‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 146 sur 873 · Es-tu lié à une femme ? ne cherche · texte numérisé non relu

Es-tu lié à une femme ? ne cherche

du Sauveur, à devenir chrétien — Pretio empti... (vers. 23). Cette réflexion s'adresse à tous les fidèles de Corintfee : esclaves du démon avant leur baptême, ils avaient été rachetés au prix du sang de Jésus -Christ (cf. vi, 20), et ils appartenaient désormais à ce divin Maître. De là cette exhortation toute générale : Nolite fleri... Évidemment, c'est au figuré et non pas au propre qu'il faut la prendre. Ne vous placez sous la dépendance d'aucun homme ; gardezvous d'agir en vue de plaire aux hommes, etc.

— Unvsquisqtie... (vers. 24). La règle qui domine ce passage est répétée pour la troisième fois ( comp. les vers. 17 et 20 ). — Apud Deum : de manière à demeurer toujours uni à Dieu, en quelque situation extérieure que l'on se trouve.

3" Excellence de la virginité.- VII, 25-38.

Dès les premiers versets de ce chapitre (cf. vers. 1, 7 et 8), l'apôtre a déjà touché à ce beau thème ; il va lui donner tous les développements dont il était digne.

25-28. Paul conseille aux jeunes filles de demeurer vierges. — De virgivibus. On l'avait probablement consulté aussi sur ce point spécial : Faut -il marier les jeunes filles chrétiennes? C'est elles directement qu'il a en vue dans tout ce passage (comp. les vers. 28*>, 34, 37-38); mais 11 parle aiissi des jeunes gens en passant (cf. vers. 27-28»), et tout ce qu'il dit de la virginité leur convient entièrement aussi.

— Prseceptum... non... Quoique Jésus -Christ eût suffisamment indiqué sa pensée sur ce point (cf. Matth. XIX, 12), il n'avait néanmoins promulgué aucune loi ; il avait même insinué qu'une grâce spéciale était requise pour vivre dans le célibat. — Conailium. Le grec Yvc6[j,rjv désigne plutôt une opinion; mais, en faisant connaître son sentiment, saint Paul donnait par là même un conseil. — Tanquam misericordiam. . . Par ces mots, Il détermine la valeur de ce conseil.

Son opinion n'est pas Ici quelque chose de purement subjectif et personnel; ce qu'il va dire, il le sait en vertu des grâces spéciales qu'il a reçues de Dieu comme apôtre. Comp. le vers. 40. — Vt... fldelis. Paul ne serait donc pas fidèle aux grâces de son apostolat, s'il ne parlait pas comme il va le faire. On voit quelle force prend ainsi d'avance son conseil, que résume le vers. 26 : Existimo. . . — Boc. D'après ce qui précède : « virginem esse. » — L'adjectif bonum a le même sens qu'au vers. 1 : éminemment bon ; par conséquent, meilleur que l'état opposé. — Propter. . . necessitatem. C'est la raison pour 1-aquelle l'auteur recommande la virginité. L'adjectif instantem ( £V£aTâ)(Tav ) peut s-e rapporter à une détresse soit déjà présente, soit seulement imminente. Quelques Interprètes, qui adoptent le second sens, ont pensé que saint Paul avait en vue les terribles angoisses qui doivent précéder la fin du monde (cf. Luc. xxi, 25-27); d'où ils concluent que l'apôtre croyait la fin du monde très rapprochée, et que c'était pour ce motif qu'il encourageait à garder le célibat. Ils interprètent de la même manière le vers. 29». Mais il est certain que saint Paul n'avait pas cette croyance erronée. Voyez Rom. xvii, 11-14, et le commentaire. Il vaut donc mieux, avec la plupart des anciens commentateurs, traduire les mots « instantem necessitatem » par « nécessité présente », et voir dans cette formule les soucis multiples de la vie actuelle; soucis qui sont plus nombreux encore pour les personnes mariées, i>arce qu'elles n'ont pas seulement à pourvoir à leurs propres besoins, mais à ceux de toute une famille, dont elles ont en outre à partager les peines. — Alligatus es... (vers. 27). Paul expliqtie davantage sa pensée, afin de ne pas paraître condamner le mariage. Il affirme d'abord qu'en donnant son conseil il n'a pas pensé aux gens déjà mariés. A ceux-ci, il dit de nouveau : Noli quserere... Cf.

