Du reste, lorsque je fus arrivé à
obtient le meilleur sens : Ce n'est pas moi seul qu'il a centriste , mais en quelque sorte ( pour ne pas trop le charger) nous tous. Les mots « en quelque sorte » contiennent un blâme délicat ; d'après I Cor. v, 1 et ss., un certain nombre de fidèles n'avaient pas pris assez à cœur le crime de l'incestueux. — Sufficit illi.... (vers. 6). L'apôtre juge maintenant suffisante la condamnation ( litiTifJLta , Vulg., ohjurgaiio) qui, sur sa demande expresse (cf. I Cor. v, 3 et ss.), avait été portée contre le coupable par la majorité des membres de la communauté (quas fit...; mieux : « quae facta est... »). — Ita ut... magis... (vers. 7). Les châtiments de l'Église, comme ceux de Dieu lui-même, ont pour but d'amender, de convertir; ce but une fois atteint, ils cessent d'être nécessaires. — Absorbeatur est une expression très énergique : être englouti, dévoré comme par une bête fauve. SI l'on eût laissé le pécheur sous l'impression d'une tristesse trop prolongée, en continuant de n'avoir aucun rapport avec lui, on aurait pu le jeter dans le découragement et le désespoir. — Propter quod... (vers. 8). Mesure à prendre pour éviter ce malheur. — L'équivalent grec du verbe confirmetis signifie : décider officiellement une chose. La sentence d'excommunication avait été portée par l'Église; c'est par l'Église aussi qu'elle devait être retirée. — Caritatem. La décision à prendre cette fols était toute de charité. — Ideo enim. . . Dans les vers. 9 et 10 saint Paul mottve doublement sa recommandation du vers. 8. En premier lieu, vers. 9, le but qu'il s'était proposé en leur demandant l'excommunication du coupable était atteint (scripsi; et. I Cor. v, 3 ). Il avait voulu mettre à l'épreuve l'obéissance des Corinthiens (ut cognoscam...);
or, puisqu'ils avaient obéi, il n'était pas nécessaire à ce point de vue de maintenir la peine. En second lieu, vers. 10, il désire leur demeurer uni dans le pardon comme dans le châtiment : Oui... donastis (aia temps présent dans le grec), et ego. — Il explique davantage sa pensée, en ajoutant : Nam... quod... Lui aussi, il a déjà pardonné, si quelque chose restait encore à pardonner, et il l'a fait par égard pour les Corinthiens (propter vos), afin de mieux manifester ainsi l'harmonie qui régnait entre eux et lui. — Le trait in persona Christi signifie, d'après notre traduction latine : Au nom du Christ. De même que l'excommunication avait été donnée au nom du Seigneur Jésus-Christ (cf. I Cor. v, 4 ), de même en était-il du pardon. Mais la formule grecque âv Tipoo-co'JTw Xpia-toO serait plus littéralement traduite par les mots : En face du Christ (cf. IV, 6); c.-à-d., sous son regard et avec son approbation. — Ut non. . . L'apôtre, pour terminer ce qu'il avait à dire sur ce sujet, signale le résultat qu'il espérait obtenir en pardonnant à l'incestueux : une sévérité trop rigoureuse aurait pu donner l'avantage à Satan relativement à ce malheureux, qui se serait peut-être perdu, par suite du désespoir. — Cogitationes ejus. Les pensées, les desseins perfides du prince des démons, qui tendent toujours à la ruine de l'Église et de ses membres. ..
12-13. Description de la première partie du voyage de saint Paul. Ce que nous avons lu dans les vers. 5-11 était une petite digression; l'auteur revient maintenant ù son itinéraire, que If'S circonstances l'avaient obligé de modifier. Voyez les vers. 1-4. — Troadem. Ce fut sa première étape principale à partir d'Éphèse. Sur cette ville, où il s'était déjà art été antérieure-
II Cor. II, 13-15.
Troas ponv prêcher l'évangile du Christ, quoique le Seigneur m'y eût ouvert une porte,
13. je n'eus point l'esprit en repos, parce que je n'y avais pas trouvé Tite, mon frère ; mais, ayant pris congé d'eux, je partis pour la Macédoine.
14. Grâces soient à Dieu, qui nous fait toujours triompher dans le Christ Jésus, et qui répand par nous le parfum de sa connaissance en tout lieu.
15. Car nous sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ, à l'égard de ceux qui sont sauvés, et à l'égard de ceux qui périssent :
propter evangelium Christi, et ostium mihi apertura esset in Domino,
13. non habui requiem spiritui meo, eo quod non invenerim Titum, fratrera meum ; sed valefaciens eis , profectus sum in Macedoniam.
