Respice Sion, civitatem solera
toujours brûlantes ? — Igné dévorante... ardortîms... Ce feu symbolique représente la colère divine, et les ctiâtiments qu'elle inflige aux pécheurs (cf. xxx, 33); il ne désigne pas ici directement les flammes étemelies de l'enfer. Voyez Knabenbauer, h. l, — Qui ambulat... (verset 15). Réponse à la question qui vient d'être posée (vers. U*), et conditions auxquelles on pourra obtenir le salut. Ces dernières consistent en divers actes de vertu soit positifs, soit négatifs, dont l'énumération rappelle les psaumes xrv et XXIII, 3 et ss. — In justitiis. Pluriel d'intensité : dans une parfaite justice. — Projicit avaritiam. Hébreu : Celui qui méprise un gain acquis par l'oppression. — Excutit manus... Refus énergique d'accepter des présents corrupteurs. — Ne audiat sanguinem. C-à-d. des propos sanguinaires. — Iste (pronom accentué) w excelsis...: hors d'atteinte pour tous ses ennemis. — Munimenta... subllmitas... Hébr. : Des citadelles de rochers sont sa retraite. — Panis... datas est : en abondance et continuellement. — Aqiise... /ideles : des eaux qui ne tarissent jamais.
4« Le règne de Jéhovah dans Sion. XXXIII, 17-24.
17-24. Description sublime, grandioses promesses dont l'accomplissement, commencé après la ruine de l'armée assyrienne (vers. 10-12), ne devait être intégral qu'aux jours du Messie. Bu ullet, il est « évident que le grand roi promis ici (reaem...), qui doit faire refleurir la religion et la justice, et dont la vue seule sera une faveur Il singulière pour ses sujets (videbunt oculi...), ne saurait être que le roi Messie..., et qu'à son ic^ne fortuné conviennent uniquement les Images ■1 magniflques de l'éternelle stabilité et de la sé(rarlté parfaite de Jérusalem. II f.nut même leconnaître que la prophétie embrasse dans l'im-
mensité de ses contours un espace plus vaste que celui où l'Église combat, et qu'elle ne sera pleinement accomplie que dans la gloire ». (Le Hir, l. 0., p. 131.) Ézéchias, s'il entre pour quelque chose dans cet oracle, n'y peut exister qu'à la façon d'un type imparfait. — In décore suo. Splendeur et beauté qui contrastent avec les humiliations des derniers rois de Juda. Cf. Ps. xliv, 3 ; Zach. IX, 17. — Terram : le territoire agrandi de ce roi idéal (cernent... de longe, tant ses limites auront été reculées ; cf. xxvi, 15). — Cor tuum meditabitur... (vers. 18). Mn ces temps heureux, la nation sainte trouvera un accroissement de joie à se rappeler ses malheurs passés et l'effroi que lui causaient ses ennemis. Elle s'écriera avec l'accent du triomphe : UM, est litteratus...? C.-à-d., d'après la Vulgate, que les faux conseillers et les mauvais prophètes de Juda ont maintenant disparu. L'hébreu a une variante assez notable : Où est le secrétaire (l'oflacier assyrien qui enregistrait le tribut à solder et qui en contrôlait le payement) ? Où est celui qui pesait (le trésorier qui s'assurait si l'or et l'argent apportés par les vaincus formaient vraiment la somme imposée)? Où est celui qui comptait les tours (des places fortes, avant d'en faire le siège)? Désormais le pays est entièrement libre. — PO' piilum impudentem... (vers. 19). Les citoyens de Juda ne voient plus , avec un vif sentiment da douleur et de honte, les Assyriens arrogants, audacieux, dont lis ne pouvaient satisfaire les rudes exigences. — Populum alti sermonis, C.-à-d. au langage obscur, incompréhensible. — Disertitudinem linguse. Hébr. : à la langue qui bégaye. Cf. xxviii, 11, et la note. — In quo nulla... sapientia. Hébr. : que l'on ne comprend pas. — Respiee Sion... (vers. 20). Autre délicieux spectacle que le peuple de Jéhovah aur» le bon-
Is. XXXIII, 21-24.
uitalib iiostrae : ociili tiii videbunt Jérusalem, habitationem opulentam, tabernaculum quod nequaquam transferri poterit; Dec auferentur clavi eju8 in sempiternum, et omnes funiculi ejus non rumpentur.
21. Quia solummodo ibi magnificus est Dominus noster ; locus fluvioi-um rivi latissimi et patentes; non transibit per eum navis remigum, neque trieris magca transgredietur eum ;
22. Dominus enim judex noster, Dominus legifer noster, Dominus rex noster ; ipse salvabit nos.
23. Laxati sunt funiculi tui, et non prsevalebunt ; sic erit malus tuus , ut dilatare signum non queas. Tune dividentur spolia praedarum multarum; claudi diripient rapinam.
