Et dixit Achaz : Non petam , et non tentabo Dominum
13. Et dixit : Audite ergo, domus David. Numquid parum vobis est molestos esse hominibus, quia molesti estis et Deo meo?
14. Propter hoc dabit Dominus ipse vobis signum : Ecce virgo concipiet , et pariet tilium, et vocabitur nomen ejus Emmanuel.
culs fort probables, eut lieu du temps d'Asarhaddou, la sixième anuée du règne de ce roi d'Assyrie, la vingtième de celui de Manassé de Juda. Le monarque ninivite fit transporter en divers pays les derniers restes d'Israël, comme nous pouvons le conclure de I Esdr. iv, 2 et ss. Or, de la première année d'Achaz, date de la prophétie d'Isaïe, à la vingtième année de Manassé, 11 y a juste 65 ans: 16 années d'Achaz, -H 29 d'Ézéchias, -f 20 de Manassé ». (jlfan. Vibl., t. II, n. 92G.) Voyez nos Essais d'exégèse, p. 9-14. — Et caput Ephraim... Samarie ne sera pas plus que Damas la métropole du royaume théocratique. — Si non credideritis... Frappante paronomase dans l'hébreu : 'Im lô' ia'amlnu, ki lô' té'âménu. Grave avertissement donné à l'Incrédule Achaz, à sa cour et à ses sujets. S'ils ne s'appuient pas sur .léhovah, mais sur des bras de chair, ils partageront le sort d'Éphraïm.
2« Emmanuel et sa mère. VII , 10-16.
10-12. La miséricordieuse condescendance du Seitrneur, l'arrogance hypocrite d'Achaz. ^ Adjeeit Dominus... Majestueuse formule de transition. Cl'est Isaïe qui parle au roi, mais il le fait comme prophète de Jéhovah ; de là ces mots : Le Seigneur continua de parler. — Pete... signum. Le monarque est autorisé à demander sur-lechamp un prodige, comme gage et garantie de la promesse qui venait de lui être faite. — A... Deo tuo. L'emploi du pronom personnel est remarquable. L'appropriation qu'il constitue était bien capable d'exciter la foi d'Achaz et de lui rappeler l'infinie bonté du Dieu qm daignait se dire sien. — In profundum inferni : dans les réglons souterraines où l'on plaçait le séjour des morts, le s"ôl (cf. I Reg. xxvni, 23 et ss.). Jn exceisum supra : dans les réglons aériennes et célestes (cf. Jos. x, 12 et ss.; Is. xxxviii, 7 et ss.; Luc. XT, 16, etc.). Le prophète laissait donc au roi une liberté entière pour son choix, afln de le mieux convaincre. L'hébreu dit, en termes très
dramatiques : Creuse jusqu'au séjour des morts, élève jusqu'en haut.— Et dixit Achaz (vers. 12). Il répond avec une humilité affectée, hypocrite, dissimulant son Incrédulité derrière une prescription de la loi : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu (Deut. vi, 16). Comme si c'eût été tenter Dieu que d'accepter son offre gracieuse et spontanée. — Audite ergo... (vers. 13). Sainte indignation d'Isaïe, déversée en de brillantes paroles, qu'il adresse non seulement au roi, mais à tous les princes de la famille royale (.domus David ; comp. le vers. 2), groupés autour de lui.
— Molestos esse : ennuyer et fatiguer désagréablement quelqu'un. — Deo vieo. Autre appropriation, mais plus réelle; le Dieu auquel le prophète était si étroitement uni et dont il était le représentant. — Propter hoc. D'après l'usage fréquent de cette formule (cf. i, 24; m, 16; v, 13, 14, 24, etc.), on s'attendrait à lire, à sa suite, une grave menace de châtiment; elle sert au contraire Ici de transition h l'un des oracles messianiques les plus doux et les plus consolants.