I Cor. VII, 28-33.

pas à te délier. N'es -tu point lié à une femme ? ne cherche }>as de femme.

28. Si pourtant tu prends une femme, tu ne pèches pas ; et si une vierge se marie, elle ne pèche pas. Mais ces personnes éprouveront les tribulations de la chair ; et je voudrais vous les épargner.

29. Voici donc, frères, ce que je dis : Le temps est court ; ce qui rexte à faire, c'est que ceux qui ont des femmes soient comme n'en ayant pas ;

30. et ceux qui pleurent, comme ne pleurant pas ; et ceux qui se réjouissent, comme ne se réjouissant pas ; et ceux qui achètent, comme ne possédant pas ;

31. et ceux qui usent de ce monde, comme n'en usant pas ; car la figure de ce monde passe.

32. Or je voudrais que vous fussiez sans inquiétude. Celui qui n'est pas marié s'inquiète des choses du Seigneur, des moj'ens de plaire à Dieu.

33. Mais celui qui est marié s'inquiète des choses du monde , des moyens de plaire à sa femme ; et il se trouve partagé.

solutionem. Solutus es ab uxore? noli quserere uxorem.

28. Si autem acceperis uxorem, non peccasti; et si nupserit virgo, non ])eccavit. Tribulationem tamen carnis habebunt hujusmodi ; ego autem vobis pârco.

29. Hoc itaque dico, fi-atres : Tempus brève est; reliquum est, ut et qui habent uxores, tanquam non habentes sint ;

30. et qui fient, tanquam non fientes; et qui gaudent, tanquam non gaudentes ; et qui emunt, tanquam non possidentes ;

31. et qui utuntur hoc mundo, tanquam non utantur: praeterit enim figura hujus mundi.

32. Volo autem vos sine sollicitudine esse. Qui sine uxore est, sollicitus est quse Domini sunt, quomodo placeat Dec.

33. Qui autem cum uxore est, sollicitus est qnse sunt mundi, quomodo placeat uxori ; et divisus est.

vers. 10 et ss. — C'est aux célibataires et impliciteiDcnt aux veufs qu'il s'adresse : Solutus es..J Noli... — Si autem... (vers. 28). Ces paroles coupent court h une autre conséquence très fausse qu'on aurait pu tirer du conseil de l'apôtre, comme s'il en résultait que le mariage fioit un péché — Non peccasti, non, peccavit. Le grec serait mieux traduit par le futur : SI tu te maries, tu ne pécheras pas, etc. Cette formule suppose que le mariage n'a pas encore eu lieu. — Tribulationem tamen.. . Restriction qui montre aussi, à sa manière, dans quel sens insiste l'auteur. Il nomme tribulation de la chair ce qu'il appelait plus haut ( cf. vers. 26 ) la nécessité présente, c.-à-d. les peines multiples des époux. La chair, c'est ici la sensibilité soit physique, soit morale, qui sera atteinte par la souffrance. — Ego... parco. Non pas : Je vous épargne l'énumération des peines de la vie de famille; mais : C'est pour vous épargner ces ennuis que je vous recommande la virginité de préférence au mariage.

29-31. Comment un chrétien doit se' dégager de tout genre de préoccupations terrestres, à cause de la brièveté du tempe. — Hoc... dico. Saint Paul va développer les mots « Ego... vobis parco ». Comme plus haut, vers. 17-24, la pensée se généi'allse tout à coup , et l'apôtre applique à toutes les situations de la vie ce qu'il disait à propos du mariage et de la virginité. — Tempus brève... C'est ici l'idée principale. Comme le pensent la plupart des commentateurs anciens et modernes, c'est de la brièveté de la vie humaine qu'il est ici question, et non du temps

qui doit s'écouler avant le second avènement du Christ. — Reliquum est ut... Conséquence de cette brièveté du temps : il faut se détacher des choses de la terre, qui sont si transitoires.

