‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 685 sur 847 · Et respondens rex Israël, ait · texte numérisé non relu

Et respondens rex Israël, ait

comme siennes toutes les possessions du roi Israélite ; ce qui équivalait, suivant les coutumes orientales , à la déposition d' Achab. — Juxla verbum iuum... Humble soumission , qui va occasionner pour tout résultat des conditions plus outrageantes encore.

6-6. Deuxième ambassade. — A.rgentum tuum... D'abord (vers. S*), mêmes exigences hautaines qu'à la première ambassade, vers. 3. Au vers. 6, l'arrogance dépasse toute mesure : non seulement Bénadad enverra opérer le lendemain la saisie de tous les biens personnels d' Achab, mais 11 ajoute en outre que cette saisie comprendra même les propriétés des citoyens de Samarie.

7-9. Réponse d' Achab au second message du roi syrien. — Vocavit... seniores terra : un grand nombre de notables du royaume s'étaient réfugiés dans la capitale au moment de l'Invasion syrleune. — Non abnui. Achab ne cite, des ordres Injurieux de Bénadad, que ce qui le concernait directement, comme s'il lui répugnait de men-

tionner l'autre moitié. Mais 11 est aisé de compléter la pensée : Pour ce qui me regardait molmême. J'ai cédé; mais voici qu'il réclame aussi vos biens; que dois -Je lui répondre? — Dixerunt... Ils se montrent plus flers et plus vaillants que le roi : Non audias I On est surpris qu'ainsi encouragé, U n'ait pas envoyé une réplique plus mâle à Bénadad (vers. 9) ; du moins U refuse avec assez d'énergie de laisser prendre les biens de ses sujets ihanc rem...).

10-11. Troisième ambassade. — Hac faciant... Formule de serment identique à celle de Jézabel, xrx, 2. — Si suffecerit puMs... Bravade insolente, à l'orientale. Le roi de Syrie affirme qu'il lancera contre Samarie une telle quantité de guerriers, que la poussière de la ville ruinée ne suffira pas pour remplir leurs mains. Cf. vers. 25, 29, 30. — Ne gloriet-ur... Cette fois Achab est mieux Inspiré, et sait se tenir à peu près à la hauteur de la situation. Sa réponse consiste en un proverbe. AcclrKtus, c'e^t î<i guerrier ceint de

m Reg. XX. 12-17.

Dicite ei : Ne glorietur accinctus seque ut disciuctus.

12. F'actum eit autem, cum audisset Benadad verbum istud, bibebat ipse et Teges in umbracalis ; et ait Bervis suis : Lircumdate civiratem. Et circumdede- Tint eam.

13. Et ecce propheta unus accedens ad Achab , regem Israël , ait ei : Hsec dicit Domiaus : Certe vidisti omnem multitudinem hanc nimiam; ecce ego tradam eam iu manu tua hodie, ut scias quia ego sum Dominus.

14. Et ait Achab : Per quem? Dixitque ei : Hsec dicit Dominus : Per pediseequos principum provinciarum. Et ait :

Quis incipiet prseliari ? Et ille dixit : Tu.

15. Recensuit ergo pueros principum provinciarum, et reperit numerum ducentorum triginta duorum ; et recensuit post eos populum, omnes filios Israël, septem millia.

16. Et egressi sunt meridie. Benadad autem bibebat temulentus iu umbraculo Buo, et reges triginta duo cum eo, qui ad auxilium ejus vénérant.

17. Egressi sunt autem pueri principum provinciarum in prima fronte. ]\lisit itaque Benadad, qui nuntiaverunt ei, dicentes : Vin egressi sunt de Samaria.

à votre maître : Ce n'est pas lorsqu'on prend les armes qu'on doit se vanter, c'est quand on les quitte.

12. Benadad reçut cette réponse tandis qu'il buvait avec les rois sous des tentes ; et il dit à ses serviteurs : Investissez la ville. Et ils l'investirent.

