Nunc igitur proficiscar in Jérusalem ministrare sanctis
— Sic autem... Les vers. 20 et 21 contiennent une restriction délicate, et indiquent eu même temps une règle de conduite que saint Paul s'était imposée pour l'exercice de son apostolat. Dans le cercle géographique qu'il vient de déterminer, il y avait des réglons où il n'avait pas prêché ; c'étaient celles qui avalent été déjà évangélisées par d'axitres missionnaires du Christ.
— Sic... prsedicavi... Dans le grec : Je mets mon honneur à évangélisor. . . — Ubi nominatus. . . C.-à-d., où le nom du Christ est prononcé avec des sentiments de foi et d'adoration (cf. II Tim. ii, 19); par conséquent, là où le christianisme a été déjà établi. — Ne super alienum... Comp. I Cor. m, 10, où saint Paul représente aussi son œuvre d'apôtre sous la figure d'un fondement à poser. Il ne voulait pas s'ingérer sans raison dans la sphère d'autorité des autres pi'édicateurs de l'évangile. Voyez II Cor. x, où il développera ce sage et généreux principe. — Sed sicut... De nouveau (comp. le vers. 3) il achève sa phrase et sa pensée par un texte sacré, qu'il emprunte cette fois à Isaïe, lti, 15, d'après les LXX. Dans ce passage, il est dit que les rois païens viendront offrir leurs hommages au sei'viteur de Jéhovah, au Messie (de eo), qu'ils avaient ignoré jusqu'alors.
2° La demande. Sur le point d'entreprendre de grands voyages apostoliques, saint Paul se lecommande aux prières des chrétiens de Rome. XV, 22-33.
22-29. Les plans ultérieurs de Paul. — Propier quod : à cause de ses travaux considérablfs, qu'ont brièvement décrits les vers. 18 et 19. C'est à tort qu'on rattache parfois ces mots aux vers. 20 et 21, comme si l'apôtre voulait dire • Pài'ce que je craignais de bâtir sur les fondements d'autrui en venant chez vous. Cet enchaînement est condamué par le vers. 23. — Plurimum a le sens de « plerumque », la plupart du temps. La Vulgate a suivi la meilleure leçon, xà t^o'ù.t. (au lieu de 7ro),>,aytç, sou-
vent). — Venire ad vos. Dès le début de la lettre, i, 13 et ss., saint Paul a parlé de son désir de visiter la chrétienté de Rome ; il annonce maintenant qu'il espère le réaliser bientôt. La proposition et prohibitus sum... manque dans le gi'ec, dans les autres versions et même en de nombreux manuscrits de la Vulgate. — Nunc... ulterius locum... (vers. 23). L'apôtre jugeait sa tâche suffisamment accomplie dans les réglons situées entre Jérusalem et l'Illyrie, Comp. le vers. 19''. — Cupiditatem. Le mot grec eTUTtoOîav ne se trouve nulle p ,rt ailleurs; il désigne un désir ardent. — Cum in Hispaniam... (vers. 24). Paul tournait donc maintenant ses regards jusque vers l'extrême Occident, où le nom de Jésus- Christ n'avait pas été porté. Sur la réalisation probable de ce projet de voyage en Espagne, voyez rinlrod., p. 6. Le témoignage le plus frappant est celui du pape saint Clément, contemporain de saint Paul , qui , dans sa première épître aux Corinthiens, v, atteste comme un fait connu de tous, qu' « avant de quitter ce monde... Paul alla à l'extrémité de l'Occident ». Voyez aussi le Canon de Muratori ( Man. bibl., t. I, n. 41), qui signale « profectlonem Pauli ab Urbe ad Spaniam proficiscentis ». — Prseteriens. L'apôtre ne voulait donc voir les Romains qu'en passant, sans doute à cause du principe énoncé au vers. 20. Il ne se doutait guère qu'il y demeurerait plus tard deux années entières, à titre de prisonnier. Cf. Act. xxviii, 30. — A vobis deducar. Cette expression indique que saint Paul nourrissait l'espoir d'être accompagné jusqu'en Espagne par quelques chrétiens de Rome. Mais, avant de partir, il se proposait de jouir, autant qu'il le pourrait, de ses chers Romains : si vobis... fruitus fuero. A la lettre dans le texte original : Lorsque j'aurai été rempli (c.-à-d., rassasié) de vous. Mais Paul ajoute : ex parte , sachant bien que sa joie sera incomplète sous ce rapport. Tout cela est encore d'un* exquise délicatesse. — Nunc igitur... ( vers.
KoM. XV, 26-31.
26. Car la Macédoine et r.Achaïe ont trouvé bon de faire une collecte pour les pauvres d'entre les saints qui sont à JéruKalem.
27. Cela leur a plu, et, en effet, elles leur sont redevables. Car si les païens ont participé à leurs biens spirituels, ils doivent aussi leur faire part de leurs biens temporels.
28. Lors donc que j'aurai achevé cette affaire, et que je leur aurai remis ce fruit des collectes, je partirai pour l'Espagne, en passant par chez vous.
29. Or je sais qu'en venant à vous^ je viendrai avec une abondante bénédiction de l'évangile du Christ.