quam nemo principum hujus saeculi
verMs; c.-à-d., par un système de doctrine habilement présenté , de manière à plaire avant tout à ses auditeurs , à les persuader sans les instruire à fond. — In ostensione... Le substantif Spiritus désigne ici l'Esprit -Saint, dont la toute - puissance se manifestait dans la prédication de saint Paul. — Ut fides... ( vers. 5 ), But que se proposait l'apôtre en négligeant l'art de l'orateur et du rhéteur. Se sentant l'organe de Dieu même , il cherchait à réaliser les intentions de ?on Maître ; c'est pour cela qu'il évitait , dans son enseignement, tout commerce avec la sagesse humaine, laquelle était réprouvée par le Seigneur : non in sapientia... — Sed in virtute... : de sorte que la conviction des croyants demeurât inébranlable.
2° Pour ceux qui sont capables de le comprendre , l'évangile est une sagesse dans le vrai sens de l'expression. 11,6- 16.
6-9. Cette sagesse est cachée au monde, mais elle est révélée aux âmes parfaites. — Sapientiam. Sans article dans le grec : (Il y a) une sagesse cependant ( la particule autem Introduit un contraste), et nous la faisons connaîti*e à ceux qui en sont dignes. — Inter 'perfectos. Ce nom de parfaits n'est pas synonyme de chrétiens dans le sens large. Plus bas, m, 1-2, l'écrivain sacré distingue deux catégories de croyants, les charnels et les spirituels, les enfants qui se nourrissent de lait et les hommes mûrs à qui l'on donne une nourriture solide. Les parfaits sont les chrétiens de la seconde catégorie, c.-à-d., les croyants affermis dans la foi. — Loquimur. Pluriel dit de catégorie, qui représente tous les prédicateurs de l'évangile. La première moitié du vers. 6 contient le résumé de tout cet alinéa ; chacun de ses trois termes sera repris en sous -œuvre et développé. — Sapientiam vero... L'aiîôtre commence par décrire l'excellence toute surnaturelle de la sagesse chrétienne. Il la définit d'abord négativement i non..., neq7ie... (vers. 6^). L'esprit du monde n'est absolument pour rien dans son origine. — Principum hujus sseculi. Saint Paul donne parfois ce nom aux démons (cf. II Cor. iv, 4; Bph n, 2), et Jésus -Christ lui-même les avait ainsi désignés (Joan. xii, 31; xiv, 30). Comment. — • VIII.
Partant de là, plusieurs commentateurs ont pensé, à la suite d'Origène, qu'il s'agirait directement d'eux dans ce passage. Mais le contexte suppose que l'apôtre avait plutôt en vue des princes ou des chefs humains. Il est donc mieux , avec saint Jean Chrysostome et d'autres nombreux interprètes, d'appliquer cette dénomination aux principaux représentants de la sagesse et de la politique humaines, parmi les païens et parmi les Juifs (philosophes, docteurs de la loi, prêtres, gouvernants, etc.). On voit par le vers. 8 que saint Paul, en l'employant, pensait tout spécialement aux Juifs, les vrais auteurs de la mort de Notre -Seigneur. — Qui destruuntur. Ces faux sages sont condamnés d'avance à une ruine certaine, et leur sagesse partagera leur sort. — Sed loqu mur... (vers. 7). La sagesse chrétienne est maintenant définie en termes positifs. Le trait in mysterio ne retombe pas sur le verbe « loquimur », comme si l'apôtre voulait dire qu'il prêchait cette sagesse divine en secret et feulement à un petit nombre de chrétiens, mais sur la locution « Dei sapientiam », qu'ils déterminent ; c'était une sagesse mystérieuoe, impénétrable pour l'intelligence naturelle. — Quse abscondita... Durant de longs siècles elle avait été cachée aux hommes, qui l'auraient ignorée à jamais sans une révélation spéciale. — Quoique révélée naguère pour la première fols, la sagesse qui forme l'essence intime de l'évangile existait de toute éternité dans la pensée divine , et le Seigneur avait réglé d'avance (qvain prsedestinavit) qu'elle servirait à glorifier les chrétiens {in gloriam...). En effet, si notre gloire et notre bonheur futurs doivent consister à contempler Dieu face à face et à posséder pleinement la sagesse, nous pouvons dès ici - bas jouir partiellement de ce bonheur et de c.^tte gloire, grâce à la manifestation progi-essive des divins mystères. Cf. II Cor. m , 18. — Quam nemo... (vers. 8). Preuve que la sagesse évangélique était demeurée cachée à la plupart des hommes. Les princes de ce siècle (voyez le vers, e^"), « les chefs de la pensée humaine, » n'ont pas su la reconnaître lorsqu'elle s'est présentée à eux, incarnée en Jésus - Christ ; mais ils ont manifesté à son égard une igno-
I Cor. II, 9-12.
cognovit : si enim cognovissent , mimquam Dominiim glorise crucifixissent.
