j'ai déjà fait ce que vous m'avez
férés. Cf. I Par. xvi, 39-40; n Par. i, 3. Mais l'arche était alors sur le mont Sion. — Mille hostias. Sacrifice d'une royale munificence, digne de Salomon.
5-9. La vision et la prière du prince. — Apparuit... per somnium : comme autrefois à Abraham, Gen. rv, 1, et à Jacob, G-en. xxvin, 12, etc. Songe réel, et tout divin. — Postula quod vis : avance d'une ineffable bonté. — Et ait Salomon. A l'offre du Seigneur, le roi répond par une admirable prière , vers. 6 - 9 , dans laquelle nous distinguons sans peine trois éléments. 1» L'action de grâce pour les bienfaits accordés à David, et en particulier pour l'accomplissement de la grandiose promesse relative à son successeur, vers. 6. 2° L'humble confession, vers. 7-8; de son père, Salomon passe à luimême, et relève délicatement les difficultés de sa situation présente : d'une part, vei-s. 7, lui, si jeune et si inexpérimenté (puer parvulus, ignorans..., hyperbole orientale ; egressum et in- Vroitum, locution proverbiale chez les Hébreux.
pour marquer le va-et-vient perpétuel de la vie, de la conduite. Cf. Num. xxvu, 17 ; Deut. xxviii, 6 ; XXXI, 2, etc.) ; d'autre part, vers. 8, un peuple nombreux à gouverner (infiniti, autre hyperbole, avec allusion probable à la promesse faite autrefois à Abraham, Gen. xiii, 16), et ce peuple étant la nation même choisie par Dieu (quem elegisti). 3" La demande proprement dite, vers. 9, présentée comme la conclusion (dabis ergo...) des considérants qui précèdent. — Judicare : l'une des principales et plus gi-andes fonctions des rois, mentionnée pour représenter toutes les autres.
10-14. Réponse du Seigneur à la prière de Salomon. — Placuit... sermo. Quoique la scène se fût passée en songe, ce songe était surnaturel, et Salomon y avait la pleine possession de sen facultés ; c'est pourquoi sa conduite fut méritoire. — Quia postulasti... Dieu daigne commenter lui-même le « placuit », aux premiers mot» de sa réponse, vers. 11. — Animas iniynicoi 1-um : le passage I Par. xi, 14-26, nous apprend
III Rkg. ITI, 13-21.
demandé, et je vous ai donné un cœur si plein de sagesse et d'intelligence, qu'il n'y a jamais eu d'homme avant vous qui vous ait égalé, et qu'il n'y en aura point après vous qui vous égale.
13. Mais je vous ai en outre donné ce que vous ne m'avez point demandé, savoir, les richesses et la gloire, de sorte qu'aucun roi ne vous aura jamais égalé en ce point dans tous les siècles passés.
14. Que si vous marchez dans mes voies, et que vous gardiez mes préceptes et mes ordonnances, comme votre père les a gardés, je vous donnerai encore une longue vie.
15. Salomon, s'étant réveillé, comprit que c'était un songe ; et étant venu h Jérusalem, il se présenta devant l'arche de l'alliance du Seigneur, offrit des holocaustes et des victimes pacifiques, et fit à tous ses serviteurs un grand festin.
16. Alors deux femmes de mauvaise vie vinrent trouver le roi , et se présentèrent devant lui.
17. L'une d'elles lui dit : Je vous prie, mon sexgnQnv, faites -moi justice. Nous demeurions, cette femme et moi, dans une même maison, et je suis accouchée près d'elle dans la même chambre.
18. Elle est accouchée aussi trois jours après moi ; nous étions ensemble dans cette maison, et il n'y avait personne autre que nous deux.
19. Le fils de cette femme est mort pendant la nuit, car elle l'a étouffé en dormant ;
20. et se levant dans le silence d'une nuit profonde, pendant que je dormais, moi votre servante, elle m'a ôté mon fils que j'avais à mou côté ; et l'ayant pris auprès d'elle, elle a mis auprès de moi son fils qui était mort.
21. Quand je me levai le matin pour allaiter mon fils, je vis qu'il était mort ;
tuos, et dedi tibi cor sapiens et intelligens,in tantum utnullusante te similis tui fuerit, nec post te surrecturus sit.
13. Sed et hœc, quse non postulasti, dedi tibi, divitias scilicet et gloriam, ut nemo fuerit similis tui in regibus, cunctis rétro diebus.
14. Si autem ambulaveris in viis meis, et custodieris prœcepta mea et mandata mea, sicut ambulavit pater tuus, longes faciam dies tuos.
15. Igitur evigilavit Salomon, et intellexit quod esset somnium ; cumque venisset Jérusalem, stetit coram arca fœderis Domini, et obtulit holocausta, et fecit victimas pacificas, et grande convivium universis famulis suis.
