‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 107 sur 873 · Caïus, mon hôte, et toute l'Eglise · texte numérisé non relu

Caïus, mon hôte, et toute l'Eglise

siones et... L'emploi de l'article dans le texte original siippose des faits connus de tous. Ceux qui semaient partout sur leurs pas la division et la ruine morale sont faciles à reconnaître, quoique Paul ne les nomme pas : c'étaient les iudaïsants, alors si actifs en maint endroit. Il ne semble pas qu'ils se fussent montrés à Rome ; mais il était bon de prémunir les Romains contre leurs agissements pervers. — Declinate... C'était le meilleur moyen de s'en garantir, car ils étaient insinuants et perfides. — Hvjuscemodi... (vers. 18). Le pronom est plein de mépris. Saint Paul décrit brièvement, mais énergiquement, la conduite de ces hérétiques. — Christo... non serviunt. Et pourtant, des prédicateurs de l'Évangile n'auraient pas dû penser à autre chose qu'aux intérêts de Jésus -Christ. — Sed suo ventri. Antithèse d'une fo/ce extraordinaire. « Le ministère évangélique était pour ces gens un moyen de gain, et le gain un moyen de satisfaire leurs passions grossières. » Cf. II Cor. xi, 20-21 ; Phil. m, 2, 19, etc. — Per dulces... seducunt... Le trihte résultat et la manière dont il était obtenu. Cf. II Cor. xi , 3 , etc. — Benedictiones. C.-à-d., des éloges, des flatteries. — Innocentium (ocxàxwv) : des hommes sans malice, qui ne soupçonnent pas le mal et se laissent plus facilement séduire. — Vestra enim... (verset 19). Raison pour laquelle l'apôtre donne cet avertissement aux chrétiens de Rome. Ils ont partout la réputation très légitime d'être obéissants et fidèles, et il serait fâcheux qu'ils vinssent à changer. — Sed volo... Remarquez encore la délicatesse avec laquelle l'avis est donné. — Sapientes..., simplices... Dans le grec : Sages à l'égard du bien, simples à l'égard du mal. Comp. Matth. xi, 16, où Jésus recommande aussi à ses disciples de se conduire tout en-

semble avec prudence et simplicité. Ce que Paul demande aux Romains, c'est de se mettre en garde contre la fausse sagesse et de demeurer saints en face du mal ; en un mot, de conserver leur foi intacte. — I>eus autem... ( vers. 20 ). Prière servant de transition, comme celles de

XV, 5-6 et 33. Elle témoigne, par la vigueur de ses termes, de l'émotion que le souvenir des judaïsants excitait dans l'âme de Paul. — Satanam: le prince des démons, dont ces hommes néfastes étalent les suppôts et comme la personnification. Cf. II Cor. XI, 14. — Gratia Domini... Souhait plein de piété, pour conclure cet avertissement. Quelques manuscrits grecs l'ont supprimé à tort.

40 Autres salutations. XYÏ , 21-23.

21-23. Elles sont adressées au nom de quelques-uns des amis ou coUaboi'ateurs de l'apôtre. Le premier, Timothée, nous est bien connu par les livrts des Actes et les autres épîtres pauliniennes. D'après quelques auteurs, Lucius serait identique à Lucius de Cyrène, dont il est parlé Act. xiii , 1. Jason est probablement celui qui donna une hospitalité courageuse à saint Paul durant son séjour à Thessalonlque. Cf. Act. XVII, 5 et ss. Sosipater ne diffère peut-être pas de Sopater de Bérée. Cf. Act. xx , 4. — Saluto vos (vers. 22). On sait par divers passages (cf. I Cor.

XVI, 20; Gai. vi, 11, etc.) que saint Paul dictait habituellement ses lettres. Tertius, qui lui servait de secrétaire dans cette occasion ( qui scripsi...), salue à son tour discrètement l'Église de Rome. Les mots in Domino retombent sur le verbe « saluto » : Je vous salue comme chrétien. — Caiu3 (Gaïus d'après le grec). Le Nouveau Testament cite trois personnages de ce nom qui furent en relations avec saint Paul : un Corinthien baptisé par l'apôtre (Act.xix, 29 et I Cor. i, 14); un habi-

Rom. XVI, 24-26.

vous saluent. Éraste, trésorier de la ville, vous salue, ainsi que notre frère Quartus.

24. Que la grâce de notre Seigneur Jésus -Christ soit avec vous tous. Amen.

25. A celui qui est puissant pour vous affermir dans mon évangile et dans la prédication de Jésus -Christ, conformément à la révélation du mystère caché durant de longs siècles

26. (mais manifesté maintenant par les écrits des prophètes, selon l'ordre du Dieu éternel, pour qu'on obéisse à la foi), et connu de toutes les nations.

et univei'sa ecclesia. Salutat vos Erastus, arcarius civitatis, et Quartus, frater.

