‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 824 sur 938 · TT · texte numérisé non relu

TT

2. Le Seigneur a renversé, sans rien é})argner, tout ce qu'il y avait de beau dans Jacob ; il a détruit dans sa fureur les forteresses de la vierge de Juda, et il les a jetées à terre; il a profané son royaume et ses princes.

GHIMEL

3. Il a brisé dans le transport de sa fureur toute la force d'Israël; il a retiré sa main droite de devant l'ennemi, et il a allumé dans Jacob comme un feu dont la flamme dévore tout autour.

DALETII

4. Il a tendu son arc comme un ennemi, il a affermi sa main droite comme un assaillant, et il a tué tout ce qu'il y avait de beau à voir dans la tente de la fille de Sion ; il a répandu son indignation comme un feu.

HÉ

6. Le Seigneur est devenu comme un ennemi ; il a renversé Israël , il a renversé tous ses remparts, il a détruit ses forteresses, et il a rempli la fille de Juda d'hommes et de femmes humiliés.

BETH

2. Praecipitavit Dominus, nec pepercit , omnia speciosa Jacob ; destruxit in furore suo munitiones virginis Juda, et dejecit in terrara ; poUuit regnum et principes ejus.

GHIMEL

3. Confregit in ira furoris sui omne cornu Israël; avertit retrorsum dexteram suam a facie inirnici . et succendit in Jacob quasi ignem flammse devorantis in gyro.

DALETU

4. Tetendit arcum suum quasi inimicus, firmavit dexteram suam quasi hostis, et occidit omne quod pulchrum erat visu in tabernaculo filise Sion; effudit quasi ignem iadignationem suam.

5. Factus est Dominus velut iniraicus ; praecipitavit Israël, praecipitavit omnia mœnia ejus, dissipavit munitiones ejus, et replevit in fiha Juda humiliatum et humiliatam.

eus simultanément en vue dans ce passage. — trsecipitavit... (vers. 2). A la lettre dans l'hébreu : Le Seigneur a dévoré, c.-à-d. entièrement détruit. De même au vers. 5. — Speciosa Ùacoi. L'hébreu signifie plutôt : les pâturages de Jacob; par opposition à munitiones, les fortensses. — Polluit regnum (LXX : son roi ; syr. : ses rois). Sur cette locution énergique, comp. le Ps. Lxxxviii, 40. En les renversant. Dieu a enlevé au royaume et aux princes le caractère sacré que leur avait conféré l'alliance théocratique , et 11 les a rendus, pour ainsi dire, profanes. — Confregit... cornu (vers. 3). Hébr. : Il a coupé... La corne est un symbole de force. Cf. I Reg. ii , 1 ; Ps. xci, 11, etc. — Avertit retrorsum... La main divine protégeait Israël ; elle se retira au moment critique où il était attaqué par les Chaldéens (o fade...), et le laissa sans défense. — Siiccendil... ignem. Rôle direct et positif du Seigneur dans la destruction du royaume de Juda. — Tetendit arcum... (vers. 4) : à la façon d'un habile archer, qui atteint toujours le but. — Firmavit dexteram... Hébr. : Sa main s'est dressée ( pour frapper ), Cf. Jer. xxi , 6, — Omne quod pulchrum... Tout ce qui délecte les yeux, que ce soient des êtres animés (les femmes, les Jeunes gens, les enfants) ou des objets Inanimés : car le verbe occidit est pris ici dans un sens large. — Replevit... humiliatum... (vers. 6). C- à - d. que Sion a été remplie de gens profondément humiliés. Variante dans l'hébreu : Et il a multiplié dans Sion les plaintes et les gémis- ■ements (ta'aniyyah va'aniyyah, paronomase expressive; cf. Is. xxxv, 10, dans l'hébreu). — Dissipavit... (vem. 6). Dieu n'a pas même épar-

COMMENT. ■ — \'

gné son sanctuaire, le temple, qui est désigné

Boi cbaldéen lançant de3 flèches. (Musée britannique.}

ici par le nom fl^ré de tentorium, en souvenir

Thren. n, 6-10.

VAD

6. Et dissipavit quasi hortum tentorium suum, demolitus est tabernaculum Buum. Oblivioiii tradidit Dorninus in Sion festivitatem et sabbatum ; et in opprobrium, et in indignationern furoris Bui, regem et sacerdotem.

ZAIN

7. Repulit Dominus altare suum, maledixit sanctificationi suse ; tradidit in manu inimici muros turrium ejus ; vocem dederunt in domo Domini sicut in die fiolemni.

HETH

8. Cogitavit Dominus dissipare raurum filise Sion; tetendit funiculum suum, et non avertit manum suam a perditione; luxitque antemurale, et murus pari ter dissipatus est.

TETH

9. Defixae sunt in terra portse ejus, perdidit et contrivit vectes ejus ; regem ejus et principes ejus in gentibus; non est lex, et prophetse ejus non invenerunt visionem a Domino.