24. Nec dicet vicinus : Elangiii; populus qui habitat in ea, auferetur ab.eo iniquitas.
tes yeux verront Jérusalem, habitation opulente, tente qui ne pourra plus être transportée ; ses pieux ne seront jamais arrachés, et aucun de ses cordages ne fse rompra.
21. Car c'est là seulement que notre' Seigneur est magnifique ; les fleuves y auron't un canal très large et spacieux; le vaisseau h rames n'y passera pas, et la grande galère ne le traversera pas,'
22. car le Seigneur est notre juge, le Seigneur est notre législateur, le Seigneur est notre roi ; c'est lui qui nous sauvera,
23. Tes cordages sont relâchés, et ils ne résisteront pas ; ton mât sera dans un tel état, que tu ne pourras pas étendre tes voiles. Alors on partagera les dépouilles d'un butin considérable ; les boiteux mêmes prendront part au piillage.
24. Le voisin ne dira pas : Je suis malade; le peuple qui y habitera recevra le pardon de ses péchés.
heur de contempler (comp. le vers. 17). — Clvltatem solemnitatls... C'était une des pins grandes gloires et l'un des plus doux privilèges de Jérusalem que d'être le centre du culte sacré. — Eahitationem opulentam. Mlexis , d'après l'hébrçu : habitation sûre. Jéhovah en était le toutpuissant défenseur. — Tabemaculum quod nequaquam... Par conséquent, une tente flse et permanente. C'est la réalisation de la promesse faite autrefois à David (cf. II Reg. vn, 10), Les détails suivants développent cette même pensée : ■Bec auferentur clavi... Oes piquets auxquels sont assujetties les cordes, funiculi, qui soutiennent l'étoffe de la tente; AtU archéoL, pi. xi, fig. 1, 2, «, 4, 6, 8). — Solummodo ibi... (vers. 21). Hébr. : Cest là vraiment que Jéhovah est magnifique pour nous. Nulle part Dieu ne manifestait mieux à son peuple sa bonté, sa majesté, sa puissance, que dans sa résidence de Jérusalem. Mais nous «vons dit plus haut qu'il faut idéaliser, et passer de la Slon terrestre ù l'Église, et de celle-ci au ciel. — Locus fluviorum rivi... Hébr. : un lieu de fleuves, de canaux à la vaste étendue. Images des faveurs célestes répandues avec plénitude. Cf. Ps. XLV, 5, et la note. — Non trausib-it... Ces fleuves protecteurs sont inaccessibles aux Bottes ennemies. — Navis remigum, : le simple navire à rames, de plus petites dimensions. Trieris magna : les grands vaisseaux à voiles ( AU. aichéoL, pi. Lxxiii, fig. 11; pi. uxxiv, fig. «.
9, 11 ; pL Lxxv, flg. 2, 3, 5). — Dominus enim... ( vers. 22 ). C'est lui-même qui barrera le passage. Notez les trois titres en gradation, judex..., legifer..., rex 7ioster, et l'accent de triomphe avec lequel Ils sont prononcés. Cf. il, 4; xr, 2 et ss.; XXIV, 23, etc. — Laxati... funiculi... (vers. 23). Selon divers interprètes, ces mots s'adresseraient à Assur, représenté, comme au vers. 21, sous la figure d'un navire, lequel est maintenant désempaié, hors de service. Il vaut mieux peut-être, à la suite d'autres commentateurs, appliquer Ici ce symbole à Sion elle-même, dont 11 indique la faiblesse présente , par opposition aux puissants navires qui la menacent : cette application s'harmonise mieux avec le contexte, car le prophète a constamment interpellé Jérusalem et Juda. — .Sic-, malv^ tuus... Impossible de tendre les voiles (Mgnum) sur ce mât tout branlant, à demi brisé, — Tune dividentur... Brusque transition de l'adversité au bonheur, à la manière des prophètes, l/enneml est complètement vaincu, et l'on se liartage ses riches dépouilles; les inflrmes euxmêmes ont le temi'S d'en venir chercher leur part (claudi diripient...). — Nec dicet... (vers. 24). Hébr. : Et aucun habitant ne dit : Je suis malade. Dans le royaume messianique parvenu à son entier développement, 11 n'y a plus de maladies ni de péchés (.auferetnr...- iniquitas...). Cf. iv, 3-4; XXV, 8; xxxv, 1-6; Lxv, 20 et S8., etc.
^^JL^%.
G-alères manœuvrées à l'aide de rames. (Bas-relief assyrien.)
Comment. — V,
Is. XXXIV, 1«.