En effet, à l'un est donnée p^^r
tion immédiate de l'Esprit- Saint. Quoique cette expression te rapporte plus directement aux dons des langues et da prophétie, il est évident, d'après les vers. 1, 4 et ss., que la règle tracée ici -même s'applique à tous les « charismata » en général. Le critérium est indiqué en termes tour à tour négatifs et affirmatif s. — Anathema Jesu. Mieux , d'après la leçon la mieux garantie du grec : « Anathema Jésus », Jésus ( est ) anathème ; ou , Maudit ( soit ) Jésus ! Sur le sens du mot àvàO£[;.a, voyez Rom. ix, 3 et les notes. Y avait -il déjà, parmi les chrétiens, des hérétiques qui niaient la divinité de Jésus - Christ ? On l'a affirmé, sans le prouver. Il vaut mieux supposer que l'apôtre a ici en vue les Juifs non convertis, qui maudissaient et blasphémaient Notre -Seigneur. A coup sûr, les hommes qui poussaient cette exclamation sacrilège ne pouvaient pas agir sous l'influence de l'Esprit- Saint, et si des phénomènes extraordinaires, analogues à ceux qui accompagnaient les dons spirituels, se manif estaient en eux ou par eux, c'étaient des phénomènes diaboliques et trompeurs. — Après nemo potest dicere, il faut sousentendre : dans un état extraordinaire, provenant d'un don spirituel. — Dominus Jésus. C'est le critère positif, qui consistait h s'écrier, au contraire : Jésus est le Seigneur ! c.-à-d., le Rédempteur promis, le Messie -Dieu auquel tout appartient. — Nisi in Spiritu... En effet, personne ne peut arriver sans le secours de l'Esprit- Saint à croire en Notre- Seigneur Jésus -Christ et à manifester ouvertement sa foi. Cf. Matth. XVI, 17. Voyez aussi I Joan. iv, 1-3, passage qui présente une grande analogie avec celui-ci. 4-11. L'unité d'origine et de but des don^ spirituels, malgré leur diveisité. Les vers. 4-6 nous les montrent procédant tous d'un seul et môme prinipe, Dieu lui -môme. — Divlsioves. Le substantif grec Staipeorsiç désigne à proprement parler des distributions, des répartitions ; puis, comme c'est ici le cas, des catégories distinctes. — Gratiarum rend imparfaitement le sens de "/apiafxaTtov. Voyez les notes du vers. 1». — Idem... Spiritus. Quoique variés et multiples, les dons en question émanent du même et seul Esprit divin. — Et divisiones... Les vers. 5 et 6 sont destinés h expliquer lo
vers. 4, au moyen de deux analogies. — Ministrationum, ôtaxoviàiv. C.-à-d., des fonctio. s ecclésiastiques , comme l'apostolat, le sacerdoce, le diaconat, etc. — Idem... Dominas. Ces divers ministères provenaient tous de Notre -Seigneur Jt sus -Christ, chef de l'Eglise, et se rapportaient à son service. — Par operationum (evcpyYjiJLa- TU)v ) , il faut entendre les heureux effets produits soit dans les esprits (par exemple, les conversions), soit dans les corps (les miracles de guérison , etc. ) , par le moyen des dons spirituels et des fonctions ecclésiastiques. — Ces effets sont appropriés à Dieu le Père (idem... Deus), parce que c'est lui qui, en vertu de sa toute-puissance créatrice , operatur { o èvepytbv) omnia in omnibus (c.-à-d., dans tous les hommes). Tout ce passage contient un argument très fort en faveur du mystère de la sainte Trinité. — Unicuique... (vers. 7). But pour lequel les dons spirituels sont accordés par l'Esprit- Saint : ad utilitatem. C.-à-d., non pour le bien particulier de ceux qui les reçoivent, mais pour le bien général de l'Église, ainsi qu'il ressort des vers. 12 et ss. — Les principaux « charismata » sont énumérés dans les vers. 8-10.. L'apôtre en cite neuf; mais il ne se propose nullement d'être complet, puisqu'il en mentionne plusieurs autres dans l'épître aux Rom., xii, 6 et ss. Comp. aussi le vers. 28, où il n'en signale que huit. Il semble les avoir groupés en trois classes , en variant les formules par lesquelles 11 désigne les chrétiens qui étaient l'objet de ces dons: tù [iév, vers. 8»; étépco , vere. 9»; exipfo, vers. 10*" (voyez le texte grec). Il emploie aussi des prépositions dififérentes, afin de mieux marquer la manière dont ces faveurs merveilleuses dépendent de l'Esprit- Saint : per (8iâ), secundum (xata), in (èv); « elles sont données par lui et distribuées selon sa volonté (comp. le vera. 11), parce qu'elles ont en lui leur source commune ». — L'accord est loin de régner entre les exégètesau sujet de la définition et de la nature des divers « charismata i> ; nous donnons les interprétations les plus communément admises. La première classe comprend les dons qui .•■e rapportent à la connaissance et à la démonstration des véf^-*^e chrétiennes : sermo sapientise,...
I Cor. XII, 9-12.
TEspiit une parole de sagesse ; à. un autre, une parole de science, selon le même Esprit ;
9. b un atifre, la foi, par le même Esprit; à un autre, la grâce des guérisons, jvir le même Esprit ;
10. à un autre, le don d'opérer des miracles; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l'interprétation des langues.
