‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 221 sur 873 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

1. Incipiraus iterum nosmetipsos commendare? aut numquid egemus, sicut

1. Commençons -nous de nouveau à nous recommander nous-mêmes? ou

l'atmosphère , apportant deux odeurs différentes, l'une suave et vivifiante, l'autre mauvaise et narcotique. Sans doute elles viennent toutes les deux de la même source , mais, elles prennent la nature du milieu par lequel elles passent... Ainsi, en arrivant aux hommes, l'air est ou vicié, ou maintenu dans ses bonnes qualités, et sert à. hâter la mort des uns, comme à fortifier la vie des autres. » — En contemplant la haute dignité des apôtres et les grands résultats produits par eux , Paul ne peut retenir son émotion : Et ad hœc quis...? La particule tavn n'a rien qui lui corresponde dans le grec , où on lit seulement : Et qui est apte à ces choses ( c- à - d., à ce rôle admirable ) ? Cette question ne reçoit pas de réponse directe ; mais notre auteur fait bien connaître sa pensée au vers. 17, en opposant sa propre conduite et celle des autres bons prédicateurs à celle des faiix apôtres : Non... sumus sicut plurimi... C'est donc comme s'il disait: Par la grâce de Dieu nous sommes aptes, nous, à remplir la sainte et glorieuse mission que j'ai décrite. — Plurimi. Dans le grec: ol tioXXoc, avec l'article : les nombreux. Les missionnaires pervers ne manquaient donc pas à Corinthe. — Adultérantes. Le verbe xauYjXeûsiv signifie au pi'opre : « cauponari », être marchand de vin ; puis, au figuré : falsifier, parce que beaucoup de ces marchands sans conscience frelatent le vin. C'est dans le second sens qu'il est employé ici, par allusion aux doctrines fausses, étrangères, par lesquelles ces mauvais prédicateurs falsifiaient la doctrine évangélique (verlnim Dei). — Suit un contraste très énergiquement présenté, qui nous ramène à ce que Paul a dit plus haut (i, 12 et ss.) de sa loyauté et de sa sincérité : 8ed ex sinccriiate... D'après le grec : Mais comme (co;) avec sincérité. C.-à-d., comme on fait lorsqu'on parle sincèrement. — Sicut ex Deo, Comme on fait lorsqu'on est inspiré d'en haut.

— Coram Deo : l'ayant tfjujours sous les yeux comme témoin et comme juge. Cf. Rom. iv, 17.

— In Christo : de même que des instruments eont unis à la main qui les emploie.

§ IL — Les fonctions d'un apôtre. HI, 1-IV, 6.

En vérité, c'est encore une digression qui commence ici , pour ne s'achever qu'avec le chapitre vu. « Longue et célèbre digression , qui peint tour à tour la gloire de l'apostolat et ses peines. » On pourrait même dire qu'elle s'est ouverte au chap, ii, vers. 4. « La mention de ses prédications à Troas suggère à l'auteur la pensée de son ministère en général, de son but, de ses moyens, de ses chances, de sa gloire et de ses périls; il se laisse aller à toutes ces considérations, avec un abandon de cœur et une supériorité de vues qui font de cette partie de l'épître l'une des pages les plus éloquentes qu'il ait jamais écrites. » On peut en ranger les idées multiples sous ces trois chefs : 1« les fonctions d'un apôtre , in , 1 - iv, 6 ; 2'' les souffrances d'un apôtre, iv, 7-v, 10; 3« la vie d'un apôtre, v, 11- VII, 1.

1» Les lettres de recommandation de saint Paul. III, 1-3.

Chap. III. — 1-3. Ce petit passage est très fin, très délicat, bien capable de toucher les lecteurs. — Incipimus. . .f Réfléchissant sur ses dernières paroles, l'apôtre craint que ses adversaires n'y voient une recommandation personnelle, un mouvement de vaine complaisance. Il écarte aussitôt ce reproche, en démontrant qu'auprès des Corinthiens il n'a nul besoin de recommandation, attendu que leur Église, fondée par lui , est une a Ëpistola commendatitla v vivante, dont il a le droit de se prévaloir devant tout le monde chrétien. — Commendare, (TUvicTTaveiv. Verbe fréquemment employé dans cette lettre. Cf. iv, 2; v, 12; vi, 4; vu, 11; X, 12, 18; XII, 1. — L'adverbe iterum fait probablement allusion à la première épître , dont certaines parties (par exemple, les chap. i-iv; V, 9, 14, etc.) pouvaient être interprétées par les ennemis de Paul dans un sens malveillant, comme s'il s'y louait et s'y prêchait lui-même. — Aut nu7rujuid...f II y a beaucoup d'Ironie dans cette seconde question. Le trait sicut qui-

II CoB. m, 2-5.

^ avons -Dous besoin, comme quelques- 't uns, de lettres de recommandation au|>rès Z de vous, ou de votre part?

* 2. C'est vous qui êtes notre lettre,

^ écrite dans nos cœurs, connue et lue par

tous les hommes.

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