je vous ai donné du lait à boire
(TTVsufxaTixtb;).., Les mystères da la sagesse chrétienne doivent être examinés au moj'en du TrvcCIfjLa , de l'esprit supérieur; ils ne sont donc pas de la compétence de l'homme simplement psychique, qui n'est pas plus capable de les apprécier « qu'un homme sourd de juger d'un morceau de musique ». — Spiritualis Cirveu^xa- Tcxoç) autem... (vers. 15). Antithèse. L'homme spirituel a reçu un don spécial de discernement (cf. XII, 10); aussi peut -il tout comprendre et tout apprécier, le divin comme l'humain , les personnes comme les choses, selon les lumières qu'il reçoit d'en haut, — Ipse a nemine... Fait évident, d'après les derniers mots d\\ vers. 14. L'homme naturel n'est pas en état de juger l'homme spirituel ; il manque de critérium pour cela, se trouvant par rapport à lui comme dans une autre sphère. — La preuve de ce fait est fournie par un texte d'Isaïe, xl, 13, cité librement d'après les LXX : Quis enim...? Pour encourager ses concitoyens à être remplis de confiance en Jéhovah , le prophète leur rappelle son infinie sagesse, manifestée dans la création du monde et supérieure à tous les jugements des hommes. — Sensum, voOv : l'intelligence, la pensée. — Nos autem... En faisant l'application du texte, l'apôtre substitue Christi (c'est la meilleure leçon) à Domini, comme une expression synonyme ; il en avait le droit , puisque le Christ est Dieu. SI les hommes vraiment spirituels possèdent l'intelligence du Christ, s'ils connaissent la pensée de Dieu, les hommes naturels n'ont pas le droit de les juger. Les critiquer, ce serait critiquer Dieu lui-même et son Christ.
§ III. — L'esprit de parti est réprouvé et condamné à un autre point de vue. III, 1-23.
Les Corinthiens avaient oublié, du moins dans la pratique, la vraie nature du rôle des
prédicateurs apostoliques ; c'est pourquoi ils s'attachaient aux uns d'une manière trop naturelle et se permettaient d'apprécier les autres avec sévérité. Saint Paul montre combien une telle conduite était blâmable.
1° Pourquoi Paul n'a prêché à Corinthe que les vérités élémentaires de l'évangile. III , 1 - 4».
Chap. III. — 1-4^; Caractère très imparfait des Corinthiens. Ce passage n'est pas sans affinité avec le début du chap. ii. Revenant sur la méthode de sa prédication à Corinthe , Paul indique la raison pour laquelle 11 l'avait rendue très simple. En même temps, il fait à ses lecteurs l'application de ce qu'il vient de dire au sujet soit de la sagesse profonde contenue dans l'évangile, soit des diverses catégories que forment les hommes relativement à elles (cf. ii, 6-16). — Non potui : non par sa faute, mais par la leur. Voyez le vers. 2 : « Nondurc... poteratis. » — Quasi spiritualibus. C.-à-d., comme à des chrétiens parfaits. Cf. ii, 6 et 16. — Quasi carnalibus. Epithète qui suppose de grandes imperfections. Voyez ii, 14 et le commentaire. — Afin d'enlever au titre de « charnels » ce qu'il pouvait avoir de dur et d'humiliant pour des chrétiens, saint Paul l'adoucit par une autre expi-ession, qui sert en même temps à l'expliquer : tanquam parvulis... Les Corinthiens sont encore de petits enfants sous le rapport du christianisme (in Christo): il n'est donc pas étonnant que la vie de la chair subsiste encore en eux. Or à des enfants on ne donne pas une nourriture solide (escam), qui ne pourrait que leur nuire , mais seulement du lait ( lac vobis... ; vers. 2 ). Comp. Eph. iv, 14 et surtout Hebr. v, 11-14, où l'on trouve une comparaison toute semblable. Ce lait mystique figure les rudiments de la doctrine chrétienne ; les aliments plus forts représentent un enseignement supérieur, celui que l'apôtre a appelé la sagesse au chap. ii. —
I Cor. III, 3-8
non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas encore la supporter; et h présent même vous ne le pouvez pas, parce que vous êtes encore charnels.
3.' En effet, puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n'êtesvous pas charnels, et ne vous conduisezvous pas à la manière des hommes ?
4. Car puisque l'un dit : Moi, je suis 5 Paul; et l'autre : Moi, à Apollo ; n'êtes -vous pas des hommes? Qu'est-ce donc qu' Apollo? et qu'est-ce que Paul ?
5. Des serviteurs de celui en qui vous avez cru, et chacun selon le don qu'il â reçu du Seigneur.
6. Moi j'ai planté, Apollo a arrosé; mais c'est Dieu [qui a donné la croissance.
7. Ainsi ce n'est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose ; mais Dieu , qui donne la croissance.