans la ]iropre tribu de SatU {de Benjannn), qui tint à Iionneur de défendre seule le flls du roi pris naguère dans son sein. — Apprehensoque. Tableau vivant, tragique. L'ardeur des combattants fut telle, qu'ils ne songèrent qu'à l'offensive, et oublièrent de se défendre ; ils périrent ionc tous de la même manière. — A.ger Bobustorum. Hébr. : le lieu des rochers ; ou peut-être : le lieu des épées.

60 Fuite d'Abner et mort d'Asaël. II, 17-32.

17. Le combat devient général; Abner est battu et mis en fuite. — Ortum est bellum... : l'épreuve partielle n'ayant abouti à aucun résultat.

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