‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 429 sur 938 · Transite maria, ululate, qui habitatis in insula · texte numérisé non relu

Transite maria, ululate, qui habitatis in insula

7. Numquid non vestra hrec est, quse gloriabatur a diebus pristinis in antiquitate sua ? Ducent eam pedes sui longe ad peregrinandum.

8. Quis cogitavit hoc super Tyrura quondam coronatam, cujus negotiatores

]et. Pour lui la ruine de Tyr est déjà un fait accompli; aussi interpelle- 1- il à ce sujet les marins phéniciens qui revenaient d'une de leurs expéditions lointaines. — Naves maris. D'après l'hébreu : vaisseaux de TarSii. Cf. ii, 16, et la note. Les navires tyriens sillonnaient la Méditerranée dans toutes les directions, et allaient jusqu'à Tartessus, au delà du détroit de Gibraltar (âU. géogr., pi. i). — Quia... domus uiide... Plus vigoureusement dans l'hébreu : Parce qu'elle (la ville de Tyr) est ravagée; U n'y a plus de maison, 11 n'y a plus d'entrée (c.-à-d. de port pour les flottes). — De terra Cethiin... Hébr. : Kitt'im. Nom de l'île de Chypre. C'était la dernière station des navires phéniciens, avant de regagner le rivage do la patrie {Atlas géogr., pi. I, V, XVII ). La flotte Idéale à laquelle s'adresse le prophète apprend en cet endroit le malheur de Tyr ( revelatum est...). — Tacete (soyez muets d'épouvante), qui Jiabitatis... Isaïe interpelle maintenant les Tyriens et les Sidoniens , qui ont souB les yeux l'horrible désolation de la grande cité, et dont le commerce est pour longtemps ruiné. — In insula : dans le sens large ( cf. xx, 6, etc.). D'ailleurs, Tyr s'était en quelque sorte dédoublée, et, tandis que la cité antique (Palaetyr, IlaXaiTupoç) était demeurée sur le continent, la ville nouvelle s'était transportée sur nne île, à quelque distance du rivage (Atlas géogr., pi. vu). — Sidonis. Aujourd'hui Saïda, au nord de Tyr. L'origine et la gloire de Sidon remontaient plus avant dans l'histoire que celles de Tyr ( cf. Gen. x , 15 ) ; mais la mère avait été dépassée par sa fllle. — Negotiatores.,. repleverunt... Tyr était donc devenue le centre de tout le commerce phénicien. — In aquis multis (les eaux de la mer)... Autre gloire pour Tyr; elle servait de débouché à l'Egypte et de marché au

j monde entier. — NUI. En hébreu, Sihôr; c.-à-d. noir, sombre. Cf. Jer. n, 18. — Messls fluminis... L'Egypte manquait de bois et ne pouvait construire de gros navires capables de tenii- la mer ; elle avait recours à ceux de Tyr pour transporter au loin ses riches récoltes, et la cité phénicienne tirait de là des profits considérables (frugesejus; hébr., son revenu).— Erubesce, Sidon... (vers. 4). Sidon était la mère de Tyr ; elle était donc profondément humiliée par la ruine de cette ville. — Mare, fortitudo maris : la mer et les rochers au milieu desquels Tyr était bâuo. Ils prennent ici la parole au nom de la cité détruite. — Non parturivi... Autrefois si peuplée, elle est maintenant aussi déserte que si elle n'avait Jamais tu d'enfants. — In .^gypto , dolebunt... (vers. 5). Ainsi qu'il vient d'être dit (note du vers. 3), la chute de Tyr devait être très préjudiciable au commerce de l'Egypte ; en outre, la cité phénicienne était pour les Égyptiens un avant - poste qui les protégeait contre les Assyriens.

6-9. Seconde strophe : l'orgueilleuse cité n'est plus, et sa mine est l'œuvre de Jéhovah. — Transite maria. Ilébr. : Fuyez à Tarsls (note du vers. 1 '. Le prophète presse les Tyriens (qui habitatis...) de se réfugier au plus vite dans leurs colonies les plus lointaines. C'est ce qu'ils firent en réalité lorsque, assiégés par Alexandre le Grand, Us envoyèrent à Carthage leurs vieillards, leurs femmes et leurs enfants. Cf. Diodore de Sicile , xvii , 41. Un bas -relief de Ninive représente aussi, comme porte l'Inscription qui l'accompagne, des 1 ennemis des Assyriens se réfugiant sur des vaisseaux ». — Numquid non vestra... ? Cette question suppose un douloureux étonnement : « Est - ce que ce monceau de ruines est tout ce qui reste de la joyeuse, de l'antique, de la puissante Tyr? » — A diebus pristinii>

Is. XXITI, 9-15.

principef, institores ejus inclyti terrjfcV

9. Dominus exercituum cogitavit hoc, ut detraheret superbiam omnis glorise, et ad ignominiam deduceret universos inclytos terrae.

10. Transi terram tuam quasi flumen , filia maris ; non est ciugulum ultra tibi.

11. Manum suam exteiidit super mare, conturbavit régna ; Donâinus mandavit adversus Ghanaau , ut contereret fortes ejus;

12. et dixit : Non adjicies ultra ut glorieris, calumniam sustinens virgo, filia Sidonis; in Cethim consurgens transfreta, ibi quoque non erit requies tibi.

13. Ecce terra Chaldaeorum, talis populus non fuit. Assur f undavit eam ; in captivitatem traduxerunt robustos ejus, Bufîoderunt doraos ejus, posuerunt eam in ruinam.

14. Ululate, naves maris, quia devastata est fortitudo vestra.

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