Diceiites eiiim se esse sapientes, stulti facti suut
23. et rautaverunt gloriara incorriiptibilis Dei in similitudinera imaginis corruptibilis hominis, et volucrum, et quadrupedum, et serpeiitium.
24. Propter quod tradidit illos Deus in desideria cordis eorum, in immimditiam , ut contumeliis afficiant corpora sua in semetipsis ;
25. qui commutaverunt veritatem Dei in mendacium, et coluerunt, et servierunt creaturae potius quam Creatori, qui est benedictus in ssecula, amen.
26. Propterea tradidit illos Deus in passionesignominiae ; nam feminse eorum
égarés dans leurs pensées, et leur cœur insensé a été obscurci.
22. Ainsi, en disant qu'ils étaient sages, ils sont devenus fous,
23. et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible contre une image représentant l'homme corruptible , et les oiseaux, et les quadrupèdes, et les reptiles.
24. C'est pourquoi Dieu les a livrés aux désirs de leur cœur, à l'impureté, en sorte qu'ils ont déshonoré eux-mêmes leurs propres corps :
25. eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui est béni dans tous les siècles. Amen.
26. C'est pourquoi Dieu les a livrés à des passions honteuses ; car leurs femmes
plus giossières. Voyez le vers. 22. — Obscuratum eut... cor... Souvent, dans la Bible, le cœur est regardé comme le centre et le foyer des connaissances. — Dicentes..., stulti... (vers. 22). « Sévère mais juste description des systèmes, anciens ou modernes, qui ignorent la révélation, lorsque la révélation a pai'lé. » En réalité, le paganisme n'est pas moins une folle qu'une erreur. — Mutaverunt... (vers. 23).
Notez la solennité douloureuse du langage, et la manière saisissante dont est décrit le grand crime positif du paganisme. — Oloriam : la majesté, les perfections visibles.
— In similitiidinem...
De façon à rendre la divinité semblable aux êtres les plus vils. Ce sont des « caricatures de Dieu » qu'adorent les idolâtres. Voyez le Ps. cv, 20; Sap. xrii et XIV. — Eominis, et..., et...On est allé jusqu'au bout, jusqu'au «monstrueux et avilissant fétichisme ».
24-32. Les turpitudes morales des païens, envisagées comme la juste punition de leur oubli du vrai Dieu. Tout ce passage est empreint d'une grave tristesse. — Propter quod. Cette expression est à noter. Comp. les vers. 26» et 28». Il y a une connexion intime entre l'idolâtrie et l'Immoralité, dans ce que celle-ci a de plus révoltant. L'expérience quotidienne démontre que la civilisation et l'éducation sont, à elles seules, incapables de mettre un frein aux paislous gi'ossières. — Tradidit (Tcapéâoaxev).
Divinité égyptienne à tête de crocodile.
Locution plus remarquable encore. L'apôtre ne dit pas simplement : Dieu a permis ; mais : Dieu a livré. Ce qui marque un châtiment intentionnel, une vraie « némésis divine ». Cf. Act. vu, 42, etc. C'est, en effet, une loi de l'ordre moral que le péché enfante le péché. Quiconque abandonne Dieu ne tarde pas à tomber dans l'esclavage de la nature matérielle, et, de chute en chute, il arrive à la boue de la matière. L'homme qui oublie la gloire de Dieu (cf. vers. 23»), en vient bientôt à profaner ignominieusement sa propre « gloire » dans son corps aussi bien que dans son âme. — Les mots in desideria... sont expliqués par les suivants, in immunditiam (àxaGapctav, l'impudicité ) , qui sont euxmêmes ensuite développés : ut contumeliis... Rien ne déshonore et ne souille le corps de l'homme autant que l'impureté. — In semetipsis. Cette locution a probablement ici le sens de « in se invicem ». Voyez le vers. 27. — Qui commutaverunt... (vers. 25). C.-à-d., qui ont travesti. L'écrivain sacré répète avec douleur le motif du châtiment. — Veritatem Dei : ce qui n'est réel que de Dieu seul, « la vraie nature de l'Être divin. » — In mendacium. C.-à-d., en idolâtrie, la grande erreur par excellence. Comp. Jer. xvi, 19, où les faux dieux sont appelés séqer, mensonge. — Coluerunt et servierunt. Le premier de ces verbes marque le culte intérieur; le second , le culte extérieur. — Il y a une antithèse très énergique entre les mots creaturse et Creatori. — Potius quam... Mieux, d'après le grec : en négligeant le Créateur (;.:.int Cyprien : « relicto Creatore »). — Qui... benedictus... Pieuse doxologie à la manière des Juifs (cf. IX, 5, etc.), comme pour protester contre l'outrage fait à Dieu par les païens. — Amen. Conclusion de la doxologie : en vérité, ainsi soit -il. — Propterea tradidit (vers. 26). Comme au vers. 24 , mais avec une gradation ascendante, car les mots passiones ignominiss disent bien plus que « in immunditiam » : des passions qui dégradent par elles-mêmes ceux qui s'y livrent, des vices contre nature. — îfam /eminsB,.,i .•!>
Rom. I, 27-31.
ont changé l'usage naturel en celui qui est contre la nature.
27. De même aussi les hommes, abandonnant l'usage naturel de la femme, se sont embrasés dans leurs désirs les uns pour les antres, les hommes commettant l'infamie avec les hommes, et recevant en eux-mêmes le salaire dû à leur égarement.