JOD

10. Sederunt in terra , conticuerunt eenes filise Sion ; consperserunt cinere capita sua, accincti sunt ciliciis ; abjecerunt in terram capita sua virgines Jérusalem.

VAU

6. Il a dévasté sa tente comme ui jardin, il a détruit son tabernacle. L< Seigneur a livré à l'oubli dans Sion les fêtes et le sabbat ; il a livré à l'opprobri et à l'indignation de sa fureur le roi e le prêtre.

ZAÏN

7. Le Seigneur a rejeté son autel, i a maudit son sanctuaire; il a livré aux mains de l'ennemi les murs de ses tours; ils ont poussé des cris dans la maison du Seigneur, comme dans une fête solennelle.

HETH

8. Le Seigneur a résolu de détruire la muraille de la fille de Sion ; il a tendu son cordeau, et il n'a pas retiré sa main que tout ne fût ruiné ; l'avant-mur a été en deuil, et le mur aussi a été détruit.

TETH

9. Ses portes sont enfoncées en terre^ il en a ruiné et brisé les ban'es ; son n et ses princes sont parmi les nations ; n'y a plus de loi , et ses prophètes n'onÉ* reçu aucune vision du Seigneur.

lOD

10. Les vieillards de la fille de Sion se sont assis à ten-e, et ont gardé le silence; ils ont couvert leur tête de cendre,^ ils se sont revêtus de cilices ; les viergi de Jérusalem tiennent leur tête pench vers la terre.

de l'ancien tabernacle. — Quasi hortum : comme nn jardin qui a cessé de plaire à son propriétaire, et que celui-ci bouleverse de fond en comble. — Tabernaculum suum,. Hébr. : ses fêtes. Les solennités religieuses et le sabbat luimême ont disparu avec le temple. — Et in opprohrium... Hébr. : Et il a rejeté, dans l'Indignité de sa colère, le roi et le prêtre. Les personnages les plus sacrés de la théocratie n'ont pas été à l'abri des divines vengeances; l'Institution entière a donc sombré. — Repulit... altare (vers. 7). Hébr. : Il a dédaigné son autel. Continuation de la même pensée : les objets qui étalent auparavant les plus chers à Jéhovah lui sont devenus oillenx, et il les a détruits sans pitié. — Maledlxii sanctificationi... Hébr. : Il a abhorré son sanctuaire. — Muros turrium... Hébr.: les murs de ses palais. Il est probable que ce mot désigne les édifices secondaires du temple, construits tout autour de lui. Cf. III Reg. vi, 5 et Bs. ; Jer. xxxv, 4, etc. (.Atl. archéoh, pi. xcix, flg. 1,2). — Vocem dederunt... Les cris sauvages de l'ennemi ont retenti dans le Heu saint, à la place des hourras Joyeux des Juifs en l'honneur de Jéhovah isicut in die. .). Cf. II Par. v, 13; yn, 3, etc. — Cogitavit... dissipare... (vers. 8). Destrac- Uon de toute la ville. Après avoir conçu gon

projet terrible. Dieu l'exécute avec soin : tête dit funiculum... ; mais tandis qu'on se sert hab tuellement du cordeau pour bâtir, Dieu l'emplo pour démolir et pour niveler les ruines. Cf. XXXIV, 11; Am. vh, 7. — AntemuraU et mH rns. Souvent les places fortes étaient entouré d'une double muraille. "Voyez l'Atl. archéc^ pi. xcii, flg. 1, 8.

9- 12. Les tristes eflets de ce Jugement. Defixse... Les portes sont enfoncées en terre , | à demi ensevelies sous des monceaux de combres. — Vectes ejus : les énormes barres qfl consolidaient et fermaient les poites des villes anciennes. — Regem... in gentibv^s. Le roi et leB princes ont été déportés sur la terre étrangère. Cf. Jer. LU, 11 et ps. — Non est lex. La loi même avait cessé d'exister sur plusieurs points de la plus haute importance; par exemple, pour ce qui concernait les sacrifices. — Prophetse... non invenerunt... Cf. Ps. lxxiii, 9. Autre trait non moins significatif, et non moins douloureux pour un peuple dont les prophètes avaient été constamment la gloire et la lumière. — Sederunt... senes (vers. 10). Les anciens, qui jouaient un rôle considérable dans l'administration du peuple juif, sont humiliés comme Sion elle-même (Cf. I, 1), et ils se taisent, ne trouvant aiicuu

TUREN. IT, 11-15.

CAI'll

11. Mes yeux se sont consumés dans les larmes, mes entrailles se sont émues ; mon foie s'est répandu sur la terre, h cause de la ruine de la fille de mon peuple, lorsque le petit enfant et le nourrisson tombaient en défaillance dans les places de la ville.

LAMED

12. Ils disaient à leurs mères : Où est le blé et le vin? lorsqu'ils tombaient comme des blessés dans les places de la ville, et qu'ils rendaient leurs âmes sur le sein de leur mère.