— Dahit... ipse (pronom très accentué)... signum : un vrai miracle, digne de cette circonstance exceptionnelle. « Signum... a Deo, nlsi novitas aliqna monstrosa f uisset, signum non vlderetur. » (TertuUien, adv. Jud., i.) On a dit à bon droit de ces premiers mots du vers. 14 qu'ils sont * une magnifique préface » de l'oracle. — La particule ecce souligne & son tour la pensée et annonce un fait éclatant. — Virgo. En hébreu , hâ-'almah, avec l'article, « virgo 111a. » Selon la très juste remarque de saint Jean Chryeostome, cet article représente quelque personne célèbre , unique même. Quant au substantif 'almah, si important dans ce passage, 11 désigne et ne peut désigner qu'une jeune fllle vierge, qui enfantera d'une manière tout à fait miraculeuse, sans le moindre détriment pour sa virginité. Nous avons pour garants de cette Interprétation : 1» l'explication authentique de saint Matthieu , i, J8-23,
l8. VIT, 15-16.
15. Butyrum et mel comedet, ut sciât reprobare malum, et eligere bonum.
16. Quia antequani sciât puer reprobare malum et eligere bonum, derelinquetur terra quam tu detestaris a facie duorum regum suorum.
15. Il mangera du beurre et du miel, en sorte qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien.
16. Car avant que l'enfant sache rejeter le mal et choisir le bien , le pays que tu détestes à cause de leurs deux rois sera abandonné.
et de saint Luc, i, 86-35, d'après laquelle la prophétie d'Isaïe relative à V'abnah a été réalisée par l'enfantement virginal de Marie, mère de Notre - Seigneur Jésus - Christ. 2* La tradition consunte et unanime de l'Église. Saint Justin, Orlgène, saint Irénée, saint Jean Chrysostome, saint Augustin, en sont les plus glorieux défenseurs aux temps antiques. 3« La tnuiitlon Juive : car, pendant des siècles, la synagogue a admis, « comme une croyance antique , l'inaltérable
Isale prophétiBant la Vierge mère. (Pein'.jit de Sainte -PriBcille.)
pureté de la mère future du Sauveur i> ( Drach , Harmonie entre l'Église et la Synagogue, t. II, p. 108), et lorsque les Juifs plus récents rejettent cette foi de leurs pères, « ils se mettent en contradiction avec leur propre tradition. » iPAd., p. 109.) Les Septante n'ont pas hésité à traduire le mot 'alTtiah par Tiapôcvo;, vierge dans le sens strict. 4" D'autres oracles bibliques, semblables à celui-ci, et qui y font visiblement allusion, prédisent également la naissance -sirglnale du Messie. Cf. Jer. xxxi, 22 ; Mlch. v, 2-5. 5» L'usage blbUque du substantif 'almah. Il a toujours, dans les saints Livres, la signlflcation de « virgo 1111bata ». Cf. Gen. xxrv, 43 ; Ex. ii , 8 ; Ps. Lxvm (Vulg., Lxvn), 26; Prov. xxx, 18-20; Cant. i, 3, et VI, 8. 6» L'étymologie. Comme le disait excellemment saint Jérôme, 'almah dérive de la racine 'âlam, cacher, et, au témoignage de saint Augustin, dans la langue punique, qui avait une si grande afBnlté avec le phénicien et avec l'hébreu, le nom spécifique des vierges était aussi 'ulmah, 7* L'inanité «t souvent la trivialité des
Interprétations rationalistes n'est pas la preuve la moins forte en faveur de la croyance traditionnelle. Voyez nos Essais d'exégèse, p. 37-77. Ainsi donc, « 'almah signifie dans son origine : cachée, renfermée, c.-à-d, une fille recluse et inaccessible, à la manière d'une chose sacrée dont il n'est pas permis d'approcher.» (Bossuet, Œuvres, édlt. de Versailles, t. III, p. 20.) — Conclptet- et pariet. La construction de la phrase est à noter, car elle confirme et corrobore les arguments qui précèdent. Littéralement : La vierge (sera) étant enceinte et enfantant. « Cest donc une vierge enceinte, une vierge enfantant ; dans ces deux conjonctures, elle demeurera dans toute sa pureté virginale, n ( Drach , l. c, p. 16.) — Et voeaUtHr. . . Hébr. : Et elle ( la mère; appellera son nom. — Em,manuel. D'après l'orthographe hébraïque : 'Iminânu- 'El ( avec nous Dieu ). Emmanuel, ce fils de la Vierge, n'est autre que le libérateur promis à Israël, le Messie - Dieu : toute la suite de cette section le démontrera clairement. Voyez surtout vm, 8, 13-15; IX, 1-7; XI, 1 et ss.; comparez aussi Matth. i, 18 et ss.; Luc. I, 26 et ss. — Butyrum et mel... Vers. 15-16 :