28. Et comme ils n'ont pas montré qu'ils avaient la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à un sens réprouvé, de sorte qu'ils ont fait des choses qui ne conviennent pas :
29. remplis de toute iniquité, de malice, de fornication, d'avarice, de méchanceté ; pleins d'envie, de meurtre, de querelle, de ruse, de malignité; délateurs,
30. médisants, haïs de Dieu, insolents , orgueilleux, hautains, inventeurs du mal, désobéissants à leurs parents,
31. inintelligents, dissolus, sans affection, sans loyauté, sans miséricorde.
immutaverunt naturalem usum, in eum usum qui est contra naturam.
27. Similiter autem et masculi, rclicto naturali usu femina3, exarserunt in desideriis suis iu invicera, masculi in masculos turpitudinem opérantes, et mcrcedem quam oportuit erroris sui in semetipsis recipientes.
28. Et sicut non probaverunt Deum habere in notitia, tradidit illos Deus in reprobum sensum, ut faciant ea quae non conveniunt :
29. repletos omni iniquitate, malitia, fornicatione , avaritia, nequitia ; plenos invidia, homicidio, contentione, dolo, malignitate ; susurrones ,
30. detractores, Deo odibiles, contumeliosos, superbos, elatos, inventores malorum, parentibus non obedientes,
31. insipientes, incompositos, sine afïectione, absque foedere, sine misericordia.
militer... (vers. 27). L'histoire du paganisme, surtout à cette époque de décadence pour la Grèce et pour Rome (« époque de brutal égoïsme et de sensualité raffinée »), démontre que l'apôtre n'a pas exagéré. Comp. Sénèque, de Ira, ii, 9 : « Omnla sceleribus ac vitils plena sunt. Nec furtiva jam scelera sunt , praBte»oculos sunt.» Voyez aussi saint Justin, Apol. i, 27; Tatien, Orat. ad Grœc. 28; Clément d'Alex., Psedag. m, 3. On frémit, lorsqu'on pense que Socrate et Platon, Arlstote, Zenon et d'autres personnalités notables du paganisme furent accusés de ces turpitudes. Il est à remarquer que l'écrivain sacré emploie ici les mots feininœ et masculi, comme s'il craignait de profaner, par de tels détails, les noms si nobles de « mulier » et de « vir ». Il touche plus brièvement aussi aux crimes du vers. 26 qu'à ceux du vers. 27 ; mais il les met en avant comme plus affreux, — Mercedem quam oportuit... Ces crimes furent donc la punition de leur idolâtrie (erroris sui). — Sicut non probaverunt... (vers. 28), L'apôtre répète pour la troisième fois (cf, vers. 24 et 26) que c'est pour avoir abandonné le vrai Dieu que les païens étaient tombés dans cette dégradation morale. — Jn reprobum sensum (et; àSdyifxov voOv, « in reprobam mentem, » comme traduit fort bien saint Augustin). Cette expression désigne « un sens moral de plus en plus déprimé, incapable de remplir sa tâche (d'apprécier le bien et le mal), et auquel on ne peut plus se fler ». — Résultat de cette situation : ut faciant . . . Le trait .quae non conveniunt est une litote manifeste, comme le montre l'effrayante nomenclature qui suit. Dans cette liste, saint Paul ne s'astreint pas à suivre xin ordre rigoureusement logique. On peut du moins établir quelques ca-
tégories et « un enchaînement par association d'idées ». — Premier groupe, comprenant des vices qui portent atteinte aux biens du prochain : repletos... iniquitate (aôtxt'oc, l'injustice : expression générale, qui domine et comprend tout le reste),... nequitia (vers. 29v. — Malitia (irovYipca) : la méchanceté active, i^ornicatione manque dans les meilleurs manuscrits grecs. Avaritia : vio non moins fréquent chez les païens que l'impudicité. Nequitia (xaxta) : la disposition intérieure à la méchanceté. — Le deuxième groupe, plenos invidia, ...malignitate (vers. 29*>), renferme les actions criminelles commises contre la personne du prochain. L'adjectif « plenos » marque le début de cette seconde série, de même que le participe « repletos » ouvrait la pi'emière. — Avec le mot susurrones commence le troisième groupe, marqué lui aussi par un changement dans la construction. C'est le plus long de tous , car il va jusqu'à la fin du vers, 31; il s'occupe des mauvais caractères, des hommes vicieux envisagés au concret, — Le premier nom désigne ceux qui' calomnient en secret, ceux qui « murmurent en dessous ». — Detractores (vers, 30) : ceux qui dénigrent ouvertement le prochain, — Deo odibiles. Le mot grec ôeoaxuYeïç représente plutôt, au sens actif, ceux qui haïssent Dieu; mais la signification passive , adoptée par la Vulgate et légitimée par l'usage classique, est admise par de nombreux conmientateurs, — Les trois mots suivants : contumeliosos, superbos, elatos, se rapportent à l'orgueil. — Inventores malorum : ceux qui passent leur temps à recher:îher quel tort ils pourraient faire au pi-ochain, — Parentibus non... « Symptôme d'un profond désordre moral et Boolal. » — Insipientes, incompositos
Rom. I, 32 — 11, 3.
32. Qui cum justitiam Dei cognovissent, non intellexerunt quoniam qui talia agunt digni sunt morte ; et non solum quia ea faciunt, sed etiam qui consentiunt facientibus.
32. Ayant connu la justice de Dieu, ils n'ont pas compris que ceux qui font de telles choses sont dignes de mort, et non seulement ceux qui les font, mais encore ceux qui approuvent ceux qui les font.