CHAPITRE XVIIl
- 1. Vae terrae cymbalo alarum, quae est trans tlumina uîltMopise,
2. quse mittit in mare legatos, et in vasis papyri super aquas ! Ite, angeli veloces, ad gentem convulsam et dilaceratam ; ad populum terribilem, post quem non est alius; ad gentem expectantem et conculcatam, cujus diripuerunt flumina terram ejus.
1. Malheur à la terre où retentit le bruit des ailes, qui est au delà des fleuves d'Ethiopie,
2. qui envoie des messagers sur la mer et dans des barques de jonc sur les eaux. Allez, messagers rapides, vers une nation divisée et déchirée; vers un peuple terrible, le plus terrible de tous; vers une nation qui attend et qui est foulée aux pieds, dont la terre est ravagée par des fleuves.
Hébr. : répouvante. Jérusalem sera dans l'effroi , 88 croyant perdue. — Hsec est pars... Conclusion solennelle, pleine de conQance en Dieu. Cest comme si le prophète s'écriait : Il ne pouvait pas en être autrement, car telle est la loi accoutumée de la conduite du Seigneur envers les ennemis de son peuple.
§ VI. — Oracle relatif à l'Ethiopie.
XVin, 1-7.
« La destiTictlon soudaine des Assyriens et l'hommage de l'Ethiopie à Jéhovah, tel est le
géogr., pi. i et ni. — Quas mittit... legatos (vers. 2). Isaïe contemple en esprit les messagers que le roi d'Éthlople, redoutant lui aussi l'invasion des Assyriens, envoyait en toute hâte à travers son vaste empire (l'Egypte et l'Ethiopie ne faisaient alors qu'un seul et même royaume, gouverné par la vingt - cinquième dynastie , dite éthiopienne ), pour réunir une armée capable de leur résister. — In mare : le Nil, que les Arabes nomment également el-Bahr, la mer. Cf. xix, 5, et Nah. m, 8. — In vasis papyri. Les Égyptiens fabriquaient avec l'écorce dn papyrus des
Barque de papyrus portant un mort. (D'après uoe peinture égyptienne.)
thème prophétique qui est traité ici d'une manière tout à fait pittoresque et dramatique. »
1» L'Ethiopie est menacée d'un grand malheur. XVIII, 1-6.
Chap. XVIII. — 1-3. Que la terre entière sache ce que Jéhovah se prépare à faire en faveur de l'Ethiopie. — L'oracle débute par un Vae douloureux, car une affreuse calamité menace le royaume. — Terrse cymbalo... Mieux : « terrae cymball alarum ; » le pays au bi'uissement d'ailes, comme s'exprime l'hébreu. L'Ethiopie est ainsi nommée à cause des Insectes innombrables que lui vaut, comme à l'Egypte, son climat tout à la fois humide et chaud. Cf. vn , 1 8 ; Ex. tiii , 21, 24. — Trans /lamina...: le Nil blanc et le Mil bien avec leurs divers affluents. Voyez VAtL
barques très légères, qui volaient sur le NU et ses canaux. Voyez Job, ix, 26, et l'Atl, archéol., pi. Lxxn, fig. 6, 12. — Ite. C'est le prophète luimême qui s'adresse aux messagers royaux (angeli veloces), pour leur dire de laisser là leur mission et de rentrer chez eux, attendu que Jéhovah veut sauver l'Ethiopie à lui seul. — Ad gentem... Description Intéressante de ce peuple éthiopien, que tous les anciens antenrs représentent comme une très belle race. — Convulsam et dilaceratam : l'approche des Assyriens causait partout l'épouvante. L'hébreu a une leçon très différente : (la nation) à la taille élancée, ("au visage) luisant. Hérodote affirme, m, 20, que les Éthiopiens étaient « les plus grands de tous le» hommes d, et il mentionne aussi, m, 23, leur
Is. XVITI, 3 -T.
3. Vous tnuSjhahitantadu monde, vous qui demeurez Biir la (erre, lorsque l'étendard Bera élevé sur les montagnes, vous le verrez, et vous entendrez le bruit de la trompette.