le salut qu'Emmanuel procurera aux Juifs n'emiiôchera pas la ruine temporaire de Juda, quoique le royaume ne doive pas succomber au danger qui le menace actuellement (vers. 1 et ss.). La crème ( ainsi dit l'hébreu ) et le miel sont Ici des symboles de ravage et de ruine, comme le montre l'emploi de la même figure au vers. 22. Le pays ayant été dévasté par l'ennemi et la culture interrompue par la guerre, ceux des Juifs qui survivront aux malheurs de leur nation n'auront pour se nourrir que les produits naturels et spontanés du pays, le lait de leurs rares trou • peaux, et le miel sauvage qui abonde en Palestine. Emmanuel est censé vivre au milieu d'eux et partager leurs privations. — Ut sciât... La conjonction ne marque pas ici une cause finale, mais une simple conséquence. L'hébreu doit d'ailleurs se traduire par « avant que » ( LXX : Tiplv v'i yvwvai aOx-ôv), ou, mieux encore, par «Jusqu'à ce que », car le prophète veut certainement fixer une date, c.-à-d. l'époque à la*iu6lle ses compatriotes seront délivrés du péril actuel. — «Sciai reprobare..., eligere... Expression figurée,' pour
du cimetière
I8. VTI, 17.
17. Le Seigneur fera venir sur toi , sur ton peuple et sur la maison de ton père, par le roi des Assyriens, des jours tels qu'il n'y en a pas eu depuis le temps où Êphraïm s'est séparé de Juda.
17. Adducet Dominus super te, et super populuu) tuum, et 8ii|>er domum patris tui, dies qui non venerunt a diebua separationis Ephraim a Juda cum rege Asayïiorum.
désigner l'âgo de raison. Cf. Deut. i, 39. La partie de la prédiction qui concernait le renversement des projets de Rasln et de Phacée devait donc 8'acconipllr dans peu d'années : Uereliiiquetur terra... La pensée est beaucoup plus claire d'après l'hébreu : Le pays dont les deux rois te font horreur sera dévasté. Cela revient à dire que la Syrie et le royaume d'Éphraïra seront ravagés dans un prochain avenir. Ce qui eut Heu, en effet, comme le raconte l'auteur du IV» livre des Rois , xv, 29 , et ^- XVI, 9. — D'après l'impression que ^ti produisent, à première lecture, ces vers. 15 et 16, U semblerait qu'Isaïe regardait comme très prochaine la naissance d'Emmanuel. Pour résoudre cette dlfiBculté, les Interprètes croyants » -, ont eu recours à plusieurs hypo- -i^ ^ v ,'thèses. Les uns ont supposé que "-v?,?^le vers. 14 se rapporterait seul au Messie ; les deux suivants désigneraient l'enfant qu'Isaïe avait alors à ses côtés (cf. vers. 3). Selon d'autres , cet oracle devait avoir un double accomplissement dans la suite des âges : le premier, peu de mois après la scène Ici racontée, par l'enfantement d'une femme selon les lois ordinaires de la nature; le second, sept : siècles plus tard, par la maternité ; virginale de Marie. Mais ces deux sentiments font violence au texte, comme aussi à rapplication que ! a,v l'Évangile en fait, d'une manière *>^;' directe et immédiate, à Jésus- Clirlst et à sa mère. Isaïe ne parle évidemment que d'une seule 'almah, d'un seul Emmanuel , et comment d'ailleurs une mère vulgaire, un enfant ordinaire, pourraient -Us être le type d'une vierge -mère