CHAPITRE V
1. Naaman, prînceps militiae régis Syliae , erat vir magnus apud dominum suum, et honoratus; per illum enim dedit Dominus salutem Syriae ; erat autem vir fortis et dives, sed leprosus.
2. Porro de Syria egressi fuerant latrunculi, et captivam duxerant de terra Israël puellam parvulam, quae erat in obsequio uxoris Naaman.
1. Naaman, général de l'armée du roi de Sjaie, était puissant et en grand honneur auprès de son maître, parce que le Seigneur avait sauvé par lui la Syrie. Il était vaillant et riche, mais lépreux.
2. Or quelques voleurs, sortis de Syrie, avaient emmené captive une petite fille du pays d'Israël, qui fut depuis mise au service de la femme de Naaman.
mlnuer que très peu soit l'amerturae, soit le caractère malsain d'un breuvage qui contenait de la coloquinte. » Cest donc bien un prodige qui nous est ici présenté. La farine, ce mets excellent, était un signe que le potage allait devenir sain.
fio Multiplication des pains. IV, 42-44.
42-44. Baal-Salisa. Ville située, d'après Eusèbe et saint Jérôme, à quinze milles romains au nord de Lydda, dans la plaine de Saron; probablement au pas's de Salisa (voyez I Reg. ix, 4, et le commentaire ; AU. géogr., pi. vn, x). — Panes primitlarum. La loi assignait ce genre de prémices aux prêtres et aux lévites (Num. xvm, 13 ; Deut. xvm, 4); «nais les descendants de Lévl ayant quitté en grand nombre le royaume d'Israël, pour se réfugier sur le territoire de Juda (n Par. XI, 13-14), 11 est vraisemblable que la coutume s'était établie de les ofErir aux prophètes. — Frumentum... Le mot hébreu karmel désigne peut-être de jeunes épis de blé; selon d'autres , de la farine provenant du blé nouveau. — In pera. L'expression correspondante du teste original n'est pas employée ailleurs; elle représente en réalité le petit sac que les Orientaux de tous les temps ont toujours porté suspendu sur leur dos pendant leurs voyages. Voyez Y AU. archéol., pi. lxxv, flg. 8; pi. lxxviu, flg. 8. — Da populo. Vraisemblablement , aux membres de la cooimunauté de Galgala, vçrs. 38 et sa. —
Respondit... minister : comme les apôtres du Sauveur dans une circonstance analogue. Cf. .Toan. Tl, 9.
§ IL — Elisée et Naaman. V, 1-27.
1» Naaman est guéri de la lèpre par l'homme de Dieu. V, 1-1«.
Chap. V. — 1. Introduction : le héros du récit. — Motif de l'honneur que l'on témoignait à Naaman : per illum... Remarquez la formule dédit Dominus : Jéhovah se servant de Naaman pour sauver la païenne Syrie; c'est que Jéhovah est l'unique vrai Dieu, qui dirige tons les événements du monde. — Salutem. La délivrance, non pas du joug Israélite, puisque les Syriens avaient au contraire récemment triomphé des Hébreux , m Reg. xxn, 29 et ss. ; mais du joug des Assyriens , dont l'invasion et les conquêtes en Syrie , précisément à cette époque, sont racontées par les inscriptions cunéiformes. Voyez P. Vlgouroux, Bible et découvertes, t. IV, pp. 64 et ss. — Leprosus. Profonde humiliation parmi tant d'honneurs. Mais la lèpre a des degrés divers, et celle de Naaman devait être bénigne, puisqu'elle ne l'empêchait pas de remplir ses fonctions à la cour. Voyez les vers. 4 et 18.
2-3. Naaman apprend l'existence et la puissance du prophète Elisée. — Egressi... latrunculi. Mieux : les Syriens étalent sortis par troupes,
IV Reo. V. 3-10.
3. Et elle dît h sa maîtresse : Plût ;ï Dieu i[\\e mon eei;i:iu'ur eût été trouver le prophète qui est a Samarie! Il rainait Bans doute guéri de sa lèpre.
4. Naaman vint donc trouver son maître, et lui dit : Une jeune fille d'Israël » dit telle et telle chose.
5. Le roi de Syrie lui répondit : Allez, et j'écrirai au roi d'Israël. Il partit, prit avec lui dix talents d'argent, six mille écus d'or, et dix vêtements de rechange,
6. et porta au roi d'Israël la lettre, qui était conçue en ces termes : Lorsque vous aurez reçu cette lettre, vous saurez que je vous ai envoyé Naaman, mon serviteur, afin que vous le guérissiez de sa lèpre.
