Dixitque David : Faciam miseri
cordiam cum Hanon, filio Naas, sicut fecit pater ejus mecum misericordiam.
Misit ergo David consolans eum per servos suos super patris interitu. Cum autem venissent servi David in terram filiorum Ammon ,
3. dixerunt principes filiorum Ammon ad Hanon dominum suum : Putas quod propter honorem patris tui miserit David ad te consolatores? et non ideo ut investigaret et exploraret civitatem, et
biens de Miphiboseth. — Operare... ei. Pronom eni]ihatique : jiisq\ie-là David avait joui de l'u- BUtiuit ; désormais terres et revenus seront pour le fils de Jonathas. — Infères... cibos... Quoique Miphiboseth fût maintenant le convive perpétuel du roi, il lui fallait néanmoins des ressources pour l'entretien de sa famille. — Super mensam meam (vers. 11"»). Ces mots paraissent étranges dans la bouche de Siba ; aussi les LXX ont -ils fait une légère correction (« sur ta table »), qui représente peut-être le texte primitif.
12-13. Conclusion. — Filium parvulum. Agé de cinq ans à la mort de Saiil, iv, 4, Miphiboseth pouvait en avoir près de vingt à cette époque. Ce petit Micha eut une nombreuse postérité d'après I Par. vni, 34 et ss.
4» Guerre contre les Ammonites. X. 1-19.
Ce fut la plus sérieuse des guerres que David eut à soutenir ; aussi est-elle racontée assez longuement. Comp. I Par. xix. Si elle le porta au faite de sa gloire, elle fut aussi pour lui l'occasion de grands crimes, qui lui attirèrent beaucoup de souffrances et d'humiliations.
Chap. X. — 1-5. Occasion de la guerre contre les Ammonites. Cette expédition ne diffère probablement pas de celle qui a été brièvement signalée au chap. vra, vers. 12. — Hanon, filio Naas. Ce Naas doit être le flls du prince de même nom que Saiil avait battu à JabèsGalaad plus de quarante ans auparavant. Cf. I Re^. xi, 1-11. — .^'icMt fecit pater ejus... On ignore dans (juelles circonstances et du quelle manière ; peu^-
[I Reo. X, 4-9.
everteret eam, misit David servos buos ad te?
4. Tulit itaque Hanon servos David, rasitque dimidiam partem barbae eorum et prœscidit vestes eorum médias usque ad nates , et dimisit eos.
5. Quod cum nuntiatum esset David, misit in occursum eorum, erant enira '.Tri confusi turpiter valde, et manda vit eis David : Manete in Jéricho donec cresoat barba vestra, et tune revertimini.
6. Videntes autem fiUi Ammon quod injuriam fecissent David, miserunt, et conduxerunt mercede Syrum Rohob et Sjmim Soba, viginti millia peditum, et a rege Maacha mille viros, et ab Istob duodecim millia virorum.
7. Quod cum audisset David, misit Joab et omnem exercitum bellatorum.
8. Egressi sunt ergo filii Ammon, et direxerunt aciem ante ipsum introitum portse; Sjtus autem Soba et Rohob, et Istob et Maacha seorsum erant in campo.
9. Videns igitur Joab quod praeparatum esset adversum se prselium et ex adverse et post tergum, elegit ex omni-
pour la détruire un jour que David envoie ses serviteurs auprès de vous?
4. Hanon fit donc prendre les serviteurs de David, leur fit raser la moitié de la barbe, et leur fit couper la moitié de leurs habits, jusqu'au haut des cuisses, et les renvoya.
5. David, l'ayant appris, envoj'a des messagers au-devant d'eux, car ils étaient couverts de confusion, et leur donna cet ordre : Demeurez à Jéricho jusqu'à ce que votre barbe ait repoussé, et revenez ensuite.
6. Or les Ammonites, voyant qu'ils avaient offensé David, envoyèrent vers les Syriens de Rohob et les Syiiens de Soba, et ils enrôlèrent à leur solde vingt mille hommes de pied. Ils prirent aussi mille hommes du roi de Maacha, et douze mille d'Istob.
7. Quand David en eut été averti, il envoya contre eux Joab avec toutes ses troupes.
8. Les Ammonites s'avancèrent alors, et rangèrent leur armée en bataille à l'entrée de la porte de la ville; les Syriens de Soba et de Rohob, d'Istob et de Maacha étaient à part dans la plaine.