13. Et voici qu'un prophète vint trouver Achab , roi d'Israël , et lui dit : Ainsi parlele Seigneur : Vous avez vu toute cette multitude innombrable ; je vous déclare que je la livrerai aujourd'hui entre vos mains, afin que vous sachiez que je suis le Seigneur.

14. Achab lui demanda : Par qui? Il lui répondit : Voici ce que dit le Seigneur : Ce sera par les valets de pied des princes des provinces. Achab ajouta : Qui commencera le combat? Vous, dit le prophète.

16. Achab fit donc la revue des valets de pied des princes des provinces, et il en trouva deux cent trente -deux. Il fit ensuite la revue du peuple, de tous les fils d'Israël, et il en trouva sept mille.

16. Et ils sortirent de la ville à midi. Cependant Benadad était dans sa tente , qui buvait et qui était ivre ; et les trente deux rois qui étaient venus à son secours étaient avec lui.

17. Les valets de pied des princes des provinces sortirent donc à la tête de l'armée. Benadad envoj'a pour les reconnaître, et on lui vint dire : Ce sont des gens qui sont sortis de Samarie.

son épée; discinctug, le même, désarmé. Le sens est donc : Ne chantez point triomphe avant la victoire. En effet, « oe n'est point pendant qu'on est au combat, ni lorsqu'on prend les armes, mais lorsqu'on a combattu et gagné la victoire, qu'on doit s'élever. » Calmât , h. l. Telle est l'interprétation du chaldéen.

12. Colère de Benadad, qui ordonne un assaut Immédiat. — Bibebat... Sûr du succès. L'équlvalînt hébreu du mot umbracuUs (8ukkô0 désigne des cabanes de feuillage semblables à celles de la fête des Tabernacles. Cf. la note de Lev. xxin, 24, et l'Atl. areh., pi. ci, flg. l.— Circumdate... L'hébreu dit avec une concision énergique : Placez I Ce qui signiâe peut-être : Dressez les machines de guerre. Cf. Ez. iv, 2.

13-14. Oracle du Seigneur, promettant la victoire à Achab. — Oerte vidisti... Dieu fait mettre en relief par son représentant l'étendue du triomphe prédit. — Per qiiemt C.-à-d. : Par qui les livrerez-vouB entre mes mains (cf. vers. IZ^)? Achab désire être renseigné sur le mode de la victoire. — Per pedisseqvcs... : « Jeunes gens » ihéi>r.> Inexpérimentés et peu nombreux (vers. IS).

Évidemment c'est .Téhovah lui-même qui serait le vainqueur en de telles conditions. — Quis in cipiet...? Autre question du roi, à laquelle le prophète ne répondit pas moins nettement : Tu. Achab devait donc se mettre à la tête de cette poignée d'hommes, et s'avancer en rase campagne contre l'armée si nombreuse de Benadad.

16-21 . La lutte victorieuse. — Recensuit ergo... La fol du roi d'Israël n'était pas totalement éteinte ; elle fut réveillée par cet oracle consolant , qui éclairait de vives lueurs une situation désespérée. — Septem millia. Ce chtÊCre p.irait surprenant par sa petitesse, 'vu la densité de la population Israélite à cette époque (cf. II Par. xm, 3; xrv, 8; xvu, 14 et ss.); mais U est probable que l'attaque de Benadad avait été soudaine, et que la plupart des guerriers d' Achab s'étaient trouvés dans l'impossibUlté de pénétrei à temps dans la ville; de plus, le siège pouvait durer depuis, un certain temps, et avoir fait de nombreuses victimes. — Benadad... bibebat (vers. 16). Le banquet mentionné au vers. 12 durait depuis le matin et avait dégénéré en orgiei le moment providentiel était donc bien choisi.

m Rkq. XX. 18-25.

