CHAPITRE IX
1. Qui donnera de l'eau à ma tête, et à mes yeux une fontaine de larmes, pour que je pleure jour et nuit les morts de la fille de mon peuple?
2. Qui me donnera dans le désert un abri de voyageurs,et j'abandonnerai mon peuple, et je me retirerai du milieu d'eux ? Car ils sont tous adultères ; c'est une troupe de prévaricateurs.
3. Ils se servent de leur langue comme d'un arc, pour lancer le mensonge et non la vérité. Ils se sont fortifiés sur la
1. Quis cfabit capitf meo aquam, et oculis meis foutem lacrymarum , et plorabo die ac nocte iuterfectos filite populi mei?
2. Quis dabit me in solitudine diversorium viatorum, et derelinquam populum meum et recedam ab eis? quia omnes adulteri sunt, cœtus prsevaricatorum,
3. Et extenderunt linguam siiara quasi arcum mendacii, et non veritatis. Confortati sunt in terra , quia de malo ad
(de lerra longinqua), et 11 entend leurs plaintes désespérées : Numquid non... in Sionf — Quare ergo me... Réponse du Seigneur à ces cris de désolation : H a châtié, mais on l'y avait contraint.— Tianaiit messis... Encore la plainte du peuple. Cette locution est proverbiale, pour dire que les Juifs n'ont désormais aucune chance de salut, pas plus que les agriculteurs n'en possèdent de faire une riche récolte, lorsque le temps de la moisson est passé. — Saper contritione... (vers. 21). .Jerémlc reprend à son tour sa lamentation. — Contristatus. D'après l'hébreu : Je suis noir; c.-à-d vêtu de deuil. — Numquid rcsina non... (vers. 22). Le ^ori était une gomme aromatique, exsudée probablement par le Balauite d'Egypte ou Fau.x • bauraier de Galaad, plante de la famille des Olacinéos (Atl. d'hist. nut., pi. xix, flg. 4 ; pi. XX, flg. 1 ). Cf. Gen. xxxvir, 25. Galaad était un district montagneux situé à l'est dn Jourdain (Atkts géogr., pi. vu). Lo sens de la question est celui-ci : Tout espoir de salut est-Il periiu pour Juda? — Quare... non... oî)ducta...f Hébr.: Pourquoi n'y a-t-il pas de guérisoi» pour la flUe de mou peuple?
Comment. — V.
4» Continuant sa lamentation, le prophète décrit quelques-uns des crimes de son peuple. IX, 1-9.
Chap. IX. — 1-C. Plaintes sur la malice des Juifs, spécialement sur la méchanceté de leurs langues. — Quis dabit... aquam? Jérémie voudrait se fondre entièrement en larmes, tant les malheurs de sa nation sont affreux. — Quis... diversoriu7n...? Hébr.: Qui me donnera dans le désert un abri de voyageurs? « Le lieu le plus désolé, pourvu qu'il lui fournisse un abri suffisant, est l'objet des ardents désirs du prophète,)» car ce serait pour lui une consolation de pouvoir échapper ainsi au douloureux spectacle qu'il a constamment sous les yeux à Jérusalem. Ce passage fait allusion aux khans ou caravansérails, construits çà et là en Orient le long des routes pour servir de refuges aux voyageurs. Cf. Gen. XLll, 27; Ex. IV, 24, etc.; VAtl. arcli., pi. ucxvi, ûg. 2. — Omnes adulteri.... Une grande dépravation morale régnait alors dans Juda, con-^équence naturelle de l'idolâtrie. — Extenderunt... quasi arcum... (vers. 3). Métaphore qui exprime trte bien les maux causés par les méchanle.'S
Jkr. TX, 4-11.
mahim egressi sunt, et me non cognoveruiit, dicit Dominus.
4. Unusqnisque se a proximo suo custodiat, et in omni fratre suo non habeat Sdiiciara, quia omnis frater supplantans suiiplantabit, et omnis amicus fraudukiiier incedet.
5. Et vir fiatrera suum deridebit, et veritatem non loquentur; docuerunt eiiiin linguam suam loqui mendacium ; ut inique agerent laboraverunt.
6. Habitatio tua in medio doli. In dolo renuerunt scire me, dicit Dominus.
7. Propterea haec dicit Dominus exercitiium : Ecce ego conflabo, et probabo eoB ; qnid enim aliud faciam a facie fiiiae populi mei?
8. Sagitta vulnerans lingua eonira, dolum locuta est. In ore suo" pacem cuni amico suo loquitur, et occulte ponit ei insidias.
9. Numquid super his non visitabo, dicit Dominus, aut in gente hujusmodi non ulciscetur anima mea?
10. Super montes assumam fletum ac lamentum, et super speciosa deserti plancuim, quoniam incensa sunt, eo quod non sit vir pertransiens, et non audierunt vocem possidentis; a volucre cseli usque ad pecora transmigraverunt et recesserunt.