24. Gratia Domini nostri Jesu Christi cum omnibus vobis. Amen.

25. Ei autem qui potens est vos confirmare juxta evangelium meum, et prsedicationem Jesu Christi, secundum revelationem mysterii temporibus seternis taciti

26. (quod nunc patefactum est per Scripturas prophetarum, secundum praeceptum seterni Dei, ad obeditionem lidei), in cunctis gentibus cogniti;

tant de Derbé, qui l'accompagna à Jérusalem (Act. XX, 4); un Macédonien qui se trouvait à Éplièse en même temps que lui (Act. xix, 29). 11 est très vraisemblable qu'il est question ici du premier, puisque cette lettre fut écrite à Corinthe. Saint Paul logeait alors chez lui : hospes meus. — Et universa ecclesia. Au génitif dans le grec: Et (l'hôte) de toute l'Église. Ce qui peut signifier que les chrétiens de Corinthe tenaient chez lui leurs réunions religieuses, ou mieux, selon divers commentateurs, qu'il offrait généreusement l'hospitalité à tous les chrétiens étrangers qui séjournaient dans la ville. — Erastus. On ne pense pas qu'il soit identique au personnage (ou aux personnages) du même nom que mentionnent les Actes, XIX, 22 et I Tjm. iv, 20. — Arcarius civitatis. Fonction importante, qui condstait à administrer les finances de la grande et riche cité. — Quartus est on nom latin , comme celui de Tertius (cf. vers. 22).

5° Doxologie finale. XVI, 24-27.

24-27. Cette conclusion de réjître est très solennelle, comme le prologue; un peu obscure çà et là, surtout dans notre traduction latine. Nous y trouvons groupées, d'une manière incidente, les pensées principales de l'épître. — Gratia Domini... Souhait tout semblable à celui du vers. 20''; mais il n'est probablem^snt pas authentique, car les plus anciens manuscrits l'omettent, ainsi que l'Itala, le copte, etc. — Ei autem... (vers. 25). Saint Paul emploie parfois dans ses lettres des formules de louange analogues à celle-ci. Cf. XI, 36 ; Gai. i, 5 ; Eph. m, 21 ; Phil. IV, 20; I Tim. i, 17; Hebr. xm, 20-21.— Potens... conjlrmare. Cf. xiv, 4; Eph. m, 20. L'apôtre a dit, I, 11, qu'il espérait, durant sa visite aux Ptomains, réussir à les fortifier dans la foi ; mais il sait que Dieu seul est capable d'opérer ce résultat. C'est une prière tacite qu'il lui adresse ici. — Juxta evangelium... Ces mots dépendent probablement encore du verbe « confirmare » : V0U3 fortifier dans les vérités contenues dans mon évangile. L'évangile de Paul (sur cette expression, voyez ii, 16 et le commentaire) ne différait pas de celui que prêchaient les autres apôtres ; mais il l'expliquait et le complétait sur certains points. Ses Êraits Q^'arîtéristlques étalent

« la gratuité parfaite et, comme conséquence, l'universalité absolue du salut », ainsi qu'il ressort de toute cette épître. — Et prsedicationem... Le génitif Jesu Christi équivaut f^ans doute à « de Jesu Christo », et marque le thème général de la prédication évangélique. — Secundum revelationem... Règle d'après laquelle Paul annonçait la doctrine chrétienne. Il se conformait toujours à la révélation qu'il avait reçue du plan divin en ce qui concerne le salut de l'humanité. Cf. I Cor. ii, 6-7, 10; Eph. m, 5-6; Tit. I, 2-3, etc. Dans ses desseins éternels. Dieu a décidé de sauver l'humanité de telle ou telle manière. Pendant longtemps (temporibus œternis: d'abord jusqu'à la création du monde, puis jusqu'à ce que le grand secret fût manifesté) son pi'ojet est demeuré caché, n'étant connu que de lai seul {myster~i... taciti). Enfin un jour est venu oh il l'a révélé au monde, tout d'abord aux Juifs par l'intermédiaire de ses prophètes, et ensuite au reste de l'humanité. — L'adverbe nunc, très accentué, contraste avec les longs siècles du silence divin. Aucune parenthèse n'est nécessaire dans le grec; il en faut une dans la Vulgate , parce qu'elle n'a pas rigoureusement suivi la -"onstruction du texte original. — Patefactum est. Cette manifestation complète a eu lieu par l'avènement de Notre -Seigneur Jésus- Christ et par la prédication de l'évangile dans le monde entier. — Per Scripturas... Comp. i, 1-2; HT, 21, etc., où saint Paul a démontré que l'Ancien Testament a rendu témoignage au Messie et à son règne. Dans le grec, ces mots et les suivants dépendent du participe cogniti ( yvcopcoÔévTOç , divulgué, notifié). — Secundum prœceptum... Cette notification a été faite en vertu d'un ordre spécial du Seigneur, au temps voulu par lui. L'allusion ne porte plus sur les prophètes, mais sur les apôtres, qui reçurent d'en haut l'ordre formel d'aller prêcher partout la bonne nouvelle. Cf. i, 1-5; x, 15 et ss.; Matth. XXVIII, 18, etc. — But de la notification du mystère : ad obeditionem fidei. Sur cette expression, voyez i, 5, et les notes. — In cunctis... Toute l'épître a retenti de cette pensée : le salut par la foi est destiné à tous les peuples sans exception. — Soli sapienti... (vers. 27). La plus grande partie de la doxologie a célébré la puis-

