‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 195 sur 873 · qu'il a été vu de Céphas, puis des onze 'y · texte numérisé non relu

qu'il a été vu de Céphas, puis des onze 'y

6. qu'ensuite il a été vu par plus de cinq cents frères à la fois, dont beaucoup vivent encore aujourd'hui, et dont quelques - uns sont morts ;

7. qu'ensuite il a été vu de Jacques, puis de tous les apôtres ;

Chap. XV. — 1-2. Introduction solennelle.

— Notu7n... facio. Saint Paul annonce qu'il va promulguer de nouveau sa prédication antérieure. Les adversaires de la résurrection des corps ne pourront donc pas prétendi'e qu'il s'agit d'un dogme récent, inouï pour eux jusqu'alors.

— Par quatre propositions incidentes, placées en gradation, il atteste que son enseignement actuel sur le point en question est celui qu'il a déjà donné aux Corinthiens (quod prsediccvi...) et qu'ils ont accepté {accepistis) , dans lequel ils ont persévéré (stoiis), qui les a mis déjà en possession du salut ( per quod... salvamini). — Mais ce salut ne sera produit d'une manière efficace et complète qu'à une condition : si ienetis, c.-à-d., s'ils adhèrent fortement à la doctrine évaugélique , telle qu'elle leur a été prêchée (qua ratione prasdicaverim.,.).

— Cette condition remplie, leur rédemption est certaine, à moins donc que, par impossible, leur fol n'ait été vaine et sans fondement objectif : nisi frustra... C'est pour les mieux accentuer que l'apôtre a mis en avant de la phrase les mots « qua ratione praedicaverim... », au lieu de dire : « Si tenetis qua ratione... »

3-11. Jésus -Christ est vraiment ressuscité. C'est d'une façon toute théorique, et non dans un sens polémique , que Paul démontre ce grand fait, car aucun chrétien de Corinthe ne semble l'avoir contesté. Rien ne pouvait contribuer davantage à rendre sa thèse indubitable. — Tradidi enim... Il résume d'abord sa prédication, vers. 3-4, en ce qui touchait aux points les plus essentiels : la mort du Sauveur (mortuus est..., vers. 3''), sa sépulture, qui attestait sa mort ( sepu'tun..., vers. 4'»), enfin sa glorieuso résui-rection (resurrexit..., vers. 4^). — A deux reprises il ajoute la formule secundum Scripturas, rattachant ainsi la mort et la résurrection du Mesisie au témoignage de Dieu luimême. En effet, les prophètes de l'Ancien Testament avaient prédit que le Christ mourrait et ressusciterait (voyez Luc. xxii, 37 et xxiv,

25 et es.; Joan. m, 14; Act. ii, 25 et ss. ; xiii, 32 et ss. ; xvii, '3; xxvi, 22-23, etc.); il ne pouvait donc point ne pas mourir et ne pas ressusciter. — Le trait pro peccatis nostris avait été aussi l'objet d'oracles spéciaux. Cf. Is. LUI, 4 et ss. Quant à la résurrection opérée tertia die, c'était un fait annoncé par le Christ lui-même et déjà Insinué dans l'histoire de Jonas. Cf. Mat th. xii, 39-40, etc. — Au vers. 3, les mots in primis signifient : comme un dogme des plus importants. — Quod et accepi : de Jésus personnellement, par une révélation immédiate. Cf. XI, 23 ; Gai. i, 12, etc. — Et quia... (vers. 5). Après avoir mentionné le fait de la résurrection de Notre - Seigneur , saint Paul signale toute une série de témoignages humains, non moins irrécusables que le témoignage divin allégué au vers. 4^. Il s'agit des diverses apparitions faites par le divin Ressuscité soit aux apôtres et aux disciples, vers. 5-7, soit à Paul en personne, vers. 8-10. — Cephœ. C.-à-d., à saint Pierre. Cf. i, 12. Voyez dans saint Luc, XXIV, 34, le récit très bref de cette apparition.

— Undeeim. La meilleure leçon du grec conserve, malgré la disparition de Judas, l'ancienne appellation évangélique : les Douze. Cf. Marc. XVI, 14 ; Luc. xxiv, 36 et ss. ; Joan. xx, 19 et ss. — Plus quam quingentis.,. (vers. 6). Il est peu probable qu'il faille identifier ce fait avec celui qui est raconté par saint Matth., XX VIII, 16-20, car, dans cette circonstance, l'évangéliste ne parle que des onze apôtres. C'est donc en une autre occasion, sur laquelle les évangiles gardent le silence, que le Sauveur apparut à ces nombreux disciples. — Le détail ex quibus multi... a certainement « une portée apologétique » dans la pensée de l'écrivain sacré. Il était aisé de retrouver et d'interroger quelques-uns de ces témoins. — Dormierunt. L'euphémisme accoutumé pour désigner la mort.

— Jacobo (vers. 7). D'après l'opinion la plus commune, l'apôtre saint Jacques le Mineur, parent de Notre- Seigneur Jésus - Christ. Voyez

I Cor. XV, 8-13.

8. et qu'en dernier lieu, après tous, il a été vu de moi, comme de l'avorton.

9. Car je suis le moindre des apôtres, et je ne suis pas digne d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Eglise de Dieu.

10. Mais par la grâce de Dieu je suis ce que je suis, et sa grâce n'a pas été stérile en moi ; mais j'ai travaillé phis qu'Alix tous : non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.

11. Ainsi, que ce soit moi, que ce soient eux , voilà ce que nous prêchons , et voilà ce que vous avez cru.

12. Mais si l'on prêche que le Christ est ressuscité d'entre les morts, comment quelques-uns disent-ils parmi vous qu'il n'y a pas de résurrection des morts ?

