Penses -tu, ô homme qui juges ceux
(vers. 31). Les hommes dépourvus soit de sens, soit de loyauté. Il y a un Jeu de mots dans le grec : àauvsTOUç, àauvôSTOUç. — Trois vices contraires à la charité : sine affectione, absque fœdere ( sans alliance intime avec personne ; marque d'une âme égoïste ) , sine misericordia (sans pitié pour les pauvres, les affligés, etc.). — Qui cum..., non intellexerunt... (vers. 32). Les païens s'abandonnaient h tous ces vices ■ parce qu'ils résistaient à leur conscience. — Justitiam Dei. D'après le grec, ce que Dieu déclare juste; par conséquent, ses volontés positives. — Talia : toutes les horreurs mentionnées depuis le vers. 24. — Digni... morte. C- à - d., de la mort éternelle , qui est la pénalité la plus sévère du tribunal divin. — Etiam qui consentiunt. Ceux qui applaudissent au mal commis par les autres. — Selon la plupart des manuscrits grecs, plusieurs des principales versions et les interprètes grecs, le vers. 32 revêt cette forme légèrement variée, qui est adoptée par la plupart des commentateurs modernes : « Bien qu'ilg connussent le jugement de Dieu, qui déclare dignes de mort ceux qui font de pareilles choses, non seulement ils les font, mais ils approuvent ceux qui les pratiquent. » La culpabilité des païens n'en ressort que mieux, car « c'est le plus profond degré de l'affaissement moral, lorsqu'on en vient à se réjouir à la vue du péché , à approuver sciemment le vioe ; alors on prend plaisir au mal pour le mal ».
2° La culpabilité et le châtiment des Juifs. II, 1-29.
Saint Paul vient de montrer les côtés les plus ténébreux du paganisme; il a prouvé que la a justitia Dei » révélée dans l'évangile manquait totalement aux païens et cju'lls en avaient un besoin absolu. Il va faire la même démonstration en ce qui concerne les .luifs.
Chap. II. — 1-11. Développement de la pensée à un point de vue plus général. - Propter quod.
Transition, Après avoir démontré que les païens sont inexcusables, il tire cette conclusion très légitime : Quiconque se permet de les condamner, tout en imitant leur conduite criminelle, ne mérite pareillement aucune excuse et sera sévèrement puni par le Seigneur. — 0 homo (omnis, qui que tu sois)... Apostrophe directe, qui est d'un puissant effet. Elle ne s'adresse pas d'une manière générale, comme on l'a dit parfois, aux juges et aux magistrats, ni à tous ceux qui se permettent de juger leur prochain, ni aux philosophes superbes ; mais très spécialement à un Juif, pris à part, et envisagé comme type de tous les autres. Tel est à bon droit, d'après le contexte, le sentiment commun. Paul suppose que ces juges sévères des païens Imitaient jusqu'à un certain point la conduite coupable de ces derniers ; c'est pourquoi il ajoute : In quo enim..., teipsum condemnas. Se faire l'accusateur d' autrui dans ces conditions, c'est prononcer par là même l'arrêt contre soi. C'était aussi alors une époque de décadence pour les Israélites. Sans doute ils avaient renoncé, depuis la fin de la captivité de Babylone, aux pratiques grossières de l'idolâtrie ; mais la superstition , l'immoralité, l'orgueil et les autres vices signalés à partir de i, 26, s'étalaient plus ou moins ouvertement chez eux : eadem enim, agis... — Scimus enim... (vers. 2). Connaissance qui rendait plus téméraire encore la manière d'agir des Juifs, — Judicium. Dans le Nouveau Testament, ce mot désigne très souvent une sentence de condamnation et sa mise à exécution. Voyez le vers. 3, — Secundum veritatem : conformément à la réalité des choses, à la justice. — Existimas...? Apostrophe plus grave encore que la précédente. Le tour interrogatif la rend très vigoureuse : Irais -tu jusqu'à penser...? Paul annonce aux Juifs, avec une majesté sévère, qu'ils n'échapperont pas plus que les païens au jugement divin. — Qui judicas... et fada... La croyance
KoM. II, 4-9.
qui font de telles choses, et qni les fais toi-même, que tu échapperas au jugement de Dieu?
4. Est-ce que tu méprises les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité? Ignores- tu que la bonté de Dieu t'invite à la pénitence?