— Cette loi est appliquée aux différentes conditions de la vie, et tout d'abord à celle des époux chrétiens : qui habfvt... tanquam non... Qu'ils gardent la liberté de leur âme, de sorte que ni les joies ni les peines de la vie commune ne leur fassent oublier leur devoir principal, qui est d'aimer et de servir Dieu. — De même doit -on se conduire dans toutes sortes de tristesses ( qui fient.. , vers. 30), dans l'allégresse (.qui gaudent...), dans les acquisitions (.qui emunt...); en un mot, dans toutes les circonstances de la vie quotidienne. — La phrase et qui utuntur... résume le tout. « Utantur... obiter et velut in transenna, quantum fert nécessitas »(Estius).

— La fragilité des biens de ce monde ne mérite point que l'on fasse d'eux plus de cas : prœterit enim,... Le mot figura ((7/Y5[i,a) représente la forme extérieure du monde; par exemple, les richesses , le plaisir, la peine , etc.

32 - 35. Avantages de la virginité. C'est le développement du vers. 26*'. — Yolo autem,... Transition. L'apôtre voudrait que les chrétiens fussent exempts de toute sollicitude mondaine, afin de pouvoir se livrer davantage aux choses de Dieu : or, on jouit de cette exemption en dehors du mariage; les personnes mariées ne la possèdent pas autant. Tel est le thème des vers. 32^-34.

— Divisus est (vers. SS*») : partagé entre le service de Dieu et la préoccupation de rendre sa femme heureuse. Cette préoccupation est

I Cor. VII, 34-37.

34. Et millier inniipta, et virgo cogitai qiuie Domini sunt, ut sit sancla corpore et spiritu; quse autem nnpta est, cogitât quse sunt mundi, quomodo placeat viro.

35. Porro hoc ad utilitatem vestra'm dico, non ut laqneuni vobis injiciam, sed ad id quod honestum est, et quod facultatem preebeat sine impedimento Dominum obsecrandi.

36. Si quis autem turpem se videri existimat super virgine sua, quod sit superadulta, et ita oportet fieri, quod vult faciat; nonpeccat, si nubat.

37. Nam qui statuit in corde suo firmus, non habens necessitatem, potestatem autem habens suae voluntatis, et hoc judicavit in corde suo servare virginem suam, bene facit.

34. De même la femme qui n'est pas mariée et la vierge pensent aux choses du Seigneur, afin d'être saintes de corps et d'esprit ; mais celle qui est mariée pense aux choses du monde, aux moyens de plaire à son mari.

35. Or je vous dis cela dans votre intérêt, non pour vous tendre un piège, mais pour vous porter à ce qui est bienséant, et qui vous donnera la facilité de prier Dieu sans empêchement.

36. Mais si quelqu'un pense que c'est pour lui un déshonneur que sa fille, déjà plus qu'adulte, ne soit pas mariée, et qu'il doit la marier, qu'il fasse ce qu'il voudra ; il ne péchera point si elle se marie.

37. Mais celui qui a fermement décidé dans son cœur, sans être pressé par la nécessité, et ayant le plein usage de sa volonté, et qui a jugé dans son cœur de conserver sa fille vierge , fait une bonne œuvre.

sans doute sacrée; mais elle détourne nécessairement la pensée des choses du ciel. — Ut... sancta corpore et... (vers. 34). « Idéal plein de noblesse et de pureté. » — Porro... (vers. 35). Tout en préconisant la virginité, saint Paul tient de nouveau à éviter tout malentendu, et il répète qu'il ne la recommande pas comme une chose nécessaire, mais seulement comme une cbose libre, quoique très avantageuse : ad utilitatem... — Non ut laqueum... Image expressive. Quand le gibier est pris dans le filet du chasseur, c'en est fait de sa liberté; mais l'apôtre veut laisser entière celle des fidèles de Corinthe par rapport à la virginité. — Id qtiod honestum... Non que le mariage chrétien ne réponde fort bien aussi à la bienséance morale ; mais la virginité le fait d'une manière plus parfaite, en fournissant l'idéal d'un être humain consacré à Dieu dans sa totalité. — Et quod facultatem .. Brièvement et énergiquement dans le grec : Et (en vue) de l'assiduité auprès du Seigneur sans distraction. Comp. les vers. 32'> et 34».

