‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 185 sur 873 · Or je veux que vous parliez tous · texte numérisé non relu

Or je veux que vous parliez tous

distinctes que les glossoJalcs auraient purlé, mais dans la langue primitive, universelle, qui existait avant la tour de Babel. Mais rien de sérieux ne favorise ce sentiment, qui est plutôt réprouvé par les locutions « parler de nouvelles langues, parler des langues étrangères, » etc. Il semble, d'après la description donnée ici même par l'apôtre, que les glossolales ne comprenaient pas toujours eux-mêmes l'idiome qui leur était inspiré miraculeusement, et il est certain que les autres fidèles ne le comprenaient pas du tout. Par conséquent, le don signalé dans ce passage n'est pas absolument identique à celui que reçurent les apôtres au jour de la Pentecôte. Il avait pour but, non pas l'instruction des fidèles, mais la gloire du Dieu dont il manifestait la puissance.

Chap. XIV. — 1-5. Le don des langues sert moins à l'édification des fidèles que la prophétie. — Le vers. 1 rattache d'abord directement ce chap. au xui« isectamini...) ; puis , par l'autre exhortation, semulamini spiritalia (xà nveu- {xaiixâ, scil. X'^piaiia.za; voyez xii, 1 et les notes), il nous ramène à xii, 31», pa.'sage que saint Paul va maintenant développer, après son éloquente digression relative à la charité. — Magis autem... Il compare entre eux deux de ces dons spirituels, celui, des langues et la prophétie, pour donner, comme il l'indique dès à présent, la préférence à cette dernière. Nous avons dit (voyez xii, 10 et le commentaire) que la prophétie ne consit^tait pas habituellement à piédire l'avenir; ceux qui possédaient ce don avaient une facilité parti» ulière pour louer Dieu et pour instruire les fidèles, et c'est seulement d'une manière exceptionnelle , pour accroître leur autorité, que l'Esprit -Saint leur révélait des choses cachées (comp. les vers. 24 et 25). Les Corinthiens lui préféraient le don des langues, qui leur semblait i)lus éclatant et qui flattait davantage leur vanité. L'apôtre essaie de les détromper dans ce narallèle, qui est admirable de

bon goût, de finesse et de force. — Qui enim... (vers. 2). Paul indique immédiatement, en se conformant au principe énoncé plus haut (cf. xii, 8), le motif de la supériorité de la prophétie : elle est plus utile au prochain que le don des langues, aiui-i qu'il ressort du mode d'opération de ces deux « chaiismata ». — Non hominibus..., sed... C'est directement à Dieu que s'adressait le glossolale, dans sa prière ou son action de grâces, formulées en une langue étrangère. Les membres de l'assemblée ne le comprenaient pas {nemo... audit); ce qu'il disait était mystérieux pour eux et pour lui-même. — Le mot spiritu désignerait, d'après de nombreux commentateurs, la troisième personne de la sainte Trinité, sous l'inspitation de laquelle s'exprimait le glossolale. D'autres pensent, et l'omission de l'article dans le grec semble leur donner raison, qu'il s'agit plutôt de l'esprit du glo^solale lui-même, de son âme toute ravie en Dieu. — Nam qui... ( ver.'j. 3 ). D'après le grec : Mais celui qui pi'ophétise (« qui autem »). — Ad eedificationem, et.. , et... Ces expressions marquent tout ensemble le triple sujet et le triple résultat de la parole du prophète. La première est la plus générale; aussi sera- 1- elle seule employée dans les lignes qui suivent. Les deux autres sont plus spéciales : l'exhortation était surtout destinée à stimuler les fidèles moins appliqués au devoir; la consolation, à secourir moralement les afïlig<'s, les tentés, etc. — Qui lo^jultur..., semetipsum.^ (vers. 4). 11 n'éditie pas les autres, puisqu'ils ne peuvent le comprendre (comp. le A'ers. 2**); du moins, il s'édifie lui-même, attendu qti'll a conscience d'être sous l'influence de l'Esprit de Dieu , ce qui augmente sa foi et sa piété. — Le prophète, au contraire, ecclesiam... sediftcat, pour la raison qu'a exprimée le ven^. 3.— L'apôtre tire maintenant ( vers. 5 ) les conséquences pratiques des développements qui précèdent. D'une part, volo... omncs... loqui..., le don des langues étant en soi une chose excellente. D'autre part,

I Cor. XIV, 6-7.

les langues, mais encore plus que vous pro})hétisiez ; car celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle les langues, à moins qu'il n'interprète, afin que l'Eglise en reçoive de l'édification.

6. Aussi, mes frères, si je venais à vous parlant des langues, de quelle utilité vous serais -je, à moins que je ne vous parle ou par révélation , ou par connaissance, ou par prophétie, ou par doctrine '?