4. Car voici ce que me dit le Seigneur : Je me tiendrai en repos, et je contemplerai de ma demeure, comme une lumière aussi brillante que le soleil en plein midi, et comme un nuage de rosée au temps de la moisson,
5. Car la vigne fleurira toute avant le temps ; elle germera sans pouvoir mûrir ; ses rejetons seront coupés avec la faux, et ce qui en restera sera retranché et rejeté.
6. Ils seront tous abandonnés aux oiseaux des montagnes et aux bêtes de la terre : les oiseaux y demeureront pendant tout l'été, et toutes les bêtes de la terre y passeront l'hiver.
7. En ce temps-là des offrandes seront apportées au Seigneur des armées de la part d'un peuple divisé et déchiré, d'un peuple terrible, le plus terrible de tous, d'une nation qui attend et qui est foulée aux pieds, dont la terre est ravagée par des fleuves ; elles seront apportées au lieu où réside le nom du Seigneur des armées, à la montagne de Sion.
3. Omnes habitatores orbis, qui uioramini in terra, cum élevât um fuerit signunfin montibus. videbitis, et clangorem tubsB audietis.
4. Quia hœc dicit Dorfiinns ad me ; Quiescara et considerabo in loco meo , sicut meridiana lux clara est, et sicut nubes roris in die messis.
5. Ante messera enim totus efflornit, et immatura perfectio germinabit; et prsecidentur ramusculi ejus falcibus, et quse derelicta fuerint abscindentur et excutientur.
6. Et relinquentur simul avibus montîum et bestiis terrae ; et asstate perpétua erunt super eum volucres, et omnes bestise terrœ super illum hiemabunt.
7. In tempore illo deferetur munus Domino exercituum a populo divulso et dilacerato, a populo terribili, post quem non fuit alius, a gente expectante et conculcata, cujus diripuerunt flnmina terram ejus ; ad locum nomicis Domini exercituum, montem Sion.
peau luisante et brillante. — Terrihilem, post qxiem... Hébr.: redoutable depuis qu'il existe. — Expectantem. Autre allusion, d'après la Vulgate, à la terreur qu'Inspiraient les Assyriens. Le sens de l'hébreu n'est pas absolument certain. Les uns traduisent : (la nation) puissante, puissante. Les autres : ( le peuple qui donne ) ordre sor ordre. Le sens demeure le même dans les deux cas. — Conculeatam. Plutôt : « conculcantem, » qui foule tout aux pieds. Naguère encore, Schabaka, roi d'Ethiopie et fondateur de la vingt- cinquième dynastie, s'emparait de l'Egypte et la soumettait à sa domination. — Omjms <Hripv,erunt. . . Mieux : dont le territoire est traversé par des fleuves. Voyez la note du vers. XK — Omnes haW,talorea... (vers. 3). Isaïe Interpelle maintenant tous les habitants du globe. « L'Assyrie est un ennemi du genre humain ; voUà pourquoi le monde entier est Invité au spectacle de sa ruine. » — Cum... 8lgnmn in montibus. Signal donné par Dieu lui-même. Cf. xi, 12. C'est là une locution figurée, pour marquer l'heure destinée, dans les plans divins, ù la grande défaite des Assyriens. Clangorem tubse a un sens Identique.
4-6. Comment le Seigneur brisera la puissance des Assyriens. — Quiescam, et considerabo... Jéhovah, « patient parce qu'il est éternel, » attend paisiblement, sur son trône céleste, que ses ennemis soient mûrs pour le châtiment. — Sicut meridiana lux. . . messis. Plus clairement dans l'hébreu : Pendant la chaleur, à la lumièr» do
soleil, et pendant la pluie de rosée, au temps de la moisson brûlante. La chaleur du jour et la rosée nocturne sont deux circonstances très favorables à la croissance de la vigne, qal symbolise l'armée assyrienne, et à la maturité des raisins. La comparaison est admirablement tracée. — Et prsecidentur... (vers. 5*>). Lorsque approche la vendange, le Seigneur se lève à l'improvlste, et , armé de la serpe du vigneron (Vulg. : /alcibus), il tranche sans pitié les rameaux chargés de fruits.
— Et relinquentur... (vers. 6). Les cadavres des Assyriens, demeurés sans sépulture, serviront de pâture aux bêtes sauvages. — .asiate perpétua..., hiemabunt... Détails qui font ressortir l'étendue du désastre.
20 Future conversion de l'Ethiopie. XVIII, 7.