Reliquerunt autem falsa et opprobrium postea futuris
48. Kam cum supervenerit illis praelium et mala, cogitant sacerdotes apud se ubi se abscondant cum illis.
49. Quomodo ergo sentiri debeant quoniam dii sunt-, qui nec de bello se libérant, neque de malis se eripiunt?
50. Nam cum siiit lignea, inaurata et inargentata, scietur postea quia falsa sunt ab universis gentibus et regibus ; quae manifesta sunt quia non sunt dii, sed opéra manuum hominum, et nullum Dei opus cum illis.
42. Des femmes entourées de cordea sont assises dans les rues, bridant des noyaux d'olives ;
43. et lorsque l'une d'elles, emmenée par quelque passant, a dormi avec lui, elle reproche à sa voisine de n'avoir pas été jugée, comme elle, digne d'honneur, et de n'avoir pas vu rompre sa corde.
44. Tout ce qu'on fait à ces dieux est fausseté; comment donc peut-on penser ou dire que ce sont des dieux?
45. Ils ont été faits par des ouvriers et par des orfèvres ; ils ne sont que ce que les prêtres veulent qu'ils soient.
46. Les ouvriers qui les font ne vivent eux-mêmes que peu de temps; comment donc les objets qu'ils ont fabriqués peuvent-ils être des dieux?
47. Ils ne laissent à ceux qui viendront après eux que la fausseté et l'opprobre.
48. Car lorsqu'il survient une guerre ou quelque malheur, les prêtres pensent en eux-mêmes en quel endroit ils iront se caclier avec leurs dieux.
49. Comment donc peut -on penser qu'ils sont des dieux, ceux qui ne peuvent se sauver de la guerre, ai se délivrer des malheurs ?
50. Car, puisqu'ils ne sont que du bois, recouvert d'or et d'argent, toutes les nations et tous les rois reconnaîtront un jour leur fausseté ; on verra clairement que ce ne sont pas des dieux, mais l'œuvre de la main des hommes, et qu'ils sont incapables de tout acte divin.
des Babyloniens », d'après laquelle les femmes devaient se prostituer au moins une fois dans leur vie, en l'honneur d'une déesse ignoble. Cf. Strabon, xvi, 1. — Circumdatœ /«riibus. « Elles sont séparées les unes des autres par des cordes, qui forment des espèces de mes... où elles se tiennent, et où les étrangers entrent pour les choisir.^ ( Hérodote, l. c. ). — Ossa olivarum. C.-à-d , des noyaux d'olives, que les femmes, en attendant qu'on les choisît, brûlaient sur des réchauds rn l'honneur de la déesse. Le traducteur latin t dû lire TttxupiÔE;, olives broyées; mais la iraie leçon du grec est TtÎTupa , du son. L'action de brûler du son était sans doute regardée comme un charme capable d'exciter la passion des hommes. — Proximae... exprobrat... (vers. 43.) « Celles d'entre elles qui sont sans beauté attendent longtemps, ne pouvant accomplir la loi, i> dit encore Hérodote. — Omnia... quse UUi>... (vers. 44). D'après le grec : Tout ce qui se fait à leur sujet ( Iv aÙTOïc, au sujet des dieux). — Uuomodo asstimanflu'n . , . Après de telles hontes, le refrain retemit avec plus de force 411e jamais.
4.5-61. Les Idoles sont fabriquées de main d'homme, et leurs adorateurs savent très bien qu'ils n'ont rien à attendre d'elles. — A /abris. Les Idoles de bois étaient fabriquées par des charpentiers. Cf. Is. XL, 20, et XLiv, 12-20 ; Jer. x, 3, etc. — Nihil aliud... erunt... Les vers si mordants d'Horace, Sat., i, 8, sont bien connus :
Oliin truncus eram flculneus, inutile lignum, Cum faber, incertus scamnnm faceretne Priapiira, Maluit esBe deniu. Deus inde ego...
Au lieu de «acerdotes, le grec dit: les ouvriers. — Artifices etiam... (vers. 46). Les fabricants d'idoles ne sont que de faibles mortels, qui n'ont que quelques années de vie ; comment leurs œuvres pourraient-elles être des dieux? Cf. Sap. XV, 16-17. Elles ne sont en réalité que mensonge et ignominie : reliquerunt... /alsa... (vers. 47). — Nam cum supervenerit... (vers. 48 et ss.). Pe quelle manière leur néant sera démontré, à la grande confusion de ceux qui auront mis en elKs leur confiance. — Cogitant... ubi se abscondant. Trait des plus sarcastiiiues.^i^wZJ«?n Dei opus... tvuis. 50). Il est tout à fait Impossible ù ces dieux
Bar. VI, 51-58.
61. On suit dune par là qiK! ce ne Mjut pas des dieux, mais l'œuvre de lu main des hommes , et qu'ils sont incapables de tout acte divin.
52. Ils n'établissent pas un roi sur une contrée, et ils ne donnent pas la pluie aux hommes.
53. Ils ne discerneront pas ce qui est juste, et ils ne délivreront pas les contrées de la violence, car ils ne peuvent rien, et sont comme des corneilles qui volent entre le ciel et la terre.
54. Quand le feu aura pris à la maison de ces dieux de bois, d'argent et d'or, leurs prêtres s'enfuiront et seront sauvés ; mais eux ils seront consumés au milieu des flammes comme des poutres.