18. Et il dit : Soit qu'ils viennent pour traiter de la paix, soit qu'ils viennent pour combattre , i)renez-les vifs.

19. Les valets de pied des princes des provinces s'avancèrent donc, et le veste de l'armée après eux ;

20. et chacun d'eux tua ceux qui se présentèrent devant lui; et aussitôt les Syriens s'enfuirent, et l'armée d'Israël les poursuivit. Bénadad, roi de Syrie, s'enfuit aussi à cheval avec les cavaliers qui l'accompagnaient.

21. Et le roi d'Israël, étant sorti de Samarie, tua les chevaux, renversa les chars, et frappa la Syrie d'une grande plaie.

22. Alors le prophète s'approcha du roi d'Israël, et lui dit : Allez, fortifiezvous et voyez ce que vous avez à faire. Car le roi de Syrie viendra encore l'an prochain pour vous combattre.

23. Mais les serviteurs du roi de Syrie lui dirent : Leurs dieux sont des dieux de montagnes, et c'est pour cela qu'ils nous ont vaincus ; il faut que nous combattions contre eux en pleine campagne, et nous les vaincrons.

24. Voici donc ce que vous avez à faire : Eloignez tous les rois de votre armée , et mettez à leur place vos principaux officiers;

25. rétablissez vos troupes , en y remettant autant de soldats qu'il en a été tué , autant de chevaux qu'il y en avait dans votre armée, et autant de chars que vous en avez eus auparavant; et nous combattrons contre eux en pleine campagne, et vous verrez que nous les battrons. Il crut leur conseil et il s'y conforma.

18. Et ille ait : Sive pro pace veninnt, apprehendite eos vivos ; sive ut prselientur, vivovj eos capite.

19. Egressi sunt ergo pueri principum provinciarum , ac reliquus exoroitus sequebatur ;

20. et percussit unusquisque virum qui contra se veniebat ; fugeruntque Syri , et persecutus est eos Israël. Fugit quoque Benadad, rex Syriae, in equo cum equitibus suis.

21. Necnon egressus rex Israël percussit equos et currus , et percussit Syriam plaga magna.

22. Accedens autem propheta ad regem Israël, dixit ei : Vade, et confortare, et scito , et vide quid facias ; sequenti enim anno rex Syrise ascendet contra te.

23. Servi vero régis Syriae dixerunt ei : Dii montium sunt dii eorum, ideo superaverunt nos; sed melius est ut pugnemus contra eos in campestribus, et obtinebimuB eos.

24. Tu ergo verbum hoc fac : Amovc reges singulos ab exercitu tuo, et pone principes pro eis ;

25. et instaura numerum militum qui ceciderunt de tuis, et equos secundum equos pristinos, et currus secundum currus quos ante habuisti ; et pugnabi mus contra eos in campestribus, et videbis quod obtinebimus eos. Credidit consilio eorum, et fecit ita

— ÎHsit... Benadad. Malgré son état d'ivresse, il comprend qu'il se passe quelque chose d'anormal, et il envoie prendre des informations. — Sive pro pace. Dans son orgueil, il suppose que les Hébreux, trop peu hardis pour l'attaquer les premiers , viennent en nombre lui demander la paix. En toute hypothèse, vivos capite, commandet-U. Autre marque de confiance superbe : il croit que ce sera un Jeu pour ses troupes de saisir vivants les guerriers Israélites, si ceux-ci osaient lui livrer bataille. — Fugerunt... Syri. lia, panique se met promptement dans les armées nombreuses, surtout en Orient, quand elles manquent de cohésion, qu'elles sont mal commandées, et que, comptant sur le succès, elles éprouvent un échec inattendu.

22. Annonce prophétique d'une seconde invasion des Syriens. — Vide quid facias. Ce divin avertissement avait pour but d'engager Achab à prendre toutes ses précautions en vue d'une se-

conde campagne. — Seqtienti anno. Hébr. : au retour de l'année; c.-à-d. lorsque reviendrait la saison propice à la gueiTe, le printemps. Cf. II Reg. XI , 1, et l'explication.

2« La seconde victoh-e. XX, 23-34.

