Multum .per omnem modum ; pri
mieux qu'un Juif désobéissant. — Justitias... C.-à-d., les préceptes de la loi. — Et judicabit... (vers. 27). Dans le sens de condamner, comme au début du chapitre. Il n'est pas nécessaire de donner à la phrase un tour interrogatif ; elle ne p rd rien de sa force en étant traitée comme une timple assertion. — Ex natura prsepiitium. G.-à-d., un païen né et élevé comme tel. Quelle ignominie pour un Juif d'être jugé et condamné Justement par un Gentil! — Consummans: accomplissant parfaitement la loi. — Per Iitteram et... Dans le sens de : malgré la lettre et la circoncision. La lettre, c'est la loi écrite que possédaient les Juifs. — Non enim qui... (verset 28 ). Principe général, qui sert tout à la fois de conclusion et d'explication : le vrai Juif n'est pas celui qui le paraît au dehors, mais celui qui a toutes les qualités d'un membre du peuple de Dieu. De même, la circoncision n'a aucune valeur si elle consiste simplement en une opération extérieure. — Sed qui in abscondito... (vers. 29). Le Talmud dit aussi : « Judaeus in penetralibua cordis. » — Circumcisio cordis. Une circoncision qui n'atteint pas seulement le corps, mais le plus intime de l'être. Elle n'a pas lieu littera , parce que la lettre de la loi, à elle seule, ne peut pas transformer le cœur et la volonté ; mais in spiritu, par l'Esprit-Saint, qui seul est capable de produire un tel changement. L'idée de la circoncision du cœur remonte jusqu'au Deutéronome, x, 16. Cf. Jer. ix, 26; Ez. XLiv, 7; Act. VTi, 51. — Le pronom cvjus représente le Juif parfait selon le cœur de Dieu.
3« Récapitulation : les Juifs et les païens eont coupables et ont besoin d'une justification. III , 1-20.
Saint Paul a déjà donné la preuve de ce double fait d'une manière Irrécusable. Il pour-
COMMENT. — VIII
rait maintenant passer à la démonstration de la thèse qui fait l'objet de la partie dogmatique de cette épître; mais il préfère attendre encore, pour écarter quelques objections. Ce passage contient une discussion en règle, avec questions et réponses : genre très naturel, vu surtout la vivacité de l'apôtre, qui aimait à se figurer un adversaire en face de lui et à lutter de toutes ses forces. Cf.iv 1 et ss.;vi, 1 et ss., 15 et ss.; VII, 7 et PS., etc. L'argumentation est très serrée. Chap. III. — 1-8. Réponse à quelques objections que pouvaient présenter les Juifs au sujet des affirmations qui précèdent. — Quid ergo...f Première objection, vers. 1-2 : SI un païen peut l'emporter devant Dieu sur un Juif, que deviennent les privilèges d'Israël? Les deux questions du vers. 1 sont pleines de vie et d'entrain ; c'est un Juif qui est censé les adresser à l'apôtre. — Amplius : xb ueptcrcov, « quod insuper est, » la supériorité de la nation théocratique sur les païens. L'article suppose quelque chose de bien connu, de certain. — Aut quse utilitas...? D'après II, 25-29, la circoncision semblait se réduire à néant, et pourtant c'était le « symbole matériel de l'élection d'Israël ». Paul ne répondra que plus tard ù cette seconde question, qui n'avait d'ailleurs pour but que de préciser la première. Cf. IV, 9 et ss. — Multum... (vers. 2). Réponse à l'objection : à tous les points de vue, de toutes façons (per omnem modum), les prérogatives des Juifs Êont très nombreuses, très réelles. L'apôtre se disposait peut-être à les énumérer, comme l'indique la formule primum quidem, après laquelle on attendrait « et ensuite » ; mais il s'interrompra bientôt, entraîné par ses pensées. Voyez, IX, 4-5, une liste de privilèges analogue à celle qu'il aurait pu placer ici. Du moins, 11 cite le principal avantage, qui com-
iRoM. m, 3-7.
mum quidem, quia crédita sunt illis eloquia Dei.
3. Quid enim si quidam illorum non crediderunt ? numquid incredulitas illorum fidem Dei evacuabit? Absit.
4. Est autem Deus verax, omnis autem homo mendax, sicut scriptum est : Ut justificeris in sermonibus tuis, et vincas icum judicaris.
5. Si autem iniquitas nostra justitiam Dei commendat, quid dicemus? Numquid iniquus est Deus, qui infert iram?
6. (Secundum hominem dico.) Absit; alioquin quomodo judicabit Deus hune mundum ?