9. Joab, voyant donc les ennemis préparés à le combattre de front et par derrière, fit un choix parmi toutes les meil-
être à l'époqne de la persécution de Sattl. — Dixerunt priricipes. Conseillers aussi sages que ceux de Roboam, m Rcg. xii, 10-11. — Civitatem. Rabbath-Ammon , capitale des Ammonites, place très fortifiée. Cf. xi, 1. — A la bienveillance de David, on répond par deux affronts Insignes. Premier affront ; rasit... dimidiam... : 1» barbe, en Orient, est regardée comme un symbole de la dignité de l'homme ; la toucher est déjà une insulte, la raser de cette manière outrageante est un sanglant déshonneur. Corap. le vers. 6 : confusi turpiter valde. Deuxième affront : prtBscidit vestes... ; leurs longs vêtements de gala coupés Ignominieusement à la hauteur des reins. — Manete in Jéricho. David voulait éviter à ses envoyés la honte de rentrer à JénJsalem dans cette condition' Jéricho était sur la route des deux capitales {AU. géogr., pi. vn).
6-14. Défaite des Ammonites et des Syriens, leurs alliés. — 1° Les belligérants, vers. 6-7. Videntes autem... Réflexion trcp tardive ; Ils avaient oublié qu'insulter un ambassadeur c'est outrager le roi et la nation dont U dépend. Au lieu de injuriam, fecissent, l'hébr. emploie la métaphore si fréquente : Ils s'étaient mis en mauvaise odeur. Cf. I Reg. xm, 4 ; xxvn, 12, etc. (dans le texte original). — Conduxerunt... Ne se sentant pas assez forts pour lutter seuls contre David, ils s'empressent d'acheter (cf. I Par. xrx, 6) l9 Micourg des Syriens. — Syrum Rohob. Hébr.:
'Aram de Beit-B'ftob;' cette ville était la capitale du royaume et lui donnait son nom. On a cru retrouver son emplacement à Rouhaïbeh , village situé au nord du plus septentrional des lacs de Damas {Atl. géogr., pi. xn). D'autres auteurs l'identifient à BeAf-R'hob de Num. xm, 22 (voyez la note), et de Jud. xvm, 28, la Hounin moderne, au nord-ouest du lac Mérom (Atl.gif>gr., pi. vn et XII). — Syrum Soba : V 'Aram de Soba' (note de vm, 3). — Maacha : autre petit royaume syrien (I Par. xrx, 26 : « Syrla Maacha»), associé plusieurs fois (Deut. m, 14 ; Jos. xn, i ; xni, 13) à celui de (îessur, et situé au pied de l'Hermon (Atl. géogr., pi. vn). Le médiocre contingent de troupes qu'il fournit ( mille viros ) indique le peu d'importance qu'U avait alors. — Istob. Hébr. : 'l^-Tob; c. -à-d. les hommes de Tob, province transjordanlenne où Jephté s'était autrefois réfugié. Cf. Jud. xi, 3. EUe était située entre la Syrie Damascène et les Ammonites. — Exercitum bellatorum. Hébr.: toute l'armée, le» héros. — 2» Le plan de bataille des confédérés, vers. 8. Ante... introitutn porta : la porte de Rabbath- Amtuon, suivant de nombreux Interprètes ; plutôt celle de Médaba (au sud-ouest ot à 4 h. de Rabba), vUle alors occupée par le* Ammonites, et rendez -vous des troupes alliées. Voy. I Par. xix, 7, passage qui semble très clair auT ce point. — Seorsum... in campo. La plains de Méiiaba, dont U e«t ipécUlement question
II Reg. X, 10-18.
leores troupas d'Israël, et marcha eu bataille contre les Syrieus.
10. Il donna le reste de l'armée à Abisaï, sou fi'ère, qui s'avança contre les Ammonites.
11. Et Joab dit à Abisaï: Si les Syriens ont l'avantage sur moi, tu viendras à mon secours ; et si les Ammonites en ont sur toi , je viendrai aussi te secourir.
12. Agis eu homme de cueur, et combattons pour notre peuple et pour la cité de notre Dieu; et le Seigneur ordonnera de tout comme il lui plaira.
13. Joab attaqua donc les Syriens avec les troupes qu'il commandait, et aussitôt les Syriens s'enfuirent devant lui.
14. Les Ammonites voyant la fuite des Syriens, s'enfuirent aussi eux-mêmes devant Abisaï, et se retii-èrent dans la ville. Et Joab, après avoir battu les Ammonites, s'en retourna, et revint à Jérusalem.
15. Or les Syriens, voyant qu'ils avaient été défaits par Israël , s'assemblèrent tous.
16. Adarézer envoya chercher les Syriens qui étaient au delà du fleuve, et amena leurs troupes, que Sobach, général de l'armée d'Adarézer, commandait.