23-25. Les Syriens préparent une nouvelle armée pour attaquer Achab. — DU (mieux vaudrait le singulier, employé par les LXX) montium... La Palestine est, en effet, un pays de montagnes (.Atl. géogr., pi. vii, xviii); les Syriens avaient pu le remarquer mieux que partout ailleurs au cœur des collines d'Éphraïm, lorsqu'ils assiégeaient Samarie. Or Jéhovah étant, conformément aux idées païennes, le dieu national des Hébreux, les agresseurs supposent que s'il a su défendre son peuple dans les montagnes, il sera faible et battu en rase campagne; de là leur changement de tactique : meliiis est... — Tu ergo... Les serviteurs royaux conseillent Aussi à Bénadad de réorganiser son armée, soit

m Reg. XX. 2f.-32.

26. Igitur, postquam annus traosierat, recenfiuit Benadad Syros, et ascendit iu Aphec ut pugnaret contra Israël.

27. Porro filii Israël recensiti sunt, et acceptis' cibariis profecti ex ad verso, castraque metati sunt contra eos, quasi duo parvi grèges caprarum ; Syi'i autem repleveruEt.terram.

28. Et accedens unus vîr Dei, dixit ad regem Israël : Hœc dicit Dominus : Quia dixerunt Syri : Deus montium est Dominus, et non est Deus vallium, dali" omnem multitudinemliancgrandemin maiiU tua. et scietis quia ego sum Dcininus.

29. Dirigebantque septem diebus ex adverso hi atque illi acies, septima autem die commissum est bellum ; percuseeruntque filii Israël de Syrie centum millia peditum in die una.

30. Fugerunt autem qui ramanserant in Aphec, in civitatem ; et cecidit murus super viginti septem millia hominum qui remanserant. Porro Benadad fugiens ingressus est civitatem , in cubiculum quod erat intra cubiculum.

31. Dixeruntque ei servi sui : Ecce audivimus quod reges domus Israël clémentes sint; ponamus itaquesaccosinlumbis nostris et funiculos in capitibus nostris, et egrediamur ad regem Israël ; forsitan salvabit animas nostras.

32. Accinxerunt saccis lumbos suos , et posuerunt funiculos in capitibus suis, veneruntque ad regem Israël, et dixe-

26. Un an après, Benadad fit la revue des Syriens , et vint à. Aphec pour combattre contre Israël.

27. Les enfants d'Israël firent aueei la revue de leurs troupes , et ayant pris des vivres, ils marchèrent contre les Syriens , et campèrent vis-à-vis d'eux, comme deux petits troupeaux de chèvres, tandis que les Syriens couvraient toute la terre.

28. Alors un homme de Dieu vint trouver le roi d'Israël , et lui dit : Voici ce que dit le Seigneur : Parce que les Syriens ont dit : Le Seigneur est le Dieu des montagnes, mais il n'est pas le Dieu des vallées, je vous livrerai toute cette grande multitude, et vous saurez que je suis le Seigneur.

29. Les deux armées furent rangées en bataille l'une devant l'autre pendant sept jours. Le septième jour la bataille se donna ; et les fils d'Israël tuèrent ea un jour cent mille fantassins syriens.

30. Ceux qui échappèrent s'enfuirent dans la ville d' Aphec , et une muraille tomba sur vingt -sept mille hommes qui restaient. Or Benadad, s'enfuyant, entra dans la ville, et se retira dans le lieu le plus secret d'une chambre.

31. Alors ses serviteurs lui dirent : Nous avons entendu dire que les rois de la maison d'Israël sont cléments. Mettons donc des sacs sur nos reins et des cordes à notre cou, et allons trouver 1» roi d'Israël; peut-être qu'il nous donnera la vie.

32. Ainsi ils se mirent des sacs sur les reins et la corde au cou, et vinrent trouver le roi d'Israël ; et ils lui dirent :

en lui dormant de meilleurs chefs (.amove reges...; cf. vers. 1, 12), soit en remplaçant les soldats qui avaient péri dans la campagne précédente.

