Je vous loue, frères, de ce que
personne n'a le droit de me blâmer iqtcid blaiphemor...?), si je le mange en remerciant le t^ère céleste qui me le donne. — Les mots cum gratia, gratias ago, font allusion aux prières que les premiers chrétiens ne manquaient pas ie faire avant et après les repas, à l'imitation ■les Juifs. — Sive ergo... (vers. 31). En concluant, l'apôtre généralise, et cite le principe qui •ioit guider les chrétiens dans tous leurs actes. Les traits manducatis, bibitis, sont tirés directement de la situation. — In gloriam Dei. Noble but final que le vrai disciple du Christ se propose en toutes choses. — Sine offensione... (vers. 32). Règle générale, négative, après le principe positif; l'intérêt du prochain après celtii de Dieu. Le grec à7tp6<TX.o7io'. signifie à la lettre qu'il ne faut faire broncher, c.-à-d., ne scandaliser personne. — Judaeis, gentibus,... Les trois cercles de la société d'alors au point de vue religieux. — Sicut et ego... (vers. 33). De nouveau (cf. ix, 12'', 19 et ss.), l'apôtre présente sa propre conduite comme un exemple que les fidèles doivent imiter. — Placée. C.-à-d. : Je m'efforce de plaire.
Chap. XI. — 1. Conclusion. — Imitatores mei... En excitant ainsi les fidèles à suivre son exemple, Paul n'a garde de se donner comme un modèle absolu de perfection; il n'est luimême qu'ime copie par rapport à Jésus -Christ i sicut et ego...).
SiiCTtON IIL — Questions concernant
LE CULTE SACnÉ. XI, 2 -XIV, 40.
Ces questions sont au nombre de trois : la tenue des femmes dans les assemblées religieuses, certains désordres qui s'étaient intro-
duits dans la célébration des saints mystères, enfln les dons spirituels. Ce dernier point sera traité assez longuement. Ici encore nous admirerons le tact et l'habileté de saint Paul, et les hauts principes spirituels qui le guidaient dans les plus petits détails.
§ I. — Deux abus à éviter dans les assemblées religieuses. XI, 2-34.
1° La mise qui convient aux femmes lorsqu'elles assistent à ces réunions. XI , 2 - 16.
Il est probable que ce premier abus se rattachait aussi à une interprétation très fausse de la liberté apportée par le christianisme, spécialement en ce qui regardait la condition des femmes. Traitées comme des esclaves en Grèce ausfci bien qu'en Orient, elles voyaient tout à coup tomber leurs chaînes , et se sentaient libres, respeciées, honorées. Cf. Gai. m, 28. Maïs plusieurs ne tardèrent pas à s'arroger, en vertu même de cette liberté, des droits égaux à ceux des hommes ; entre autres , celui de paraître tête nue dans le^ assemblées religieuses , et celui d'y prendre la parole pour communiquer les révélations qu'elles avaient reçues. Ce second point ne sera traité que plus bas, xiv, 34 et ss.
2. Introduction à cette nouvelle partie de l'épître. — Elle consiste en un compliment délicat : Laudo... vos... quod... Quelques commentateurs anciens ont eu tort d'y voir de l'h-onie. Les fautes d'un certain nombre de ses membres n'empêchaient pas l'Église de Corinthe d'être excellente dans son ensemble. Cf. i, 4-8. — Le sens des mots per omnia... memores... est déterminé par la seconde moitié du verset : et sicuf tradidi... tenetis. Le souvenir qu'on avait de
I Cor. XI, 3-7.
VOIS vous souvenez de moi en toutes ch( ses, et que vous gardez mes préceptes tels que je vous les ai transmis.
3. Mais je veux que vous sachiez que le Christ est le chef de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef du Christ.
4. Tout homme qui prie, ou qui prophétise, ayant la tête couverte, déshonore sa tête.
6. Mais toute femme qui prie, ou qui prophétise, sans avoir la tête voilée, déshonore sa tête ; car c'est comme si elle était rasée.
6. Car si une femme n'est pas voilée, qu'elle se coupe les cheveux. Mais s'il est honteux pour une femme d'avoir les cheveux coupés ou rasés, qu'elle se voile la tête.