7. Lorsque le roi d'Israël eut lu cette lettre, il déchira ses vêtements, et dit : Suis -je un Dieu, pour pouvoir ôter et rendre la vie? Pourquoi m'a- 1- il envoyé un homme afin que je le guérisse de sa lèpre? Remarquez et voyez qu'il cherche une occasion de dispute contre moi.
8. Elisée, homme de Dieu, ayant appris que le roi d'Israël avait déchiré ainsi ses vêtements, lui envoya dire :
Pourquoi avez -vous déchiré vos vêtements? Que cet homme vienne à moi, et qu'il sache qu'il y a un prophète en Israël.
9. Naaman vint donc avec ses chevaux et ses chars, et s'arrêta à la porte de la maison d'Elisée.
10. Et Elisée lui envoya un messager pour lui dire : Allez vous laver sept fois
3. Quae ait ad dominam suam : Utinam fuisset dominus meus ad prophetam qui est in Samarial Profecto curasset eum a lepra quam.habet.
4. Ingressus est itaque Naaman ad dominum suum, et nuntiavit ei, dicens : Sic et sic locuta est puella de terra Israël.
5. Dixitque ei rex Syrise : Vade, et mittam litteras ad regem Israël. Qui cum profectus esset, et tulisset secum decem talenta argenti , et eex millia aureos, et decem mutatoria vestimentorum,
6. detulit litteras ad regem Tarael , in haec verba : Cum acceperis epistolam hanc, scito quod miserim ad te Naaman servum meum , ut cures eum a lepra sua.
7. Cumque legisset rex Israël litteras , scidit vestimenta sua, et ait : Numquid Deus ego sum, ut occidere possim, et vivificare, quia iste misit ad me, ut curem hominem a lepra sua? Animadvertite, et videte quod occasiones quserut adversum me.
8. Quod cum audisset Eliseus vir Dei, scidisse videlicet regem Israël vestimenta sua , misit ad eum , dicens : Quare scidisti vestimenta tua? Veniat ad me, e< sciât esse prophetam in Israël.
9. Venit ergo Naaman cum equis et curribus, et stetit ad ostium domus Elisei ;
10. misitque ad eum Eliseus nuntium , dicens : Vade, et lavare sopties in Jor-
Sorte de guérilla qui se perpétuait sur les fi'ontlères des royaumes de Syrie et d'Israël. Cf. vi, S3; xni, 20. Une bande d'aventuriers syriens ramenèrent d'une de leurs pointes hardies la ptœlla parvuïa qui va mettre Naaman sur le chemin de la santé. — Prophetam... in Samaria. La jeune servante désigne Elisée par son domicile principal (cf. vers. 9) et le plus habituel.
4-7, Kaaman se présente devant Joram, avec nne lettre de recommandation écrite par le roi ic Syrie. — Tulisset secuvi... Le malade emporte de riches présents pour le prophète Israélite, Jugeant de lui d'après le caractère cupide des prêtres païens. Decem talenta argenti : 85 500 fr. Sex millia aureos : des slcles d'or, à 4:î fr. 80 (260 000 fr.). Decem mutatoria... : des vêtements précieux, de gala, que l'on trouve toujours, en Orient, parmi les listes de présents (cf. Gen. XLi, 42; XLV, 22; Esth. vi, 8, etc.). — In hac erba. Hébr - disant. C.-à-d.- dopt voici la teneur.
Le narrateur ne cite qu'un résumé rapide du passage le pins Important de là lettre, — Vt cures... Cela signifiait : pour que vous le fassie» guérir. Le roi de Syrie supposait qu'au cas où 11 existerait en Israël un bon et prompt remède contre la lèpre, Joram serait des premiers à le connaître ; mais ces paroles, prises trop à la lettre, occasionnèrent de vives Inquiétudes au roi d'Israël, qui y vit un piège tendu par les Syriens (occasiones : des occasions de querelle, et, par suite, de guerre). — Occidere... et vivificare: ce que Dieu seul peut faire. Cf. I Reg. n, 6.
8 - 10. Elisée indique à Naaman le remède qui le guérira. — Sciât esae prophetam... Noble et flère représentation , digne d'un prophète de Jéhovah. — Venit... cum equis... : en grande pompe, avec toute sa suite. — Misit... Eliseus nuntium. Elisée évite de se présenter en personne, soit pour éprouver 1& fol de Naaman, soit pour humilier l'orgueil de ca fier Syrien (cf. ver». 11). — L»-
IV Reg. V, 11-17.
dane, et recipiet sanitatem caro tua, atque muiidaberis.