Nam et corpus non est unum membrum, sed multa
15. Si dixerit pes : Quoniam non sum manus, non sum de corpore ; num ideo non est de corpore?
16. Et si dixerit auris : Quoniam non sum oculus, non sum de corpore; num ideo non est de corpore ?
17. Si totum corpus oculus, ubi auditus? si totum auditus, ubi odoratus?
18. Nunc autem posuit Deus membra, unumquodque eorum in corpore sicut voluit.
les membres du corps, quoique nombreux , ne forment néanmoins qu'un seul corps : ainsi en est -il du Christ.
13. En effet, nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit païens, soit esclaves , soit libres ; et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit.
14. Ainsi le corps n'est pas un seul membre , mais il est composé de beaucoup de membres.
15. Si le pied disait : Puisque je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps ; est - ce que pour cela il ne serait point du corps?
16. Et si l'oreille disait : Puisque je ne suis pas un œil, je ne suis pas du corps ; est-ce que pour cela elle ne serait point du corps?
17. Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe ? s'il était tout ouïe, où serait l'odorat?
18. Mais Dieu a disposé les mçmbres dans le corps, chacun d'eux comme il a voulu.
répétée sous une autre foriue : omnia autem..., unum tam,en... — Ita et Christus. On s'attendrait à lire plutôt : Ainsi eu est -il de l'Église. Mais saint Paul a précisément substitué ici par métonymie le nom du Christ à celui de la communauté fondée par lui, afin de mieux faire ressortir l'unité parfaite de l'Église. Il s'agit donc du Christ mystique, de l'assemblée des fidèles qui est comme le corps du Christ. Comp. le vers. 27 ; Eph. i, 22-23 et iv ,12 ; Col. i, 18, etc. — Etenim... (vers. 13). L'apôtre démontre en quelques mots l'existence de cette unité formée par tous les fidèles, à quelque race et à quelque condition qu'ils appartiennent. — In uno... omnes... in unum. Remarquez la vigueur des expressions. Au baptême, les chrétiens sont pour ainsi dire plongés (baptizati) dans l'Esprit- Saint comme dans un élément divin , de manière k ne former ensuite tous ensemble qu'un seul et même organisme spirituel. L'Esprit de Dieu reçoit encore une mention spéciale, parce que c'est k lui qu'est appropriée la vie nouvelle que les hommes reçoivent par le baptême. Cf. Joan. m, 5 et s?., Tit III, 5-6, etc. — Toutes les différences antérieures, soit de race et de religion (:.ive Judœi, sive...), soit de condition («ire servi, sive...), ont disparu dans cette transformation qu'opère le baptême. « Quand on pense k la distance qui séparait à cette époque Juifs et païens, esclaves et libres, on mesure la puissance du principe d'union qui avait comblé ces abîmes. » — Nous ci'oyons, avec de nombreux commentateurs, que la métaphore in... Spiritu potati sumus représente le sacrement de confirmation, par lequel les premiers chrétiens ne recevaient pas seulement l'Ësurit-Saint,
mais étaient en outre comme abreuvés de ses dons merveilleux. Cf. Act. vin, 17 ; xix, 6, etc. Il est moins bien de voir dans cetie formule une autre désignation du baptême, ou ceile du J sacrement de l'Eucharistie ; en effet , l'image \ employée ne convient à aucun de ces deux sacrements. — Nam, et corpus..^ (vers. 14). Paul revient à sa comparaison du vers. 12 , qu'il va développer au point de vue pratique dana les vers. 15 et ss.
15-26. De môme que le corps humain est essentiellement un malgré la multiplicité de ses membres, de même en est -il de l'Église, malgré ia variété et le grand nombre des « charismata ». — Si dixerit... Vers. 15-20 : la noblesse plus grande de tel ou tel membre ne fait pas qu'il appartienne davantage au corps, mais c'est l'union de tous les membi'es qui constitue l'admirable organisme du corps humain d'après l'intention du Créateur. Ces réflexions s'adressent à ceux des Corinthiens qui, n'ayant pas reçu les dons les plus brillants de l' Esprit- Saint, en étaient attristés et découragés. — Pes..., auris... (vers. 15 et 16). Le pied et l'oreille, dranuatiquement personnifiés, se plaignent d'être moins honorables et môius utiles que la main et que l'œil. Plainte insensée : Num ideo...? — Si totum... (vers. 17). Raisonnement qui met davantage en relief la sotilse d'une telle plainte. Le corps a des nécessités nombreuses, qui exigent des membres très variés, sans l'existence desquels la perfection de son organisme disparaîtrait : Ubi...f ubi...?— Nvnc autem... (vers. 18). Cette diversité est l'œuvre du Créateur lui-même, dont elle atteste la grande sagesse. D'où il suit qu'être mécontent
I Cor. XII, 19-26.
19. S'ils n'étaient tous qu'un seul membre , où serait le corps ?
20. Mais maintenant il y a beaucoup de membres, et un seul corps.
21. L'anl ne peut pas dire à la main : Je n'ai pas besoin de ton aide ; ni la tête dire aux pieds : Vous ne m'êtes pas nécessaires.
22. Mais au contraire les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont les plus nécessaire^ ;
23. et les membres du corps que nous regardons comme les plus vils, nous les entourons d'un plus grand honneur ; et ceux qui sont honteux reçoivent le plus de respect.
24. Ceux qui sont décents n'en ont pas besoin ; mais Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d'honneur à ce qui en manquait,
25. afin qu'il n'}^ ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également un soin réciproque les uns des autres.
26. Et si un membre souffre, tous les membres soufcent avec lui ; ou si un membre est honoré, tous les membres s'en réjouissent avec lui.