16. Tune venerunt duse mulieres meretrices ad regem, stetenjntque coram eo ;
17. quarum una ait : Obsecro, mi domine ; ego et mulier hsec habitabamus in domo una , et peperi apud eam in cubiculo;
18. tertia autem die postquam ego peperi, peperit et hsec, et eramus simul, nuUusque alius nobiscum in domo, exceptis nobis duabus.
19. Mortuus est autem filius mulieris hujus nocte, dormi eus quippe oppressit eum.
20. Et consurgens intempestse noctis silentio , tulit filium meum de latere meo ancillse tuse dormientis, et collocavit'in sinu suo ; suum autem filium, qui erat mortuus, posuit in sinu meo.
21. Cumque surrexissem mane ut darem lac filio meo, apparuit mortuus;
que Salomon avait dès lors de puissants ennemis. — Ecce ]e.ci... Réponse directe à, la requête du roi, vers. 12, avec une générosité sans limite (i?i tanVu,m, ut...). Mais le Seigneur va bien au delà de la demande de son serviteur, vers. 13 ( sed et hcec... ). Toutefois la dernière promesse , Umgos faciam... (vers. 14), est conditionnelle, et elle ne fut pas accomplie, Salomon n'ayant pas rempli la condition.
16. Sacrifice devant l'arche, à Jérusalem. — Intelleocit quod... somnium, : et pourtant une parfaite réalité. — Stetit coram arca. Salomon Inaugurait ainsi son règne, en immolant des sacrifices au Dieu d'Israël dans les deux endroits lee plus sacrés de la Terre sainte. — Orande
convivium, : avec la part des victimes pacifiques qui revenait au donateur. Cf. Lev. vii, 11-21.
3" Le jugement de Salomon. III, 16-28.
Ce trait est cité comme un frappant exemple de la sagesse toute divine qui venait d'être départie au roi.
16. Introduction.— Venerunt... ad regem. On vient proposer directement au monarque ce cas difficile, que les juges ordinaires avaient été sans doute incapables de trancher.
17-22. Exposé contradictoire du cas. — Quarum una... Récit de la pi-emière femme , vers. 17-21, net, précis, présenté avec un accent frappant de vérité. Le détail rtuUusque alius..., au vers. 18, contient le nœud de la difficulté. —
qncm diligentiue intuens clara luce, deprehendi non esse meum quem genueram.
22. Responditque altéra mulier : Non est ita ut dicis, sed filius tuus mortuus est, meus autera \'i\nt. E contrario illa dicebat : Mentiris ; filius quippe meus vivit, et filius tuus mortuus efft. Atque in hune modum contendebant coram rege.
23. Tune rex ait : Haec dicit : Filius meus vivit, et filius tuus mortuus est ; et ista respondit : Non ; sed filius tuus mortuus est, meus autem vivit.
24. Dixit ergo rex : Afferte miM gladium. Cumque attulissent gladium coram rege :
25. Dividite, inquit, infantem vivum in duas partes , et date dimidiam partem uni , et dimidiam partem alteri.
26. Dixit autem mulier cujus filius erat vivus ad regem (commota sunt quippe viscera ejus super filiosuo) : Obsecro, domine, date illi infantem vivum, et nolite interficere eum. E contrario illa dicehat : Nec mihi, nec tibi sit, sed dividatur.
27. Respondit rex, et ait : Date huic infantem- vivum, et non occidatur ; haec est enim mater ejus.
28. Audivit itaque omnis Israël judicium quod judicasset rex, et timuerunt regem, videntes sapientiam Dei esse in eo ad faciendum judicium.
III Req. III, 22 — IV, 2.
et, le considérant avec plus d'attention au grand jour, j'ai reconnu que ce n'était pas le mien, celui que j'avais enfanté.
22. L'autre femme lui répondit : Ce que tu dis n'est pas vrai ; mais c'est ton fils qui est mort, et le mien est vivant. La première, au contraire, répliquait :
Tu mens, car c'est mon fils qui est vivant, et le tien est mort ; et elles disputaient ainsi devant le roi.
23. Alors le roi dit : Celle-ci dit : Mon fils est vivant, et le tien est mort. Et l'autre répond : Non ; mais c'est ton fils qui est mort, et le mien est vivant.
24. Le roi ajouta : Apportez-moi une épée. Lorsqu'on eut apporté une épée devant le roi,
25. il dit à ses gardes : Coupez en deux cet enfant qui est vivant, et donnez -en la moitié à l'une, et la moitié à l'autre.
26. Alors la femme dont le fils était vivant dit au roi (car ses entrailles furent émues pour son fils) : Seigneur, donnez-lui , je vous supplie, l'enfant vivant , et ne le tuez point. L'autre disait au contraire : Qu'il ne soit ni à moi ni à toi ; mais qu'on le divise en deux.
27. Alors le roi prononça cette sentence : Donnez à celle-ci l'enfant vivant, et qu'on ne le tue point ; car c'est elle qui est sa mère.
28. Tout Israël apprit donc la manière dont le roi avait jugé cette affaire, et ils conçurent tous de la crainte pour lui, voyant que la sagesse de Dieu était en lui pour rendre la justice.