26-27. Les deux armées en présence, auprès d' Aphec. — L'armée syrienne, vers. 26. In Aphec : non pas l' Aphec de la tribu d'Aser, car 11 était en plein dans les montagnes (note de Jos. zm, 4 ; XIX, 30), mais celui de la plaine de Jezrahel, aujourd'hui Pîk, village Important (cf. I Reg. XXIX, 1, et l'explication). — L'année Israélite, vers. 27. Qwasi duo parvi... : comparaison pathétique, qui fait contraste avec la multitude Immense des Syriens ; elle montre que le roi Achab avait divisé sa petite armée en deux corps.

28. Nouvelle promesse de victoire. — Unrts vlr Dei : distinct du prophète qui avait annoncé Je premier triomphe, vers. IJ — Quia dixerunt... Jéhovah, Insulté, vengera l'hon. "tu de son nom.

29-30». Déroute des Syriens. — L,.''nebantqv£... Les diiox armées demeurèrent toute Uu " senialne

en face l'une de l'autre sans combattre. On a pensé que, de la part d'Israël, cette attente de sept Jours (le nombre sacré > avait un caractère religieux. — Percusaerunt... Grande victoire. La panique dut encore s'en mêler du côté des Syriens. — Cecidit munis... Tout un rempart. Trait providentiel , évidemment.

30* - 34. Benadad est fait prisonnier. — Cubiculum... intra cubiculum,. C.-à-d. l'appartement le plus éloigné de l'entrée de la maison, par conséquent le plus caché. Qu'est devenue l'ancienne confiance de Benadad ? — Dixerunt... servi. Stratagème de ses officiers pour lui sauver la vie, vers. 31 et ss. — Regea... clémentes. Rien, dans les pages qui précèdent, ne nous avait prépari'' à ce trait ; mais les rois d'Israël avalent eu des relations familières avec les Syriens, et ceux-o) les connaissaient bien. — Saccos : des vêtements grossiers, en signe de deuil. Cf Gen. xxxvii, 34 (voyeï la note); n Reg. m, 31 ; IV Reg. vi, 30|,

m Req. XX, 33-36.

Bénadad votre serviteur vous fait cette Bupplication : Accordez -moi la vie. Il leur répondit : S'il est encore vivant, il est mon frère.

33. Les Syriens tirèrent de là un bon présage, et prenant aussitôt ce mot de ea bouche, ils lui dirent : Bénadad est votre frère. Il leur répondit : Allez, et amenez -le- moi. Bénadad vint donc se présenter à Achab , qui le fit monter sur BOQ char.

34. Et Bénadad lui dit : Je vous rendrai les villes que mon père a prises sur votre père ; et faites-vous des places publiques dans Damas, comme mon père en avait fait dans Samarie. Et quand nous aurons fait cette alliance , je me retirerai, Achab fit donc cette alliance avec lui et le laissa aller.

35. Alors un des fils des prophètes dit ie la part du Seigneur à un de ses compagnons : Frappez-moi. Et comme il ne voulut pas le frapper,

36. il lui dit : Parce que vous n'avez pas voulu me frapper, aussitôt que vous m'aurez quitté , un lion vous tuera. Lorsqu'il se fut un peu éloigné de lui , un lion le trouva et le tua.

nuit ei : Scrvus tuus Bénadad dicit : Vivat, oro te, anima mea. Et ille ait : Si adhuc vivit, frater meus est.

33. Quod acceperunt viri pro omine ; et festinantes rapuerunt verbum ex ore ejus, atque dixerunt : Frater tuus Bénadad. Et dixit eis : Ite, et adducite eum ad me. Egressus est ergo ad eum Bénadad, et levavit eum in currum suum.

34. Qui dixit ei : Civitates quas tulit pater meus a pâtre tuo reddam, et plateas fac tibi in Damasco, sicut fecit pater meus in Samaria, et ego fuederatus recedam a te. Pepigit ergo fœdus, et dimisit eum.