55. Ils ne résisteront point à un roi pendant la guerre. Comment donc peut-on penser ou admettre que ce soit des dieux ?
56. Ces dieux de bois, de pierre, d'or et d'argent ne se délivreront pas des larrons et des voleurs ; ceux qui sont plus forts qu'eux
57. leur voleront l'or, l'argent et les vêtements dont ils sont couverts, et ils s'en iront, et ces dieux ne pourront pas se porter secours.
58. Il vaut donc mieux être un roi qui manifeste sa force, ou un vase utile à une maison, et honorant celui qui le possède, ou la porte d'une maison qui garde tout ce qui y est, que l'un de ces faux dieux.
51. Unde ergo notuni est quia non euiit dii, sed opéra manuum hominura, et nullum Dei opus in ipsis est.
52. Kegera regioni non suscitant , noque pluviam hominibus dahunt.
53. Judicium quoque non discernent, neque regiones îiberabuni ab injuria, quia nihil possunt, sicut corniculse inter médium cœli et terrse.
54. Etenim cum inciderit ignis in domura deorum ligneorum, argenleorum etaureorum, sacerdotes quidem ipsorum fugient, et liberabuntur ; ipsi vero, sicut trabes in medio comburentur.
55. Régi autem et bello non résistent, quo nodo ergo œstimandum est aut recipiendum quia dii eunt?
56. Non a furibus, jieque a latronibus se liberabunt dii lignei , et lapidei , et inanrati, et inargentati ; quibus hi, qui fortiores sunt,
57. aurum et argentum et vestiraentum quo operti sunt, auferent illis, et abibunt, nec sibi auxilium ferent.
58. Itaque melius est esse regem ostentantem virtutem suara, aut vas in dom'ft utile, in quo gloriabitur qui possidet illud, vel ostium in domo, quod custodit quae in ipsa sunt, quam falsi dii.
Inertes d'accomplir une œuvre divine. Cette pensée est si frappante, que Jérémie la répète au vers. 51 (du moins, d'après la version latine), en l'unissant au refrain. — Unde ergo notum... Variantp e.\pressive dans le grec : Qui donc doit apprendre qu'ils ne sont pas des dieux? Ce fait est tellement évident, que personne ne peut l'ignorer.
52-55. La totale impuissance des idoles est encore démontrée par divers exemples. — Regem reyicmi... Comp. le vers. 33. Le vrai Dieu a seul assez de pouvoir pour établir ou renverser les rois. — Neque pluviam... Ce fait aussi est réservé à Jéhovah. Cf. Deut. xi. 14; Ps. cxlvi, 8; Act. XIV, 17, etc. — Judicium guot/Me... (vers. 53). Les faux dieux ne sauraient rendre la Justice; c'est là pourtant un des premiers attributs de la divinité. — Liberalnint ab injuria...: comme de la peste, de la famine, de la guerre. Le grec est un peu obscur en cet endroit. Peut-être siguiflet- 11 : Ils ne peuvent se garantir d'un outrage. Comp. les vers. 14, 17, 26, etc. — Sicut cornitulx... : « aussi pou instruits de ce qui se passe paruii les hommes, et ause'. incapabiis d'y appor-
ter des changements en bien ou en mal, que les corneilles qui volent dans, l'air. » (Calmet, h. l.) Sur cet oiseau, voyez VAtl. d'hist. nat., pi. lxxxix, flg. 1. — Cum... ignis... ( vers. 54 ). Détail des plus sarcastlques. Notez surtout le trait : sacerdotes... liberabuntur. — Régi... et bello. Comparez, dans Isaïe, xxxvi, 18-20, et xxxvu, 12-13, le langage si dédaigneux des Assyriens envers lea dieux étrangers dont ils avaient vaincu lea peiiples.
56-64. Les hommes sont beaucoup plus forts que les Idoles, et celles-ci sont bien au-dessous de tout ce que produit l'art humain et de tous les êtres en général. — Cette strophe débute par un trait déjù cité : tion a/uribus... Cf. vws. 14 et l?*». L'épithète lapidei manque dans le grec. — Itaqite melius... esse regem... (vers. 58). Conclusion très légitime. — Aut vas... utile. Le comble de l'ironie. Rien de plus vrai cependant, puisqu'une Idole est absolument inutile. — Tn quo gloriabitur... D'après le grec : (Un vase) dont se sert celui qui le possède. — Sol quidem... Vers. 59-62 : toutes les créatures, même les pli's considérables et los plus Indépendantes en appu-
Bar. VI, 59-70.
59. Sol qiiidem et luna ac sidéra, ciini sint spleiidida et einibsa ad utiliLates, obaudiunt ;
60. similiter et fiilgur cr.m apparue- TJt, perspicuum est; idipsura autem et spiritus in onini regione spirat;
61. et nube.s, quibus cum imperatum fuerit a Deo j^erambulare universum orbem , perficiurit quod imperatum est eis;
62. ignis etiam missus desuper, utcon- Bumat montes et silvas, facit quod prseceptum est ei; hîec autein neqne speciebu8, neque virtutibus, uni eorutn similia Sun t.
63. Unde neque existimandum est, neque dicendum illos esse deos, quando non possunt neque judicium judic^re, neque quidquam facere hominibus.
64. Scientes itaque quia non sunt dii, ne ergo timueritis eos.