9. Sed si eut scriptum est : Quod ociilus non vidit, nec amis aiidivit, nec in cor liominis ascendit, quae prœparavit Deus iis qui diligunt illum ;
10. nobis autem revelavit Deus per Spiritum suum. Spiritus enim omuia scrutatur, etiam prof unda Dei.
ll.Quis enim hominum scit quse sunt hominis, nisi spiritus hominis, qui iu ipso est? Ita et quse Dei sunt, nemo cognovit, nisi Spiritus Dei.
12. Nos autem non spiritum hujus mundi accepimus, sed Spiritum qui ex
connue; car, s'ils l'eussent connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire.
9. Mais, comme il est écrit : Ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a point entendu, et ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment ,
10. c'est à nous que Dieu l'a révélé par son Esprit ; car l'Esprit sonde toutes choses, même les profondeurs de Dieu.
11. Car qui des hommes sait ce qui est dans l'homme, sinon l'esprit de l'homme, qui est en lui? Ainsi, ce qui est en Dieu, personne ne le connaît, si ce n'est l'Esprit de Dieu.
12. Or nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient
rance misérable. — Si enim... Le titre Dominum glorise désigne évidemment Notre-Seigneur, auteur et garant de la gloire qui nous est destinée d'après le vers. ?*>. Ce Seigneur de gloire, non seulement les sages et les grands de ce monde, Caïphe et le sanhédrin juif, Pilate et ses conseillers, ne l'ont pas reconnu, mais ils l'ont condamné au supplice le plus cruel et le plus infamant. — Sed sicut... (vers. 9). Comme en d'autres endroits de ses écrits, saint Paul achève sa phrase par un texte biblique. Le passage par lequel il se propose de confirmer l'assertion qui précède n'apparaît nulle part dans l'Ancien Testament sous la forme qu'il reçoit ici : ce qui a fait supposer à quelques anciens interprètes ( saint Jean Chrysostome , Théodoret , etc.) qu'il avait été emprunté à un livre prophétique actuellement pordu. Cette hypothèse est peu vraisemblable. Comme l'avait remarqué saint Jérôme, on retrouve à peu près ce texte dans Isaïe , LXiv, 4 ; l'apôtre l'aura donc cité librement. Le voici sous sa forme primitive : Jamais on n'a entendu, l'oreille n'a pas ouï, l'œil n'a pas vu , ô Dieu , hors vous seul , ce que vous avez préparé pour ceux qui ont confiance en vous. Saint Paul a ajouté les mots non in cor hoynlnis... (cf. Is. lxv, 17*), et il a écrit iis qui diligiint au lieu de « expectantibus y>. Ce sont les chrétiens qu'il désigne par ce trait, qui exprime la condition morale grâce à laquelle on méritera d'être ainsi béoi de Dieu.
10-13. L'Esprit de Dieu communique la révélation chrétienne aux prédicateurs de l'évangile, pour qu'ils la transmettent à leur tour aux fidèles. — Le pronom nohis ne tv^prébente pas les croyants en général , mais seulement les apôtres et leurs coadjuteurs, ainsi qu'il ressort des vers. 12 et 13. Eux seuls, en effet, sont chargés d'annoncer au monde la sagesse en question. — Per Spiritum. L'addition du pronom aOtoO (suura) est probablement fautive. — S]nritus enim... C'est l'Esprit de Dieu qui révèle aux apôtres les mystères de la sagesse chrétienne, parce qu'il est une intelligence toujours active.
