‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 537 sur 938 · Le Seigneur m'a donné une langue · texte numérisé non relu

Le Seigneur m'a donné une langue

propre chair, dans un mouTement de rage et de haine. Cf. ix, 20.

§ II. — Second disœurs : Israël répudié par sa faute; le serviteur de Jéhovah fidèle à sa mission malgré les souffrances qu'elle lui coûte. L, 1-U.

Ce second discours nous transporte encore, dans son ensemble, aux jours du Messie, et nous montre l'infidélité des Juifs aux grâces immenses que devait leur apporter le serviteur de Jéhovah. Au lieu de raccueillir avec empressement, comme un sauveur, ils le méprisent et l'outragent Indignement. Ce crime énorme fera tomber sur eux tout le poids des vengeances divines.

1° C'est à cause de ses crimes qu'Israël est plongé dans le malheur. L, 1-3.

Chap. L. — 1-3. L'épouse mystique de Jéhovah s'est répudiée elle-même; le Seigneur est néanmoins prêt à pardonner et à sauver. — Hœc dicit... Dieu s'adresse aux enfants de Sion. — Quis est hic...? D'après l'hébreu : Où est le livre...? Comme en tant d'autres endroits, l'union de Jéhovah et d'Israël est représentée sous la figure du mariage. Le liber repudii était l'acte oflaciel qui attestait que telle épouse avait été répudiée gelon les formes légales, et qu'un divorce régruller existait entre elle et son mari. Cf. Deut. XXIV, 1 - 4 ; Jer. in, 8 ; Matth. i, 9. Jéhovah s'est contenté de renvoyer son épouse Infidèle; dans sa miséricorde envers elle, U n'a pas voulu lui donner une lettre de divorce qui eût été «le sceau d'une rupture étemelle », car 11 se proposait de la reprendre un Jour. — Quis... créditer...? Autre figure pour exprimer la même pensée. Chez les Hébre'ix, les enfants des débiteurs Insolvables

étaient parfois vendus au profit des créanciers. Cf. IV Reg. iv, 1 ; Neh. v, 6 ; Matth. xvui, 26. Le Seigneur affirme que tel n'a pas été le cas pour les siens; ils lui appartiennent donc toujours, puisqu'il n'y a pas eu de séparation absolue entre eux et lui. — Tn iniquitatibus... Hébr.: C'est à cause de vos Iniquités... et à cause de vos crimes. Ils ont été rtellement vendus et répudiés, l'exil en est la preuve, mais répudiés par eux - mêmes et non par le Seigneur. — Veni, et non erat... (vers. 2). Avec plus de force dans l'hébreu : Pourquoi suis - je venu sans qu'il y eût personne? (pourquoi) ai -je appelé sans que personne répondît? Par ses prophètes, et aussi par ses châtiments. Dieu avait essayé d'améliorer son peuple, mais en vain. — Numquid abbreviata et parvula. ..t Langage très pittoresque: malgré tout, Jéhovah était assez puissant pour sauver ses fils ing^rats. — Ecce... Preuve de sa toutepuissance universelle, qui « n'est pas plus affaiblie que son amour ». — In increpatione... desertum... Il lui suffit d'une menace pour dessécher la mer, comme au temps de la sortie d'Egypte. Cf. Ex. XIV et XV; Ps. cv, 9, etc. — Flumina in siceum : comme le Jourdain , an moment où les Hébreux pénétrèrent dans la Terre promise. Cf. Ps. cxni, première partie, 6. — Induam cselos. . . ( vers. 3 ) : comme durant la neuvième plaie d'Egypte. Cf. Ex. x, 21 et ss.; Ps. civ, 28; Sap. XVII, 2 et ss. — Saccum ponant... : le vêtement de la détresse et du deuil.

2» Le serviteur de Jéhovah, humilié et mis à la torture, mais fidèle quand même à son devoir, L, 4-9.

4-9. Prophétie sous la forme d'un monologue, comme au chap. xlix ,1-6. C'est de nouveau îç

Is. L, 5-10.

Bavaiiff. ,illn que je puisse soutenir par la ]iarule celui qui est abattu. Il éveille le matin, le raatiu il éveille mon oreille, afin que je l'écoute comme un maître.

5. Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille, et je ne le contredis pas ; je ne me suis point retiré en arrière.

6. J'ai abandonné mon corps a ceux qui me frai)paient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe; je n'ai pas détourné mon visage de ceux qui me couvraient d'injures et de crachats.

7. Le Seigneur Dieu est mon protecteur ; c'est pourquoi je n'ai pas été confondu ; c'est pourquoi j'ai rendu mon visage semblable à une pierre très dure, et je sais que je ne serai pas confondu.

8. Celui qui me justifie est proche ; qui se déclarera contre moi? Comparaissons ensemble; qui est mon adversaire?

qu'il s'apfiroche de moi.

9. Le Seigneur Dieu est mon protecteur ; quel est celui qui me condamnera? A'^oici, ils s'useront tous comme un vêtement; ils seront mangés des vers.