35. Tune vir quidam de filiis prophetarum dixit ad socium suum in sermone Domini : Percute me. At ille noluit percutere.

36. Oui ait : Quia noluisti audire vocem Domini , ecce recèdes a me , et percutiet te leo. Cumque paululum recessisset ab .eo, invenit eum leo, atque percussit.

etc. — Puniculoa : sans doute autour du cou, marque d'une complète servitude (AU. archéol., pi. xcrv, flg. 4, 8). — Animas nostras. Dans l'hébreu : ta vie ; ils ne songeaient, en effet, qu'à sauver leur roi. — .Si... vivit , /rater (vers. 32»>). Le dévouement des officiers syriens était admirable ; mais Achab est bien prompt à faire grâce & un tel ennemi. — Acceperunt... pro omine. La réponse était pour eux de bon augure ; aussi se hâtèrent- Us de prendre Achab au mot, comme l'on dit (festinantes rapuerunt...), en répétant d'une manière emphatique le titre qu'il avait donné à leur roi (frater tuai).

— Levavit... in currum : son char de guerre, qu'il n'avait pas encore quitté. C'était traiter Bénadad en ami. — Civitates,..: des villes enlevées à Amrl par les Syriens ; fait qui n'a pas été mentionné précédemment. Séance tenante, Bénadad propose des conditions de paix. — Plnteas... in Damasco : des rues qui appartiendraient en propre aux Israélites , de telle sorte qu'une partie do la capitale syrienne serait en leur pouvoir ; grand privilège politique et commercial. — Et ego fœde- -atus... (vers. 34»>). De nombreux Interprètes pensent que ces mots furent proférés par Achab, en réponse à la proposition du roi vaincu. Il accepte avec une légèreté étonnante, sans daigner consulter le Seigneur, qui lui avait accordé si visiblement la victfiim.

Comment. — II.

3» Dieu reproche à Achab d'avoir mis Bénadad en liberté. XX , 35-43.

35-40. Action symbolique, servant d'introduction. — De filiia prophetarum. C.-à-d. faisant partie des écoles prophétiques que la persécution

Prisonniers la corde au cou. ( Fresque égyptienne.

de Jézabel n'avait pas réussi à détruire. Voyo» la note de xvin, 4. — Dixit ad socium : à un autre prophète. — In sermone Domini : en vertu d'une inspiration spéciale. — Percute me. Son dessein était de se présenter au roi comme un soldat blessé dans la récente mêlée. — Noluit... : refus coupable , puisqu'il fut si sévèrement châtié, vers. 36. Le premier lui ayant demandé ce service « au nom du Seigneur » et en tant que prophète, son devoir était d'obéir aussitôt. — Invenit... leo : punition identique à celle d'un autre prophète désobéissant. Voyez xni, 24, et le commentaire. — Percv^sit eum (vers. 37) : à la tête, d'après le contexte. — Mutavit asperaione.^

III Reg. XX, 37 — XXI, 1.

37. Sed et altemm iiiveiiiens virum, dixit ad eiim : Percute me. Qui percussit eum , et vulneravit.

38. Abiit ergo propheta, et occurrit régi in via ; et mutavit aspersione pulveris os et oculos suos.

39. Cumque rex transisset, clamavit ad regem, et ait : Servus tuus egressus est ad prpeliandum cominus; cumque fugisset vir unus, adduxit eum quidam ad me, et ait: Custodi virum istum; qui si lapsus fuerit, erit anima tua pro anima ejus, aut talentum argenti appendes.

40. Dum autem ego turbatus hue illucque me verterem, subito non comparuit.

Et ait rex Israël ad eum : Hoc est judicium tuum, quod ipse decrevisti.

41. At ille statim abstersit pulverem de facie sua ; et cognovit eum rex Israël, quod esset de prophetis.

42. Qui ait ad eum : Hœc dicit Dorainus : Quia dimisisti virum dignum morte de manu tua, erit anima tm pro anima ejus, et populus tuus pro populo ejus.