qui pénètre partout et qui sait tout (omriia scrutatur). Cf. Rom. viii, 27. — Le caractère infini de sa science est très bien indiqué par les mots etiam pro/unda Dei, qui désignent la nature la plus intime de Dieu, ses desseins les plus cachés et les plus Insondables. Il est à noter que c'est de lui-même que l'Esprit -Saint possède cette connaissance infinie ; 11 ne la reçoit pas d'un antre , du dehors. Les théologiens ont donc raison d'alléguer ce passage comme une preuve de sa divinité. — Quis enim... (vers. 11 ). Comparaison destinée à mettre dans un plus vif relief la science absolue de l'Esprit -Saint. Les lecteurs sont invités à rentrer en euxmêmes, et à étudier un phénomène qui se passe dans leur propre esprit. Chaque homme est seul à connaître ses propres pensées, ses désirs, ses impressions ; 11 y a au dedans de nous tout un monde, que nos amis les plus intimes euxmêmes n'arrivent à connaître que si nous le leur manifestons. — Av>plication de la comparaison : Ita et quœ... L'argumentation a Heu « a mlnori ad majus ». — Nos autem... (vers. 12). Avecemphase, comme au vers. 10 (cf. i, 23), par contraste avec les sages de la terre. — Spiri' tum... mundi. Cet esprit du monde, que saint Paul oppose à l'Esprit de Dieu, ne serait autre, d'après divers commentateurs, que le démon en personne, en tant qu'il est l'auteur de la sagesse humaine (cf. II Cor. iv, 4; Eph. ii, 2, etc.). Il nous semble préférable de prendre cette locution dans un sens métaphorique, et d'y voir la désignation des tendances mauvaises du monde et de la manière de penser toute profane des mondains. De la forte elle est h peu près syno« nyme de l'expi-ession « la sagesse du monde ». — Rpirittim qui ex Deo... Plus haut, vers. 11*, saint Paul disait : l'Esprit de Dieu. La modification apportée dans la formule a pour but de mieux montrer que ce divin Esprit a révélé aux apôtres des vérités qui venaient d'une sphère toute céleste, qu'aucun sage de ce monde n'aiirait découvertes par lui-même. ~ Quœ... donata... iià, 'j(OLÇ\.a^ivxix) : les dons accordés
I Cor. Il, 13-14.
de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été données par Dieu ;
13. et nous en parlons, non avec les discours qu'enseigne la sagesse humaine,^ mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, traitant spirituellement des choses spirituelles.
14, Or l'homme animal ne perçoit pas les choses qui sont de l'Esprit de
Deo est , ut sciamus quse a Deo donatu sunt nobis ;
13. quse et loquimur non in doctis humanae sapientise verbis, sed in doctrina spiritus, spiritualibus spiritualia comparantes.
14. Animalis autem homo non percipit ea quse sunt Spiritus Dei ; stultitia
gratuitement. Expression générale, corrélative des mots « quae prœparavit Deus... » ( cf. vers. 9*») : toutes les grâces dont se compose le salut apporté aux hommes par Jésus -Christ. Il fallait que les apôtres les connussent pour pouvoir les manifester aux hommes. — Ils étaient fidèles à les faire connaître à leur tour : quse et loquimur (vers. 13). Ce trait nous ramène au vers. 6% dont il reprend la pensée pour la développer. — La manière dou-t les missionnaires du Christ prêchaient les mystères évangéliques est doublement décrite. Au négatif : non in doctis... C'est à peu près la même formule qu'au vers. 4», Au positif : in doctrina Spiritus. Au lieu de ces derniers mots, le grec dit avec une nuance : en des (paroles) enseignées par l'Esprit. L'antithèse est ainsi plus apparente. — Spiritualibus spiritualia (TtveujiaTtxotç uvsu- •jiaTtxà)... Ces mots ont reçu des interprétations diverses : Démontrant les doctrines du Nouveau Testament eu les rapprochant de leurs types dans l'Ancien (saint Jean Chi*ysostome); Adaptant les choses spirituelles aux hommes spirituels, c.-à-d., ne les communiquant qu'à eux seuls ; Appropriant les choses spirituelles aux choses spirituelles, c.-à-d., annonçant les vérités révélées par l'Esprit -Saint selon la méthode indiquée par ce même Esprit. Le second sentiment n'est pas sans vraisemblance, mais le troisième nous paraît meilleur encore.