36-38. Conseils pratiques aux pères qui avaient des filles nubiles. C'est à eux directement que saint Paul s'adresse, parce qu'alors, d'après la coutume, ils avaient le droit de disposer de leurs filles comme ils le jugeaient bon. Ce n'est que peu à peu, grâce au christianisme, que les mœurs furent transformées sous ce rapport et' que la femme recouvra plus de liberté. — Si quis... Premier cas, vers. 36 : celui d'un père qui croit meilleur de marier sa fille. — Turpem se videri. Le verbe ào-)(T)aov£tv peut se traduire par l'actif ou par le passif. Dans la première hypothèse : Si quelqu'un pense agir d'une manière Inconvenante h l'égard de sa Jeune fille (en ne la mariant pas). Dans la seconde : Si

quelqu'un pense qu'il serait l'objet d'un traite ment inconvenant (c.-à-d., qu'il serait d(^^honoré au sujet de sa fille. Nous préférons cette der nière traduction, qui est celle de la Vnlgaie. — Les mots quod sit superadulta marquent en quoi consisterait cette sorte de déshonneur. Dans le grec : Si elle dépasse la fleur de l'âge (sans se marier). La malice populaire s'est de tout temps exercée contre les jeune filles qui sont dans cette situation. De nombreux interprètes supposent que l'apôtre a voijlu exprimer quelque chose de plus. Suivant eux , il ferait allusion i la honte beaucoup plus grande qui rejaillirait sur le père, si sa fille, dont il aurait retardé le mariage, venait à se mal conduire. Il est néanmoins difficile de dire que la pensée de l'apôtre soit allée jusque-là. — Et ita oportet... C.-à-d., si le père se croit obligé de marier sa fille. — Non peccat, si nubat. Chacun des deux verbes a un sujet distinct : Le père ne pèche pas, si sa fille se marie (poussée par lui). Nuance dans le grec : Il ne pèche pas ; qu'ils se marient. Le pluriel désigne naturellement la jeune fille et son fiancé. — Second cas, vers. 37 : Nam qui... D'après le grec : Mais (c.-à-d., au contraire) celui qui... — Les circonstances du petit « drame domestique » qui se passe dans l'esprit du père sont très bien décrites. En premier lieu, statuit... flrmus ; 11 est tout à fait convaincu que le célibat sera préférable pour sa fille. D'un autre côté, il ne subit pas la moindre contrainte ( non habens...), comme serait la volonté contraire de sa fille, l'opinion publique, etc. Saint Paul insiste sur cette pleine liberté du père : potestatem autem... Enfin, celui-ci s'est décidé, après avoir mûrement réfléchi, à refuser toute proposition de mariage pour sa fille : et hoc judicavit. . . Conclusion : bene facit (au futur, d'api es uno

I Cor. VII, 38 -^ VIII, 1.

38. Ainsi celui qui marie sa fille fait bien ; et celui qui ne la marie pas fait mieux,

39. La femme est liée à la loi aussi longtemps que son mari est vivant ; mais si son mari meurt, elle est libre. Qu'elle se marie à qui elle voudra, pourvu que ce soit selon le Seigneur.

40. Cependant elle sera plus heureuse si elle demeure comme elle est, suivant mon conseil ; et je pense que j'ai, moi aussi, l'Esprit de Dieu.

38. Igitur et qui matrimonio jungit virginem suam , bene facit ; et qui non jungit, melius facit.

39. Mulier alligata est legi quanto tempore vir ejus vivit ; quod si dorraierit vir ejus, libéra est. Cui vult nuba tantum in Domino.

40. Beatior autem erit si sic permanserit, secundura meum consilium; puto autem quod et ego Spiritum Dei habeam.

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