Deo autem gratias, qui dcdit no
vers. 51. Saint Paul se place parmi ces derniers, comme s'il devait être témoin, lui aussi, de la résurrection générale : d'où l'on a conclu parfois de nouveau qu'il croyait à la proximité de la fin des temps. Voyez plus haut (notes de Tii, 26) la réfutation de cette opinion erronée. En réalité, l'apôtre ignorait comme les autres hommes l'époque du second avènement de Jésus- Christ ; c'est donc simplement en vertu de ce que les grammairiens nomment le pluriel communicatif qu'il parle tantôt comme s'il devait être un jour lui-même ressuscité (cf. vi, 14; II Cor. IV, 14), tantôt comme s'il devait être seulement transformé. Ce langage contradictoire suffit à lui seul pour montrer que ses assertions ne prérendent rien préciser sur ce point, comme le disaient déjà saint Jean Chrysostome, h. l., et saint Augustin, de Civit. Dei, xx, 20.
— Oportet enim,.. (vers. 53). Saint Paul insiste sur rab£Oli;e nécessité soit d'une résurrection, eoit d'une transformation équivalente, pour que les corps des justes puissent participer h la bienheureuse éternité. — Corruptibile hoc, mortale... Notre corps corruptible, périssable. Comp. le vers. 50. Le pronom, très fortement accentué, Implique évidemment « l'Idée de la continuité du corps nouveau et du corps ancien ».
— La formule induere incorritptionem ou immortalitatem fait image. Ici, comme dans la seconde ép. aux Cor., v, 2-3, le corps glorieux des justes est envisagé comme un vêtement dont ils seront recouverts.
54-57. Victoire finale du Christ sur la mort. — Cvm mortale... Avant cette proposition, de nombreux manuscrits grecs, le copte et quelques Pères insèrent les mots « cum corruptibile hoc induerit incorruptionem » (comp. le verset 53"). Ils sont omis par divers manuscrits importants et par plusieurs versions, comme par la Vulgate. — Tune fiet sermo. .. C- à - d., alors s'accomplira la parole (ô Xdyo?)... Moins bien, selon d'autres : Alors sera prononcée la parole... — Q^l^ scriptus... Au livre d'Isaïe, XXV, 8. La citation est faite assez librement par l'apôtre. L'hébreu porte : Il (le Seigneur) a englouti la mort pour toujours ; et le sens est que,
dans la future Sion du ciel, il n'y aura plus de mort, ni de larmes, ni rien 'de tout ce qui afflige. Les Septante traduisent d'une façon très obscure : La mort a absorbé, api es avoir prévalu. C'est à bon droit que saint Paul les abandonne ici. Le sens général reste le même, malgré les modifications qu'il apporte au texte : la mort a été comme engloutie et dévorée par son adversaire victorieux. Nous avons donc Ici la contre- partie de la terrible sentence Gen. m, 19. — A cette perspective l'apôti'e, emprun+^^ant encore à l'Ancien Testament une parole prophétique, fait retentir le chant de triomphe d'Osée, XIII, 14, qu'il cite d'après les LXX, à part de légers changements. Ii s'agit visiblement d'une victoire complète remportée sur la mort, et, par conséquent, de l'anéantissement de cette dernière. Ce que le prophète Osée, d'après l'interprétation la plus probable de ce passage (voyez notre commentaire, t. VI, p. 384), avait affirmé au sujet de la résurrection spirituelle d'Israël en tant que peuple, est appliqué par saint Paul à la résurrection proprement dite des justes, à la fin des temps. — Stimuhis autem... (vers. 56). L'apôtre complète le texte d'Osée par un commentaire très bref, afin de mieux préciser en quoi consiste la puissance de la mort. Son aiguillon, c.-à-d., ce d'où lui vient sa force, c'est le péché, puisqu'elle n'est entrée dans ce monde que grâce à lui. L'expression imagée « aiguillon » fait probablement allusion au dard venimeux qui termine la queue du scorpion (cf. Apoc. ix, 10; Atl. d'hist. vat., pi. xlv, fig. 7, 10). — Virtus... peccati lex. Saint Paul résume dans ces quelques mots tout ce qu'il a dit dans l'épître aux Rom., iv, 5 et ss. : la loi mosaïque (ô vô- {xoc, la loi par antonomase) fut sans doute un bien immense pour Israël; mais, en vertu du principe « Nitimur in vetitum », elle a singulièrement multiplié la puissance du péché, bien loin de la détruire. Voyez saint Augustin , Opus imper/, c. Julian., vi, 41; de Perfect. justit., 6, etc. — Deo autem... (vers. 57). Si la loi juive a été incapable de délivrer les hommes soit du péché, soit de la mort, Notre -Seigneur Jésus- Christ a remporté cette double victoiro
I Cor. XV, 58 — XVI, 2.
Dominum nostrum
bis victoriam per Jesum Christum.
58. Itaque, fratres mei dilecti, stabiles estote, et immobiles; abundantes in opère Domini semper, scientes quod labor vester non est inanis in Domino.
qui nous a donné la victoire par notre Seigneur Jésus - Christ.
58. C'est pourquoi, mes frères bienairaés, soyez fermes et inébranlables, travaillant toujours de plus en plus ix l'œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n'est pas vain dans le Seigneur.