‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 150 sur 873 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

1. Non sum liber? Non sum apostolus? Nonne Christum Jesum Dominum nostrum vidi ? Nonne opus meum vos estis in Domino ?

2. Et si aliis non sum apostolus, sed tamen vobis sum ; nam signaculum apostolatus mei vos estis in Domino.

1. Ne suis -je pas libre? Ne suis -je pas apôtre? N'ai -je pas vu le Christ Jésus notre Seigneur? N'êtes -vous pas mon œuvre dans le Seigneur?

2. Et si pour d'autres je ne suis pas apôtre, je le suis au moins pour vous ; car vous êtes le sceau de mon apostolat dans le Seigneur.

Quences désastreuses d'une telle manière de faire : et peribit... (vers. 11). Tons les mots sont acceatués : un frère, un frère faible, auquel on donne la mort spirituelle, et cela tous pi'étexte de faire preuve de science. Le trait final, propter quem Christus..., est d'une énergie particulière. — Sic... peccantes... (vers. 12). Autre résultat très condamnable : en péchant ainsi grièvement contre le prochain, on offense plus grièvement encore Notre -Seigneur Jésus -Christ, car « l'injure faite aux membres retombe sur la tête ». — Et percutitntes... C'est une circonstance aggravante : une conscience faible demande à être traitée avec beaucoup d'égards. — Quapropter... (vers. 13). En concluant, Paul se met directement en scène et marque, par l'acte généreux qu'il se dit prêt à accomplir durant toute sa vie, 1» conduite imposée en pareil cas à tout chrétien dignfe de ce nom. — Esca, ^pHùp-a. L'expression est générale : un aliment quelconque.

2° Exemple constant d'abnégation et de renoncement qu'avait donné saint Paul. IX , 1 - 23.

Au fond, c'est une longue digression qui commence en cet endroit, pour ne s'achever qu'avec le vers. 13 du chap. x. L'apôtre vient d'affirmer solennellement qu'il était prêt à sacrifier ses droits et sa liberté, plutôt que de scandaliser le moindre de ses frères ; maintenant il prouve, par divers traits de sa vie apostolique, qu'il avait réellement suivi cette règle de conduite en mainte occasion, par un motif de charité.

Chap. IX. — 1-3. Paul est vraiment l'ajôtre du Chi'ist. Avant de dire qu'il a renoncé à ses droits, il commence par établir qu'il les possède, afin de réagir ainsi contre la « sourde hostilité » de ses adversaires. — Non sum...? Nonne...? Quatre questions posées coup sur coup attestent la vive émotion de l'écrivain sacré. La première sert de transition entre cette nouvelle série d'idées et la précédente. Paul était libre, comme tout chrétien éclairé, de manger des viandfs offertes aux idoles. Comp. viii, 8-9. Mais il est beaucoup plus qu'un chrétien ordinaire : Non sum apostolus? Pour être apôtre il fallait, d'après Act. i, 15 et ss., avoir reçu un mandat direct de .Jésus - Christ et avoir été témoin de sa résurrection ; ces deux conditions sont réunies dans les mots Nonne... vidi? Sur la route de Damas (Act. ix, 17 et ss.) et dans plusieurs autres circonstances (Act. xviii, 9; xxii, 17-18, etc.), saint Paul avait vu le Christ ressuscité et avait reçu de lui l'ordre d'aller évangéliser les peuples. — Nonne opus...? Autre preuve de son apostolat, empruntée à l'expérience des Corinthiens eux - mêmes ; en tant qu'ils étaient désormais unis au Christ (In Domino), personne ne pouvait nier qu'ils ne fussent son œuvre. — Le vers. 2 insiste sur cette pensée : Et si aliis... Ailleurs peut-être des doutes pouvaient surgir sur la réalité de son mandat ; mais non pas à Corinthe, car les chrétiens de cette ville étaient comme le sceau (signaculum), l'attestation officielle et authea-

I Cor. IX, 3-7.

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