‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 564 sur 847 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

1. Le règne de Salomon s'étant ainsi affeimi, il s'allia avec le Pharaon, roi d'Egypte; car il épousa sa fille, qu'il amena dans la ville de David, jusqu'à ce qu'il eût achevé de bâtir son palais, la maison du Seigneur, et les murs qu'Û faisait faire tout autour de Jérusalem.

2. Le peuple, cependant, immolait toujours sur les hauts lieux, parce que jusqu'alors on n'avait point encore bâti de temple au Seigneur.

3. Or Salomon aima le Seigneur, et il se conduisit selon les préceptes de David son père, excepté qu'il sacrifiait et qu'il brûlait de l'encens sur les hauts lieux.

4. Il s'en alla donc à Gabaon pour y sacrifier, parce que c'était là le plus considérable de tous les hauts lieux ; et il offrit mille hosties en holocauste sml'autel qui était à Gabaon.

1. Confirmatum est igitur regnum in manu Salomonis, et affinitate coajunctm est Pharaoni, régi ^gypti ; accepit namque filiam ejus, et adduxit in civitatem David , donec compleret sedificans domum suam , et domum Domini , et murum Jérusalem per circuitum.

2. Attamen populus immolabat in excelsis ; non enim sedificatum erat templum nomini Domini usque in diem illum.

3. Dilexit autem Salomon Dominum, ambulans in prœceptis David patris sui, excepto quod in excelsis immolabat , et accendebat thymiama.

4. Abiit itaque in Gabaon, ut immolaret ibi; illud quippe erat excelsum maximum. Mille hostias in holocaustum obtulit Salomon super altare illud in Gabaon.

Section n. — Les d^ots do règne de Salomon. III, 1-IV, 34.

5 1. — Le maHage du jeune roi, sa prière à Oabaon, son jugement célèbre. III, 1 - 28.

1» Salomon épouse la fille du roi d'Egypte. 1, 1.

Chàp. in. — 1. Confirmatum... igitur... Les mesures tout ensemble énergiques et modérées qui ont été exposées plus haut (chap. n) contribuèrent pour beaucoup à l'affermissement du trône de Salomon. — Conjunctus est... Maintenant qu'il est sûr de la paix au dedans, le monarque songe à se fortifier au dehors, en contractant une alliance matrimoniale avec le plus puissant des États voisins. Sa demande, et l'acceptation qui en fut faite immédiatement, montrent avec quelle rapidité Israël avait grandi, lui naguère esclave de l'Egypte. — Pharaoni. Sur ce titre et son étymologie, voyez Gren. xii, 16, et le commentaire. On croit que le Pharaon alors régnant était Psousennès H, le dernier roi de la xxie dynastie, dont Tanls était la résidence. Cette alliance n'avait rien de contraire k la loi théocratique, qui n'interdisait aux Hébreux que les mariages avec les Chananéens. Cf. Es. xxxrv, 16. La tradition juive suppose que la reine serait devenue prosélyte. — In oivitatem David : au mont Sion, d'après la note de n, 10; par opposition au mont Morlah, sur lequel lo temple fut construit. — Murum Jérusalem. Salomon continua donc les travaux de fortification commencés par son père. Cf. II Reg. v, 9.

2" Prière de Salomon à Gabaon. III, 2-15.

2-3. Transition : les hauts lieux sont encore un centre de culte pour Israël. — Attamen (hébr. : rog). Cette particule introduit uue res-

triction, et signale une ombre au tableau. — Immolabat in excelsis (hébr. : bâmôl). Sacrifices en l'honneur de Jéhovah, non des faux dieux. L'usage s'en était indroduit presque aussitôt après la conquête de Chanaan par les Hébreux (Jud, VI, 25 ; xm, 16), et l'on avait continué cette pratique, les prophètes en donnant eux-mêmes l'exemple. Cf. I Eeg. vn, 10 ; xin, 9 ; xrv, 36 ; xvi, 6. Dieu avait sans doute directement autorisé ou inspiré ses Voyants ; il avait toléré la conduite du peuple. Aussi le narrateur donne-t-U une sorte d'excuse , en ajoutant : non enim sedificatum... Le précepte relatif à l'unité du sanctuaire (Lev. xvn, 3- 6) ne devait être rigoureusement en vigueur, pensait-on, que lorsque le lieu « où le Seigneur ferait habiter son nom » (Dent. XII, 12, 14) serait choisi d'une manière définitive. Néanmoins cette tolérance allait disparaître, à cause du double danger que présentait la pratique en question : danger d'idolâtrie, danger pour l'unité nationale. .— Excepto quod... Salomon agissait eu oe point comme tout le monde, et pourtant s il aimait Jéhovah » : preuve évidente que Dieu ne proscrivait pas absolument le culte qui lui était rendu sur les hauts lieux. — In prœceptis David : les recommandations suprêmes de son père, sous le rapport religieux. Cf. n, 1-4.

4. Le sacrifice du roi à Gal)aon. — In Oabaon. Hébr. : Gib'ôn; aujourd'hui El-Djib, à environ 12 kil. au nord-ouest de Jérusalem, sur un mamelon du plateau central de la Palestine (AU. géogr., pi. vn, xn, X\a). — Excelsvm maximum : « le plus grand » au moral, non sous le rapport matériel. C est !à que l'ancien tabernacle et l'autel des holocaustes avaient été t.ans-

III Reg. III, 5-12.

5. Apparaît autem Dominus Salomoni per somnium nocte, dicens : Postula quod vis ut dem tibi.

6. Et ait Salomon : Tu iecisti cum servo tuo David, pâtre meo, misericordiam magnam, sicut ambulavit in conspectu tuo in veritate et justitia, et recto corde tecum ; custodisti ei misericordiam tuam grandem , et dedisti ei filium sedentem super thronum ejus, sicut est hodie.

7. Et nunc, Domine Deus, tu regnare fecisti servum tuum pro David pâtre meo. Ego autem sum puer parvulus, et ignorans egressum et introitum meum ;

8. et servus tuus in medio est populi quem elegisti, populi infini ti, qui numerari et supputari non potest prse multitudine.

9. Dabis ergo servo tuo cor docile, ut populum tuum judicare possit, et discernere inter bonum et malum ; quis enim poterit judicare populum istum, populum tuum hune multum?

10. Placuit ergo sermo coram Domino, quod Salomon postulasset hujuscemodi rem.

11. Et dixit Dominus Salomoni : Quia pustulasti verbum hoc , et non petisti tibi dies multos, nec divitias, aut animas inimicorum tuorum, sed postulasti tibi sapientiam ad discernendum judicium,

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