Ex parte enim cognoscimus, et ex parte prophetamus
10. cura autem venerit quod perfectum est, evacuabitur quod ex parte est.
11. Cum essem parvulus, loquebar ut parvulas, sapiebam ut parvulus, cogitabam ut parvulus ; quando autem f actus sum vir, évacua vi quœ erant parvuli.
4. La charité est patiente, elle est pleine de bonté. La charité n'est point envieuse, elle n'agit pas avec témérité, elle ne s'enfle pas d'orgueil;
5. elle n'est pas ambitieuse, elle ne cherche pas ses propres intérêts , elle ne s'irrite pas , elle ne pense pas le mal ,
6. elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité ;
7. elle souffre tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout.
8. La charité ne finira jamais ; pas même lorsque les prophéties disparaîtront, que les langues cesseront, et que la science sera détruite.
9. Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ;
10. mais quand ce qui est parfait sera venu, tout ce qui est partiel disparaîtra.
11. Quand j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je jugeais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; mais lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.
téristique est pleine de vigueur dans sa brièveté. En quinze « aphorismes exquis », saint Paul signale quinze marques ou qualités soit positivfcs, soit négatives de l'amour. D'après l'opinion la plus probable, elles concernent toutes le prochain, quoiqu'il ait été surtout question de l'amour de Dieu dans les vers. 1-3. D'ailleurs, le précepte de l'amour est unique en réalité. Cf. Matth. xxii, 36-40. — D'abord, au vers. 4% deux qualités générales et positives : patiens..., benigna... La charité est patiente pour supporter les maux , et pleine de bonté pour procurer le bien. Puis viennent huit qualités négatives, vers. 4'» -6», qui sont comme le développement de Rom. xiii, 10 : « Dilectio... malum non operatur. » — Non agit perperam. Le sens probable du grec est : Elle ne ee vante pas. — Non inflatur : par orgueil et présomption. Cf. iv, 6. — Non... ambitiosa (vers. 5). Le grec signilie plutôt : Elle n'agit pas d'une manière inconvenante. Celui qui est orgueilleux et égoïste blesse souvent les convenances sociales, la politesse, etc. — Non cogitât... Mieux : Elle n'impute pas le mal. L'amour sincère ne tient pas note des Injures reçues, mais il les pardonne et les oublie aussitôt. — Non gaudet super... (vers. 6). C.-à-d., au sujet des péchés d'autrul. Rien n'est plus triste pour un cœur aimant que de contempler les fautes du prochain. — Enfin, cinq traits positifs, vers. 6i>-7, dont le premier, sed congaudet..., contraste avec la qualité qui précède. La charité se réjouit des triomphes remportés par la vérité, qu'elle voudrait voir établie en tous lieux. — Omnia suffert. Plutôt, d'après le grec : Elle cache tout. C.-à-d., qu'elle excuse tous les défauts du prochain. — Omnia crédit: non par faiblesse et par crédulité, mais parce
que celui qui aime est plein de confiance en ses frères. — Omnia sperat. Le prochain fût-il très imparfait, l'homme aimant espère le voir s'améliorer. — Omnia sustinet : sachant que les maux et les persécutions de cette vie prendront fin, et recevront une glorieuse récompense.
8-13. La perpétuité et la supériorité universelle de l'amour. Ces deux autres qualités sont magnifiquement décrites. — Nunqvam excidit. Jamais la charité n'aura de fin, car elle est faite plus encore pour le ciel que pour la terre. C'est « une fleur dont les pétales ne tomberont jamais ». — Sive..., sive... Le contraire aura lieu pour les dons spirituels (l'apôtre cite comme exemple ceux de prophétie, des langues et de science ), qui seroct inutiles dans l'autre vie. — Motif pour lequel les deux dons de prophétie et de science cesseront dans le ciel , tandis que la charité durera toujours ( vers. 9 - 10 ) : ex parte enim... Ils sont imparfaits en eux-mêmes, et ne nous dévoilent qu'une partie de la révélation. Lors donc que nous posséderons la pleine connaissance de la vérité (quod perfectum est), ce qui est partiel, fragmentaire et imparfait devra naturellement disparaître. A plus forte raison le don des langues, devenu alors entièrement Inutile; aussi l'apôtre ne le mentionne- t-il plus ici. — Cum essem... (vers. 11). Une intéressante comparaison met en relief cette nécessité de substituer un jour le parfait h l'iraparfiit. Les « charismata » ne sont, par rapport à la vision béatifique, que des bégaiements, des impressions et des pensées de petit enfant (parvulus, vviTrtOi;). Les trois verbes loquebar, sapiebam, cogitabam, sont en gradation ascendante. — Toutes ces choses de l'enfance sont rejetées par l'homme, une fois qu'il est parverju à la maturité : quando av^
I Cor. XllI, 12-13.