14-16. C'est aux hommes spirituels seuls que convient ce haut enseignement chrétien. Saint Paul va expliquer ici les mots « inter perfectos » du vers. 6. Il vient de dire que tout est spirituel dans la prédication des apôtres , les paroles aussi bien que les pensées : c'est pour cela , continue t - il , que les hommes charnels ne la comprennent et ne la reçoivent pas. — Animalis. L'équivalent grec de ce mot est t]>u-/ix6ç, de la racine 'l^ux'O» âme, par opposition à TtvcUfxaTtxôç, « spiritualia, » de uveupia , esprit. Comp, le vers. 13*>; Rom. vu, 14 et xv, 27. Un peu plus bas, ui, 1, nous trouvons l'épithète (rapy-ixoç, « camalis. » également opposée h 'Kvî'uaaTixdç. Il est utile de déterminer brièvement le sens que reçoivent ces expressions dans les écrits de saint Paul. Dans l'homme, il y a deux parties distinctes, l'âme et le coi-ps. La -première reçoit de l'apôtre trois noms diffé- .rents, qui sont, en gradation ascendante : ^u'/y), itvsOixa et voOç («. mens »). La seconde est appelée par lui tantôt atopia, « corpus, y> tantôt càp5, c caro. » A ces divers substantifs, à
l'exception de voOç, correspondent des adjectifs qui en dérivent. Lorsque Paul envisage, et c'est souvent le cas , comme Ici même , l'âme et le corps sous le rapport moral, c.-à-d., dans leurs relations avec le péché ou avec la grâce, la chair, oapl, désigne le corps de l'homme déchu, foyer de la concupiscence, toujours en révolte contre l'esprit et contre le bien. Cf. Rom, VII, 18,23, 25; Gai. v, 19 et ss. L'homme charnel, c>apxtx6; (parfois aapxtvoç), est celui qui, soit avant soit api'ès la régénération par le baptême, est plus ou moins sous la domination de cette chair et se laisse conduire par elle. Cf. III, 1; Rom. vu, 14, etc. Le TtveOf^a ou l'esprit, c'est la partie supérieure de l'âme, considérée non seulement en elle-même, mais en tant qu'elle est ornée de la grâce sanctifiante et unie à l'Esprit- Saint, qui la dirige, qui agit par elle. Cf. Rom. viii, 9 et ss. ; Gai. v, 22 et ss. L'homme spirituel, 7rv£U(xaTtxdç, est donc celui dans lequel le 7ive0|j.a domine en théorie et en pratique. On peut mériter plus ou moins ce titre, selon qu'o . se conduit plus ou moins par l'esprit. La 4'^X^j ^^ anima, » c'est la partie inférieure de l'âme, le principe naturel de la vie, de la sensibilité. Sans doute, elle ne forme qu'une seule et même chose avec le TtveOjxa, mais on peut les distinguer logiquement. L'homme <\/\)X^y-ôz, « animalis » de la Yulgate, est donc celui qui suit simplement les lumières naturelles de la raison , sans agir surnaturellement en union avec l'Esprit de Dieu, Le terme ^v'/^v/.ôç est toujours pris en mauvaise part dans le Nouveau Testament. Aussi l'apôtre dit -il ici de l'homme animal ou naturel : Non percipii (mietix, d'après le grec : il ne reçoit pas, il refuse d'adiuettre) ea quse... Spiritus... Il y a, en effet, une opposition directe entre un tel homme et <( les choses de l'Esprit de Dieu »; opposition si grande, que Paul va jusqu'à les traiter de folie : stultitia cnim ( il faudrait « sunt » au lieu de est)... Nous avons vu ci -dessus, ii, 18 et ss., le monde se permettre de porter ce jugement sacrilège au sujet de la doctrine évangélique. Les cbo&es de l'Esprit de Dieu ne sont autres, évidemment, que les enseignements supérieurs de la sagesse chrétienne , révélés par l'Esprit -Saint aux prédicateurs de la foi, Comp. le vers. 10. — Non potest... Les vérités en question dépassent la portée de l'homme naturel, et c'est précisément pour cela qu'il les traite de folie. — Motif de ce manque d'appréhension, de perception : Quia spiritualitef
I CoB. II, 15 — III, 2.
enim est illi, et non potest intelligere , quia spiritualiter examinatiir.
15. Spiritualis autem judicat omnia, et ipse a nemine judicatur.
16. Quis enim cognovit sensiira Domini, qui instruat eum? Nos autem sensum Christi habemus.
Dieu ; car elles sont une folie pour lui , et il ne peut les comprendre , parce que c'est spirituellement qu'on en juge.
15. Mais l'homme spirituel juge de tout, et n'est lui-même jugé par personne.
16. Car qui a connu la pensée du Seigneur pour pouvoir l'instruire? Mais nous, nous avons la pensée du Christ.