Uï Salomon envoya vers Hiram, et lui fit dire
3. Vous savez quel a été le désir de David mon père, et qu'il n'a pu bâtir une maison au Seigneur son Dieu, à cause des guerres qui le menaçaient de toutes parts, jusqu'à ce que le Seigneur eut mis ses ennemis sous ses pieds.
4. Mais maintenant le Seigneur mon Dieu m'a donné la paix avec tous les peuples qui m'environnent, et il n'y a plus d'ennemi, ni de calamité fâcheuse.
5. C'est pourquoi j'ai dessein de bâtir un temple au Seigneur mon Dieu, selon que le Seigneur l'a ordonné à David mon père, en lui disant : Votre fils, que je mettrai à votre place sur votre trône, sera celui qui bâtira une maison à mon nom.
6. Donnez donc ordre à vos serviteurs, qu'ils coupent pour moi des cèdres du Liban, et mes serviteurs seront avec les vôtres, et je donnerai à vos serviteurs telle récompense que vous me demanderez ; car vous savez que je n'ai personne parmi mon peuple qui sache couper le bois comme les Sidoniens.
7. Hiram, ayant entendu ces paroles de Salomon , en eut une grande joie , et il dit : Béni soit le Seigneur Dieu , qui donne aujourd'hui à David un fils très sage pour gouverner un si grand peuple.
8. Et il envoya dire à Salomon : J'ai appris la proposition que vous m'avez
roi de son avènement au trône. — Amicus... David. Les passages II Reg. v, 11; I Par. xrv, 1; xxn, 4 ; II Par. II, 3, signalent quelques traits de cette amitié.
2-6. Ambassade de Salomon à Hiram. — Voluntatem David... Sur ce pieux désir, voyez II Reg. vn, 1 et ss.; I Par. xxn, 8; xxvm, 3. Dieu mit obstacle à sa réalisation; du moins le saint roi eut la consolation de préparer en partie les matériaux du temple qu'il ne lui avait pas été donné de bâtir; il fit notamment une provision considérable de bois de cèdre (cf. I Par. xxn, 4), détail bien connu du roi de Tyr (tu scis). — Sub vestigio pedum. Trait expressif, pour noter un asservissement complet. Cf. Ps. vm, 6; cix, 1. Les vainqueurs en faisaient parfois Tine cruelle réalité. Voyez l'Atl. archéol., pi. xciv, flg. 6-8. — Nunc auteni requiem...: par opposition aux guerres presque perpétueUes que David avait dû soutenir. Cf. IV, 24. — Non est satan. Mot hébreu (sâtân), qui signifie « adversaire ». — Quamolrrem... sicut locutus...: allusion à la divine promesse de II Reg. rn, 13. Cf. I Par. xxn, 10. — Prtecipe igitur... (vers. 6). Salomon présente maintenant sa demande, après l'avoir introduite par les paroles qui précèdent (vers. 2-6) : I Par. n, 3-10, elle est
donnée d'une manière plus complète. — Cedros, L'arbre magnifique qui recouvrait alors en grande partie les flancs du Liban, le meilleur de tous les bois pour les constructions. On l'importait au loin (en Egypte, à Ninive, à Ecbatane) pour les édifices princiers. — Mercedem... servorum ..: il s'agit ■ des ouvriers tyriens qui devaient être employés à abattre, à tailler et à charrier les arbres. — Qui noverit... cœdere... Depuis la construction du / tabernacle, les Hébreux, presque constamment en guerre, n'avaient pas eu l'occasion de former dtouvriers habiles ; au contraire les Phéniciens , ei tout particulièrement les Sidoniens, étaient renommés au loin pour leur art en toute sorte de travaux : les auteurs classiques ( Homère , etc. ) vantent sous ce rapport.
7 - 9. Prompt acquiescement d'Hiram à la de- , mande de Salomon. — Lœtatus... valde. L'association proposée devait lui rapporter beaucoup d'honneur et de nombreux avantages. — El ait : par écrit, d'après I Par. n, 11-16, où sa réponse est reproduite plus mtégralement. — Benedictu Dominus. En hébr.: Thovah. Hiram loue le vra Dieu, mais d'une façon toute païenne sans doute, regardant Jéhovah comme la divinité nationale des Hébreux. Cf. x, 9, etc. — JAgnia.^ aUegui»
III Rto. V, 9-14.
ego facîam omnem voluntatem tuam ia lignis cedrinis et abiegnis.
9. Servi mei déponent ea de Libano ad mare, et ego componam ea in ratibus in mari, usque ad locum quem significaveris mihi ; et applicabo ea ibi , et tu toiles ea ; praebebisque necessaria mihi ut detur cibus domui mese.
10. Itaque Hiram â.aiba.t Salomoni ligna cedrina et ligna abiegna juxta omnem voluntatem ejus.
11. Salomon jautem praebebat Hiram coros tritici viginti millia, in cibum domui ejus, et viginti coros purissimi olei ; hœc tribuebat Salomon Hiram per singulos annos.
12. Dédit quoque Dominus sapientiam Salomoni, sicut locutus est ei. Et erat pax inter Hiram et Salomonem, et percusserunt ambo f œdus.
13. Elegitque rex Salomon operarios de omni Israël, et erat indictio triginta millia virorum.
14. Mittebatque eos in Libanum, decem millia per menses singulos vicissim, ita ut duobus mensibus essent in domibus suis; et Adoniram erat super bujuscemodi indictione.
fait faire ; j'exécuterai tout ce que vous désirerez pour les bois de cèdre et de sapin.
