‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 61 sur 938 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

1. Un autre encore, pensant à se mettre en mer, et commençant à voj'ager sur les flots impétueux, invoque un bois plus fragile que le bois qui le porte

2. Car le désir de gagner a inventé le navire, et l'ouvrier l'a construit par son adresse.

3. Mais, ô Père, c'est votre providence qui gouverne ; car c'est vous qui avez ouvert un chemin à travers la mer, et une route très sûre au milieu des flots,

4. pour montrer que vous pouvez sauver de tous les périls celui-là même qui s'engagerait sur la mer sans le secours rf'aucun art.

5. Mais afin que les œuvres de votre sagesse ne fussent point inutiles, les

1. Iterura alius navigare cogitans, et per super feros fl 'ictus iter facere incipiens, ligno portante se fragilius lignum invocat.

2. Illud enim cupiditas acquirendi excogitavit, et artifex sapientia fabrieavit sua.

3. Tua autera, Pater, providentia gubernat ; quoniam dedisti et in mari viara, et in ter fluctus semitam firmissimam,

4. ostendens quoniam potens es ex omnibus salvare, etiam si sine arte aliquis adeat mare.

6. Sed ut non essent vacua sapientiœ tu8B opéra, propter hoc etiam et exiguo

avait été ainsi préparée. Ce morceau de bois est maintenant un dieu I — De svbslanfia... Triple objet des prières qu'on lui adresse. Dans le grec, les mots de nvptiis sont placés avant de flliis Buis. — Non eriibeycit... Folle d'un pareil culte, admirablement décrite au moyen d'antiihèses saisissantes jusqu'à la tin du chapitre. — Inutilem (vers. 18) : àTteip^Tatov, l'être le plus Inexpérimenté, le plus incapable de porter secours. — De acquirendo..., operando... (vers. 19). Dans le grec : Et pour le gain, et le travail, et le succès des (œuvres des) mains.

Chap. XIV. — 1-6. Autre exemple pourmontrer la folie de ceux qui adorent les idoles; il est emprunté à la navigation (alius navigare...). La narration est très poétique. — Incipiens. Mieux : sur le point de... ([xé'aXwv). — Ligno : le bois du vaisseau. Le grec ordinaire a ttXoiou, navire. — Lignum : la statue de bois qui était habituellement placée à la proue ou à la poupe des anciens vaisseaux. Voyez Act. xxviii, 11, et l'Atl. archéol., pi. lxxiv, Bg. 7, 12. — llbid enim (le navire) cupiditas... C'est surtout l'amour du sain qui a donné naissance à la navigation ; du moins la construction d'un vaisseau est une œuvre .l€ 8ee««6e itavienUa /abricavlt,,,) ; rien de sem-.

blable dans celle d'une Idole. — Tua autevi , Pater... Les vers. 3 - fi sont une sorte de digression sur la providence de Dieu, sjjécialt'ment en tant qu'elle se manifeste à l'égard des marins ; mais ils contribuent aussi à prouver l'inanité des Idoles. — Et in mari viam : même sur la mer, cet élément si mobile, si dangereux I 11 semble que l'auteur a en vue le passnge miraculeux de la mer Rouge. Cf. Ex. xiv, 22 ; Ps. lxxv, 20. — Ostendens quoniam... (vers. 3). Par cet éclatant prodige, le Seigneur avait montré que les flots lui sont entièrement soumis, et qu'il lui est aisé de diriger le cours d'un vaisseau qui vogue sur l'océan. — Etiam si sine arte : sans la moindre connaissance de l'art nautique; comme il arriva à Noé, dont parlera le vers. 6. — Ut non essent vacua... (vers. 6). L'utilité surnaturelle de la navigation : elle sert k mieux faire connaître les œuvres divines, c.-à-d. les produits variés de chaque contrée, et à les répandre partout au moyen du commerce. — Exiguo ligno credunt... Fait souvent signalé. Corap. Horace, Od., I, ii, 9, et la prière des marins bretons : « Sauvez-nous, Ô Dieul Votre océan est si grand, et nos bateaux sont si petits! » Anacharsis disait que, sur un vaisseau, l'on n'Mt séparé de la mort qni par

Sap. XIV, 6-14.

ligno credunt hominee animas suas, et traiisciiutes mare per ratem liberati 8uni.

6. Sed et ab initio cnra périrent superbi gigantes, spes oibis terrarum ad ratem cuntngieiis, lemisit sjeculo seraen nativitatis quje maiiu tua eiat gubeinata.

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