Mulier ista dixit mihi : Da filium
de rendre au roi d'Israël. — Non percuties... Le prophète réclame la vie sauve poiir les prisonniers, qui étaient sa propriété ; et non seulement la vie, mais aussi de bons traitepients {porte panem...) et la liberté (.vadant... ; dominum suum, le roi de Syrie). — Latrones. Hébr. : les bandes ; les maraudeurs signalés plus haut, v, 2. BfErayées, ou reconnaissantes, ces bandes cessèrent leurs Incursions hostiles sur le territoire d'Israël.
3» La ville de Samarie, assiégée par Bénadad, souffre horriblement de la faim. VI, 24-29.
24. Bénadad met le siège devant Samarie. — Post hœc est une date très générale, qui peut admettre des années d'intervalle.— Sur Benadad, voyez la note de III Reg. xx, 1; car il s'agit probablement du même prince.
26-29. La famine éclate dans la ville. — Famés magna : à cause de la prolongation du siège , et de l'impossibilité de ravitailler la ville. — Trois traits révèlent l'étendue de cette famine. l» Veriundaretur caput asini : l'âne était un animal légalement Impur, dont les assiégés ne dorent manger qu'à la dernière extrémité ; de la tète est une des parties les moins esti-
mées comme nourriture ; ce qui n'empêchait pas le prix de vente d'être énorme (octoginta argenteis : des sicles d'argent, à 2 fi. 88 l'un; donc 230 fr, 40). — 2« Prix non moins exorbitant d'un aliment pire encore. Quarta pars cabi : le qah , mesure de capacité qui n'est mentionnée qu'en cet endroit, formait la sixième partie du s"ah, et équivalait à 1 Ht. 16. Les mots stercoris columbarum seraient, d'après d'assez nombreux Interprètes , la dénomination populaire d'une plante très commune , dont les pauvres seuls mangeaient la bulbe en temps ordinaire (l'Omlthogale à fleurs en ombelle; Atlas â!hist. nat. , pi. X, flg. 4); d'autres exégètes les prennent à la lettre. Dans plus d'un siège ancien on moderne, les habitants ont été réduits à des extrémités de ce genre. Cf. Jos. , Bell. Jud., v, 13. — s» Le dernier trait, vers. 26-29, est ie plus horrible des trois; aussi est -11 raconté avec plus de détails. Rex... per murum; plutôt : sur le mur; •les remparts des antiques places fortes étaient très larges , et l'on pouvait se promener aisément à leur sommet ; le roi faisait alors sa ronde d'inspection. Non te aalvat... : réponse pleine d'amertume et de désespoir; Joram ne brlUalt
IV Reg. VI, 29-33.
tuum ut coraedamiis enm hodie, et filium meum comedemus cras.
29. Coximus ergo filium meum, et coraedimus. Dixique ei die altéra : Da filium tuum ut comedamus eum. Quœ abscondit iilium suum.
30. Quod cum audisset rex, scidit vestimenta sua; et transibat per murum, viditque omnis populus cilicium quo vestitus erat ad carnem intrinsecus.
31. Et ait rex : Haec mibi faciat Deus et hsec addat, si steterit caput Elisei, filii Saphat, super ipsum hodie!
32. Eliseus autem sedebat in domo Bua, et senes sedebant cura eo. Prsemisit itaque virum ; et antequam veiiiiet nuntius ille, dixit ad seues : Numquid scitis quod misent filius homicidse hic ut prsecidatur caput meum? Videte ergo : cum venerit nuntius, claudite ostium, et non sinatis eum introii'e; ecce enim sonitus pedum domini ejus post eum est.
33. Adhuc illo loquente eis, apparuit nuntius qui veuiebat ad eum. Et ait :
Ecce , tantum malum a Doci-ino est ; quid amplius expectabo a Domino?
Donnez votre fils, afin que nous le mangions aujourd'hui, et demain nous mangerons le mien. *
29. Nous avons donc fait cuire mon fils, et nous l'avons mangé. Je lui ai dit le lendemain : Donnez votre fils, afid que nous le mangions ; mais elle a caché son fils.
