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CHAPITRE IV

1. Et 8ej.it ferames saisiront un môme homme en ce jour -là, et elles lui diront : Nous mangerons notre pain, et nous nous couvrirons de vêtements à nos fiais ; agrée seulement que nous portions ton nom, enlève notre opprobre.

2. En ce jour -là, le germe du Seigneur sera dans la magnificence et dans la gloire, et le fruit de la terre sera élevé en honneur, et une cause d'allégresse pour ceux d'Israël qui auront été sauvés.

3. Alors tous ceux qui seront restés dans Sion et qui seront demeurés dans Jérusalem seront appelés saints, tous ceux qui auront été écrits dans Jérusalem au nombre des vivants.

4. Alors le Seigneur purifiera les souillures des filles de Sion, et il lavera Jéru-

1. Et appréhendent septem rauliercs virum unum in die illa, dicentes : Panem nostrum comedemus, et vestimen tis nostris operiemur ; tantummodo invocetur nomen tuum super nos, aufer opprobrium nostrum.

2. In die illa erit germen Domini in magnificentia et gloria, et fructus terrae sublimis , et exultatio his qui salvati fuerint de Israël.

3. Et erit : omnis qui relictus fuerit in Sion, et residuus in Jérusalem, sanctus vocabitur, omnis qui scriptus est in vita in Jérusalem.

4. Si abluerit Dominus sordes filiarum Sion, et sanguinem Jérusalem laveiit de

Chap. rV. — 1. Opprobre des femmes Israélites. Autre conséquence du massacre de la plupart des hommes. — Et appréhendent... a Tableau qui sert de pendant à celui de m, 8, où les hommes saisissaient, pour le mettre à leur tête, celui d'entre eux qui avait du pain et des vêtements. La partie mâle de la population est en quête d'un chef; les femmes sont en quête d'un mari. » Le trait « appréhendent » est douloureusement dramatique. Déposant toute pudeur, elles saisissent et retiennent de force celui qu'elles voudraient contraindre de les épouser. Septem est un chiffre rond, qui équivaut ù i plusieurs ». — Panem nostrum... Renonçant à leur privilège d'être nourries et vêtues aux frais de leur mari, elles s'engagent à s'entretenir à leurs propres dépens. « Il faut remarquer que, chez les anciens, loin que la femme apportât une dot à son époux, elle était le plus souvent achetée, pour ainsi dire, à prix d'argent. L'époux, en la recevant chez lui, payait aux parents la somme stipulée dans le contrat. » (Le Hlr, p. 4i.) Cf. Ez. ixi, 10, etc. — Tantummodo invocetur... De tout t«mp8 l'épouse a été désignée par le nom de son mari. — Au/er opprobrium... Le célibat et la stérilité étaient regardés comme un opprobre chez les Orientaux et chez les Juifs. Cf. Gen. XXX, 23, etc.

6« Ce qui restera d'Israël après ces châtiments sera glorifié et sanctifié. IV, 2-6.

2-6. Cette pensée forme vraiment « le thème fondamental » des prophéties d'Isaïe. — In die illa. Locution qui, après avoir marqué plusieurs fois l'époque des Jugements divins (cf. u, 12, 20 ; III, 18), indique maintenant une période de grâces et de bénédictions, l'âge d'or des temps messianiques, auxquels Isaïe nous transporte tout à

coup, en vertu du « raccourci ou perspective ».

— Oermen Domini. Belle expression, que le Targum appliquait déjà directement au Messie; et à, bon droit, car Jérémle (xxiii, 25; xxxm, 15) et Zacharie (m, 8 ; vi, 12) l'emploient aussi pour désigner le futur rédempteur. Cf. II Reg. xxiii, 3-5, d'après l'hébreu. Comparez dans Isaïe luimême, XI, 1, 10, et LUI, 2, des métaphores analogues qui ne peuvent également s'appliquer qu'à Notre-Selgneur Jésus-Christ. — In magnificentia et gloria. Mieux vaudrait traduire par l'accusatif : une cause de gloire et de splendeur pour ceux des Israélites qui auront échappé à la ruine de la nation (cf. vers. 3»). Si le Messie est appelé «c germe de Jéhovah » selon sa nature divine, le nom de Jructua terrae représente fort bien aussi son origine humaine. Cest donc le Dieu-homme qui nous apparaît loi, avec les merveilleux résultats qu'il devait produire. — SvhlimXs, et exultatio. L'hébreu a, ici encore, deux substantifs : « lu sublimitatem et decus.» — Et erit... (vers. 3). De la personne du Messie, Isaïe passe à son œuvre, et signale deux effets admirables qu'il devait opérer dans son Église. — Qui relictus fuerit... Ceux qce les vengeances divines auront épargnés.

— Sanctus vocaMtur. Premier eflet : la sanctification. Les sujets du Christ, réalisant l'idéal de la vocation d'Israël (cf. Es. xix, 6, etc.), forment un peuple saint, à l'abri de la contagion du péché. Les orophètes mentionnent assez souvent la sainteté spéciale qui devait régner dans l'Église du Christ. Cf. Os. ii, 19, et ni, 5; Mlch. IV, 2; Soph. XIII, 17; Zach. m, 3, etc. — Scriptus in vita (plutôt : « in vitam »). Ils seront inscrits au livre des vivants, comme il est dit ailleurs. Cf. Ex. xxxii, 32 ; Ps. cxxxvin, 16 ; Dan. XII 1; Act. xm, 48, etc. — In Jérusalem. Même

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