‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 34 sur 938 · Nemo enim ex regibus aliud habuit nativitatis initium · texte numérisé non relu

Nemo enim ex regibus aliud habuit nativitatis initium

— Ponam in luce^n... L'auteur insiste sur cette pensée. C'est que les savants de l'antiquité étalent d'ordinaire très jaloux de leurs connaissances, qu'ils ne consentaient à communiquer qu'à un petit nombre de disciples privilégiés (neque cum invidia...). Ici, pas de réticence calculée, mais le grand jour pour tous. — Talis homo. Celui qui enseigne la vérité dans ces conditions imparfaites montre qu'il ne possède pas la sagesse. Le grec dit avec une légère nuance : Car celle-ci (cvTOç, l'envie) n'a aucune part ù la sagesse.

— MuUitudo... sapientium (vers. 26). Motif de cet enseignement large et généreux : le nombre des vrais sages sera ainsi multiplié, et ce sera un bien immense pour l'humanité (sanitas... orbis... ; d'après le grec , le salut ). — Rex sapiens... Les rois surtout deviendront plus sages, pour le plus grand bonheur des peuples. — Ergo accipite... (vers. 27). Conclusion de ce petit prologue.

2" Égalité de tous les hommes dans leur naissance et dans leur mort. VII, 1-6.

Salomoa , dont l'auteur do ce livre « emprunte la personnalité », comme 11 a été dit plus haut, se met en scène, pour démontrer que sa sagesse individuelle ne provenait nullement de sa grandeur royale, mais d'un don gracieux du Seigneui- ; d'où il suit que tout homme peut aisément l'acquérir.

Chat. VII. — 1 - G. Et ego mortalis. . . Même moi, malgré ma i)uiai3aiice et ma richesse extra- Qriliiiaiies. Il y a du tragique dans ce début. —

Similis omnibus. Il n'appartient pas à une catégorie supérieure de l'humanité, laquelle du reste n'existe point. « Telle est. la naissance des plus grands monarques, et de quelque grandeur que les flattent leurs courtisans, la nature, qui ne sait point flatter, ne les traite pas autrement que les. moindres de leurs sujets. » (Bossuet.) — Ex génère. . . illius qui vrior. . . Périphrase pour désigner le premier homme, formé du limon de la terre (terrent). Cf. Gen. ii, 7; I Cor. xv, 47.

— Et in ventre... Quelques détails, pour développer les mots « similis omnibus ». — Fiçmratus sum est une bonne traduction de £yX'jifr,v, je fus sculpté, moulé. Cf. xni, 13. — Decem mensium tempore. Les anciens étendaient généralement à dix mois la période de la grossesse (Aristote, Pline, Ovide, etc.), parce que l'on comptait alors par mois lunaires, qui étaient un peu plus courts (de 29 et de 30 jours alternativement); la naissance avait lieu d'ordinaire au dixième mois. — CoagulatUi< hum... Traits analogues dans Job, x, 10; Ps. cxxxviii, 13-16 ; Il Mach. vu, 22.

— Et ego natus... Vers. 3-5 : semblable aux autres hommes dans sa naissance, Salomon n'a pas différé d'eux non plus au temps de son enfance et de sa première formation. — Communem aerem : l'air que tous respirent semblablement, et qui n'est pas meilleur pour les grands que pour les humbles. — Decidi... Locution qui désigne aussi la naissance chez les classiques ; elle marque très bien la complète impuissance des nouveau- nés, — Similiter /actam. Dana le

Sai'. VII, G- 14.

6. Unus ergo introitus est omnibuB ad vitam, et similis exitus.

7. Propter hoc optavi, et datus est mihi sensus ; et invocavi, et venit in me Bpiritus Bapientiœ ;

8. et prœposui illam regnis et sedibu6, et divitias nihil esse duxi in comparatione illius.

9. Nec compara vi illi Japidem pretiosum, quoniam omne aurum in comparatione illius arena est exigaia, et tanquam lutum aestimabitur argeutum in conspectu illius.

10. Super salutem et speciem dilexi illam , et proposui pro luce habere illam, quoniam inextinguibile est lumen illius.

11. Venerunt autem mihi omnia bona pariter cum illa, et innumerabilis honestas per manus illius ;

12. et Isetatus sum in omnibus, quoniam antecedebat me ista sapientia, et ignorabam quoniam horum omnium mater est.

13. Quam sine fictione didici, et sine invidia communico, et honestatem illius non abscondo.

14. Infinitus enim thésaurus est hominibus ; quo qui usi sunt participes

6. Il n'y a pour tous qu'une manière d'entrer dans la vie, et qu'une manière d'en sortir.

7. C'est pourquoi j'ai désiré l'intelligence, et elle m'a été donnée; j'ai invoqué le Seigneur, et l'esprit de sagesse est venu en moi ;

8. et je l'ai préférée aux royaumes et aux trônes , et j'ai estimé que les richesses n'étaient rien auprès d'elle.

9. Je ne lui ai pas comparé les pierres précieuses , car tout l'or n'est auprès d'elle qu'un peu de sable, et devant elle l'argent sera considéré comme de la boue.

10. Je l'ai plus aimée que la santé et la beauté, et j'ai résolu de la prendre pour ma lumière, car sa clarté ne peut s'éteindre.