9. Mes serviteurs les porteront du Liban à la mer, et je les arrangerai en radeaux sur la mer jusqu'au lieu que vous m'aurez marqué, et je les y ferai débarquer, et vous les ferez prendre ; et pour cela vous me donnerez ce qui me sera nécessaire pour nourrir ma maison.
10. Hiram donna donc à Salomon des bois de cèdre et de sapin autant qu'il en désirait.
11. Et Salomon donnait à Hiram pour l'entretien de sa maison vingt mille mesures de froment, et vingt mesures d'huile très pure ; et c'est là ce que Salomon fournissait chaque année à Hiram.
12. Le Seigneur donna aussi la sagesse à Salomon selon qu'il le lui avait promis. II y avait paix entre Hiram et Salomon, et ils firent alliance l'un avec l'autre.
13. Et le roi Salomon choisit des ouvriers dans tout Israël ; et il ordonna que l'on prendrait 2?our cet ouvrage trente mille hommes.
14. Il les envoj'^ait au Liban tour à tour, dix mille chaque mois, de sorte qu'ils demeuraient deux mois dans leurs maisons ; et Adoniram avait l'intendance 8ur eux tous.
(vers. 8). L'hôte. VroS désigne vraisemblablement le cyprès. Voyez VAtl. d'hist. nat., pi. xit, flg. 1,5; pi. xiii, flg. 3, 4. Salomon désirait aussi une provision de ce bois. Cf. II Par. n, 8. — Servi inei (vers. 9h Arrangement pour le transport des arbres et le salaire des ouvriers. — De Libano ad mare. La forêt était à environ dix à douze lieues du rivage ; on faisait glisser les troncs d'arbre le long des flancs de la montagne, puis on les assemblait en radeaux gigantesques, que l'on conduisait à Joppé en suivant la côte (cf. II Par. ii, 16). De là il ne restait que 58 kllom. à franchir pour porter les arbres jusqu'à Jérusalem (AU. géogr., pi. vu, xni). Ce moyen était le plus commode et le moins coûteux ; U eût été très difflcilo alors de conduire directement les arbres au sud de la Palestine, vu l'absence de routes carrossables. — Prœbebisque... Le payement demandé par Hiram consistait en vivres pour la table royale ( cihus domui me<e). Cf. vers. 11. Les terres* arables manquaient presque totalement en Phénicie, tandis que la Palestine était riche en blé, en vin, en huile : de là l'idée de cet échange. Ce qui n'empêchait pas les ouvriers tyricns d'être nourris aux frais de Salomon. Cf. II Par. ii, 10.
10-11. La mise à exécution du traité. — Part d'Hiram, au vers. 10 : dahat... ligna, autant qu'il en fallait. — Part de Salomon, au vers. 11. Coros
trilici... Sur le kor, voyez la note de rv, 22. Ftginti... olei : quantité bien minime, d'autant mieux qup II Par. n, 10, il est question de 20 000 baths (1, bat équivaut à 38 litres 88); mais le texte ajoute Ici purissimi, littéral. « battue», c.-à-d. obtenue en écrasant les olives sans les pressurer, ce qui désigne une huile succulente. Deux sortei d'huiles étaient donc fournies par Salomon. — Per singulos annos : aussi longtemps que durèrent les travaux.
12. Conclusion. — Sapientiam : pour mener à bonne &u ce traité, favorable aux init: Israélites. — Fœdus : alliance très Intime ; deux contractants se don)i...ent le nom de frère. Cf. IX, 13. Des païens furent ainsi appelés à coo> pérer à la construction du temple du vrai Dieu; symbole de l'admission future des Gentils dam la religion dont ce temiile était alors le centre.
2" Les ou\Tier8 employés à préparer les matériaux. V, 13-18.
13-14. Ouvriers Israélites. — Indictio. L'hébr. Tnâs désigne un travail forcé. — Triginta millia... Le chiffre total des Hébreux âgés de plus de vingt ans étant alors de 1 300 000, d'après IX Reg. ïxiv, 8, cela faisait un peu plus de deux hommes corvéables sur cent (un sur quarante-quatre). Mais, comme l'ajoute le vers. 14, le tiers seulement de ces 30 000 ouvriers était employé dans le Liban
III Reg.' V, 15 — VI, 1.
15. Fueruntq-ae Salomoni septuaginta millia eorum qui oneia portabant ; et octoginta millia latomorum in monte,
16. absque prsepositis qui praeerant singulis operibus, numéro trium millium et trecentorum , et prsecipientium populo et his qui faciebant opus.
17. Prsecepitque rex ut tollerent lapides grandes, lapides pretiosos, in fundamentum templi, et quadrarent eos;
18. quos dolaverunt csementarii Salomonis , et csementarii Hiram. Porro Giblii prseparaverunt ligna et lapides ad œdiâcandam domum.
15. Salomon avait encore soixante-dix mille hommes qui portaient les fardeaux, et quatre -vingt mille qui taillaient des pierres dans la montagne ;
16. sans compter ceux qui avaient l'intendance sur chaque ouvrage, au nombre de trois mille trois cents, qui donnaient les ordres au peuple et à ceux qui travaillaient.
17. Et le roi ordonna de prendre de grandes pierres de grand prix, pour les fondements du temple, et de les préparer ;
18. et les maçons de Salomon et ceux d'Hiram eurent soin de les tailler ; et les GibUens apprêtèrent les bois et les pierres pour bâtir la maison du Seigneur.