Et ideo qui loquitur lingua, oret ut interpretetur
14. Nam si orem lingua, spiritus meus orat, mens autem mea sine fructu
€St.
8. En eft'et, si la trompette rend un son confus, qui se préparera au combat?
9. Vous de même, si par la langue vous ne donnez pas un langage distinct, comment saura- 1- on ce que vous dites?
Car vous parlerez en l'air.
10. Il y a, en effet, tant d'espèces de langues dans ce monde, et il n'y en a aucune qui n'ait sa signification.
11. Si donc je ne connais pas le sens des paroles, je serai un barbare pour celui à qui je parle, et celui qui parle sera un barbare pour rtioi.
12. Ainsi vous-mêmes, puisque vous désirez avec ardeur les dons spirituels, cherchez pour l'édification de l'Église à en posséder abondamment.
13. C'est pourquoi, que celui qui parle une langue prie, afin de l'interpréter.
14. Car si je prie dans une langue inconnue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence est sans fruit.
queux par exoelltnoe, la trompette (AU. archéol., pi. Lxxxvii, fig. 5, 8-11), — Si incertam vocem... Elle sert à donner aux soldais les signaux les plus variés, qui doivent être d'une grande clarté.
— Bellum, a ici la signification restreinte de combat. — Ita et ijos... (vers. 9). L'apôtre fait à ses lecteurs une application rapide des exemples empruntés aux instruments de musique. — Per linguam. D'après le contexte : par le don des langues. — Nisi manifestum... : ce qui ne pouvait avoir Heu qu'au moyen de l'interprétation. €omp. le vers. 5^. — In aéra loquentes est une locution proverbiale, pour figurer un son confus, qui se perd dans l'air. Cf. ix, 26. — Au vers. 10, saint Paul passe à, l'autre exemple, tiré des langues elles-mêmes et de leur usage naturel : Tant multa... « Il est impossible de déterminer le nombre exact des langues connues ; mais il ne peut guère s'élever à moins de neuf cents. » Max Millier, la Science du langage, traduct. de l'anglais, Paris, 1867, p. 29. — Ut puta. Dans le grec : e\ x\i-/oi , quel qu'en soit le nombre. Formule employée par l'écrivain 8acré , pour monti'er qu'il veut se tenir dans le vague. — Linguarum. Le grec dit à la lettre : des voix. La Vulgate donne bien le sens. — ■ Et nihil. Le grec oùSiv serait mieux traduit par « nullum » : aucun genre de langage. — Sine voce. . . Manière de dire que toutes les langues sans exception se composent de mots articulés, donnant un sens.
— D'où la conséquence qui suit : Si ergo..., ero... (vers. 11). Par virtutem vocis, il faut entendre la valeur ou la signification des sons. — Barbarus. Pour les anciens, on était barbare (c.-à-d., celui qui balbutie)^ quand on parlait une langue étrangère , ou quand on ne comprenait pas la leur. — Le i)ronom mihi (dans le grec : êv èf;.©'', en ce qui me concerne) doit être rattaché au second larbarus, et non pas à loquitur, —
Sic et vos... (vers. 12). Application analogue à celle du vers. 9 ; mais elle a lieu cette fois sous forme d'exhortation. — Spirituum. Le substantif uveufjLOTwv équivaut ici à 7:veu(j.aTtx.(ov, dons spirituels. — C'est pour accentuer l'idée que les mots ad sediflcationem... sont placés avant le verbe qvœrite : Si vous recherchez les « charismata », que ce soit avant tout pour l'édification de vos frères, — Abundetis signifie : posséder abondamment les dons spirituels. — Et ideo (vers. 13) : puisque le don des langues est incapable par lui-même d'édifier l'Église. — Oret ut... Que le glossolale adresse à Dieu une fervente pi'ière, pour obtenir aussi le don d'interprétation. Comp. les vers, y -5.
14-19. Sans interprète, le don des langues ne peut rendre aucun service réel dans les assemblées religieuses. L'apôtre montre d'abord, versets 14-15, l'utilité partielle de ce don pour celui-là même qui en ifmit : l'état psychique du glossolale qui ne comprend pas ce qu'il dit est incomplet, imparfait. La particule nam, ratrache cette pensée à celle du vers. 13, et montre pourquoi l'on doit demander le don d'interprétation, si l'on possède celui des langues. — Spiritus, mens. Dans le texte grec, Tiveuiia, voOç. D'après l'opinion la plus probable, uveûjAa désigne ici « la partie affective » de l'âme humaine, unie h Dieu dans la prière sous l'infiuence de l'Esprit- Saint; voOc figure « la partie intellective », qui médite, qui contemple. Ravi en extase au moment où il recevait le don des langues , le chrétien trouvait, dans son intime union avec Dieu et dans ses ardentes prières, d'indicibles émotions qui envahissaient tout le 7iveû|jLa ; mais le voOç, l'intelligence proprement dite, demeurait en dehors de tout cela, puisqu'elle ne comprenait pas les paroles prononcées. De là cette réfle.xion de l'apôtre : sine /ructu ejjicitur. — Quid ergo...
1 Cor. XIV, 15-20.
15. Que ferai-je donc? Je prierai par l'esprit, mais je prierai aussi avec l'intelligence; je chanterai par l'esprit, mais je chanterai aussi avec l'intelligence.
16. Autrement, si tu ne bénis Dieu que par l'esprit, comment celui qui tient la place du simple peuple répondra -t-il Amen ;\ ta bénédiction , puisqu'il ne sait pas ce que tu dis ?
17. Tu rends, il est vrai, une bonne action de grâces ; mais les autres n'en sont pas édifiés.
18. Je rends grâces à mon Dieu de ce que je parle les langues de vous tous ;
19.mais j'aime mieux dire dans T Église cinq paroles avec mon intelligence, pour instruire aussi les autres, que dix mille paroles en une langue inconnue.