Si ego cura gratia participe, quid
en question (cf. viii, 1 et ss. ). Si ce fidèle va à la boucherie {in macello) pour acheter de la viande, il n'a pas à faire d'enquête au sujet des morceaux mis en vente (nihil irderrogantes), pour savoir s'ils n'auraient pas été offerts aux
Le grand marché de Rome.
( D'après une monnaie de Néron.)
idoles; il peut choisir à son gré, préparer et manger sans scrupule. — Les mots propter conscientiam sont rattachés par quelques commentateurs au verbe manducate : Mangez sans enquête préalable tout ce qui vient de la boucherie, de peur que votre conscience ne soit troublée, si vous apprenez que vous avez achetf^ le membre d'une victime immolée aux faux dieux. Mal.s il est mieux de les unir au participe interrogantes : Ne posez aucune question pour pacifier d'avance votre conscience, car tontes les viandes qu'on vend au marché sont licites pour vous. Le vers. 26, emprunté au Ps. xxui, 1, montre que tel est bien l'enchaînement le plus logique. Tont «-e que contient notie globe étant la propriété de Dieu, l'homme ne saurait être souillé |>ar aucun mets envisagé en lui-même. — Après
le substantif Domini, la Vulgate omet la particule « car », qu'on lit dans tous les manuscrits gre>-S et toutes les autres versions. — Si quis... Seconde hypothèse, vers. 27-30 : celle d'un repas auquel un chrétien assiste dans la maison d'un païen, — Et vultis... L'apôtre permet donc d'accepter une invitation de ce genre ; mais la suite de son langage prouve qu'il y avait quelque péril à le faire. — Omne q'uttd... Même règle d'abord que pour le cas précédent, Comp. le vers, 25. — Si qi'is autem... (vers, 2«). Il s'agit, selon les uns, d'un des convive» pairns, désireux de mettre le chrétien dans l'embairas; selon d'autres, d'un invité chrétien mais scrupuleux. — Ceite fois, la réponse est négative : Nolite manducare. L'apôtre motive son interdiction : pri'ptt'r... et pi opter... En effet, païen ou chrétien, celui qui avait fait l'observation citée aurait pu être scandalisé, et sa «onscience pou- \ait recevoir quelque dommage. — Con.^cientiam .. non tuam (vers. 29). Il importait de faire cette ré.-erve, car plus haut, à deux reprises (comi'. les vers. 25 et 27), la formule « propter cnscientiam » avait désigné la conscience du chrétien éclairé, qui avait l'entière conviction de sa liberté. Saint Paul affirme donc avec emphase qu'il ne veut toucher en rien aux droits du fidèle dont la conscience est bien formée, mais qu'il lui ordonne de s'abstenir par égard pour les scrupules de son frère. - Ut quid... ? C,-à-d. : Pourquoi soumettrais-je à tel point ma libei té à la conscience d'autrui , que Je dusse regarder comrie interdit ce que je sais être parfaitement licite? Ainsi donc, ma propre conscit-nce n'est pas liée par le sentiment erroné d\\ prochain ; elle n'est point fouillée, si j'accomplis un acte que je crois à bon riroit être permis, alors mênne que d'autres le regardent à tort comme coupable. — Si ego cnm... (vers. 30). C'est une pensée analogue. Cf. Rom. xiv, 16 ; I Tim. IV, 4-5. Quelque mets que je mange,
172 I CoB. X, 31
bîaspliemor pro eo quod gratias ago?
31. Sive ergo manducatis, sive bibitis, sive aliud quid facitis, omnia in gloriam Dei facite.
32. Sine ofïensione estote Judaeis, et gentibus, et ecclesiee Dei ;
33. si eut et ego per omnia omnibus placeo, non quserens quod mihi utile est, sed quod multis, ut salvi fiant.
pourquoi serais -je blâmé au sujet d'une chose dont je rends grâces ?
31. Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose , faites tout pour la gloire de Dieu.
32. Ne soyez une occasion de scandale ni aux Juifs, ni aux païens, ni à l'Eglise de Dieu ;
33. comme moi-même je cherche à plaire à tous en toutes choses, ne cherchant pas ce qui m'est avantageux, mais ce qui l'est au plus grand nombre , pour qu'ils soient sauvés.