43. Reversus est igitur rex Israël in iomum suam, audire contemnens, et furibundus venit in Samariam.

37. Ayant rencontré un autre homme, il lui dit : Frappez -moi. Cet homme le frappa et le blessa.

38. Le prophète s'en alla donc, et vint au-devant du roi sur le chemin, et il se rendit méconnaissable , en mettant de la poussière sur son visage et sur ses yeux.

39. Et lorsque le roi fut passé, il cria après lui et lui dit : Votre serviteur s'était avancé pour combattre les ennemis de près ; et l'un d'eux s'étant enfui, quelqu'un me l'a amené et m'a dit : Gardez cet homme; et s'il s'échappe, votre vie répondra de la sienne, ou vous payerez un talent d'argent.

40. Et comme, tout troublé, je me tournais de côté et d'autre, cet homme a disparu tout à coup. Le roi d'Israël lui dit : Vous avez vous - même prononcé votre arrêt.

41. Aussitôt il essuya la poussière de dessus son visage ; et le roi d'Israël reconnut qu'il était du nombre des prophètes.

42. Il dit au roi : Voici ce que dit le Seigneur : Parce que vous avez laissé échapper de vos mains un homme digne de mort, votre vie répondra pour la sienne, et votre peuple pour son peuple.

43. Mais le roi d'Israël revint dans sa maison , ne faisant pas de cas de ce que le prophète lui avait dit; et il entra fu rieux dans Samarie.

CHAPITR£ XXI

1. Post verba autem haec, tempore illo vinea erat Naboth Jezrahelitse , quse erat in Jezrahel, juxta palatium Achab, régis Samariae.

'fltr

ï. Après ces choses, voici ce qui arrivcct En ce même temps, Naboth le Jezrahélite possédait dans Jezrahel une vigne près du palais d'Achab, roi de Samarie.

(vers. 38). Dans l'hébr. : 11 se déguisa avec un bandeau sur ses yeux. D'où il suit qu'il était connu du roi ( cf. vers. 41 ) ; or il fallait qu'il passât tout d'abord pour un Israélite ordinaire, sans quoi le succès de son acte symbolique eût été compromis. — Servus tuus egressus... Petite histoire bien combinée et bien racontée, vers. 39-40». — Adduxit... quidam : quelque chef supérieur vint lui confier le prisonnier arrêté dans sa fuite. — Talentum argenti : 8 500 fr., gomme alors considérable, qui exprimait l'importance attachée il la pf^servation du captif. — Non comparuit : il avait pris la fuite. Conclusion tacite : O roi, faites-moi grâce. — Hoc... judicium tuum (vers. 40). Le roi, croyant à la réalité de l'incident, confirme avec sévérité la sentence du chef. — Ipse decrevisti : en racontant V* fait.

41-4.'î. Lj prophète annonce le futur châtiment il' Achab. — Abstersit pulverem. Hébr. : 11 enleva le bandeau de devant ses yeux. Voyez la note du vers. S8. — Hcec dicit Dominns... Application de l'acte symbolique. Le prisonnier n'était autre que Bénadad , et Jéhovah lui-même en avait confié la garde à Achab ; celui-ci était donc responsable de la mise en liberté du roi syrien. — Dignum morte. L'hébreu est encore plus énergique : dévoué par interdit. Voyez Lev. XXVII, 28, et l'explicatloii, — Audire contemnens et... Dans l'hébreu : triste et irrité. La première expression marque l'ennui ; la seconde, une violente colère.

§ III. — Achai et Naboth. XXI, 1-29.

1° La vigne de Naboth. XXI, 1-4.

Chap. XXI. — 1. Introduction. —

m Reg. XXI, '2-8.

2. Et Achab lui dit : Donnez-moi votre vii^iii', afin que je puisse faire un jardin potager, car elle-est près de ma maison ; et je vous en donnerai une meilleure, ou, si cela vous accommode mieux, je vous la payerai en argent au prix qu'elle vaut.