14. Deo autem gratias, qui semper triumphat nos in Christo Jesu, et odorem notitise ^uae manifestât per nos ia omni loco ;
15. quia Christi bonus odor sumua Deo, in iis qui salvi âunt, et in iis qui pereunt :
ment, voyez Act. xvi, 8, 11 et les notes. — Propter evangelium... C.-à-d., pour y annoncer l'évangile. Les circonstances extérieures paraissaient favorables à l'apôtre {et ostium mihi...; sur celte locution, voyez I Cor. xvi, 9 et le commentaire); néanmoins, les Impressions douloureuses qu'il ressentait depuis que ses rapports s'étaient tendus avec la chrétienté de Corinthe l'empêchèrent d'en profiter. — In Domivo. C.-à-d. : par la grâce du Christ. Ou bien : dans le Christ envisagé comme l'élément du succès.
— Requiem spiritui... (tw TTveujxaTi [jlou). La partie la plus relevée de son âme était ellemême profondément troublée. — Eo quod non... Son disciple Tite, qu'il avait envoyé à Corinthe pour apprécier l'effet produit par sa première lettre, et qui devait lui rapporter des nouvelles à Troas, ne l'ayant pas encore rejoint dans cette dernière ville , il fut impossible à l'apôtre de contenir davantage son impatience pleine d'angoisse, et il s'embarqua pour la Macédoine.
— Fratrem meum. C'était en réalité son fils f plrituel ; mais il lui donne ici le nom de frère, i)arce qu'ils avaient prêché ensemble l'évangile. Cf. VIII, 23. — Profedus... in Macedoniam,. Conformément à son second itinéraire. Cf. I Cor. XVI, 5 et ss.
14-17. Action de grâces à Dieu au sujet des triomphes remportés par les prédicateurs de l'évangile. — Deo... gratias... Cette expression de reconnaisfiance s'échappe tout à coup du cœur de Paul, en souvenir non seulement de ses succès apostoliques en Macédoine, mais aussi de la joie qu'il avait ressentie au milieu de ses travaux, lorsque Tite lui avait apporté des nouvelles rassurantes de Corinthe. Cf. vu, 6 et ss.
— Qui triumphat... Non pas : Qui triomphe de nous , ses apôtres , et qui nous conduit en tous lieux comme des vaincus de sa grâce ; mais : qui nous fait remporter la victoire. « Triumphare », comme 9pia|x6£Ûeiv, a ces deux significations, et la première n'est pas inconnue de saint Paul (cf. Col. n, 15); toutefois, la seconde convient seule an contexte. — In Christo... C.-à-d. : par l'intermédiaire du Christ. — Et odorem notitise... Cette métaphore explique la précédente, et montre combien grands étaient les succès des
prédicateurs évangéliques. Au lieu du pronom suse , mieux vaudrait « ejus », car récrivain sacré semble avoir voulu parler plutôt do la connaissance de Jésus- Christ, mentionnée en dernier lieu, que de celle de Dieu le Père.
Le grec àuTOu est ambigu. Cette connaissance se répandait en tous lieux, à la suite des missionnaires, pareille à un parfum qui remplit l'air sur les pas de celui qui en est imprégné. La comparaison serait empruntée, d'après quelques commentateurs, à la coutume antique de brûler des parfums sur le parcours des triomphateurs (voyez Ovide, Tri!*t., i:, 4). Il vaut mieux dire qu'aile provenait de la suave odeur de l'encens sacré, ou dfs sacrifices offerts au Seigneur. Cf.
Lev. I, 9, 13 et II, 2; Epb. v, 2; Phil. iv, 18, etc. — Le vers. 15 en fait une autre application, nous montrant les ouvriers apostoliques semblables eux-mêmes à un parfum qui plaît à Dieu : Christi bonus odor... Deo. C'est par suite de leur union perpétuelle avec Jésus -Christ qu'ils ont cette qualité. Aussi, à ce point de vue , peu importe le résultat de la prédication considérée en elle-même: qu'on l'écoute et qu'on soit sauvé par elle (in iis qui salvi...), ou qu'on la repousse et qu'on soit damné (in iis qui pereunt), les prédicateurs demeurent dans ces deux cas la bonne odeur du Christ. — Le vers. 16 reprend en sous-œuvre, mais en renversant leur ordre, ces deux effets du ministère évangélique, pour faire une troisième application de la comparaison : aliis quidem..., aliis... « C'est comme si deux courants d'air traversaient
Alabastrura corinthien en argile peinte.
II Cor. II, 16 — III, 1.
16. aliis quidem odor mortis in mortem, aliis autem odor vitae in vitam. Et ad hœc quis tam idoneus ?
17. Non enim sumus sicut plurimi, adultérantes verbum Dei ; sed ex sinceritate, sed sicut ex Dec, coram Deo, in Christo loquimur.
16. aux uns, une odeur de mort, pour la mort ; aux autres , une odeur de vie , pour la vie. Et qui suffira pour cette tâche ?
17. Car nous ne sommes pas comme plusieurs, qui frelatent la parole de Dieu ; mais c'est avec sincérité , comme de la part de Dieu, devant Dieu, dans le Christ, que nous parlons.