11. Tous les biens me sont venus avec elle , et j'ai reçu de ses mains des richesses innombrables ;

12. et je me suis réjoui en toutes choses , parce que cette sagesse marchait devant moi, et j'ignorais qu'elle était la mère de tous ces biens.

13. Je l'ai apprise sans amère- pensée, et je la communique sans envie , et je ne cache pas ses richesses.

14. Car elle est un trésor infini pour les hommes ; ceux qui en ont usé ont eu

grec : ôu-otoTraOriç, qnl a les mêmes passions; Ici, '< aequa, » égale pour tons ; la terre, qui traite tous ses habitants de la même manière. — PrU tnam vocem... plcjrang. Encore le ton tragique. Les premiers sons qu'émettent les enfants sont des cris. — In involumerUU : les langes, qui emprisonnent l'enfance. — Curis. L'adjecttf magnis n'est pas dans le texte primitif, mais 11 rend parfaitement la pensée. — Umis ergo... (vers. 6). Idée générale pour conclure ce dramatique tableau. Cf. Eccli. XL, 1 et B8. — Similis exitus. Trait véritablement salomonien. Cf. Eool. u, 14-17, etc.

3« La très grande valeur de la sagesse. VII, T-21.

7-10. Combien Salomon a estimé et aimé la sagesse. — Propter hoc : sachant que, malgré son rang élevé, il était semblable au reste des hommes. — Optavi. Dans le grec : J'ai prié. Cf. VIII, 21 ; rx, 1 et ss. — Et datus est... Cf. Jac. I, 5. Les choses se passèrent réellement ainsi pour fjnlomon. Comp. III Reg. m , 5 ; iv, 29 et ss. — P--wposui illam... Beaux développements pour décrire la sincérité et l'étendue de l'amour que lui avait inspiré la sagesse. On trouve aux livres do Job et des Proverbes des pensées identiques. Cf. Job, xxvin, 15-19; Prov. ni, 8-10 ; viii, 10-11, etc. — Lapident pretionum. IXins le grec : une pierre Inappréciable, c,-4-d. dont on

ne peut évaluer le prix, parce qu'on manque pour cela de points de comparaison. — Omne aurum : ô 7:aç ^(pucoc, tout l'or que contient le monde. — Super salutem (vers. 10) : plus que la santé , ce bien d'une Immense valeur. — Pro Ixice. La sagesse est le pins lumineux des astres. Cf. Ps. cxvnr, 106, etc. — Inextinguibile. Littéralement dans le grec : qui ne se couche pas. 11-14. Tous les biens viennent avec la sagesse.

— Venerunt... omnia... Salomon avait préféré la sagesse à tout, mais tout lui avait été donné avec elle. Cf. III Reg. m, 10-14. — Honestas a le sens de richesse (7t),oûTo;). De même au vers. 13. — Lsetatus... in omnibus. Et pourtant le Jeune roi ne tenait pas à ces biens terrestres, mais il fut heureux de les posséder quand il vit que la sagesse les accompag^nait et présidait à leur usage (antecedebat me; d'après le grec, les précédait).

— Et ignorabam... Lorsqu'il demandait à Dieu la possession delà seule sagesse, il ignorait qu'elle n'est pas moins la mère des biens temporels que des biens spirituels ; sa prière avait donc été faite avec des vues très pures et sans aucun mélange d'égoïsme (sine flclione, àSôÀw;). — Sine invidia... Voyez VI, 24-26 et la note. — Infinitus... thésaurus. Dans le grec : avey.ÀiTti^;, qui ne manque pas , inépuisable. — Participes... anticttiae Dei : le jjIus parfait des biens que procure la sageeise. — Proptt^ diclplinte dona... Dans

Sap. VII, 15-21.

pnrt à l'amitié de Dieu, et se sout leudus recommandables par les dons de l'instruction.

15. Dieu m'a donné de parler selon mes sentiments, et d'avoir des pensées dignes des dons que j'ai reçus ; car il est lui-même le guide de la sagesse, et il redresse les sages.

16. Nous sommes dans sa main, nous et nos discours, et toute la sagesse, et la science d'agir, et l'instruction.

17. C'est lui qui m'a donné la vraie connaissance de ce qui est, et qui in'a fait savoir la disposition du monde et les vertus des éléments,

18. le commencement, la fin et le milieu des temps , les changements des solstices et la vicissitude des saisons ,

19. les révolutions des années, les dispositions des étoiles,

20. la nature des animaux et les instincts des bêtes, la force des vents et les pensées des hommes, la variété des plantes et les vertus des racines.

21. J'ai appris tout ce qui était caché et inconnu, car la sagesse qui a tout créé rae l'a enseigné.

facLi Buut amicitiïe Dei, propter disciplinse doua commendati.

16. Mihi autem dédit Deus dicere ex sententia, et prsesumere digna horura quae mihi dantur, quoniam ipse sapieiitiae dux est, et sapieutium eraendator.

16. In manu enim illius et nos et sermones nostri, et omnis sapientia, et operum scientia, et disciplina.

17. Ipse enim dédit mihi horum qu8B sunt scientiam veram, ut sciam dispositionem orbis terrarum, et virtutes elementorum ,

18. initium, et consummationem , et medietatem temporum , vicissitudinum permutationes , et commutationes temporum,

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