3. Naboth lui répondit : Dieu me garde de vous donner l'héritage de mes pères.

4. Achab revint donc chez lui indigné et jilein de fureur, à cause de cette parole que Naboth le Jezrahélite lui avait dite : Je ne vous donnerai pas l'héritage de mes pères ; et se jetant sur son lit, il se tourna du côté de la muraille et ne mangea point.

5. Jézabel sa femme vint auprès de lui et lui dit : Qu'est-ce que cela? D'où vous vient cette tristesse? Et pourquoi ne mangez- vous point?

6. Il lui répondit : J'ai parlé à Naboth de Jezrahel, et je lui ai dit : Donnez-moi votre vigne, et je vous en donnerai l'argent ; ou , si vous le préférez , je vous en donnerai une meilleure pour celle-là. Et il m'a répondu : Je ne vous donnerai pas ma vigne.

7. Jézabel sa femme lui dit : Votre autorité est grande , et vous gouvernez bien le royaume d'Israël. Levez -vous, mangez , et ayez l'esprit en repos ; c'est moi qui vous donnerai la vigne de Naboth le Jezrahélite.

8. Aussitôt elle écrivit, au nom d'Achab, une lettre qu'elle scella du sceau du roi, et qu'elle envoya aux anciens et aux premiers de la ville de Naboth qui demeuraient avec lui.

2. Locutus e.st ergo Achab ad Naboth, dicens : Da raihi vineam tuam ut faciam luihi liortum olerum, quia vioina est et prope domum nieam ; daboque tibi pro ca vineam meliorem, aut, si comraodius tibi putas, argent! pretium, quanto digna est.

3. Gui respondit Naboth : Propitius eit mihi Dominus, ne dem hereditatem patrum meorum tibi !

4. Venit ergo Achab in domum suara indignans, et frendens super verbo quod locutus fuerat ad eum Naboth Jezrahelites, dicens : Non dabo tibi hereditatem patrum meorum. Et projiciens se in lectulum suum, avertit faciem suam ad parietem, et non comedit panem.

5. Ingressa est autem ad eura Jézabel uxorsua, dixitque ei : Quid est hoc unde anima tua contristata est? et quare non comedis panem?

6. Qui respondit ei. : Locutus sum Naboth Jezrahelitse, et dixi ei : Da mihi vineam tuam, accepta pecunia; aut, si tibi placet, dabo tibi vineam meliorem pro ea ; et ille ait : Non dabo tibi vineam meam.

7. Dixit ergo ad eum Jézabel, uxor ejus : Grandis auctoritatia es, et bene régis regnum Israël. Surge, et comede panem , et aequo animo esto ; ego dabo tibi vineam Naboth Jezrahelitse.

8. Scripsit itaque litteras ex nomine Achab, et signa vit eas annulo ejus, et misit ad majores natu et optimates qui erant in civitate ejus, et habitabant eum Naboth.

hel, voyez la note de xviii, 46. — Juxta palatium : palais d'été , situé dans la partie orientale de la ville , non loin des remparts ( IV Reg. ix , 30-31). « Juxta » est le mot Important du récit : gêpant voisinage pour le roi.

2-3. Naboth refuse de vendre sa vigne à Achab. — Propitius... Dominus (vers. 3). On voit, par cette exclamation, d'abord que Naboth était un adorateur Adèle de Jéhovah ; de plus, qu'il regardait comme une chose mauvaise l'échange ou l'achat que lui proposait le roi (vers. 2). En effet, b loi mosaïque interdisait aux Hébreux d'aliéner leurs propriétés foncières, et même de les faire passer d'une tribu à une autre tribu. Cf. Lev. XXV, 23-28 ; Num. xxxvi, 7. C'est en ce sens que Naboth ajoute : ne dem hereditatem,... ; à ses yeux sa vigne n'était pas un patrimoine ordioaire, mais une propriété sacrée , dont 11 ne pouvait se dessaisir.

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