Rom. XVI, 27.

27. soli sapienti Deo, per Jesum Christum, cui honor et gloria in saecula sseculorum. Amen.

27. à Dieu, seul sage, honneur et gloire par Jésus -Christ dans les siècles des siècles. Amen.

sance de Dieu, manifestée dans la pn^dication de l'évangile; cette dernière ligne vante sa sagesse, qui s'est révélée d'une manière si admirable dans la conception et dans l'exécution du dessein relatif à notre salut. — Per Jesum Christum. C.-à-d., au Dieu dont la sagesse s'est

manifestée dans la personne et dans l'œuvre de Jésus - Christ. — Le pronom cui se rapporte à Dieu le Père, auquel s'adresse la doxologie dans son ensemble. Saint Paul ne pouvait pas donner à sa lettre une couclusion plus éloquente et plus digne d'un apôtre.

PREMIERE EPITRE

AUX CORINTHIENS

INTRODUCTION

1" L'Église de Corinthe et ses relations avec saint Paul. — L'antique cité de Corinthe était bâtie à l'extrémité méridionale de l'isthme étroit qui relie le Péloponèse à la Grèce proprement dite. Quoique située elle-même au milieu des terres, elle était reliée à deux ports très rapprochés d'elle : celui de Genchrées, à Test"^, sur la mer Egée; celui de Léchœon, à l'ouest, sur la mer Ionienne. Par suite de cette position unique, elle ne tarda pas à devenir le centre de vastes relations commerciales entre l'Orient et l'Occident ; ce qii lui valut de grandes richesses et lui attira une population considérable, mais très mêlée et corrompue à un rare degré.

Détruite par les Romains en 146 av. Jésus -Ghrist, elle fut rétablie en 46 par Jules César, avec le titre de colonie romaine ^, et, grâce à la faveur des empereurs, elle reconquit bientôt son importance et ses richesses. Mais malheureusement elle retrouva aussi ses mœurs dépravées des temps antérieurs, à tel point que vivre d'une manière dissolue se nommait alors dans la Grèce xoptv6tà(^£tv, « faire comme à Corinthe'*. » Elle devint la capitale de la province d'Achaïe, la résidence du proconsul ^ et le siège des jeux isthmiques. Le commerce n'était pas seul à y prospérer; les lettres, les arts et les sciences y étaient assez en honneur pour que Gicéron^ pût lui décerner le glorieux titre de « lumen totius mundi ». Au temps de saint Paul, la population se composait des descendants des (»reriiiers

* Pour les commentaires catholiques, voyez rintrod. gén., p. 12, On peut ajouter à cette liste les ouvrages de A. Maier ( Commentai' tiber den ersien Eorintherbriefe , Frlbourg-en- Brisgau, 1857) et de Cornely (Prior Epistola ad Corinthios, Paris, 1890). Voyez aussi Ign. Rohr, Paulus und die Gemeinde von Korinth auf Grund der beiden Eorintherbriefe, Fribourg-en- Brisgau , 1899.

* Cf. Rom. XVI, 1, Voyez VAtl. géog., pi. xvii. 3 Sous le nom de « Colonia Julia Corinthus ».

Notez le nombre relativement considérable des

noms romains qui sont rattachés à Corinthe dans le Nouveau Testament : Crispus, Titlus, Justus (Act. XVIII, 7-8); Lucius, Tertius, Caïus, Quartus (Rom. XVI, 21-23); Fortunatus, Achaïcus ( I Cor. XVI , 17 ).

^ Cette épître ne le montrera que trop en plusieurs endroits. Les anciens auteurs, surtout Strabon et Pausanias, aident à compléter ce triate tableau.

^ Cf. Act. xvin , 12.

^ Pto leg. Man., 5.

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