30. Le roi, l'ayant entendu parler de la sorte, déchira ses vêtements. Et il passait sur le rempart , et tout le monde vit le cilice dont il était couvert sur sa chair.
31. Et le roi dit : Que Dieu me traite dans toute la sévérité, si la tête d'Elisée, fils de Saphat, reste aujourd'hui sur seai épaules.
32. Cependant Elisée était assis danisi sa maison , et les anciens étaient assii avec lui. Le roi envoya donc quelqu'un devant lui , et avant que le messager fût arrivé, Elisée dit aux anciens : SaveZ' vous que ce fils de meurtrier a envoyé quelqu'un pour me couper la tête?
Voyez donc! quand le messager arrivera, fermez -lui la porte, et ne le laissez pas entrer; car j'entends le bruit des pieds de son seigneur qui ^dent après lui.
33. Tandis qu'Elisée parlait encore, on vit paraître le messager qui venait à lui, et il dit : Voici , ce malheur extrême vient du Seigneur; que puis -je attendre davantage du Seigneur?
point par sa fol (cf. rn, 10 et ss. ). De area, vel... : l'aire et le pressoir étaient également vides; le roi ne pouvait donc rien faire pour la Bupplinnte ; cependant, comme elle continuait de l'interpeller, il lui adresse cette question abrupte : Quid libi vis ? Là -dessus elle propose son cas affreux, vers. 26-27. Coximus... : c'était une réalisation littérale de la menace lancée autrefois par le Seigneur contre les Hébreux contempteurs de sa loi ( cf. Lev. xxvi , 29 ; Deut. xxvm , 53 ; voyez aussi Thren. n, 2(i, et iv, 10; Ez. v, 10).
4° Joram prononce une sentence de mort contre Elisée. VI, 30-33.
30-31. Serment sacrilège du roi. — Scidit... : d'horreur et d'épouvante. Cf. v, 7. — Cilicium... : Joram s'était couvert en secret de cet habit de pénitence, espérant apaiser ainsi la colère de Jéhovah ; mais son repentir n'était que superficiel, comme le montre la suite du récit. — Si steterit caput... La décapitation était cependant un supplice assez rare chez les Hébreux. Pourquoi ce courroux aveugle du roi contre Elisée ? Celujcl avait dû multiplier les graves avertissements, les prédictions sinistres, et Joram le rendait responsable des horreurs qui se passaient dans la cité.
32-33. Elisée connaît par Inspiration et révèle h son entourage la sentence dont il venait d'être
l'objet. — Senes... cum eo : les notables de la ville , qui étaient venus le consulter, l'implorer dans cette affreuse détresse. — Filius homicida. Allusion à Achab, pèi"e de Joram, qui avait laissé massacrer par Jézabel Naboth et les prophètes de Jéhovah. Cf. III Reg. xvni, 4 ; xxi. — Non sinatis... introire. Cest le sens ; l'hébreu dit en termes pittoresques : Repoussez-le avec la porte. La porte devait s'ouvrir en dehors ; en la poussant , on refoulerait le messager sanguinaire. — Ecee.„ sonitv^... Elisée motive sa requête : le roi, qui regrettait déjà son ordre barbare , accourait sur les pas du bourreau. Le prophète dit donc à son entourage : Voici Joram en personne ; vous no courez aucun risque à arrêter un Instant son envoyé. — AppaTuit nuntius. L'hébreu actuel, mal'ak (messager), serait, d'après divers critiques, une comiption pour niélek, roi; en effet, les paroles qui suivent, Ecce tantum, malum..., ne peuvent avoir été proférées que par Joram, dont la présence est d'ailleurs expressément signalée un peu plus loin (vn, 2, 17). — Quid amplius expectabo... Blasphème par lequel le roi prétend justifier sa conduite envers Elisée : Tous ces maux viennent de Jéhovah ; que peut - Il faire de plu» contre moi, alors même que Je me vengerais en te donnant la mort?
IV Reg. vit, 1-G.