‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 139 sur 873 · Je dis cela par concession ; je n'en fais pas un ordre · texte numérisé non relu

Je dis cela par concession ; je n'en fais pas un ordre

7. Car je voudrais que vous fussiez tous comme moi ; mais chacun a reçu de Dieu son don particulier, l'un d'une manière, et l'autre d'une autre.

8. Mais je dis à ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves : Il leur est bon de demeurer ainsi, comme moi.

sur ce point, par suite des tendances spiritua- Ustes de quelques membres de la chrétienté de Corlnthe ; personne n'est oublié dans ses leçons.

— Nolite... (vers. 5). D'après le grec : Ne vous privez pas l'un de l'autre. — L'apôtre rermet cependant Ui continence temporaire entre époux ; mais 11 y met de sages conditions. Il exige qu'elle ait lieu du consentement mutuel des parties intéressées ( ex conaensu ) ; qu'elle ne se prolonge pas outre mesure, mais qu'elle soit limitée ad te7npus (nu temps déterminé); enfin qu'elle ait pour mobile le désir de se mieux recueillir, en vue de la prière (ut... orationi). Comme il ressort du verbe vacetis, saint Paul ne parle pas Ici des prières ordinaires, mais d'un besoin tout spécial de se livrer à la piété. — Ce besoin f^atlsfait, le devoir conjugal reprendra tous ses droits : iterum revertimini.

— In idipsutn. Non pas au même lieu, comme si les époux s'étaient momentanément séparés ; mais à la chose indiquée par le contexte, à l'usage du mariage. — Ne tentet... propter... Comme au vers, 2. A la nature corrompue, qui n'est déjà que trop par elle-même une occasion de chute, Paul ajoute l'action du démon , qui « de son souffle impur attise les convoitises charnellee, et tire ainsi de la moindre occasion une cause de péché »,

6-9. Le don de continence. — Le vers. 6 sert de transition et d'introduction. Les exesètes ne sont pas d'accord au sujet de la S'giiiflcation spéciale du pronom hoc. BCMUcoup d'entre eux se contentent de l'appliquer à la recommandation contenue dans le vers. 5. La pensée serait^ alors : Si j'engage les époux chiétiens à ne se séparer que pour peu de temps, c'e,^t un simple conseil que je leur donne; ils peuvent, s'ils le désirent, pratiquer une continence plus complète. Mais il semble que ce pronom a une portée moins restreinte, et qu'il représente plutôt ce qui est l'idée principale de tout ce passage, c.-à-d., le mariage considéré en lui-même. Le sens est donc : Si je vous ai dit de vous marier, ce n'est pas que je voulusse vous donner un ordre formel , en vertu de mon autorité apostolique ; ce n'était qu'un conseil , b^sé sur la connaissance qne j'ai de votre faiblesse morale. De

là l'expression secundum indulgentiam : par condescendance, sous forme de concession. — Le vi rs. 7 prouve que telle est bien la meilleure interprétation. En efftt, les mots esse sicut meipsam. ne peuvent désigner que l'état du célibat perpétuel. Presque toute la tradition l'a compris ain>i , et la plupart des Pères ( entre autres TertuUien, saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin) assurent, en s'appuyant sur ce texte même, que Paul a pratiqué la virginité durant toute sa vie. Les auteurs anciens qui ont parlé en sens contraire sont très rares ( voyez Clément d'Alex., ap. Euseb., Hist. eccJ., III, 30). — Volo enim.. D'après ia leçon la plus probable : Mais je veux... Il faut laisser au verbe toute sa force (Je veux, autant qu'il dépend de moi), et ne pas l'affaiblir en le traitant comme un conditionnel (Je voudrais). « Paul ne peut dé>irer pour tout homme que ce qu'il a reconnu être le meilleur pour lui-même. » Mais, demande saint Augustin, de Bono conjug., 10, « quid si omnes homines velint... continere? unde subsistet genus humanum ? » Il l'épond : « Utinum omnes hoc vellent, duntaxat in caritate , de corde puro et conscientla bona... ! Multo citius Dei civitas compleietur et aeceleraretur finis saeculi. » Saint Jérôme, c. Jovln., i, 36, se pose la même question : « At dices : Si omnes virgines fueriiit, quomodo stabit genus humanum ? » vSa réponse est faite à un point de vue irès positif : « Noli metuere ne omnes virgines fiant. Difficilis res est virginitas, et ideo rara quia difficilis. » C'est aussi sous ce dernier aspect que saint Paul envisage la question. Il sait que la pratique de la continence rencontre maint obstacle dans notre nature ; aussi exiget-U qu'on ne s'y engage point sans une grâce particulière de Dieu, et que chacun suive en cela sa vocation : unusquisque propriuyn... Il est évident que, dans la pensée de l'apôtre, ces mots concernent aussi le mariage, pour l'usage chrétien duquel la grâce est pareillement nécessaire. — AlitiS... sic, alius... C.-à-d. que l'un a la vocation du mariage et l'autre celle du célibat. — Dico autem... Dans les vers. 8 et s) saint Paul tire les conséquences pratiques des principes qu'il a posf^ cl -dessus. Et d'abord eîv

I Cor. VII, 9-13.

9. S'ils ne peuvent garder la continence , qu'ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de brûler.

10. A ceux qui sont mariés, j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare pas de son mari ;

11. si elle en est séparée, qu'elle demeure sans se marier, ou qu'elle se réconcilie avec son mari ; et que le mari ne répudie point sa femme.

12. Aux autres, ce n'est pas le Seigneur, c'est moi qui dis : Si un frère a une femme infidèle, et qu'elle consente à habiter avec lui, qu'il ne la répudie pas.

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