13. S'il n'y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n'est point ressuscité.

8. novissime autem omnium, tanquam abortivo visus est et mihi.

9. Ego enim sura minimus apostolo rum, qui non sum dignus vocari apostolus, quoniam persecutus sura ecclesiam Dei.

10. Gratia autem Dei sum id qiiod sum, et gralia ejus in me vacua non fuit ; sed abundantius illis omnibus laboravi : non ego autem, sed gratia Dei mecum.

11. Sive enim ego, sive illi, sic praedicamus, et sic credidistis.

12. Si autem Christus prsedicatur quod resurrexit a mortuis, quomodo quidam dicunt in vobis quoniam resurrectio mortuoriim non est?

13. Si autem resurrectio mortuorum non est, neque Christus resurrexit.

Matth. XIII, 55 et les notes; Gai. i, 19. Saint Jacques le Ma]eui' avait été martyrisé depuis longtemps lorsque fut composée la première épître aux Corinthiens (cf. Act. xir, 2) ; en parlant de « Jacques » sans épithète, saint Paul ne pouvait donc désigner que le second apôtre de ce nom, encore vivant alors. La confusion n'était pas possible. L'évangile est muet aussi sur cette apparition. — Apostolis omnibus. Peut-être au pur de l'Ascension. Cf. Luc. xxiv, 44 et ss. ; Act. i, 3 et ss. Il s'agit Ici des apôtres danrf le sens strict. — Novissime... ( vers. 8 ). Paul cite enfin son propre témoignage, car, lui aussi, il avait été favorisé de l'apparition du Christ ressuscité. Il a surtout en vue dans ce pass-age celle qui avait eu lieu sur la route de Damas, au moment de sa conversion, Cf. Act. IX, 1 et ss. ; XVII, 27, etc. — Au souvenir de l'insigne honneur qui lui avait été alors accordé, il éprouve le besoin de s'humilier et de dire à quel point il se Jugeait indigne d'une telle faveur : tanquam abortivo. En prenant ce titre , Paul fait allusion à la difformité extérieure qui caractérise d'ordinaire les avortons. — Au vers. 9, 11 insiste davantage sur son indignité : Ego enim minimus... Cf. Eph. m, 8 ; I Tim. i, \5^.

— Il motive cet acte d'humilité par la conduite qu'il avait tenue à l'égard des chrétiens avant sa conversion : quoniam, persecutus... Jamais le remords d'avoir agi ainsi ne le quitta. Cf. Act. XXVI , 9 et ss. ; Gai. i, 13; I Tim. i, 13 et ss., etc.

— Gratia autem... (vers. 10). L'humble opinion qu'il avait de lui-même n'empêchait pas saint Paul de reconnaître et de publier hautement ce que la grâce divine avait fait de lui.

— Id quod .sum. C.-à-d., apôtre de Jésus - Chri.«t parmi les Gentils. Cf. Rom. xv, 15 ; Gai. I, 16 ; Eph. ni, 8 et ss. — racua. C.-à-d., sans fruits, sans résultats. Toute la vie apostolique de saint Paul démontre que la grâce n'avait pas

été vaine pour lui. Voyez eu particulier Act. XIII, 1 et ss. ; Rom. xv, 18-19; II Cor. xi, 23 et ss. — Sed abundantius... Ce sont les auties apôtres qui sont désignés par les mots illis omnibus. — Non ego... sed... Après s'être ainsi élevé, Paul a s'abaisse de nouveau, comme siétait effrayé de ce qu'il vient de déclarer i^- Ses travaux ne sont pas uniquement les siens ; ils sont aussi l'œrvre de la grâce de Dieu, qui l'a constamment secouru. De nombreux manuscrits grecs ont cette variante : Non pas moi mais la grâce de Dieu qui est avec moi. — Sive enim... (vers. 11). Les vers. 9 et 10 forment une petite digression. Paint Paul revient maintenant au vers. 8, et affirme, pour conclure ce qui regarde le fait de la résurrection du Christ , que lu' et les apôtres étaient unanimes à le prêcher (sic prsedicamus), et que les Corinthiens y avaient ajouté foi sans hésiter (si'i credidistis ).

12-19. Les conséquences absurdes qu'amènerait la négation de la résurrection du Sauveur prouvent de plus en plus sa réalité; A partir d'ici, saint Paul aborde la déraons-tratlon proprement dite de sa thèse, dont il vient d'établir la base. — Si autem Christus... Nous avons vu tous les apôtrq rendant témoignage à la résurrection de Jésus- Christ (cf. vers. 5 et7); or, en vertu du principe évident « Sublato génère, toi litur et specles », s'il n'y a pas de résurrection des morts. Il est impossible que Jésus soit ressuscité (comp. le vers. 13). Comment donc quelques fidèles de Corlnthe osaient - ils donner un démenti à l'autorité apostolique? ' — Resurrectio,.. non est. Saus doute, on pourrait concevoir que le Christ fût ressuscité en vertu de sa nature divine, hypostatiquement unie à sa nature humaine, sans qu'il s'en suivît nécessairement que tous les hommes doivent ressusciter aussi. Mais l'apôtre, comme le dit fort bien saint Thomas d'Aquin à la suite

I Cor. XV, 14-20.

14. Si autera Christus non resurrexit, inanis est ergo praedicatio nostra, inaiiis est et tides vostra,

15. Invenimur autem. et falsi testes Dei, quoniam testimoniiim diximus adversus Deum, quod suscitaverit Christura, quem non suscitavit si mortui non resurguut.

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