17. On l'annonça à David, qui assembla toutes les troupes d'Israël, passa le Jourdain, et vint à Hélam. Les Syriens marchèrent contre David, et lui livrèrent bataille.
18. Mais ils s'enfuirent dès qu'ils furent en présence d'Israël, et David tailla en pièces sept cents chariots de leurs troupes, et quarante mille chevaux, et il fi-appa Sobach, général de l'armée, qui mourut sur-le-champ.
bus electis Israël, et instruxit aciem contra Syrum;
10. reliquam autenn partem populi tradidit Abisai, fratri suo, qui direxit aciem adversus filios Ammon.
11. Et ait Joab : Si prœvaluerint adversum me Syii, eris mihi in adjutorium ; si autem filii Ammon prœvaluerint adversum te , auxiliabor tibi.
12. Esto vir fortis, et pugnemus pro populo nostro et civitate Dei nostri, Dominus autem faciet quod bonum est in conspectu suo.
13. Iniit itaque Joab et populus qui erat cum eo certamen contra Syros; qui statim fugerunt a facie ejus.
14. Filii autem Ammon videntes quia fugissent Syri, fugerunt et ipsi a facie Abisai, et ingressi sunt civitatem. Reversusque est Joab a filiis Ammon, et venit Jérusalem.
15. Videntes igitur Syri quoniam corruissent coram Israël, congregati sunt pari ter ;
16. misitque Adarézer, et eduxit Syros qui erant trans fluvium, et adduxit eorum exercitum ; Sobach autem , magister militise Adarézer, erat princeps eorum.
17. Quod cum nuntiatum esset David, contraxit omnem Israelem, et transivit Jordanem, venitque in Helam. Et direxerunt aciem Syri ex ad verso David, et pugnaverunt contra eum ;
18. fugeruntque Sjri a facie Israël, et occidit David de Syris septingentos currus et quadraginta millia equitum; et Sobach principem railitiai percussit, qiii statim mortuus est.
Jos. xni, 9, 16, convenait fort bien pour les manœuvres de deux armées considérables. La tactique de reimeml était habile : Israël se trouvait pris comme entre le marteau et l'enclume, et obligé de scinder ses troupes. — 3» Le plan de Joab, vers. 9-12. Elexit..., instruxit. Ce choix des bataillons d'élite, commandés par le général en chef, montre que les Syriens étaient le plus h redouter. — Esto vir fortis... Petite allocution digne d'un tel généralissime et d'un membre du royaume théocratique. Cf. I Reg. xvn, 36, 47 ; xvui, 17. — 40 Les Hébreux sont vainqueurs sur toute la ligne, 13-14. Statim fugerunt : le choc dut être d'une violence extrême , et les Syriens, simples mercenaires, n'avalent ni intérêt piirlotique, ni inlérêt religieux à défendre dans «elle lutte. Leur fuite fut contagieuse {filii...
Ammon..., vers. 14 ) ; elle avait d'ailleurs permis à Joab de faire sa jonctiop avec Abisaï contré les Ammonites. — Reversusque... : sans essayer d'assiéger la ville, la saison étant vraisemblablement trop avancée. Cf. xi, 1.
15-19. Les Syriens renouvellent leur attaque et sont complètement écrasés. — Congregati... pariter. Ayant pris la fuite immédiatement, ils n'avaient pas subi de pertes sensibles ; ils essayent maintenant de venger leur honneur. Snr Adarézer, voyez vni, 3 et l'explication. Les Syriens qui habitaient trans fluvium (l'Euphrate, le fleuve par excellence du côté de l'Orieiit biblique) étaient ses vassaux d'après ce même passage. On croit du reste qu'U s'agit ici et là d'une seule et même guerre, sur laquelle nous recevons actuellement quelques détails nouveaux. — Da-
ÎI Reg. X, 19 — XI, 3.
r.). Videiites autein miiverbi regee qui erant in prsesidio Adarezer se victos esse ab Israël, expaverunt, et fngerunt quin-
?uaginta et octo millia coram Israël. Et ecerunt paeem cura Israël, etservierunt eis; timueruntqne Syri auxilium praebere ultra filiis Ammon.
l'J. Tous les rois qui étaient venus au secours d' Adarezer, se voyant vaincus par les Israélites , furent saisis de frayeur, et s'enfuirent devant eux avec cinquantehuit mille hommes. Ils firent ensuite la paix avec les Israélites, et leur furent assujettis. Depuis ce temps les Syiiens n'osèrent plus prêter secours aux fiîs d'Ammon.