7. Si les choses inanimées qui rendent un son, comme la flûte et la harpe, ne rendent pas des sons distincts, comment saura -t- on ce qui est joué sur la flûte ou sur la harpe? .

guis, magis autcm prophefare; nam major est qui prophetat, quam qui loquitur linguis, nisi forte interpretetur, ut ecclesia œdificationem accipiat.

6. Nunc autem, fratres, si venero ad vos linguis loquens, quid vobis prodero, nisi vobis loquar aut in revelatione, aut in scientia, aut in prophetia, aut in doctrina?

7. Tamen quse sine anima sunt vocem dantia, sive tibia, sive cithara, nisi distinctionem sonituum dederint, quomodo scietur id quod canitur, aut quod citharizatnr ?

magis... Ht. .. (même formule qu'au vers, l*"), la prophétie étant préférable par ea nature et par ses résultats, comme l'apôtre le répète en d'autres termes, Nam Tnajor est... Toutefois, il restreint son assertion en ajoutant : nisi forte... Dans le cas où le glossolale , par suite d'une nouvelle inspiration de l' Esprit-Saint, Interpréterait en langue vulgaire ce qu'il avait dit auparavant en des idiomes étrangers et inconnus , 11 deviendrait l'égal du prophète, car il contribuerait comme lui à l'édification commune : ut écolesia... Il suit de là que le don d'interprétation n'était pas habituellement uni au don des langues.

6-13. Inutilité de la glossolalie prise en ellemême et non'accompagnée d'une interprétation. Saint Paul se met personnellement en scène dans les premières lignes, pour faire ressortir cette vérité avec plus de force. — Nunc autem. Transition : les choses étant ainsi. — Sic... linguis loquens,... nisi... Les Corinthiens connaissaient par expérience les effets de la prédication de Paul ; mais ses merveilleux résultats auraient-ils été produits si, au lieu de leur annoncer l'évangile en grec, il s'était exprimé en des langues étrangères ? Si cela était vrai de lui , à plus forte raison des glossolales ordinaires. — La proposition nisi... loquar aut..., aut... ne signifie pas : Si je n'interprète pas mon instruction , après vous l'avoir donnée en une langue inconnue; mais : Si, ù, côté du rôle de glossolale, je ne remplis .pas en même temps ceux de prophète et de docteur. — Les quatre locutions in revelatione, in scientia, in..., in... sont associées deux h deux, de manière ù former deux groupes qui se correspondent. D'une part, le côté extérieur du don divin : la révélation et la connaissance; de l'autre, sa manifestation extérieure : la pi-ophétie et l'enseignement. Cest la révélation qui fait le prophète, la connaissance des choses diviues qui fait ie docteur. Voyez xii, 28»>. — Tamen.. A son propre exemple, l'apôtre en joint deux autres, empruntés l'un à la musique, vers. 7-9, l'autre à l'usage ordinaire des langues, vers. 10-12, pour démontrer encore l'inutilité de la glossolalie envisagée en elle-même. Quelques commen-

tateurs pensent que l'adverbe o(Ji.a)ç serait mieux traduit par « quin et », bien plus, ou par « simili ter », également. Mais il a vraiment ici le sens de « tamen »; seulement, 11 a été mis en tête de la phrase par suite d'une transposition : Les objets inanimés peuvent rendre un son, et pourtant, si leur son est indistinct, comment..,?

— TiMa , cithara. Deux instruments très usités alors dans la vie civile et dans la vie religieuse. Voyez rA«. arcfe., pi. Lx, flg.l7 ; pi. Lxn,flg.4, 5,7,

— Nisi distinctionem... Jouer de la fliite ou de la guitare, ce n'est pas émettre des sons en soufflant

Leçon de flûte. ( D'après un vase peint.)

dans le premier de ces Instruments et en faisant vibrer les cordes du second ; c'est s'en servir, les faire parler, tomme l'on dit, conformément « aux lois des tons et du rythme, aux intervalles de la gamme et de la mesure ». Sinon, l'on ne distinguerait aucune mélodie : quomodo scietur...? — Id quod canitur. Dans le grec : Ce qui est joué sur la flûte. — Etenim si... (vers. 8). Aux instruments pacifiques qu'il vient de mentionner, Paul ajoute l'Instrument belll-

I Cor. XIV, 8-14.

8. Etenim si incertam vocem det tuba, quis parabit se ad bellura ?

9. Ita et vos, per linguara nisi manifestum serraonem dederitis, quomodo scietiir id qiiod dicitur? eritis enim in aéra loipieiites.

10. Tarn multa, ut puta, gênera linguarura sunt in hoc mundo, et nihil sine voce est.

11. Si ergo nesciero virtutem vocis, ero ei cui loquor barbarus ; et qui loquitur, mihi barbarus.

12. Sic et vos, quoniam semulatores estis spirituum, ad sedificationem ecclesife quserite ut abundetis.

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