et de son fils né en vertu d'un prodige grandiose? Ce passage (vers. 14-16) n'est point Isolé dans le récit du prophète, mais 11 est en connexion intime avec les chap. vui-xn; or 11 ressort très évidemment du contexte qu'Isaïe n'attendait que beaucoup plus tard, après l'invasion assyrienne, «près la ruine des Assyriens, après l'exil et le retour des Juifs, la naissance du divin Emmanuel. Et cette naissance, quoique si tardive, n'en était pas moins un excellent « signe » pour Achaz et pour le peuple entier, dans les circonstances présentes, puisqu'il leur annonçait que Jéhovah n'oubliait point ses antiques promesses, auxquelles était forcément rattachée la préservation de la famille de David et de la nation théocr^atlque. Quant an mode merveilleux de la naissance, il convenait fort bien aussi pour rassurer les Juifs
dans leur pressant danger, en leur rappelant l'infinie puissance de leur Dieu ; car un tel enfantement n'est -il pas un prodige beaucoup plus grand que la défaite des armées syrienne et Israélite? Voyez nos Essais d'exégèse, p. 78-99. Enfin, comme nous l'avons déjà insinué plus haut, c'est en vertu de l'anticipation prophétique et parce qu'il contemplait la céleste almah et son nia comme déjà présents, qu'Isaïe associe Intimement
Abeilles de Palestine.
Emmanuel aux souffrances actuelles de Juda. C'est donc comme s'il disait (vers. 15-16) : «Avant qu'il se soit écoulé le temps qu'il faudrait à Emmanuel, s'il naissait de nos jours, i)our sortir de l'enfance, Israël et la Syrie seront désolés. » {Mail, bibl., t. II, n. 930.)
3» Le royaume de Juda aura beaucoup à souffrir de la part des Assyriens. VII, 17-25.
17. Le thème de cet alinéa. — Super te,.,, populum..., et domum... Le roi, les sujets, la famille royale, tous auront à souffrir. — Diea qui non venerunt... Juda avait eu cependant beaucoup à souffrir depuis le schisme des dix tribus (a diebus separationis. ..). Cf. III Reg. xrv, 25 et S8. ; XV, 6, 18 et ss. ; IV Reg. vin , 20 et sa. , 28 et ss.; ix, 27 et ss. ; xr, 1 et ss.; xii, 17-18, etc. — Cum rege Assyriorum. Dans l'hébreu, la particule 'et n'est pas une préposition, mais le signe (le l'accusatif ; il faut donc traduire : « (Adducet Domlnug...) regem Assyriorum. > Oe n'est pas sàns
Is. VIT, 18-25
18. Et erit in die illa ; sibiîabit Dominus raubcse qnse est in extremo flumiuum ^gypti, et api quœ est in terra Assur ;
19. et venient, et requiescent omnes in torrentibus vallium, et in cavernis petrarum, et in omnibus fmtetis, et in universis foraminibus.
20. la die illa radet Dominus in novacula conducta, in lus qui trans flumen 6unt, in rege Assyriorum, caput et pilos pedum, et barbam univerBara.
21. Et erit in die illa : nutriet homo vaccam boum, et duas oves,
22. et prae ubertate lactis comedet butyi-um ; butyrum enim et mel manducabit omnis qui relictus fuerit in medio terrae.
23. Et erit in die illa : omnis locus ubi fuerint mille %ates, mille argenteis, in spinas et in vêpres erunt.
24. Cum sagittis et arcu ingredientur illuc ; vêpres enim et spinse erunt in universa terra.
2.5. Et omnes montes qui in sarculo sarrientur, non veniet illuc ten'or spina-
18. En ce jour -là, le Seigneur appellera d'un coup de sifflet la mouche qui est à l'extrémité des fleuves de l'Egypte, et l'abeille qui est au pays d'Assur ;
19. et elles viendront, et elles se j)oseront dans les torrents des vallées, et dans les creux des rochers, sur tous les arbrisseaux , et dans tous les trous.
20. En ce joui -là le Seigneur rasera, avec un rasoir pris à louage, avec ceux qui sont au delà du fleuve, avec le roi des Assyriens, la tête, le poil des pieds, et toute la barbe.