11. Or c'est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses, les distribuant à chacun comme il veut.
12. Car comme le corps est un et a beaucoup de membres, et comme tous
sermo sapientîœ ; alii autem sormo scientiae secundum eumdem Spiritum ;
9. alteri fides in eodem Spiritu ; alii gratia sanitatum in uno Spiritu ;
10. alii operatio virtutum, alii prophetia, alii discretio spirituum, alii gênera linguarum, alii interpretatio sermonuni.
11. Hsec autem omnia operatur unus atque idem Spiritus, dividens singulis prout vult.
12. Sicut enim corpus unum est, et membra habet multa, omnia autem
scientiœ « Il faut remarquer que l'apôtre ne parle ni de la sagesse ni de la connaissance en elles-mêmes, mais d'un discours de sagesse ou de connaissance ; car il saisit le don en acte , au moment où il doit servir à l'édification de l'Église. » La sagesse dont il est ici question paraît avoir consiisté, d'après ii , 6 et ss., dans l'intelligence des mystères les plus relevés du christianisme , par opposition à ceux des dogmes chrétiens qui étaient l'objet de la science ordinaire des fidèles. Cf. m, 1 et ss. D'où il suit que la parole de sagesse et la parole de science étaient le don, accordé par l'Esprit -Saint, d'enseigner et d'expliquer, d'une part les plus hauts mystères de la religion, de l'autre les vérités élémentaires. Le premier don était surtout départi aux apôtres et aux autres grands prédicateurs de la foi ; le second , aux prédicateurs ordinaires. — Alteri... Seconde catégorie ( vers. 9-10»), comprenant les dons qui concernaient la foi et sa diffusion. — Le mot fides ne désigne pas ici la première des trois vertus théologales, qui dépasse les limites du simple don spirituel ; elle est d'ailleurs le bien commun de tous les chrétiens, et non pas un privilège accordé seulement à quelques-uns. Il s'agit de ce qu'on nomme « fides mlraculosa », c-à-d., de la foi portée à un tel degré, qu'elle peut opérer des prodiges. Cf. Matth. xvii, 20 et I Cor. xiii, 2. — Les quatre dons suivants peuvent être regardés comme des effets de cette foi, soit dans la sphère matérielle (gratia sanitatum, le don d'opérer des guérisons miraculeuses ; operatio virtutum, la don d'acoomplir toutes sortes de prodiges éclatants), soit dans la sphère spirituelle ipropketia et discretio...). he mot prophétie a doux significations distinctes dans le Nouveau Testament. Tantôt il marque la prédiction de l'avenir dans le sens strict ; d'autres fois, il ne représente que la communication, faite en termes émus et édifiants, de certaines vérités qui , tout en étant dévoilées par une inspiration divine, n'avaient pas trait à l'avenir. Le discernement des esprits servait de contrôle au don de prophétie. Il consistait à apprécier à leur Juste valeur les phénomènes qui paraissaient
provenir de l'inspiration. Celui qui en était doué pouvait dire si le prophète parlait sous l'influence de l'Esprit de Dieu, ou sous celle de l'esprit des ténèbres, ou de son propre fonds. Cf. XIV, 29 ; I Thess. v, 19-21, etc. — Dans la troisième catégorie (vers. lO»») sont placés le don de parler en langues étrangères ( gênera linguarum, ^évY) yX(0(Tcrtov ) et celui de les interpréter (interpretatio sermonum, ou mieux, « linguarum », comme dit l'Itala, plus conforme au texte grec). Ils seront longuement décrits au chap. XIV. — Eaec autem... (vers. 11). Cette ligue condense tout ce qui a été dit depuis le vers. 4, au sujet de l'unité d'origine de-; « charismata » malgré leur diversité. — Dividens singula... prout... C'est là un trait nouveau et important, qui relève la liberté entière de l'Esprit -Saint dans la distribution de ces dons, appelés pour ce motif « gratis data ». — Vult : d'une volonté infiniment sage, qui donne à chaque chrétien ce qui convitnt le mieux pour le bien de l'Églis-e.
2° Conséquences pratiques de la théorie qui précède. XII, 1*2-31.
Elles sont énoncées sous la forme d'une belle allégorie, empruntée au corps humain, et qui rappelle plusieurs morceaux célèbres de l'antiquité, entre autres le discours de Menenius Agrippa dans Tite Llve, ii, 32, et les comparaisons identiques de Séuèque, de Ira, ir, 31 et de Marc Aurèle, n, 1 et vu, 13. Saint Paul s'y propose un double but : 1« faire en sorte que tous les fidèles fussent contents des dons qu'ils tenaient de l'Esprit -Saint, puisque même les plus petits de ces dons contribuaient au bien universel; 2o réprimer tf>ut fcitinimt de jalousie et de mécontentement chez ceux qui possédaient des dons moins éclatants.
12-14. Introduction : l'Église co nparée au corps humain. Cf. Rom. xii, 4. — Sicut... corpus... Rien n'est plus exact. Le corps humnin n'est pas « une agrégation monotone de parties semblables , ainsi que cela a lieu dans un j-éi^ervoir d'eau ou dans un tas de pierres » ; c'est un organisme vivant, très varié dans son unité : unum est, et multa,., — La même pensée est
I Cor. XII, 13-18.
merabra corporis cum sint multa , unum tamen corpus suât, ita et Christus.
13. Etenim in iino Spiritu omnes nos in unum corpus baptizati sumus, sive Judaei, sive gentiles, sive servi, sive liberi ; et omnes in uno Spiritu potati sumus.