7. L'homme ne doit pas se voiler la tête, parce qu'il est l'image et la gloire
omnia mei memores estis, et sicut tradidi vobis, prœcepta mea tenetis.
3. Volo autem vos scire quod omnis viri caput Christus est ; caput autem mulieris, vir ; caput vero Christi, Deus.
4. Omnis vir orans aut prophetans velato capite, deturpat caput suum.
5. Omnis autem mulier orans aut prophetans non velato capite, deturpat caput suum ; unum en ira est ac si decalvetur.
6. Nam si non velatur mulier, tondeatur. Si vero turpe est mulieri tonderi, aut decalvari, velet caput suum.
7. Vir quidem non débet velare caput suum, quoniam imago et gloria
Paul à CoriQthe était très efficace, puisqu'il portait à accomplir ses enseignements.
3 - 6. Première raison pour laquelle les femmes doivent se voiler durant les assemblées sacrées : le rôle secondaire qu'elles tiennent dans l'Église. Le vers. 3 pose un principe, dont les vers. 4-6 tirent les déductions. — Viri caput..., caput autem... , caput vero... Admirable synthèse, qui comprend une sorte de hiérarchie ainsi constituée : Dieu, le Christ, l'homme, la femme. La femme chrétienne, quoique l'égale de l'homme BOUS le rapport de la grâce et de l'union à Jésus-Christ, occupe le dernier rang en ce qui concerne l'organisation extérieure de l'Église. L'expression métaphorique « caput » caractérise fort bien les rapports qui existent entre Dieu et le Christ, entre le Christ et l'homme, entre l'homme et la femme; elle marque tout à la fols a une communauté de vie et une inégalité dans cette communauté ». En efifet, la tête et les membres participent à la même vie; mais la tête l'emporte sur les membres. — Orans aut... (vers, 4). Tout l'ensemble de ce passage suppose que ces actes avaient lieu en public, durant les aesemblées destinées au culte. Sur la signification spéciale du verbe prophetans, voyez xii, 10, et le commentaire. —-Dei^rpat. Pour bien comprendre ce langage, il faut se souvenir que, d'après le symbolisme admis généralement par len anciens, le voile ou la coiffure était un signe de dépendance, de sujétion. C'est au propre, cc'te fois, d'après l'interprétation la plus probable, qu'il faut prendre le mot caput. Le sens est donc qu'un homme qui se voile reconnaît son Infériorité par rapport aux autres hommes, et se déshonore par là même. En Grèce, les hommes libres allaient partout la tête nue; c'étaient les esclaves qui se couvraient. — Omnis... mulier... (vers. 5). C'est le contraire. Chez les Grecs comme eu Orient , les femmes honnêtes
ne sortaient que voilées; seules, les femmes de mauvaise vie se présentaient en public sans voile. — Unum... ac si...
Réflexion pleine d'ironie. l)ans le grec : C'est la même cho?e que si elle était rasée. Véritable ignominie pour une femme, dans tous les temps et dans toutes les contrées. Cf. Is. m, 17, 24, etc. Comme les Hébreux (cf. Num. V, 18), les Gaulois rasaient la tête des femmes adultères ; les Grecs , celle des femmes esclaves. — Si von velatur..., londeatur ( vers. 6 ). On sent pa-!ser dans ces mots l'indignation de l'apôtre :
S'il y a parmi vous des femmesassezi nmodestes pour enlever leur voile et paraître tête nue dans leséglises, qu'elles aillent
jusqu'au bout, et qu'elles se fassent couper les cheveux. — Si vero... Si elles reculent devant l'ignominie d'être tondues ou rasées (Vulg,, dccalrari), qu'elles gardent leur ch<-velure, mais en même temps leur voile, en signe de dépendance. L'usage du voile s'est malheureusement perdu dans la plupart des contrées chrétiennes ; il existe encore en Espagne et ailleurs pour la sainte communion; à Rome, il est exigé lorsqu'une femme est reçue en audience par le souverain pontife.
7-12. Seconde raison : l'histoire de la création de la femme prouve que celle-ci n'a en réalité qu'un rôle secondaire. — Vir çiuidcm... L'apôtre
ï'emiTie grecque voilée.
( D'après une terre cuite d'Atliè les.)
I Cor. XI, 8-13.
Dei est; mulier autem gloria viri est.