Venez donc, jouissons des biens
2» Rnisonnement itiijjle de ceux qui ulent l'existence d'une autre vie. II, 1-20.
L'auteur place sur les lèvres des impies de son temps un discours significatif, dans lequel ils tirent, avec une frivolité blasphématoire, les conséquences pratiques de l'existence de la mort. Nous entendrons pins loin la contre-partie. Cf.v, 1-15.
Chap. II. — 1. Introduction. — Dixerunt enim. Les impies qui ont été mentionnés dans les lignes précédentes. — Cogitantes... non recte. L'écrivain sacré les blâme et les condamne dès l'abord, avant même de citer leurs paroles criminelles.
2-5. Ils commencent par gémir sur la brièveté et les misères de la vie humaine. — Exignum et cnrn tœdlo... Pensée très vraie en soi, et mille fols répétée depuis que lo patriarche Jacob l'exprimait au pharaon. Cf. Gen. xlvii , 9.
— Non est re/rigerium. Pas do « guérlson » (X'j.ai:;), comme dit le grec, lorsqu'arrlve la mort. — Non est qui... reversus... Ces libres penseurs niaient la réalité des résurrections miraculeuses dont les pages antérieures de l'Ancien Testament signalent pourtant divers exemples.
— Il ne saurait en être autrement, continuent- Ils : quia ex nihilo... Plutôt, d'après le grec : tiés au hasard (aÙTOtrxtSftoç, « fortuite »). — après Is mort, le retour dans le u^^nt Mi-Uttitlf :
tanquam non fuerimus. — Fumus. Comparaison fréquente chez les écrivains sacrés et profanes. — Flatus in naribus : le souffle vital , qui se manifeste par la respiration. — Sermo (ô /ôyoç) désigne Ici la raison, l'âme.— Scintilla ad commovendum... Mieux : une étincelle (produite) par le battement de notre cœur. — Qua extincta (■vers. 3). Ils continuent de décrire froidement ce qui aura lieu, à leur sens, aussitôt après leur mort. Leur langage ne manque cependant pas de poésie. — Nomen... oblivionem... (vers. 4). L'oubli final. Cf. II Ueg. xvin, 18; Eccl. i, 11; ix, 5, etc. f Adeo nihll sumus, ut nec f ama nostri supersit. » (Bossuet.) Le grec Intercale ce vers. 4 avant les mots et transibit du vers. 3, — Umbrse enim travsitus... (vers. 5). La métaphore la plus usitée dans les saints Livres jiour exprimer la fragilité de la vie humaine. Cf. I Par. xxix, 15; Job, viii, 9; Eccl. VIII, 13, etc. — Non est rever.iio finis... Après que nous avons pris fin par la mort, nous ne mourons pas une seconde fois. Cf. Hebr. IX, 27. — Consignata est. Notre fin est alors dûment scellée. C'est une chose Irrévocable.
6 - 9. Infâmes conclusions que ces Impics déduisent de la rapidité de la vie. — Venite (ergo, puisqu'il en est ainsi). Ils s'excitent mutuellement à pratiquer «nsemble le sensualisme le plus éhonté ifruainur). Cf. I§. xxii, 13; I Cor. xv, 31,
Sap. Il, 7-15.
présents, et hâtons -nous d'user des créatures comme pendant la jeunesse.
7. Prenons à profusion le vin précieux et les parfums, et ne laissons point passer les fleurs de la saison.
8. Couronnons -nous de roses avant qu'elles se flétrissent ; qu'il n'y ait pas de prairie où ne se signale notre débauche.
9. Qu'aucun de nous ne manque à nos orgies. Laissons partout des marques de réjouissance, car c'est là notre partage et notre lot.
10. Opprimons le juste qui est paitvre, n'épargnons point la veuve, et n'ayons aucun respect pour la vieillesse et les cheveux blancs.
11. Que notre force soit la loi de justice ; car ce qui est faible n'est bon à rien.
12. Assaillons donc le juste, car il nous est inutile, et il est opposé à notre manière de vivre, et il nous reproche de violer la loi , et il nous déshonore en décriant les fautes de notre conduite.
13. Il assure qu'il possède la science divine, et il se nomme fils de Dieu.