10. Qui d'entre vous craint le Seigneur, et entend la voix de son serviteur? Que celui qui marche dans les ténèbres, et qui n'a pas de lumière, espère au nom du Seigneur, et qu'il s'appuie sur son Dieu.

ditam, tri sciain Rusfontare «iim qin lassus est verbo. Krigit mane, mane erigit mihi aurem, ut audiam quasi magistrum.

5. Dominus Deus aperuit mihi aurem, ego autem non contradico; retrorsum non abii.

6. Corpus meum dedi percutientibus, et gênas meas vellentibus ; faciem meam non averti ab increpantibus et conspuentibus in me.

7. Dominus Deus auxiliator mena, ideo non sum confusus; ideo posui faciem meam ut petram durissimam, et scio quoniam non confundar.

8. Juxta est qui justificat me; cfuis contradicet mihi? Stemus simul; quis est adversarius meus ? accédât ad me.

9. Ecce Dominus Deus auxiliator meus ; quis est qui condemnet me ? Ecce omnes quasi vestimentum contereutur; tinea comedet eos.

10. Quis ex vobis timens Dominum, audiens vocem servi sui? Qui ambulavit in tenebris, et non est lumen ei, speret in nomine Domini, et innitatur super Deum suum.

Messie qui parle, se consolant par cet épanchement de son âme devant Dieu. — Dominus. Dans l'hébreu : 'Adonaï Thovah. Cette association solennelle des deux principaux noms divins va être renouvelée trois fols encore. Coœp. les vers. 6 , 7 et 9. — Linguam eruditam. Hébr. : une langue de disciples, c.-à-d. telle que l'ont des disciples formés par un maître habile. La Vulg.ate donne donc très bien le sens. Notre- Seigneur Jésus • Christ a affirmé & diverses reprises que sa doctrine venait de Dieu. Cf. Joan. VIII, 26, 40; XII, 50; xrv, 24, etc. Sur son admirable éloquence, comp. Joan. vn, 46. — Sustentare. C'est de ce verbe que dépend le substantif verbo ; soutenir et réconforter par une bonne parole les pauvres âmes fatiguées, désolées. Cf. Lvii, 16 ; Matth. xi, 28. — Mane, mane... Cette répétftion est un hébraïsme qui signifle : chaque matin. C.-à- d. sans cesse, à tout Instant. — Erlglt mihi aurem,. Belle métaphore , en hébreu surtout : Il éveille mon oreille. — Vt audiam quasi... Hébr. : pour que J'écoute comme (font) des disciples. Le sens est le même, et marque une attention vive et respectueuse. — Aperuit mihi aurem (vers. 6) : en vue de la révélation spéciale qui suit et qui concerne les soufErances du Christ. — Non contradico. D sera docile aux vo".onté8 divines, quoi qu'il doive lui en coûter a'obéii-. Cf. Joan. iv, 34; v, 30; vni, 21, etc. —

Retrorsum non abii. Il n'a pas reculé pour échapper aux douleurs qui l'attendaient. Cette pensée est admirablement développée dans les vers. 6 - 9.

— Corpus meum dedi... Hébr. : J'ai livré mon dos. — Vellentibus : à ceux qui lui arrachaient cruellement la barbe. Sur cet outrage, voyea II Reg. X, 4; Neh. xiii, 26; Matth. xxvi, 67; Joan. xvni, 22. — Faciem... et conspxKntibua... Le comble de rignominie; cf. Job, xxx, 10 ; Luo. xviii, 31-32, etc. — Dominus... auxiliator,. . ( vers. 7 et ss. ). Son appui et son refuge parmi ces épreuves si écrasantes. — Ut petram durissimam. L'hébreu dit seulement : comme un caillou. Cf. Ez. in, 8. Sa confiance en Dieu communiquera au Christ un courage inébranlable. — Juxta est qui... (vers. 8). La certitude du triomphe final fait qu'U brave et défie ses ennemis cruels (quis contradicet...*), leur proposant de paraître avec eux devant le tribunal du souverain Juge (stemiia simul...). — Quani vestimentum... lia seront lentement mais sûrement consumés.

8° Promesses et menaces. L, 10-11.

10-11. Quis ex vobis...f La promesse d'aborJ (vers. 10), pour ceux qui obéiront à Jéhovah et à son serviteur. — In tenebris : dans les ténèbres du malheur, et particulièrement de l'exiL

— Ecce vos omnes... La menace (vers. 11 ). — Accendentes ignem... Image des tribulations auu les méchants Infligent loavent auj boDB; mais

k. L, li - LI, Tj

11. Eocevosorenes accendeiite«ignern, acciûcti flamrais, anibulate in luniine ignis vestri, et in flammis quas succeiidistis : de manu mea factura est hoc vobis in doloribuB dormietis.

11. MaÎH vouB tous qui allumez un ffu, et qui êtes environnés de flammée, marchez à la lumière de votre feu, et dans les flammes que vous avez allumées : c'est par ma main que cela voua est arrivé; vous dormirez dans les douleurs.

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