12. Nous voyons maintenant à travers Tin miroir, en énigme ; mais alors nous verrons face h face. Maintenant je connais en partie ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu.
13. Maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande est la charité.
12. Videmus nune per spéculum in senigmate; tuiic autem facie ad faciem.
Nunc cognosco ex parte ; tune autem cognoscam, sicut et cognitus sum.
13. Nunc autem manent fides, spes, caritas, tria hsec; major autem horum est caritas.
tem... — Videmus (pXéirofJLev, noiis contemplons)... Autre comparaison (vers. 12), qui acliève d'expliquer la première. Ce verset contient une belle description du ciel. Le nunc et le tune qui alternent forment un saisissant contraste. — Per spéculum. Corinthe jouissait alors d'une certaine célébrité pour les miroirs métalliques qu'on y fabriquait; mais le meilleur miroir ne montre qu'une imagi3 plus ou moins iilexacte.
Miroir grec.
(D'après les monuments.)
— In senigmate : car la foi est pleine d'obscurités, qui disparaîtront dans l'autre vie. — Les mots facie ad faciem sont « d'une indicible suavité ». Comme deux amis qui se regardent. Cf. Ex. xxxni, 11 ; Deut. xxxiv, 10, etc. — Hiuiic cognosco (yivâxîxw) ex parte. Corap. le vers. 9». Ici-bas notre connaissance de Dieu et des choses de Dieu est analytique, successive, incomplète; dans le ciel, elle sera complète, intuitive et synthétique. — Cognoscam. Dans le grec, l'apôtre substitue le verbe composé (âiiiYvwaojJLOd) au verbe simple, pour mieux marquer la perfection de la connaissance du ciel. — Sicut... cognitus... (encore le verbe composé : ÈTteyvwa-ÔYiv). Tandis que nous sommes sur la terre, Dieu nous connaît à fond, intimement; c'est ainsi que nous le connaîtrons lui-même dans l'éternité. — Cet heureux temps de la vision intuitive est réservé pour l'autre vie ; du moins, pour les encourager et les consoler, les (Are tiens possèdent les trois
vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité, bien supérieures aux simples dons spirituels : iVitwc autem... (vers. 13).— Manent. Le contraire du verbe « excidit ». Comp. le vers. 8". — Major autem... Dans cette catégorie même, la charité a une supériorité incontestable, et elle seule survivra dans l'autre monde, puisque la foi fera place à la vision directe ( cf. II Cor. V, 7) et l'espérance à la possession (cf Rom. VIII, 24).
40 Parallèle entre la prophétie et le don des langues. XIV, 1-25.
On a beaucoup écrit sur ce passage, surtout pour déterminer la nature précise du don des langues, dont il a été déjà question plus haut, XII, 10, 28 et 30. Voyez aussi Marc, xvi, 17; Act. it, 4 et ss.; x, 46 et xix, 16. Les expressions par lesquelles il est désigné jettent du jour sur sa nature : xii, 8 et 28 : « gênera linguarum » (yévYi ■^Xtannùiv), c.-à-d., différentes espèces de langues; xin, 8, simplement « les langues »; XIV, 2,4, etc., « loqui lingua » (au singulier); XII , 30 ; xiii , 1 ; xiv, 5 , etc., « loqui liftguls » (au pluriel) ; Marc, xvi, 17, parler « de nouvelles langues » ; Act. 11, 4, pa/ler « des langues étrangères » (Ixcpatç yXw(7(Tai(;). L'idée qui ressort clairement des textes de saint Marc et des Actes, comme ici de la plupart des expressions employées par saint Paul, c'est que le don des langues consistait à s'exprimer, sous l'impulsion de l'Esprit -Saint, en des langues étrangères, qu'on n'avait jamais apprises, et qui étaient nouvelles en ce sens pour celui qui les parlait. Telle a été l'opinion unonime des commentateurs au sujet de ces divers passages, jusqu'aux temps modernes, et l'on n'a aucune raison de s'en écarter, car elle explique seule les phénomènes miraculeux mentionnés par les écrivains sacrés. Cest visiblement dans l'intention de faire disparaître le miracle et de donner une signiflcation toute naturelle aux passages indiqués, que les rationalistes ont assigné ici au substantif « lingua », tantôt le sens figuré d'idiotismes, d'archaïsmes, comme si le « glossolale », ainsi que le nomme saint Paul , s'était exprimé en un langage tout entremêlé d'expressions rares et anciennes; tantôt le sens purement littéral, comme si le don des langues avait consisté à remuer la langue pour émettre des sons indistincts et Inconscients. Ces explications sont assurément plus difficiles à admettre que le prodige lui-même, car elles sont en contradiction ouvertes avec les textes qu'elles prétendent commenter. — D'après quelques interprètes catholiques, ce n'est pas en plusieurs langues
I Cor. XIV, 1-5.