MEM

13. A qui te comparerai -je, et à qui t'assimilerai - je , fille de Jérusalem? A qui t'égalerai -je, et comment te consolerai-je, vierge fille de Sion? Ta ruine est grande comme la mer ; qui pourra te guérir?

14. Tes prophètes ont vu pour toi des visions fausses et insensées; ils ne te découvraient pas ton iniquité pour t'exciter à la pénitence, mais ils ont vu pour toi des rêveries mensongères et des fuites.

SAMECH

15. Tous ceux qui passaient par le chemin ont battu des mains sur toi ; ils ont sifflé et branlé la tête sur la fille de Jérusalem : Est-ce là, disaient-ils, cette

11. Defecerunt prse lacrymis oculi mei, conturbata sunt viscera mea; eiîusum est in terra jecui meum super contritione filiœ populi mei , cum deficeret parvulus et lactens in plateis oppidi.

LAMED

12. Matribus suis dixerunt : Ubi est triticum et vinum? cum deficerent quasi vulnerati in plateis civitatis, cum exhalarent animas suas in sinu matrum eua-

13. Oui comparabo te, vel cui assimilabo te, filia Jérusalem? Cui exsequabo te, et consolabor te, virgo, filia Sion? Magna est enim velut mare contritio tua ; quis medebitur tui?

NUN

14. Prophetse tui viderunt tibi falsa et stulta; nec aperiebant iniquitatem tuam, ut te ad pœnitentiam provocarent ; viderunt autem tibi assumptiones falsas, et ejectiones.

SAMECH

15. Plauserunt super te manibus omnes transeuntes per viam; sibilaverunt, et moverunt caput suum super filiam Jérusalem : Hseccine est urbs , dicentes.

conseil à donner pour diminuer une misère si grande. — Covsperserunt cinere... Signe de profonde douleur. Cf. II Reg. xiii, 19; Neh. ix, 1, etc. {AU. archéol., pi. xxvi, flg. 8 ; pi. xxvni, flg. 7). — Ciliciia : le vêtement grossier du deuil. Cf. Gen. XXXVII, 34; Joël, 11, 8, 13, etc. — Abjecerunt... capita... virgines : au lieu de la relever fièrement, noblement, gracieusement, comme le font en général les Orientales. — Defecerunt... oculi... (vers. 11). Le poète ne peut contenir lu Tlve émotion que lui inspire la destinée si poignante de son peuple. Ses yeux se consument en pleurs, ses entrailles « bouillonnent » (voyez i, 20, et la note). — Effusum... kcur... Le foie aussi était regardé comme l'organe des émotions de l'âme. — Cum, deficeret parvulus... On dut avoir souvent sous les yeux cet affreux spectacle dans les rues de Jérusalem, vers la fin du siège, lorsque la famine opérait ses cruels ravages. — MatribuB... dixerunt... L'un des traits les plus pathétiques des Thrènes. Les mots triticum et vinum désignent d'une manière générale toute sorte d'aliments.

2° Le poète s'adresse à la malheureuse otté, essayant de la consoler. II, 13-19.

13-19. Il se .demande d'abord quelle parole de consolation pourra bien être à la hauteur d'une

pareille calamité : Cui comparabo..J II ne trouve rien de comparable dans toute l'histoire du passé.

— Magna... velut mare. Magnifique comparaison pour figurer une douleur immense, sans remède du côté de la terre (quia m.edebitur...T).

— Prophétie tui... (vers. 14) : les faux prophètes, contre lesquels Jérémie n'avait pas cessé un seul Instant de lutter avant la catastrophe. Cf. Jer. Il, 8; V, 31; vi, 13; viil, 10; xiv, 14; xxill, 16, etc. — Nec aperiebant... C.-à-d., ils n'ont pas révélé ton iniquité, comme dit l'hébreu. Ils poussaient, au contraire, les Juifs à pécher. Cf. Jer. XXIII, 14, 17-18. — Ut te ad pœnitentiam... Hébr. : pour détourner de toi la captivité. S'ils avaient élevé la voix contre les crimes de Juda, peut-êti'e se serait -on converti, et Dieu aurait écarté les fléaux. — Assumptiones... et ejectiones. D'après l'hébreu : des oracles de mensonge et des bannissements; c.-à-d. de fausses prédictions, qui devaient avoir pour conséquence l'exil de la nation. Cf. Jer. xxiii, 30-33; xxvu, 10, 16.— Plauserunt... manibus. Les ennemis de Sion ajoutent à sa douleur par cette cruelle manifestation de leur joie. Cf. Jer. xxv, 9, 18; xxix, 18, etc. — Sibilaverunt, moverunt... Marques d'un profond dédain. Cf. Ps. xxi, 8; Jer. l, 13, etc.

— Eœccine... Leur langage n'est pas moins raor-

Thben. II, 16-20.

peilecti decorîs, gaudiuni uni vers» tenaî?

16. Aperuerunt super te os euum omnes inimici tui; sibilaverunt , et fremuerunt dentibus, et dixerunt : Devorabimus; en ista est dies quam expectabamus; invenimus, vidimus.

AIN

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