‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 117 sur 873 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1. Et ego, cura venissem ad vos, fratres, veni non in sublimitate sermonis, aut sapientiœ, annuntians vobis testimonium Christi.

2. Non euira judicavi me scire aliquid inter vos, nisi Jesum Christum, et hune crucifixum.

3. Et ego in infirmitate, et timoré, et tremore multo fui apud vos ;

4. et sermo meus, et prsedicatio mea, non in persuasibilibus humanse sapien-

1. Pour moi, frères, lorsque je suis venu à vous, je ne suis pas venu vous annoncer le témoignage du Christ avec la sublimité du discours ou de la sagesse,

2. Car je n'ai pas jugé savoir autre chose parmi vous que Jésus -Christ, et Jésus - Christ crucifié.

3. Et c'est dans un état de faiblesse, de crainte et d'un grand tremblement que j'ai été parmi vous ;

4. et mon langage et ma prédication ne consistent pas dans les discours per-

passage. Cf. Col. ii, 3. — Redemptio, àitoXû- Tpwai; : une délivrance opérée moyennant une rançon. — Ut... (vers. 31). A3'ant tout reçu de Dieu, le chrétien, s'il se glorifie, n'a pas le droit de se glorKier en dehors de Dieu. — Scriptum est... Au livre de Jérémie, ix, 23-24. Ce n'est pas une citation proptement dire que fait ici l'apôtre, mais une adaptation très concise des paroles du pro phète. Il en donne d'ailleurs fort bien le sens.

§ II, — Seconde cause de l'esprit de parti : les chrétiens de Corinthe n'ont pas suffisamment compris la sagesse divine. II, 1-16.

1° Ce qu'avait été la prédication de saint Paul à Corinthe. II, 1-5.

L'apôtre a dit plus haut, i, 17*», que le Christ ne l'avait pas envoj'é prêcher l'évangile « in sapientia verbi ». Il montre brièvement qu'il a été Adèle à cette règle; par là même, « il justifie sa méthode d'enseignement, qui n'avait pas satisfait le goût d'une partie des membres de l'Église de Corinthe. »

Chap. II. — 1-2. Il n'a annoncé que Jésus crucifié. — Et ego. Moi aussi, conformément à la nature du message que je vous apportais. — Cum venissem... Lors du premier voyage et du premier séjour de Paul à Corinthe. Cf. Act. xviir, i et s. — Les mots non in sublimitate ( xaô ' Tj7repo;^r,v)... retombent plutôt sur veni que sur annuntians. Saint Paul ne s'était pas présenté aux Corinthiens en affectant une supériorité d'éloquence et de sagesse. — Testimonium Christi. Voyez I, 6 et le commentaire. Le grec dit, avec une légère variante : le témoignage de Dieu (la leçon [j.uaTriptov,aulleude [xapTUptov, est certainement erronée) ; c.-à-d., l'évangile, dont Dieu lui-même attestait la vérité et qu'il avait chargé les apôtres de proclamer. Cf. Hebr. ii , 4 , etc. Annoncer ce divin message à gmnds frais d'élo-

quence ou de philosophie humaine, eût été une sorte d'inconvenance. — En suivant sa méthode, l'apôtre a agi d'après un plan arrêté d'avance : Non... judicavi... (vers. 2). Le grec signifie : Je n'ai pas jugé bon de savoir... Saint Paul excluait donc tout autre thème que celui qui est renfermé dans les mots si expressifs Jesum... et hune... Il ctvait ramené toute si prédication à la vie et à la mort de Notre-Seigneur Jésus- Christ, entendues dans le sens large. En réalité, n'est-ce pas là l'essence de l'évangile ?

3-5. Impressions d'impuissance et de crainte qui avaient accompagné le ministère de saint Paul parmi les Corinthiens. — In infirmitate. Comp. Act. XVIII, 9, où nous apprenons que Jésus avait dû encourager son missionnaire dans une vision. L'insuccès presque complet des travaux de Paul à Athènes, immédiatement avant son arrivée à Corinthe, était sans doute pour quelque chose dans ce sentiment de sa propre faiblesse. C'est bien à tort que quelques auteurs ont pensé que l'apôtre forait ici allusion à un état maladif dans lequel il se serait trouvé. Plusieurs passages de la seconde épître aux Corinthiens (cf. X, 10; XI,. 6; xii, 10) montrent que Paul se sentait comme écrasé sous sa tâche lour.ie et difficile ; de là un sentiment très vif de crainte : in... tiiïtore et.,. Rien de plus touchant que ce tableau modeste. On aime à voir l'apôtre timide par instants, lui qui ne craignait aucun péril extérieur, et que ses nombreuses qualités naturelles et surnaturelles semblaient devoir rendre imperturbable. — De sa personne , il nous ramène à son enseignement, dont il précise de nouveau le mode, en termes soit positifs, soit négatifs : Sermo meus... non..., sed... (vers. 4). En aucune circonstance, comme prédicateur, Paul n'a altéré la vérité évangélique en lui associant des ai'tifices purement humains : non in persuasibilHm8.,m

I Cor. II, 5-8.

snasifs de la sagesse humaine, mais tîans une manifestation d'esprit et de puissance,

5. afin que votre foi ne soit pas établie sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.

6. Cependant nous prêchons la sagesse parmi les parfaits, non la sagesse de ce siècle, ni des princes de ce siècle qui vont être détruits ;

7. mais nous prêchons la sagesse de Dieu, qui est un mystère, cette sagesse cachée que Dieu avait prédestinée avant toua les siècles pour notre gloire ;

Page 1